L’histoire débute avec Fumiya, un jeune étudiant tokyoïte en quête de repères, qui entend parler d’une rumeur étrange : quelque part dans la petite gare de Nohara existerait une librairie où chacun peut trouver exactement le livre dont il a besoin. Pour Fumiya, l’enjeu est particulier. Il cherche désespérément à retrouver un ouvrage prêté par son père, qu’il a égaré et que ce dernier lui réclame avec insistance. Intrigué et un brin désespéré, il quitte Tokyo. Et si la rumeur disait vrai ?
Un lieu magique
Dans cette librairie du vendredi nichée au cœur de la gare, Fumiya découvre bien plus qu’une simple boutique. Il y rencontre trois personnages aussi attachants qu’excentriques : Makino, la patronne rayonnante et fantasque dont la douceur apaise instantanément les visiteurs ; Waku, le propriétaire perpétuellement grognon qui cache sous son air revêche une vraie tendresse et une érudition pour les livres et Sugawa, le mystérieux et séduisant libraire aux yeux bleus, taciturne mais d’une perspicacité troublante.
Ce qui fait le charme fou de cette librairie, ce n’est pas seulement son catalogue. C’est son atmosphère unique, onirique. On y trouve un salon de thé où l’on sert de réconfortants mochi (pâtisserie préparée en pilant du riz gluant cuit à la vapeur jusqu’à obtenir une pâte très élastique et collante) mais aussi, de façon plus étrange, les plats évoqués dans les romans que l’on emprunte. Comme si la frontière entre fiction et réalité s’estompait entre ces murs. Et puis il y a ce sous-sol mystérieux et immense, aménagé dans une ancienne rame de métro désaffectée, véritable caverne d’Ali Baba littéraire où semblent dormir tous les livres du monde.
Livres guérisseurs
Mais au-delà du cadre fantastique, c’est la philosophie du roman qui touche. Chaque chapitre se concentre sur un livre différent et tisse des parallèles entre l’histoire racontée et la vie des clients qui franchissent le seuil de la librairie. Sawako Natori explore, sans avoir l’air d’y toucher, combien les livres peuvent consoler nos âmes, nous apporter un soutien réel dans les moments difficiles, du courage face à l’adversité, et faire évoluer notre regard sur le monde.
On croise au détour des rayons les auteurs fétiches de l’écrivaine : Haruki Murakami, Raymond Chandler et Raymond Queneau. Car Sawako Natori, née à Kobe et diplômée en littérature française de l’université Meiji, est une francophile passionnée. Après avoir débuté comme scénariste de jeux vidéo, elle s’est consacrée à l’écriture de fiction, portée par son amour des livres et de ceux qui les font vivre, ces passeurs de mots qui enrichissent et enchantent nos vies. Un printemps au goût de mochi est 1er volume de la série La Librairie du Vendredi qui en compte quatre. Les suivants seront eux aussi publiés par Le bruit du monde. On a hâte.
La Librairie du vendredi - Tome 1 : Un printemps au goût de mochi
De Sawako Natori
Traduit du japonais par Jean-Baptiste Flamin
Le bruit du monde - 19,90 €





