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Paillettes en famille

Natalie Dessay et Laurent Naouri partagent joyeusement la scène avec leurs enfants sur le joli programme Family Business

Pantalons à paillettes, pattes d’éléphant et sourires francs : Family Business annonce d’emblée la couleur. Pas de démonstration écrasante ni de dispositif sophistiqué, mais le plaisir évident de faire de la musique ensemble. Les transitions sont parfois gentiment approximatives, comme dans une réunion de famille où l’on se passe la parole sans trop de formalisme – et c’est précisément ce qui rend la soirée attachante.

Le fil de la mémoire

L’émotion affleure évidemment lors de l’hommage à Michel Legrand, figure tutélaire et grand compagnon de route de la grande Natalie Dessay. You Must Believe in Spring, extrait des Demoiselles de Rochefort, chanté en quatuor, suspend le temps par sa simplicité et la qualité de l’écoute collective. Même exigence pour Night and Day de Cole Porter, donné a cappella : une splendeur de justesse et d’équilibre.

Le programme traverse les grandes pages de la comédie musicale : Guys and Dolls, mais aussi West Side Story et d’autres standards, abordés avec humour, sens du texte et un goût évident pour le récit. Le couple Laurent NaouriNatalie Dessay sur Send in the Clowns confirme qu’il reste de la voix lyrique et musclée sous le capot, mais aussi surtout une musicalité fine, attentive aux inflexions et aux silences.

Affaires de voix

Les moments à l’orée de l’intime jalonnent la soirée : You’ve Got a Friend, chanté par le frère et la sœur, touche par sa sobriété. Le duo mère-fille se métamorphose dans un morphing très réussi Happy Days Are Here Again / Get Happy, aussi fluide qu’efficace. Tom Naouri offre un joli moment avec Alone Again, révélant une belle musicalité et une maîtrise affirmée par ailleurs au saxophone, présent tout au long du concert.

La révélation vocale de la soirée reste toutefois Neïma Naouri. Présence scénique évidente, voix ample et incarnée, pleinement ancrée dans l’esthétique du musical, à distance assumée des timbres lyriques parentaux. Une personnalité déjà là – et l’impression qu’une étoile est en train de naître.

SUZANNE CANESSA

Le concert a été donné le 28 janvier à l’Odéon dans le cadre de la saison Marseille Concerts

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Suzanne Canessa
Suzanne Canessa
Docteure en littérature comparée, passionnée de langues, Suzanne a consacré sa thèse de doctorat à Jean-Sébastien Bach. Elle enseigne le français, la littérature et l’histoire de l’Opéra à l’Institute for American Universities et à Sciences Po Aix. Collaboratrice régulière du journal Zébuline, elle publie dans les rubriques Musiques, Livres, Cinéma, Spectacle vivant et Arts Visuels.
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