vendredi 27 janvier 2023
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AccueilMusiques« La France est mon endroit préféré sur terre ! »

« La France est mon endroit préféré sur terre ! »

Rencontre avec Elza van den Heever, interprète des Vier Letzte Lieder de Strauss, le 9 décembre au Corum de Montpellier

Zébuline. Les Quatre Derniers Lieder ont été composés par Richard Strauss alors qu’il avait plus de quatre-vingt ans. Cette œuvre testamentaire n’est-elle pas difficile à appréhender pour une chanteuse telle que vous – encore jeune, et pleine d’une énergie très solaire ?

Elza van den Heever. Quelle belle façon de le formuler [rires] ! Je suis peut-être « jeune », dans le sens où je suis au milieu de ma vie, et je n’ai donc pas la compréhension profonde de ce que c’est de chanter une émotion aussi profonde. Mais je suis une « vieille âme », une « old soul » comme on dit, et Strauss a écrit ces chants si délicieusement parfaits pour la voix féminine qu’il suffit d’un désir, d’une bonne technique et d’un artiste pour les exécuter. Ce sont mes chants préférés et je les considère comme faisant partie des plus belles musiques jamais composées. C’est un grand privilège de pouvoir les chanter. Elles m’inspirent, et chaque année qui passe, à mesure que ma voix mûrit avec l’âge, elles prennent une place encore plus spéciale dans mon cœur. Je pense que ma première introduction au Vier Letzte Lieder s’est faite via Kiri Te Kanawa qui est venue en Afrique-du-Sud pour une tournée mondiale. Dès le premier instant où je les ai entendus, j’ai su que je voulais les chanter. C’était un coup de foudre ! Et la signification plus profonde, outre l’évidence qui est la mort, est la résolution et le calme qu’ils émanent. 

Quels rôles avez-vous eu plaisir à aborder par le passé ? Et quels sont vos prochains challenges sur scène ?

Chaque rôle que je chante laisse une marque sur mon développement mental et vocal. Très récemment, j’ai eu l’honneur de chanter Salomé à l’Opéra Bastille. Ce fut une expérience transformatrice car le processus d’apprentissage de la partition très compliquée a pris deux ans et demi. Cela m’a laissé une plus grande appréciation pour Strauss et sa musique – ce qui en dit long car je le considérais déjà comme mon compositeur préféré. Le rôle de Salomé m’a poussée plus loin que je n’imaginais et le résultat était génial. Après avoir interprété les Lieder à Montpellier, puis de nouveau fin janvier à Strasbourg, c’est encore à Richard Strauss que je me consacre avec le rôle de l’impératrice de la Femme sans Ombre au Festival de Baden-Baden ; puis le Requiem de Verdi avec l’Orchestre de Paris. Ensuite je pars quatre mois aux États-Unis, pour ma première Senta du Vaisseau Fantôme de Wagner, d’abord au Metropolitan Opera de New York, puis au Festival de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, un endroit très cher à mon cœur…

Vous vous êtes souvent produite en France. Quel est votre rapport à ce pays, vous qui êtes née et avez grandi en Afrique-du-Sud ?

Je suis arrivée en France pour la première fois en 2007, j’étais toute jeune ! L’Opéra National de Bordeaux m’a embauchée pour la première fois alors que je n’avais que 20 ans et j’ai chanté la plupart des années de développement de carrière sur cette scène dans plus de dix productions. La France est l’endroit où j’ai trouvé l’amour de ma vie et où je me suis retrouvée. J’adore ce pays avec toute sa beauté, son abondance de joie de vivre, son appréciation pour les arts, son bon champagne et Saint-Jean-de-Védas, que j’appelle maintenant chez moi. La France est tout simplement mon endroit préféré sur terre !

ENTRETIEN RÉALISÉ SUZANNE CANESSA

Quatre derniers Lieder
Avec Elza van den Heever
9 décembre
Opéra Berlioz - Le Corum, Montpellier
opera-orchestre-montpellier.fr
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