mercredi 30 novembre 2022
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Cinemed : la Géorgie à Montpellier

Entre compétitions, hommages, avant-premières, rétrospectives, le Festival méditerranéen de Montpellier est friand de tables rondes. Après celle sur le jeune cinéma libanais en 2018, cette 44e édition s’est penchée sur la Géorgie, un pays d’environ quatre millions d’habitants

Depuis longtemps, Cinemed et son directeur Christophe Leparc s’intéressent au cinéma géorgien. On se souvient en particulier du superbe La Terre éphémère de George Ovashvili qui avait obtenu en 2014 pas moins de quatre prix dont l’Antigone d’Orou de Dede de Mariam Katchvani, Prix du public 2017. Pour cette 44e édition, six cinéastes de la nouvelle génération du cinéma géorgien étaient invités à participer à une table ronde animée par Guillaume de Seille, et à présenter un film, court ou long métrage. Levan Lomjaria du National Film Center a commencé par rappeler le passé du cinéma géorgien avec des cinéastes reconnus, comme  Otar Iossellani, Serguei Paradjanov et bien d’autres. Avec le contrecoup de la chute du système soviétique, les années 90 ont été très difficiles, car jusque-là tout était centralisé et n’existait aucune structure propre. S’est alors imposée l’idée d’un centre national qui sera créé en 2001. Avec le National Film Center, inspiré du modèle français, et grâce à Tamara Tatishvili, qui l’a dirigé, le cinéma géorgien a été reconnu au niveau international, malgré les difficultés et le manque de moyens.

Nécessaire formation
Tour à tour, les cinéastes invités ont parlé de leur expérience. Levan Koguashvili,qui présentait son dernier film Brighton 4th, a insisté sur la nécessité de la formation et rappelé le rôle de Tatishvili dans celle des producteurs comme Vladimir Katcharava qui accompagne Mariam Khatchvani. Cette dernière a elle-même créé le Festival international de Svaneti, une région montagneuse dans le nord-ouest du pays, avec des ateliers pour aider d’autres jeunes cinéastes. Peut-on parler d’une nouvelle vague ? C’est un peu tôt pour le dire a précisé Alexandre Koberidze qui présentait Sous le ciel de Koutaïssi. Mari Gulbiani a précisé combien les Ateliers Varan en France avaient été importants pour elle qui a développé le festival CineDoc de Tbilissi. Elle présentait Before Father gets back. George Sikharulidze, qui a réalisé plusieurs courts dont Une nouvelle année, enseigne à l’étranger et vient de tourner son premier long en Géorgie. Quant à Papuna Mosidze, qui présentait son court Journal intime – l’histoire d’une femme ukrainienne dont la vie a été bouleversée par l’invasion russe -, elle vient d’obtenir un financement pour son premier long et a expliqué combien la concurrence était rude. Ont été soulignés aussi le manque cruel de salles de cinéma, l’importance de l’éducation à l’image, la mise en place d’une soixantaine de « missionnaires » dans les écoles, qui mènent campagne pour apprendre à analyser les films et savoir en parler, etc.
Une table ronde passionnante qui a donné envie de voir ou revoir les films proposés comme le superbe Et puis nous danserons de Levan Akin ou Les Montagnes bleues d’Eldar Chenguélaia. Un filmqu’a choisi de nous présenter Levan Koguashvili, un de ses préférés, culte en Géorgie, et que, selon lui, Kafka n’aurait pas renié puisqu’il s’agit d’une comédie sur l’absurdité du système bureaucratique soviétique en décrépitude. Un excellent choix que le public de Cinemed a fort apprécié. 

ANNIE GAVA

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