jeudi 13 juin 2024
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Les Héroïnes, c’est nous !

Après de nombreux spectacles participatifs créés avec des lycées ou des associations de femmes, Wilma Levy, propose à La Criée Nos Héroïnes un spectacle participatif créé avec 23 habitantes de Marseille. Interview. 

Zebuline: Qu’est-ce que cette notion de participatif, dans le théâtre, pour vous ?

Wilma Lévy : Le mot ne me convient pas particulièrement, c’est un mot « institutionnel » disons. Je préfère dire que je fais du théâtre avec des gens, qui ne sont ni acteurs professionnels, ni amateurs. Pour moi, la création participative c’est proposer à des personnes d’un territoire, habitantes, habitants, de partager une question. Et par le biais du théâtre et de la danse, de discussions, de lectures et de recherches, d’essayer d’en traduire quelque chose sur scène. 

Quelle est la question qui a été partagée pour « Nos Héroïnes » ?

C’est, en partant du postulat que l’Histoire et la société effacent globalement les femmes des scènes de l’Histoire et de la société, la question de savoir avec quels modèles les femmes peuvent se construire en tant que femme. Et corrélée : peut-on essayer de définir ce qu’est une héroïne ?

Qui sont les personnes qui partagent cette question avec vous ?

Une partie habite les quartiers nord de Marseille, parce que le projet est né autour du centre social du Grand Saint-Antoine. Mais on a aussi invité d’autres femmes, à travers les réseaux sociaux, le bouche à oreille, des affichages, à venir avec nous. Donc sur la scène de La Criée, il y a 23 femmes, habitantes du tout Marseille.

Quelles ont été les différentes étapes de travail ?

C’est forcément un processus long. Pour synthétiser, on peut dire qu’il y a eu un temps de rencontre, un temps de recherche et un temps d’écriture. C’est un projet qui a débuté il y a deux ans : la première étape a été de se rencontrer et d’essayer de faire groupe, tout en faisant des exercices pour rentrer dans la « matière » du théâtre et de la danse. Ensuite la question est arrivée, des thématiques ont émergé, il y a eu de l’écriture, des allers-retours, des improvisations. Pour arriver à ce qu’on a là aujourd’hui, c’est-à-dire une écriture plus construite et un spectacle. Toutes les thématiques que le public va entendre sur scène partent des femmes présentes.  

Quelles sont les difficultés particulières liées à ce type de démarche pour vous ?

Essayer de tenir, justement, la « vraie » participation : que chacune ait, à toutes les étapes du projet, le sentiment d’avoir toute sa place, pour elle et pour sa parole. Je pense qu’on n’a pas trop mal réussi, mais c’est une des difficultés de ces projets-là. L’autre, c’est l’absentéisme constant.

Qu’est ce qui va se passer sur scène ?

Vous allez voir ce chœur de femmes qui essaye de répondre à la question de : qu’est-ce qu’une héroïne ? en passant par des portraits d’héroïnes connues, et des récits plus intimes.

Qu’avez-vous envie de transmettre au public à travers ce spectacle ?

Je ne peux pas le dire, le public verra bien ce qu’il veut voir. La seule chose qu’on peut se dire c’est qu’on est parti de la question de « qu’est-ce qu’une héroïne ? », et qu’on en est arrivé au fait que les héroïnes, c’est nous ! 

Entretien réalisé par MARC VOIRY

Nos Héroïnes
écrit et joué par 23 marseillaises
chorégraphie Elisabetta Guttuso 
dramaturgue Jenny Lauro-Mariani 
mise en scène Wilma Lévy
les 20 et 21 octobre
La Criée, Marseille
théâtre-lacriée.com
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