mercredi 21 février 2024
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Musiques intérieures

Le mois de décembre de Marseille Concerts, consacré à la joie protéiforme de Poulenc et à l’énergie sans faille du Trio Goldberg, s’est ouvert avec éclat

Avant Martha Argerich, très attenduele 17, et l’orchestre universitaire Osamu dans un programme Prokofiev/Stravinski les 19 et 20 à l’auditorium du Pharo, c’est sur deux concerts plus intimes et singuliers qu’a débuté le mois des fêtes.

Un piano intime

Le pianiste désormais octogénaire Jean-Claude Pennetier s’est ainsi illustré dans un programme particulièrement ambitieux et sensible, fait de jeux d’échos et d’associations singuliers et émouvants. Trois tableaux dominés par trois esthétiques fortes : celle de Schumann et de ses désarmantes Kinderszenen, scènes d’enfance dont l’émoi désarmant résonne chez Chopin et Schubert ; celle de Debussy et d’Et la lune descend du temple qui fut, faites d’harmonies modales et d’agrégats évoquant Fauré et préfigurant Ohana et Schönberg ; et enfin celle de Beethoven et de l’immense opus 110, où le phrasé se fera plus délicat que jamais, avant de devenir, sur Haydn, plus léger et sautillant encore. De quoi faire, à en croire le concertiste, ses adieux à la scène soliste en beauté, devant une salle de La Criée conquise.

Danses sans frontières

Quelques jours plus tard, un duo singulier s’illustre au Palais du Pharo : le mariage rare mais harmonieux de la clarinette et de l’accordéon engage Théo Ould et Florent Héau sur la voie royale de la danse, et tout particulièrement de la danse teintée de folklore et de mélodies voyageuses. Les ostinatos, harmoniques et arpèges délicats de l’accordéoniste s’aventurent ainsi sur les pages riches et mouvantes de Witold Lutoslawski, Prélude de danses, sublimée par la ligne et le timbre plus clairs de la clarinette tenant ici le rôle du chant. Celle-ci se teintera de sonorités klezmers sur Sholem Aleikhem rov Feidman, pièce maîtresse et particulièrement virtuose du hongrois Béla Kovács. Après un passage par la mélodie française – Fauré, Pierné et Poulenc – le crochet par les pièces baroques de Marin Marais éclaire d’un jour nouveau les pages latines de Piazzolla, De Falla et d’Arturo Márquez : imitations contrapuntiques et legato savamment dosé unissent ces univers pourtant très lointains, avec une musicalité et une virtuosité constantes.

SUZANNE CANESSA

À venir
Martha Argerich et l’Orchestre Philharmonique de Marseille
17 décembre à 16h
Palais du Pharo, Marseille
Prokofiev/Stravinsky : Orchestre universitaire Osamu
19 décembre
Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence
20 décembre
Palais du Pharo, Marseille
Suzanne Canessa
Suzanne Canessa
Docteure en littérature comparée, passionnée de langues, Suzanne a consacré sa thèse de doctorat à Jean-Sébastien Bach. Elle enseigne le français, la littérature et l’histoire de l’Opéra à l’Institute for American Universities et à Sciences Po Aix. Collaboratrice régulière du journal Zébuline, elle publie dans les rubriques Musiques, Livres, Cinéma, Spectacle vivant et Arts Visuels.
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