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	<title>Archives des Alexandros Markeas - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Alexandros Markeas - Journal Zebuline</title>
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		<title>Propagations/ GMEM</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 07:39:18 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">La petite salle affichait complet, adultes et enfants mélangés, très jeunes pour la plupart. On ne les entendra pas broncher de toute la soirée, pas plus que les grands, captivés par ce qui se déroule devant leurs yeux. Un petit train circule parmi des objets en bois issus d&rsquo;un piano démantelé, sur un circuit de trois carrés d&rsquo;aggloméré reliés entre eux. Équipé d&rsquo;une caméra, il filme tout sur son passage &#8211; ponts, arbres, étoiles &#8211; que les deux protagonistes, <strong>Claudine Simon</strong> et <strong>Alix Renyer,</strong> dressent soigneusement sur sa route. Les images captées se projettent sur les murs du fond en ombres chinoises, des paysages traversés portés par la création sonore de Simon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Un pays supplémentaire</em>, c&rsquo;est tout l’univers de l&rsquo;enfance qui se reconstitue. On a à nouveau sept ans. Des toupies de toutes tailles, des ressorts, des maillets, des billes, puis soudain le chaos, ces instants d&rsquo;excitation où tout part en vrille. Des boules tombent du plafond. Sur scène, les jeunes femmes trépignent, se les jettent à la figure. On n&rsquo;a qu&rsquo;une envie : les rejoindre. Une porte claque. Les parents&nbsp;? On range. Puis interviennent les cris de supporters, les mouches de l&rsquo;été, le bruit sourd des cœurs qui battent, l&rsquo;orage. Un laser crée un jeu d&rsquo;ombres. Une porte entrebâillée laisse passer le cri du corbeau, le rugissement du lion, les sabots de chevaux, la mer, les mouettes. Il y a le piano jouet et les flocons de neige. On se croirait à l&rsquo;intérieur d&rsquo;une tête d&rsquo;enfant avec ses premiers émois, ses premiers frissons. Nos corps se souviennent, les larmes affleurent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Aristophane</mark></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Changement total d&rsquo;ambiance pour <em>Guêpes, Grenouilles et Monstres</em>, dans le grand théâtre. Sur scène, trois écrans disposés au sol projettent des images de harpes. Quatre instruments bien réels sont aussi sur le plateau. L’interprète <strong>Aurélie Saraf</strong> évolue entre elles, de la plus petite, celtique, jusqu&rsquo;à une électrique, en passant par deux classiques. S&rsquo;inspirant d&rsquo;Aristophane, le spectacle évoque le narcissisme et les jugements haineux sur les réseaux sociaux, la mort des vrais poètes, la monstruosité des hommes de pouvoir, puis la grève des sexes proclamée par une Lysistrata contemporaine refusant que les femmes se donnent à des hommes qui font des guerres stupides. Lysistrata -dont le nom signifie littéralement « celle qui dissout les armées »- inverse le regard : les femmes, exclues de la vie politique athénienne, se révèlent être les seules clairvoyantes. La guerre est absurde, la paix est possible et les hommes sont des enfants obstinés. La métaphore de la guêpe est parfaite : créature qui pique sans discernement, dont la fureur est réelle mais dont l&rsquo;intelligence est limitée, et qui ne produit pas de miel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les solos de harpe sont déchaînés, la musicienne habite vraiment la scène, sur des compositions signées <strong>Alexandros Markeas</strong>. Certaines formules frappent : « le sel de nos larmes est fabriqué dans une usine californienne ». Mais à trop vouloir embrasser, la performance se perd dans un cynisme systématique sans la lueur d’espoir chère à Aristophane, le satyriste utopique. On ressort de la salle moins secouée qu&rsquo;épuisée.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Les spectacles se sont déroulés le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 6 mai</mark> au <a href="https://theatre-lacriee.com/" type="link" id="https://theatre-lacriee.com/">Théâtre de La Criée</a>, Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>



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		<title>GMEM : À plein tubes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 10:51:45 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Dès l’ouverture, sur la Place des Horizons de la Friche la Belle de Mai, <em>City Life</em> donnait le ton : celui d’un festival qui fait circuler les sons entre mécanique et organique, et où les bandes sonores n’ont rien de froid ou d’immatériel, où la répétition devient matière vivante, où l’espace, les corps, les échos travaillent autant que les instruments. Interprétée avec vigueur par l’<strong>OSAMU </strong>(Orchestre symphonique de l’université), l’œuvre de Steve Reich, avec ses boucles, ses pulsations urbaines, mais aussi sa science du silence et de la suspension, trouvait un prolongement heureux dans la présence des jeunes danseuses et danseurs de l’<strong>ENSDM </strong>(école supérieure de danse de Marseille). La ville, ici, ne se contente pas d’être bruitée : elle respire, trébuche, repart, se propage d’un geste à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mécaniques sensibles</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Module du <a href="https://gmem.org">GMEM</a>, <em>Infinite Pendulums</em> de <strong>Virgile Abela</strong> poursuit cette tension entre précision et abandon. Quatre grands pendules y deviennent instruments-performeurs, soumis à la gravité autant qu’à l’acoustique du lieu. L’installation a quelque chose d’hypnotique : on y regarde le son se fabriquer. Tout près, <em>Sonobox</em> propose une autre expérience, plus secrète encore : un écrin d’écoute solitaire, à réserver tant il est pris d’assaut, où plusieurs œuvres se découvrent par créneaux, diffusées par onze haut-parleurs. On y découvre, par séances de trente minutes, une constellation de commandes originales — de <em>Particules e-</em> d’<strong>Hervé Birolini</strong> à <em>Fragments de piano… sur les traces d’Empédocle</em> de <strong>Claudine Simon</strong>, en passant par <em>Voix-Seuil</em> d’<strong>Élise Dabrowski</strong>, <em>Inception(s)</em> de <strong>Julien Desprez</strong> ou <em>À portée de voix</em> d’<strong>Anne-Julie Rollet</strong>. Des installations accessibles à la Friche Belle de Mai tout au long du festival !</p>



<p class="wp-block-paragraph">La soirée d’ouverture poursuit ce déplacement. Avec <em>La Nòvia</em>, autour de Conlon Nancarrow et <strong>Jessica Ekomane</strong>, les boucles, les répétitions, les engrenages rythmiques dialoguaient avec des intonations de chants populaires et folkloriques. Quelque chose de très juste s’y confirme en fin de concert le temps de quelques mots de remerciements : la musique de création n’a de sens que si elle accepte de se frotter aux cultures mises à l’écart, de leur laisser place, de leur donner voix. Plus tard, <strong>Julien Claire</strong> (<strong>Claire Gapenne</strong>, aux machines, et <strong>Julien Desprez</strong> à la guitare électrique) poussait le curseur vers une performance plus improvisée, bruitiste, percussive, travaillée par l’écho. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136465" style="width:646px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=1024%2C682&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=768%2C511&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=1536%2C1022&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=696%2C463&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=1068%2C711&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=1920%2C1278&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?resize=631%2C420&amp;ssl=1 631w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/684474120_1576041201189324_6281323570828034045_n.jpeg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Infinite Pendulums, Virgile Abela © GMEM</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’orgue et l’instant</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’Abbaye Saint-Victor, un chapitre plus ancien s’ouvre. Face au roi des instruments, la création se fait timide, presque révérente. <em>Le départ pour la lune</em> de Georges Boeuf, composé pour orgue et électroacoustique en 1972, offrait l’un des instants les plus suspendus de ce début de festival : une pièce où le son semblait quitter la pierre, s’allonger dans l’air, tenir le temps en apesanteur. Le programme faisait aussi entendre la trace de Messiaen dans <em>Liber organi</em> d’Henry Fourès, suite traversée d’impulsions, de souffles, de couleurs. Restait peut-être une limite : l’orgue de Saint-Victor, malgré son pouvoir d’élévation, manque parfois d’ampleur, de grain, de contrastes dans ses jeux pour marquer pleinement les identités successives de ces pièces du vingtième siècle en regard de la <em>Toccata septima</em> de Muffat ou des <em>Variations sur un thème de Clément Janequin</em> de Jehan Alain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vers le théâtre du son</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car Propagations tient justement à cette diversité de régimes d’écoute. Après <em>Qui m’appelle ?</em> de <strong>Maguelone Vidal</strong> pièce vocale et performative donnée le 5 mai au ZEF et fondée sur ce que nos prénoms et nos noms font à nos présences, le festival poursuit dès le 6 mai un tournant plus théâtral.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À La Criée, <em>Un pays supplémentaire</em> de <strong>Claudine Simon</strong> invite à suivre un petit train circulant parmi des objets venus du piano : théâtre miniature, cinéma pour l’oreille, voyage dans les frontières entre note, bruit, geste et imaginaire. Le même soir, <em>Guêpes, Grenouilles et Monstres</em> d’<strong>Aurélie Saraf </strong>et <strong>Alexandros Markeas </strong>promet une cantate décalée, entre harpe, électroacoustique, images et critique sociale, librement nourrie du bestiaire d’Aristophane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 mai, <em>Rage</em> d’<strong>Anna Gaïotti </strong>prolongera ce passage du son au corps. Inspirée par <em>La Rabbia </em>de Pasolini, la performance annonce une danse-cri, où le texte, l’électronique et le souffle cherchent à faire surgir ce que les mots taisent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a décidément, dans cette édition, une belle manière de prendre les formes au sérieux sans les figer. Tout circule, tout insiste, tout cherche son passage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>À venir</strong><br>Le <a href="https://gmem.org/fr/festival-propagations?subsections=edito">festival Propagations </a>se poursuit à Marseille <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 10 mai</mark>, entre la <a href="https://www.lafriche.org">Friche la Belle de Mai</a>, <a href="https://theatre-lacriee.com">La Criée</a>, le <a href="https://www.3bisf.com">3bisf </a>(Aix en Provence) la <a href="https://www.citemusique-marseille.com">Cité de la Musique</a> et l’<a href="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation">Opéra</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le baroque dans tous ses éclats</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 10:55:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est devant un auditorium d&#8217;Archipel 49 comble que s&#8217;est produit le mandoliniste Vincent Beer-Demander. Il présentait son programme Come Bach dans le lieu même où sa compagnie, VBD and Co, a établi ses bureaux. La soirée s’est ouverte avec une pièce à la mandole de sa composition. Vincent Beer-Demander joue avec expressivité, construisant une interprétation [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est devant un auditorium d&rsquo;Archipel 49 comble que s&rsquo;est produit le mandoliniste <strong>Vincent Beer-Demander</strong>. Il présentait son programme <em>Come Bach</em> dans le lieu même où sa compagnie, VBD and Co, a établi ses bureaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La soirée s’est ouverte avec une pièce à la mandole de sa composition. Vincent Beer-Demander joue avec expressivité, construisant une interprétation en crescendo jusqu&rsquo;à l’apothéose. Cette « <em>Prière à grand chat</em><strong> »</strong> est dédiée à son grand-père : «<em> Il adorait Bach, et me demandait toujours de lui jouer la Chaconne. Je ne le faisais pas&nbsp;: c&rsquo;était difficile, j&rsquo;avais d&rsquo;autres choses à faire. Et puis il est mort il n&rsquo;y a pas longtemps. Alors je me rattrape. </em>» Un témoignage pudique qui exprime combien <em>Come Bach</em> n’a jamais aussi bien porté son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vient ensuite la <em>Fugue en sol mineur</em> tirée de la <em>Partita pour violon</em> que Bach transcrivit lui-même pour luth. La mandole en étant la descendante directe, cette tradition permet à Vincent de jouer la partition originale de Bach, révélant combien l&rsquo;écriture en fugue et contrepoints transcende les limites de l&rsquo;instrument. La mandole, comme le violon, est un instrument mélodique, voué à une seule voix. Et pourtant, grâce au génie de Bach, il semble que plusieurs voix dialoguent et se superposent. L&rsquo;illusion est totale. On croit entendre plusieurs musiciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à cette fugue, <strong>Jean-Claude Petit</strong>, compositeur avec lequel Beer-Demander collabore, a écrit un <em>Clin d&rsquo;œil </em>musical à ce chef-d&rsquo;œuvre. Celui que l&rsquo;on connaît comme arrangeur des plus grands noms de la pop, compositeur de musiques de films mémorables (<em>Jean de Florette</em>, <em>Cyrano de Bergerac</em>) est aussi lauréat d&rsquo;un prix de contrepoint, au CNSM. Un surdoué à qui Bach semble aller comme un gant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Fugue en La mineur</em> suit et prépare l&rsquo;oreille à sa réponse : <em>Bached,</em> du compositeur grec <strong>Alexandros Markeas</strong>, lui aussi connu pour ses musiques de film. Cette pièce exige de désaccorder les cordes de la mandoline. Ce qui s&rsquo;ensuit est une explosion d&rsquo;énergie : les notes fusent comme des feux d&rsquo;artifice, puis peu à peu la musique s&rsquo;apaise, s&rsquo;endort, s&rsquo;éteint.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> Une œuvre qui compte</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La compagnie VBD and Co est engagée dans la constitution d&rsquo;un nouveau répertoire pour mandoline. La soirée en témoigne avec des créations mondiales&nbsp;: <strong>Véronique Canonici</strong>, compositrice d&rsquo;Avignon, avec <em>Bachground,</em> une pièce bâtie sur la signature musicale de Jean-Sébastien Bach : B-A-C-H, soit en notation allemande si bémol – la – do – si naturel. La partition, douce, est portée par des arpèges comme une méditation sur l&rsquo;identité du compositeur. Puis vient <em>la Chaconne</em>, sommet de la musique pour instrument seul. Beer-Demander en parle avec respect : «<em> Cette pièce comptait énormément pour Bach. On dit qu&rsquo;il l&rsquo;a composée après la mort de sa femme qu&rsquo;il adorait. Elle raconte la tristesse, la joie, la grande spiritualité. C&rsquo;est une œuvre qui compte pour tous les musiciens. </em>» Quand la dernière note s&rsquo;éteint, la salle reste un instant immobile, puis explose en ovation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La soirée se conclut sur une dernière création, celle de <strong>Pierre-Adrien Charpy</strong>, présent dans la salle, s&rsquo;appuyant elle aussi sur la signature BACH, mais pour mandoline et voix. VBD est accompagné de la soprano <strong>Raphaële Kennedy</strong> dans un dialogue d&rsquo;une belle théâtralité, à la fois ancré dans la musique ancienne et résolument contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De Rome à Vilnius</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dimanche matin, c&rsquo;est au foyer Reyer de l&rsquo;Opéra de Marseille que le festival se poursuit avec <em>De Rome à Vilnius</em>, programme de l&rsquo;ensemble <strong>Canto Fiorito</strong>. Au début du XVII<sup>e</sup>, la cour des Vasa, dans la République des deux nations, est un centre culturel majeur où l&rsquo;influence italienne rayonne. Le concert retrace ce voyage musical à travers Palestrina, Marenzio, Stabile, Pacelli et Anerio. Mention spéciale pour les deux pièces de Tarquinio Merula. <em>Hor ch&rsquo;è tempo di dormir</em>, d&rsquo;abord conduit au clavecin puis repris dans un duo à l&rsquo;orgue avec la mezzo-soprano lituanienne <strong>Renata Dubinskaitė</strong>. Sa voix riche tranche avec les sopranos légères habituellement associées au répertoire baroque et apporte profondeur et intensité dramatique. À la flûte, <strong>Rodrigo Calveyra</strong>,musicien d&rsquo;origine brésilienne, directeur artistique de l’ensemble impressionne par sa maîtrise et sa sensibilité.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Les concerts se sont déroulés les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5 et 8 mars</mark> à l’<a href="https://www.archipel49.fr/" type="link" id="https://www.archipel49.fr/">Archipel 49</a> et à l’Opéra, Marseille.</pre>



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