« On est en pleine tournée de création : c’est tout simplement génial. » Après Avignon aux Hivernales, puis Les Élancées, Michel Kelemenis enchaînera les scènes d’Arles, d’Aix-en-Provence, du Revest-les-Eaux, avant Marseille. Un rythme soutenu pour une pièce qui revisite celle de 2008.
« Lorsque j’ai créé L’Amoureuse de Monsieur Muscle en 2008, cette notion d’archétype enfantin a été très immédiate pour moi, et ça marchait très bien. » Mais le monde a changé. « C’est difficile de ne pas constater que la société a traversé des problématiques et une manière aujourd’hui de considérer le rapport de genre différemment. »
Alors il inverse les figures. « J’ai trouvé assez… rigolo, juste rigolo, de s’adresser aux enfants d’aujourd’hui en fouillant un petit peu ces archétypes initiaux. » Un jeune homme sensible, une jeune femme forte. « Il s’est posé comme ça sans propos, c’est-à-dire qu’il n’est pas pour moi nécessaire d’en faire le sujet. Le sujet reste celui d’une découverte du corps. »
Car l’essentiel demeure là : explorer le corps, ses élans, ses formes, ses relations. « C’est d’abord un support dans lequel les adultes doivent trouver un peu des indices faciles à appréhender pour ensuite ramener le souvenir du spectacle auprès des enfants. »
Le spectacle est « vraiment adressé… fabriqué dans son thème et sa construction pour une adresse vers des assez petits », entre « 5 et 11 ans à peu près ». Trop jeunes, ils seraient dans le pur sensoriel ; plus âgés, « ça se décale disons, ce n’est pas la bonne adresse ».
Nommer l’inconnu
La danse reste exigeante. « Mon engagement par rapport à ça reste. » Même niveau de performance, même précision. Même pour une scolaire, à 10 heures du matin ! « Ce que je demande à mes danseurs en général, ce même niveau de performance, ça peut être un peu éprouvant parfois, mais on a un protocole qui est très clair. »
Dans la salle, il observe depuis cette recréation un phénomène qu’il affectionne tout particulièrement : « Ces bruissements… c’est tellement particulier du spectacle vers les petits. Comme s’ils avaient besoin de décrire et de nommer les choses qu’ils voient pour qu’elles existent vraiment. Donc d’un coup, c’est une fleur, et puis c’est l’amoureux… tout est nommé. »
Et puis il y a ce moment suspendu : « Les yeux des enfants brillent, et les yeux des parents brillent parce qu’ils voient les yeux des enfants briller. » C’est là, sans doute, que se joue la réussite de cette pièce colorée, portée par les costumes « très directs, très colorés » d’Agatha Ruiz de la Prada et par une musique « pop, pop rock… très actuelle », enrichie par André Serré. « Ce sont vraiment des temps qui sont très heureux : ces temps-ci, il faut savoir les chérir. »
SUZANNE CANESSA
À venir
11 février
Théâtre d’Arles
13 et 14 février
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence
5, 6 et 7 mars
Maison des Comoni - Le Pôle, Le Revest-les-Eaux
2, 3 et 4 avril
Friche la Belle de Mai – en collaboration avec le Théâtre Massalia, Marseille
Retrouvez nos articles Scènes ici






