lundi 20 mai 2024
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HK, meneur de bal populaire

Après la chanson, la tournée. Avec Danser encore, HK promène sa poésie engagée et festive en Provence. Rendez-vous à Toulon, Châteaurenard et Istres

HK n’en est pas à son premier buzz. Avant le titre viral Danser encore, inspiré par les restrictions liées à la pandémie, l’ancien membre du Ministère des affaires populaires (Map) avait signé, en 2010, On lâche rien, entré au répertoire des tubes des manifestations. Rencontre avec un amoureux des mots, de la pensée et des luttes.

Zébuline. Danser encore, le titre de votre tournée, est aussi celui d’une chanson qui a connu un parcours assez extraordinaire…

HK. Le point de départ est le deuxième confinement, quand l’art et la culture ont été décrétés non essentiels. C’est un choix de société avec lequel on n’est pas d’accord. L’art, la culture, la poésie, la musique font partie de la solution dans ce genre d’épreuve, pas du problème. Boire, manger, dormir, ce n’est pas suffisant pour se dire vivant. Cette incompréhension, ce désaccord, cette frustration, on les a traduits de la façon la plus positive possible, en écrivant cette chanson comme un cri du cœur. Puis on s’est filmés avec un téléphone, on a partagé la vidéo et ça a fait comme une trainée de poudre avec deux millions de vues en 48 heures. Les gens nous demandaient les paroles, les accords, la version instrumentale pour l’interpréter de mille et une façons. Le morceau a voyagé partout en France, les gens l’ont repris dans l’espace public, sur les places de villages, jusqu’au phénomène des flash mob…

Danser encore part donc en tournée ?
On se donne une année pour suivre cette chanson presque partout où elle est allée. On veut profiter de l’engouement qu’elle a connue, de ce qu’elle a représenté pour les gens qui sont juste heureux de se retrouver, de chanter et de danser ensemble pendant deux heures. Et nous sommes heureux de les retrouver. On finira l’année avec un concert à L’Olympia. C’est une tournée aux allures de bal populaire avec des places le moins cher possible et la gratuité pour les enfants. On retrouve tout ce qui fait notre univers, festif, enjoué avec une dimension militante. On n’est pas dans le divertissement. L’idée est de danser ensemble les yeux ouverts sur le monde et la société. Dans cette époque où beaucoup de choses sont faites pour nous diviser, nous enfermer, ces bals-concerts sont des instants refuges.

Vos trois dates en Provence ont lieu en salle. Cela ne doit pas être évident de conserver l’esprit de la rue.
On a travaillé le spectacle pour recréer l’ambiance d’un bal populaire. On embarque ensemble et notre pari est de faire oublier les murs. Je vais dans le public, des personnes du public montent danser sur scène… On reste dans l’esprit « à votre bon cœur, messieurs dames »

Danser, c’est une façon de lutter ?

Chanter et danser nous rappellent pourquoi on se bat. Une des plus belles choses qui me soit arrivée est d’avoir rencontré Stéphane Hessel. Il disait qu’il ne faut jamais oublier les raisons pour lesquelles on s’engage, ce vers quoi on veut aller. L’indignation n’est que le point de départ. Derrière, il y a un engagement pour une certaine idée du bonheur partagé.

Vous attendiez-vous à ce que deux de vos chansons, On lâche rien et Danser encore, deviennent de véritables hymnes du mouvement social et citoyen ?

Ce sont des cadeaux de la vie. On est un groupe alternatif voire artisanal, parfois besogneux, qui ne passe plus dans les grands médias. On essaie d’être constant sur notre chemin, fidèles à nous-mêmes et des choses magiques peuvent arriver. Une fois c’est déjà incroyable, alors deux… Le petit plus pour Danser encore, c’est qu’elle a dépassé le cadre militant et même nos frontières. Elle a été chantée en plusieurs langues. C’est un honneur, une fierté et une joie.

D’On lâche rien à Danser encore, justement, la France n’a-t-elle pas franchi une ligne jaune en termes d’autoritarisme et de répression ?
Quand on dit « la France », il faut faire attention : il s’agit du pouvoir, pas des gens. Cette France qu’on connaît parce qu’on la rencontre depuis quinze ans et qu’on aime, c’est celle de L’Auvergnat de Brassens, solidaire, fraternelle, humaniste, qui s’engage dans le quartier ou le village. Ça fait chaud au cœur de se dire qu’on n’est pas tout seul à partager les mêmes valeurs et à se battre pour des notions très simples. Quand on apprend à l’école « liberté, égalité, fraternité et démocratie », il ne faut pas s’étonner que vingt ou trente ans après on se batte pour ça, parce qu’on y a cru et qu’on a fait nôtres ces principes et ces combats. C’est surréaliste là où on en est aujourd’hui. Dès qu’on pose une pensée qui va à l’encontre de celle du gouvernement, c’est du « terrorisme intellectuel ». Ça dérive…

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LUDOVIC TOMAS

Danser encore, HK
hk-officiel.com
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