C’est un très bel échantillon de travaux en cours que les artistes résident•es et associé•es ont présenté lors de ces portes ouvertes. Notamment autour de points de vue situés, et d’errance de corps minorisés.
Jennifer Lauren Martin est cinéaste, écrivain•e et scénariste. Iel présentait trois pièces en cours de réalisation. La première est un collage d’une photographie d’un village afro-mexicain auquel sera intégré un motif d’abeille noire charpentière du Mexique. Iel projetait sur un mur son dernier court métrage Wide Open in the Shape of an Enormous Fan, tourné à Marseille, sous-titré d’un texte poétique sur la paranoïa. Le titre du film tiré du roman Romance in Marseille, évoque l’œuvre de McKay : le plaisir et la désirabilité des corps Noirs, le handicap et la transgression.
Malaz Usta, artiste et cinéaste syrien, déploie A Land Unfamiliar dans son atelier, une pièce en cours comprenant quantité de boites range-revue identiques qui invitent à parcourir des extraits de son journal intime. Une grande projection sur un mur passe un film en boucle, réalisé à partir d’images d’archives et de jeu vidéo.
Sarah Netter est artiste auteur, chercheur et traducteur, invité à présenter son travail en tant qu’artiste associé lors de ces ouvertures d’atelier. A l’occasion ses sculptures textiles se sont suspendues aux murs, ses accessoires de performance se sont éparpillés sur une table basse et sa large bibliothèque s’est déployée sur son bureau, invitant à parcourir ses références et recherches autour de la décolonisation des identités juives, et de l’art du textile.
Le travail de Marguerite Maréchal oscille entre la sculpture, le dessin et la performance. Lors de cette journée, l’artiste présentait une série de recherches autour du froissement de papier, qu’elle génère à partir de couture, de tiges de métal stockées, ou bien par l’application de fines couches de latex. Dans de larges boîtes de transport, ses tiges de faïence en morceaux interpellent les spectateurices : « Tous ces morceaux, je les récupère et je les utilise pour reformer de nouvelles tiges que je raccroche. Ça permet une sorte de prise de conscience de son propre corps et aussi de la fragilité de la matière. ».
Les programmes d’accompagnement et de résidence de Triangle Astéride et de la Friche Belle de Mai, offrent à leurs artistes une opportunité exceptionnelle de consacrer à leur travail un temps d’exploration et de recherche. De telles conditions de visibilité ne devraient pas être considérées comme une chance offerte à une poignée d’artistes talentueux•es, mais comme un impératif, pour la prolifération d’esprits créatifs et d’idées en mouvements dont le monde et le monde de l’art ont durablement besoin.
NEMO TURBANT








