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Montpellier et Sète célèbrent la création en Méditerranée

De Sète à Montpellier, la Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée offre aux spectateurs et aux artistes d’innombrables occasions de rencontres. Acte 1 du 8 au 14 novembre !

 A l’initiative du Théâtre des 13 Vents, Centre Dramatique National de Montpellier, la Biennale des arts de la Scène réunit le Centre Chorégraphique National, l’Opéra National de Montpellier mais aussi le Théâtre Molière, Scène nationale de Sète, le théâtre municipal Jean Vilar, la Maison Lieu de Sète, le Domaine d’O, départemental… Une mise en synergie qui veut préfigurer la Capitale européenne de la Culture : le dossier de candidature définitif a été déposé le 27 octobre, et Montpellier a déjà réussi à affirmer sa spécificité, fondée sur son ancrage méditerranéen, et sa capacité de fédérer les opérateurs culturels. La Biennale s’affirme comme une préfiguration de ce qui pourrait advenir, et témoigne, quoi qu’il advienne, d’une véritable mise en commun des ressources et de la réflexion, puisqu’à partir du 14 novembre la programmation artistique se complète de Rencontres, ouvertes à tous.tes, pour penser les modalités des arts d’une scène euro-méditerranéenne de demain. 

Musique sans frontière

 La première semaine s’ouvre à l’Opéra Comédie les 8 et 9 novembre à 19h, avec l’orchestre et le chœur nationaux qui accompagnent la viole d’amour de Jasser Haj Youssef. Le soliste tunisien explore les musiques baroques, classiques, jazz et orientales, dans un concert qui appelle à la Réminiscence. De Bach aux modes de la musique indienne, il fait résonner les 14 cordes dont 7 « «sympathiques » (qui vibrent par résonnance avec les 7 autres cordes frottées par l’archet) de cet instrument cousin du violon, très en vogue au XVIIIe siècle en Europe, et qui s’adapte volontiers, par ses accords multiples et la profondeur de ses échos, à divers répertoires. Pour peu  qu’ils aiment les registres lyriques ! 

Un concert accompagné, forcément, de poésie, d’une soprano rompue à tous les styles (Diwa Wahab), et de textes qui passeront du français à l’arabe et à l’araméen. 

Autre dialogue au Centre Chorégraphique, avec la création de Nicolas Fayol Faire fleurir Un solo, coproduit par Montpellier danse, qui s’appuie sur les techniques de breakdance pour démontrer qu’un corps peut explorer des verticalités qui ne reposent pas sur les deux pieds ! Acrobatique, la danse de Nicolas Fayol, accompagnée par deux musiciens en live, construit des tableaux en clair-obscur (les 9 et 10 à 19h, salle Bagouet,  ICI-CCN).

Scène/hors scène

Le Biennale des arts de la scène affiche aussi, dès l’entrée, que le monde est un théâtre, et que l’espace public est aussi une scène, pour tous. Elle programme la création de 1 Watt  Nous impliquer dans ce qui vient, à Plan Cabanes, et interroge sur une place publique L’Outrage au public de Peter Handke (le 11 novembre à 16h), agrémenté de la subversion « festive et poétique » de 9 artistes indisciplinées et obstinées…

La Scène Nationale de Sète se délocalise quant à elle à Balaruc-le-Vieux le 9, à la Passerelle (Sète) le 10, à Mèze le 12, à Poussan le 14, pour proposer le dernier monologue de Fabrice Melquiot La Truelle, sur la mafia et la Calabre. François Nadin, entre documentaire et fiction, y démystifie la violence et la mort de cette Cosa Nostra, qui n’est décidément pas la nôtre…

Dante est une femme

La présence du Sud de l’Italie s’affirme aux 13 Vents avec Il tango delle Capinere, dernier opus d’Emma Dante (le 9 et 10 à 20h30). C’est la mémoire d’une vieille femme, sicilienne, qui se déplie et se déploie. Elle convoque en une ultime danse l’homme qu’elle a aimé et dans les bras de son fantôme elle remonte le temps, de leur adolescence, des prémices de leur amour, aux moments clefs de leurs vies, les naissances, les décès. Au rythme de chansons populaires siciliennes, Manuela Lo Sicco et Sabino Civilleri nous plongent dans la mémoire populaire et baroque de Palerme, en fouillant dans la malle, surprenante, de leurs souvenirs. Avec quelques révélations, des secrets, des surprises, dans cette histoire intime d’un couple écrite du côté de la femme, avec des torrents d’émotion. 

AGNES FRESCHEL

Biennale des arts de la Scène en Méditerranée
Divers lieux, Montpellier
Du 8 au 24 novembre
13vents.fr
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