Pour cette édition, Flamenco Azul fait coexister tradition et avant-garde, maîtres confirmés et jeune génération. Coup d’envoi le 22 mars à l’Espace Pluriel à Avignon, avec un atelier de bulería signé María Pérez, fondatrice du Centre Soléa, pionnière du flamenco à Marseille et créatrice du festival. La bulería, ce palo explosif, festif, imprévisible, sera au cœur de deux autres stages à la Bastide Granet (Aix-en-Provence) avec Teresa Deleria et Raquel Sierra.
Côté spectacles, de très beaux noms sont attendus. À la Friche (Marseille), Yoel Vargas, jeune bailaor catalan, lauréat du prix El Desplante 2023, présentera Óbito, création sur le deuil, mêlant flamenco, écriture contemporaine et musique classique et Ana Morales, lauréate du Prix national de danse d’Espagne, son solo Más que baile : une chorégraphie organique portée par une présence magnétique.
Un état d’esprit
Mais si le flamenco est une danse, c’est aussi une musique, un chant et un état d’esprit d’ouverture sur le monde. À la Manufacture (Aix) Ana Crismán, unique harpiste flamenca, donnera un concert entouré de voix et de percussions. C’est une fusion que nous propose El Amor Brujo, concert dirigé par le chef Rafael Lamas, qui réunira musique classique et danse flamenca avec l’orchestre de l’IESM, Mely Zafra au chant et Raquel Sierra à la danse.
Au Forum de Berre, le guitariste Juan Carmona et son quartet célèbreront la Méditerranée et Melchior Campos investira la Cité de la musique de Marseille pour une interprétation du Cante Jondo, chant le plus profond du flamenco, qui exprime la souffrance de la condition humaine.
Mais le festival ne s’enferme pas dans les théâtres. Le 6 avril, une journée aura pour cadre la Gare de Niolon, tiers-lieu réhabilité par l’association T’Cap 21 composée de jeunes adultes trisomiques, avec paella géante, tablao et bal sévillan face à la mer. Le 4 avril à Peña el Boleco (Istres), la soirée « Flamenco en héritage » mettra à l’honneur de jeunes danseurs de 13 à 16 ans. Ils rendront hommage aux gitans avant un tablao mère-fils d’Isabel et José Fernández.
Enfin, on attend avec impatience au Théâtre de la Mer (Marseille) la sortie de résidence des cycles d’ateliers proposés par Olga Magaña ouverts à une cinquantaine de femmes migrantes ou en détresse sociale. A pulso est un périple où on parle d’identité, de nomadisme, d’héroïsme et durant lequel la confiance en soi et en son image se construit.
Le grand rendez-vous reste le stage au Centre Soléa, avec José Maldonado, danseur-chorégraphe barcelonais au style fulgurant. Il sera aussi en tablao les 10 et 11 avril pour deux performances flirtant avec la danse contemporaine. Le festival se clôturera le 18 avril par une scène ouverte aux amateurs et une conférence de Joaquín Zapata, directeur du Festival du Cante de las Minas (La Unión), référence mondiale du flamenco minier, né au XIXe siècle dans les régions de Murcie et d’Almería. Les mineurs – souvent gitans et andalous – y ont créé leurs propres palos pour exprimer la dureté du travail, la peur de la mort et l’exil loin de chez eux.
ANNE-MARIE THOMAZEAU
Flamenco Azul
Du 22 mars au 18 avril
Divers lieux, Bouches-du-Rhône et Vaucluse









