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	<title>Archives des Arno Bertina - Journal Zebuline</title>
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		<title>Nouveaux récits, au féminin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 10:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il s’agissait, dans un premier temps, de passer Le réel sous le crible de la fiction. &#160; Dans l’Amphithéâtre de la Manufacture, une étrange proximité se noue entre Arno Bertina et Héloïse Brezillon.  Chez Brezillon, la science-fiction est un moyen de desserrer l’emprise du réel sans céder à la dystopie. L’autrice s’en méfie : trop [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il s’agissait, dans un premier temps, de passer <em>Le réel sous le crible de la fiction</em>. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Amphithéâtre de<a href="https://www.lamanufacture-aix.fr"> la Manufacture,</a> une étrange proximité se noue entre <strong>Arno Bertina</strong> et <strong>Héloïse Brezillon</strong>.  Chez Brezillon, la science-fiction est un moyen de desserrer l’emprise du réel sans céder à la dystopie. L’autrice s’en méfie : trop souvent, dit-elle, elle produit de la paralysie là où la littérature devrait remettre du mouvement. Devant un public largement étudiant, notamment venu de l’IUT Métiers du livre, les deux écritures se répondent de façon inattendue. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Celle de Brezillon, très poétique, entend « <em>chercher une langue impossible pour dire le réel autrement</em> ». Habituée à la performance, l’autrice en donne une lecture qui captive la salle. Chez Bertina, l’artificiel contamine moins les temporalités que les corps. Naïma, jeune femme dont la beauté paraît évidente à tous sauf à elle-même, tente de remodeler son visage par la chirurgie esthétique. De gagner en relief. De passer d’une supposée fadeur à la grâce d’un corps « <em>de traviole</em> ». Une autre manière d’interroger les récits que l’on fabrique sur soi, et ceux que les injonctions sociales imposent aux femmes. La révolte n’est jamais loin chez un auteur qui, dans <em>L’âge de la première passe</em>, donnait déjà à entendre les récits de victimes de prostitution forcée au Congo.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Changer aussi les lecteurs</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite de la matinée déplace la question : à qui ces récits sont-ils destinés ? <strong>Lorraine Selle-Delavaud</strong>, fondatrice des éditions La Meute, reprend une formule de Giulia Foïs : elle aime concevoir des livres « <em>pour féministes fatiguées</em> ». Autrement dit, des ouvrages sur les féminismes, les questions LGBTQIA+ ou les rapports de domination qui ne présupposent ni militantisme ni maîtrise préalable du vocabulaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à elle, <strong>Anouk Aubert</strong> raconte l’aventure de la librairie <em>Les Parleuses</em>. De la manifestation organisée contre Gérald Darmanin, qui fit connaître la librairie niçoise bien au-delà de son quartier, à son installation récente à Vaison-la-Romaine, elle déroule son histoire avec un sens délicieux du récit. Désormais, explique-t-elle, il faut parfois accueillir aussi « <em>des femmes qui veulent acheter le dernier Sarah Knafo</em> ». Toute la difficulté est là : ne pas prêcher les convaincues, ne pas céder pour autant au <em>pinkwashing</em>, ouvrir plutôt que clôturer. La générosité de son propos arrache quelques larmes dans la salle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une rencontre consacrée aux réseaux sociaux poursuit cette traversée des habitudes de lecture : BookTok, Bookstagram et autres formes de prescription littéraire imposent désormais leurs propres circuits, leurs rythmes, leurs communautés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Lilith, enfin</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient <strong>Chloé Delaume</strong>. La guitare électrique de <strong>Benoist Esté</strong> accompagne&nbsp; le texte de <em>Lilith &amp; Cie</em>, il compose en direct un paysage sonore ample et nerveux pour le public réuni à l’Archevêché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Au commencement était le verbe assujettir.</em> » Lilith scande cette maxime fondatrice de la condition féminine. Delaume enchaîne les formules qui frappent juste : « <em>Les dieux des vaincus deviendront les démons des vainqueurs.</em> » Et celles qui font éclater de rire la salle : « <em>Nos activités avec Adam étaient très limitées</em> », ou encore « <em>D’autant qu’Adam voulait toujours tout m’expliquer.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’humour ne tient jamais très loin de la blessure. « <em>Comment se faire entendre quand on a la parole en petits morceaux ?</em> » Chez Delaume, la drôlerie reste voisine de la douleur et le mythe se conjugue au présent. Lilith a le dernier mot. Les nouveaux récits s’écrivent décidément au féminin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em><a href="https://www.citedulivre-aix.com/spip.php?article490">Les Promesses de l’aube</a></em> se sont tenues <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">du 1<sup>er</sup> au 4 octobre</mark> à Aix-en-Provence</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>10 ans, et toujours à la page</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 08:46:14 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Fondé par la libraire Nadia Champesme et l&rsquo;éditrice Fabienne Pavia, <em><strong>Oh les beaux jours&nbsp;!</strong></em> fête ses dix ans. Et pour cet anniversaire, le festival littéraire ne se contente pas de souffler les bougies, il nous emmène au cœur de ce qui fissure, résiste, disparaît et renaît autour de six thématiques&nbsp;: de la «&nbsp;Désintégration&nbsp;»à la «&nbsp;Terra incognita&nbsp;», en passant «&nbsp;Par le corps&nbsp;» les «&nbsp;Contes et légendes modernes&nbsp;», «&nbsp;l&rsquo;Histoire en nous&nbsp;» et les «&nbsp;Vies secrètes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que se passe-t-il quand les cadres cèdent, les systèmes sociaux et politiques se désintègrent ? <strong>François Bégaudeau</strong>, <strong>Guillaume Poix</strong>, <strong>Cédric Gerbehaye</strong>, <strong>Arno Bertina</strong> ou encore <strong>Clément Camar-Mercier</strong> et <strong>Loïc Hecht</strong> explorent les glissements – carcéraux, guerriers, numériques – d&rsquo;un réel de plus en plus instable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la désintégration n&rsquo;est jamais séparable de ce qui lui résiste et en particulier le corps : <strong>Chowra Makaremi</strong> et <strong>Laurine Roux</strong> montrent comment les émotions et les liens affectifs deviennent des formes de résistance tandis que <strong>Nathacha Appanah</strong> et <strong>Negar Haeri</strong> offrent des mots à des corps révoltés, exposés à la violence extrême. <strong>Marwan Mohammed</strong> et <strong>François Beaune</strong> rappellent que par l&rsquo;éducation populaire – avec laquelle il est urgent de renouer –, d&rsquo;autres chemins d’intégration sont possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La littérature exhume</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension entre brisure, transmission et re-création traverse aussi la façon dont circule l&rsquo;Histoire en nous. De la déportation de Jorge Semprún au destin brisé de Kid Francis – jeune champion de boxe marseillais pris dans la tourmente des rafles du Vieux-Port –, des résonances contemporaines de la peste noire dont nous parle <strong>Patrick Boucheron</strong> à la révolte iranienne portée par Chowra Makaremi, c&rsquo;est cette mémoire blessée qui se raconte y compris par les voix de <strong>Pierre Singaravélou</strong>, <strong>Maylis de Kerangal</strong>, <strong>Neige Sinno</strong> ou <strong>Philippe Sands</strong>. À travers <strong>Marin Fouqué</strong> et <strong>Samira Negrouche</strong>, les héritages entre la France et l’Algérie trouvent une voix. Et c’est avec ses amis musiciens que <strong>Joann Sfar</strong> donne, par le dessin, forme et visage, à un passé en tension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature a ce pouvoir singulier de faire surgir les non-dits, d&rsquo;exhumer. <strong>Véronique Le Normand</strong> réhabilite <strong>Hilma af Klint</strong>, peintre pionnière de l&rsquo;abstraction longtemps invisibilisée. <strong>Jakuta Alikavazovic</strong> et <strong>Christophe Boltanski</strong> sondent les parts d&rsquo;ombre dans les destins familiaux. <strong>Marie Richeux</strong> interroge la persistance des absents, en écho aux voix qu&rsquo;<strong>Amaury da Cunha </strong>fait surgir comme des fantômes, tandis que <strong>Mathieu Simonet</strong> tente de continuer à vivre après la disparition de son mari. Pour la soirée anniversaire, les auteurs·ices sont invité·e·s à dévoiler leurs lectures inavouables, ce moment où la littérature cesse d&rsquo;être une posture pour redevenir un plaisir honteux et vivifiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Apprendre à se perdre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Intemporel, le mythe, lui, irrigue toujours le présent même s’il prend de nouveaux visages. <strong>Marwan Chahine</strong>, <strong>Amira Ghenim</strong>, <strong>Abdellah Taïa</strong> et <strong>Nassera Tamer</strong> composent ensemble sur scène la performance <em>Omar Sharif, ma grand-mère et moi</em>, récit mêlant souvenirs et figures des deux rives. <strong>Atiq Rahimi</strong> transforme l&rsquo;exil en écriture qui sauve, <strong>Louise Rose</strong>, <strong>Kinga Wyrzykowska</strong> et <strong>Camille Potte</strong> déplacent les codes du conte vers des territoires féministes, <strong>Théo Casciani</strong> accède à son île intérieure guidé par la voix d&rsquo;<strong>Aurore Clément</strong>, et <strong>Anthony Martine</strong> transmute le conte en expérience scénique afro-queer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire, c&rsquo;est aussi apprendre à se perdre : de la préhistoire arpentée par <strong>Marc Graciano</strong> et <strong>Pierre Schoentjes</strong> à la Malaisie de <strong>Tash Aw</strong>, de l&rsquo;Albanie de <strong>Marie Charrel</strong> aux labyrinthes intérieurs de <strong>Benoît Coquil</strong>, la Terra incognita est un graal pour les désirs qui cherchent une terre où se dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Côté scène, <strong>Vincent Delerm</strong> clôturera le festival entrelaçant chansons et livres de chevet. Le cabaret queer <strong>La Bouche</strong>, <strong>Maissiat</strong> et <strong>JP Nataf</strong> promettent des soirées mémorables. Les siestes acoustiques – très appréciées –, la bande dessinée, la littérature jeunesse la poésie, les lectures musicales et le prix du barreau de Marseille, complètent ce panorama déjà totalement enthousiasmant au sein duquel dans lequel – et c’est un scoop –, Albert Camus devrait venir faire une apparition. De bien beaux-jours en perspective.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br><a href="https://ohlesbeauxjours.fr/" type="link" id="https://ohlesbeauxjours.fr/">Oh les beaux jours !<br></a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 26 au 31 mai<br></mark>Divers lieux, Marseille</pre>
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