Ce jeudi 4 décembre, c’est une journée chargée, même effervescente, qui attend l’énergique Graeme Reid, responsable de Radio Zaï. Depuis quelques temps, cette radio indépendante à la ligne éditoriale engagée, inclusive et antiraciste, séduit de nombreux étudiants de la ville, qui viennent produire du contenu avec le matériel qu’on leur laisse à disposition.
Les locaux de Radio Zaï sont situés à Aix-en-Provence, au dernier étage de la MJC Prévert, boulevard de la République. Elle est composée de trois salles d’enregistrements tapissées de mousse anti-bruit, avec micros et logiciels installés, pianos et tasses de thé.
Aujourd’hui, ce sont deux étudiantes en licence de sociologie, Loïs et Tova, qui sont venues monter un podcast pour leur cours d’anthropologie de l’immigration. Elles viennent ici pour l’informalité de la radio aixoise, et l’enthousiasme de Graeme : « Il croit plus en nous que nous en nous-même ! », ajoute-t-elle en souriant. D’ailleurs, pour venir enregistrer ici, nul besoin d’avoir un bon niveau. « Ça donne envie de refaire de la radio par la suite », se réjouit Loïs. « J’avais vraiment besoin de faire un truc en dehors de la fac. »
Dans une salle de répétition au rez-de-chaussée de la MJC, Gabin, un autre étudiant, tient le même discours. « Je voulais sortir du cadre des Beaux-arts », explique-t-il. Lui, a rencontré Graeme à la Fête de la musique 2024, et depuis, il l’aide à organiser des concerts avec Radio Zaï. Ce jeudi, il est là pour préparer un concert qui doit se tenir dans quelques jours. Des stands de vente de fanzine, affiches et BD sont aussi prévus. En trois jours, ils vont créer des affiches, des tracts, concevoir les éclairages, et dessiner les visuels projetés sur le drap blanc étendu derrière la scène. Un format de spectacle appelé « Tiny d’Aix Concerts » qui commence à se faire un nom : le musée Granet vient de leur en commander quatre pour sa prochaine exposition.
Une inclusivité d’utilité publique
Ces derniers temps, la radio accompagne de plus en plus de jeunes. La raison : Abdou, un étudiant en info-com, qui avait tellement d’idées d’émissions qu’il a monté des campagnes de communication pour trouver des volontaires. Alors, depuis quelques semaines, les étudiants défilent dans les salles d’enregistrement de Radio Zaï. Graeme est ravi, mais s’inquiète cependant de devoir bientôt refuser des projets : « Avant, on diffusait tout parce qu’on était petit… Maintenant, on va être plus exigeants, et on va essayer de mieux aiguiller les volontaires. »
GABRIELLE SAUVIAT








