lundi 15 juillet 2024
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[Festival d’Avignon] L’héritage de Crombecque à l’honneur

Figure incontournable du monde du théâtre, Alain Crombecque a été directeur du Festival d’Avignon de 1985 à 1992. À la Maison Jean Vilar, depuis le 29 juin, l’exposition On ne fait jamais relâche retrace le parcours d’un homme qui a changé le Festival

Il était discret, taciturne.  Peu connaissent Alain Crombecque, hors les professionnels du théâtre. L’exposition inédite On ne fait jamais relâche, inaugurée pour l’ouverture du Festival à la Maison Jean Vilar, veut permettre au public de découvrir cet homme, d’abord directeur provisoire du Festival d’Automne de 1974 à 1977 avant d’être nommé directeur du Festival d’Avignon en 1985. Grâce à un important travail d’archives mené par sa femme Christine Crombecque et Antoine de Baecque, commissaire de l’exposition, le visiteur chemine à travers la vie de l’homme de théâtre, où profession et intimité s’entremêlent.

Dans l’intimité d’un ami des artistes

« On ne fait jamais relâche. Je vais au théâtre tous les soirs » témoigne Alain Crombecque dans un enregistrement. S’il a peu écrit et n’a jamais mis en scène, il a toujours gravité autour des artistes, et ce dès ses premières manifestations culturelles organisées à Lyon en tant qu’étudiant syndiqué de l’Unef et sa correspondance avec Jean Vilar en 1964. Les rencontres artistiques se muent très vite en amitié : avec les metteurs en scène Peter Brook, Klaus Michael Grüber, Tadeus Kantor, avec les plasticiens Ariane Messager et Christian Boltanski. C’est par ce biais qu’Alain Crombecque entre dans le monde du théâtre. Dans un parti pris intimiste, l’exposition présente plus de 320 documents personnels : photographies, correspondances, objets fétiches, souvenirs de voyage et programmes de théâtre, tous collectionnés et conservés par Alain Crombecque durant son existence. Soucieux de mettre en avant les artistes derrière les amis, De Baecque parsème l’exposition de leurs œuvres. Ici, une sculpture de Novarina, là une estampe de Miro, à quelques pas une photo de Nan Goldin ou d’Agnès Varda. Entre deux mots d’affection ou d’admiration, le visiteur peut découvrir et s’émouvoir du travail de ceux qui entouraient Crombecque et ont forgé avec lui son époque avignonnaise. 

Directeur visionnaire et singulier

Pour Alain Crombecque, il faut prendre des risques, monter « des projets qui n’ont d’existence et de sens qu’à Avignon », le théâtre ne peut être un produit de consommation. En 1985, pour sa première programmation en tant que directeur du Festival d’Avignon, il décide d’un nouveau lieu de représentation, la carrière Boulbon, et propose à Peter Brook de mettre en scène son Mahâbhârata, pièce mythologique de neuf heures qui marque par son ampleur. Suivront Le Soulier de Satin d’Antoine Vitez en 1988, et Hamlet de Patrice Chéreau qu’Alain Crombecque convainc de jouer dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Autant de projets illustrés au cours de l’exposition par des maquettes de décors et d’affiches et des extraits de pièces.

Intuitif et sensible, Alain Crombecque sait déceler le potentiel des pièces qui vont fonctionner et se fait passeur d’art. Il finit sa carrière en tant que directeur du Festival d’automne à Paris. Celui qui ne se déplaçait qu’en Solex a imprimé sa marque au Festival d’Avignon et laissé à ceux qui l’ont côtoyé le souvenir d’une « présence exceptionnelle ».

CONSTANCE STREBELLE

On ne fait jamais relâche 
Jusqu’au 21 juillet 
Maison Jean Vilar, Avignon
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