jeudi 2 avril 2026
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[MUSIC & CINEMA] Sandbag Dam

Un drame tendre et tendu de la réalisatrice croate Čejen Černić Čanak, un des longs métrages en compétition

Un village traversé par une rivière. Une famille comme une autre. Marko (Lav Novosel ) aide à l’atelier son père qui l’entraine dur pour la prochaine compétition de bras de fer. Pas d’autre choix pour les garçons que d’être viril, et de parler avec ses muscles ! Marko a sa vie bien tracée, un métier qu’il n’a pas vraiment choisi, des copains braillards et une petite amie. Son côté tendre, c’est avec son frère, Fico (Leon Grgic), trisomique,  qu’il apparait. Marko l’aide à s’endormir, lui raconte des histoires dont celle du petit lapin qui a filé, sans même dire au revoir…car Fico a une passion pour les lapins qu’il soigne, nourrit, cajole, des lapins qu’il fait sortir de leur clapier, leur accordant un peu de liberté. Quand revient au village pour l’enterrement de son père, Slaven (Andrija Žunac), parti à Berlin trois ans auparavant- On saura plus tard pourquoi-  tout va changer. Regards furtifs, fuyants et gênés d’abord, puis retrouvailles de ces deux amis qui se sont aimés Ils jouent, ils s’inventent des histoires, ils prétendent qu’ils vont partir loin ensemble dans leur voiture imaginaire…

 Le village est menacé d’une crue et on aligne le long des berges des sacs de sable pour empêcher l’eau de déborder. Métaphore des murs érigés entre Marko et Slaven par la famille et les voisins. Non dits, regards qui accusent, insultes. L’homophobie ordinaire. L’eau  monte peu à peu, inexorablement comme le désir entre les deux jeunes hommes, filmé avec pudeur par la caméra de Marko Brdar,  comme ce plan magnifique sur leurs mains après l’amour qui donne à voir la force de leurs sentiments. La musique de  Domas Strupinskas, discrète au début, s’amplifie  au fur et à mesure que grandit le désir, que l’eau monte, que risquent de craquer les digues.

« La Croatie reste un pays très fermé d’esprit. Je ne m’en rendais pas pleinement compte avant de me lancer dans ce projet, précise la réalisatrice. On vit tous dans nos bulles, on se dit que la tolérance et l’acceptation vont de soi, mais c’est faux. En Croatie, même des parents très éduqués rejettent encore leurs enfants simplement parce qu’ils sont gais.Si Sandbag Dam pouvait aider ne serait-ce qu’une personne à ouvrir les yeux, ce serait déjà une victoire. »

Espérons que ce soit le cas pour ce premier film de Čejen Černić Čanak,  tout en retenue et fort réussi

Annie Gava

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