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	<title>Archives des exil - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des exil - Journal Zebuline</title>
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		<title>En exil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 12:04:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un jeune homme blond. Il est russe. Il s’appelle Yuri&#160;et tout comme Phillip, Taras et Tatiana, il est l’ami de Margarita Zubatova que le cinéaste Patric Chiha a rencontrée. Avec eux et en particulier Margarita, devenue sa première assistante, il réalise un film avec ces jeunes gens qui se sont exilés après l’invasion de l’Ukraine [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un jeune homme blond. Il est russe. Il s’appelle Yuri&nbsp;et tout comme Phillip, Taras et Tatiana, il est l’ami de <strong>Margarita Zubatova</strong> que le cinéaste <strong>Patric Chiha</strong> a rencontrée. Avec eux et en particulier Margarita, devenue sa première assistante, il réalise un film avec ces jeunes gens qui se sont exilés après l’invasion de l’Ukraine en 2022. «&nbsp;<em>Je ne fais pas de films sur les gens mais avec eux&nbsp;!</em>&nbsp;» précise le cinéaste. Ils sont des milliers à avoir fui l’atmosphère de peur. Yuri confie combien c’était douloureux de voir que les gens n’étaient pas sortis dans la rue pour protester contre la guerre, qu’aucune phrase n’avait été transformée en slogan, <em>« les muses se sont tues quand les armes ont parlé</em>.&nbsp;» &nbsp;«&nbsp;<em>J’ai choisi l’errance&nbsp;»</em> ajoute -t-il. Yuri qui, à 13 ans, faisait partie du 1<sup>er</sup> groupe punk de sa ville et rêvait de pouvoir continuer. Il n’a pas chanté certaines paroles pour éviter la censure. &nbsp;Vivre sous un régime totalitaire, c’est ne pas dire certaines choses. Faut- il fuir&nbsp;? Faut -il résister&nbsp;? Est- ce que fuir, c’est résister ?&nbsp; Eux sont partis. Margarita a fui d’abord en Géorgie, à Tbilissi puis en Turquie : peur, honte, désarroi, douleur, deuil, voilà ce qu’elle a ressenti en arrivant à Istanbul Elle finit par obtenir un visa pour la France. Tous ont la nostalgie du pays et ne se sentent pas autorisés à vivre une vie heureuse ni à avoir un avenir&nbsp;; «&nbsp;<em>Toute ma vie ne tient qu’à un fil&nbsp;: est ce que je veux devenir un adulte&nbsp;</em>? se demande Yuri&nbsp;; à 36 ans, un âge où normalement on construit sa vie&nbsp;: «&nbsp;<em>Je serai un Russe de merde&nbsp;!</em>&nbsp;» Ils se confient sur la perte d’identité, sur les attaches rompues, sur la mémoire qui efface les choses, sur la difficulté à espérer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra de <strong>Céline Bozon</strong> les suit de près quand ils se parlent&nbsp;: Margarita et Yuri, amis depuis 10 ans, assis sur un muret, ou allongés dans l’herbe semblent tirer leur force l’un de l’autre. Comme dans ses films précédents, <em>La Bête dans la jungle (</em> <a href="https://journalzebuline.fr/la-bete-dans-la-jungle-en-quete-dabsolu/)ou">https://journalzebuline.fr/la-bete-dans-la-jungle-en-quete-dabsolu/)</a> ou <em>Si c’était de l’amour,</em> les plans de <strong>Patric Chiha</strong> sont particulièrement soignés&nbsp;; les visages se colorent de vert, de rouge, de jaune, comme en recherche d’identité. &nbsp;Les corps avancent dans des espaces déserts, au ralenti, pareils à des fantômes. La fête d’anniversaire de Margarita, où ils sont costumés et grimés comme dans un vieux livre d’images, filmée au ralenti qui amplifie les gestes et les rires, se termine par des plans de visages désespérés. De longs travellings de paysages blancs et enneigés reviennent régulièrement, nous rappelant l’hiver russe. La musique, entre rock et punk a été composée par l’un des personnages du film, <strong>Yuri Nosenko,</strong> son rêve d’adolescent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un beau film, nécessaire, qui rappelle que tous les Russes ne s’appellent pas Poutine&nbsp;! et Patric Chiha de préciser&nbsp;: <em>«&nbsp;Avant d’être un film sur des Russes, c’est peut-être un film sur nous tous. Que ferions-nous à leur place&nbsp;? Ne ressentons-nous pas aussi un fort sentiment d’impuissance&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp; Un Hiver Russe</em> sort en salles le 30 septembre © Aurora films</p>
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		<title>[&#124;BERLINALE 26] Nina Rosa</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 10:19:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une fête joyeuse dans un jardin. Une jeune femme, visage triste, coupée des autres&#160;; c’est Rosa (Michelle Tzontchev) qui a le vague à l’âme. Elle demande à son père de l’accueillir quelque temps avec son fils. Lui, c’est Mihail, un spécialise d’art, commissaire d’exposition&#160;; il a quitté la Bulgarie presque 30 ans auparavant, s’installant à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Une fête joyeuse dans un jardin. Une jeune femme, visage triste, coupée des autres&nbsp;; c’est Rosa (<strong>Michelle Tzontchev</strong>) qui a le vague à l’âme. Elle demande à son père de l’accueillir quelque temps avec son fils. Lui, c’est Mihail, un spécialise d’art, commissaire d’exposition&nbsp;; il a quitté la Bulgarie presque 30 ans auparavant, s’installant à Montréal avec sa fille alors âgée d’une dizaine d’années. Il y a laissé ses souvenirs, une sœur et sa langue, ce que lui reproche Rosa, qui apprend le bulgare à son fils. Mihai est poussé à revoir son pays natal car on lui confie une mission&nbsp;: aller voir sur place le travail d’une fillette, repérée par une galeriste italienne, Giulia (<strong>Chiara Caselli</strong>), à partir d’une vidéo sur internet. D’abord réticent, il accepte de partir dans ce «&nbsp;<em>pays arriéré</em>&nbsp;». L’arrivée dans son pays natal est un vrai choc. Il est accueilli avec chaleur par la communauté du village de Nina, même si on trouve qu’il parle bizarrement pour quelqu’un né à Sofia. «&nbsp;<em>Il pense en français&nbsp;!</em>&nbsp;» Il rencontre Nina (incarnée par les jumelles <strong>Sofia et Ekatarina Stanina</strong>) un peu sauvage qui lui montre son atelier et lui confie ses cauchemars. Nina lui rappelle Rosa au même âge quand il l’a emmenée à Montréal. Invité à un anniversaire, où on chante et on boit la rakia, il retrouve le plaisir d’entonner un hymne bulgare et de danser avec les autres. Une des plus belles séquences du film&nbsp;: dans les couleurs chaudes du feu, il retrouve son âme bulgare. Quand il verra le travail de Nina qui semble communier avec le cosmos dans ses toiles, quand il sera sûr qu’elle peint avec ses doigts, toute seule, il sera confronté à un dilemme. Giulia l’agent italienne a un projet pour la fillette&nbsp;: une école d’art en Italie. Peut-il accepter de participer à cette chasse aux talents et risquer de couper Nina de ses racines&nbsp;? C’est le comédien et metteur en scène <strong>Galin Stoev</strong> qui incarne avec sobriété et délicatesse cet homme, en plein voyage re-initiatique. La caméra d’<strong>Alexandre Nour Desjardins </strong>filme son visage tour à tour, fermé, plongé dans ses souvenirs – il revit en flashback des instants de bonheur familial-ou rempli d’un étonnement émerveillé devant les paysages de sa Bulgarie retrouvée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ours d’Argent bien mérité !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>
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		<title>Parfums d’exil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Mar 2025 09:58:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[Flammarion]]></category>
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		<category><![CDATA[Omar Youssef Souleimane]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le narrateur n’a pas de nom mais c’est un «&#160;arabe qui sourit&#160;».&#160;Syrien réfugié à La Rochelle, il&#160;est «&#160;nez&#160;». Il&#160;fabrique des parfums&#160;aux flagrances d’exil et de nostalgie, celles de musc, de rose et de jasmin&#160;qui lui rappelle les&#160;effluves&#160;de Damas, sa ville&#160;qu’il a&#160;quittée&#160;en 2011&#160;pour&#160;échapper au régime d’Assad. Il est d’abord&#160;hébergé&#160;à Beyrouth&#160;par&#160;son ami Naji,&#160;«&#160;deux enfants étrangers dans un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le narrateur n’a pas de nom mais c’est un «&nbsp;<em>arabe qui sourit&nbsp;</em>».&nbsp;Syrien réfugié à La Rochelle, il&nbsp;est «&nbsp;nez&nbsp;». Il&nbsp;fabrique des parfums&nbsp;aux flagrances d’exil et de nostalgie, celles de musc, de rose et de jasmin&nbsp;qui lui rappelle les&nbsp;effluves&nbsp;de Damas, sa ville&nbsp;qu’il a&nbsp;quittée&nbsp;en 2011&nbsp;pour&nbsp;échapper au régime d’Assad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est d’abord&nbsp;hébergé&nbsp;à Beyrouth&nbsp;par&nbsp;son ami Naji,&nbsp;«&nbsp;<em>deux enfants étrangers dans un pays étranger</em>&nbsp;».&nbsp;Comme&nbsp;des millions de réfugiés,&nbsp;ils&nbsp;partagent «&nbsp;<em>le même mode de vie, la même cuisine, la même crise économique et les mêmes malheurs</em>&nbsp;» que les Libanais. Les deux jeunes hommes&nbsp;gravitent&nbsp;dans les milieux&nbsp;d’opposition&nbsp;au «&nbsp;raïs&nbsp;».&nbsp;Puis&nbsp;«&nbsp;<em>celui qui sourit</em><em>&nbsp;</em>»&nbsp;décided’effectuer le grand saut vers la France «&nbsp;<em>abandonnant</em>&nbsp;»&nbsp;Naji et&nbsp;la Résistance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À&nbsp;l’aéroport,&nbsp;leurs derniers mots&nbsp;sont pleins de tendresse et d’affection&nbsp;: «&nbsp;<em>T</em><em>u ne veux pas venir en France chez les capitalistes&nbsp;? Alors je viendrai au Liban te&nbsp;</em><em>revoir comme</em><em>&nbsp;un colonialiste</em>&nbsp;», déclare celui qui part.&nbsp;«&nbsp;<em>Rappelle-</em><em>toi que</em><em>&nbsp;ton esprit gardera pour toujours les catastrophes</em><em>, les paradoxes et la magie du Proche O</em><em>rient</em>&nbsp;»&nbsp;prédit celui qui reste.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Enquête de vérité&nbsp;</mark></strong></h3>



<div class="wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8f761849 wp-block-group-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="400" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/Photo-Sebastien-Leban-%C2%A9-Flammarion.jpeg?resize=300%2C400&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-128917" style="width:213px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/Photo-Sebastien-Leban-%C2%A9-Flammarion.jpeg?w=300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/Photo-Sebastien-Leban-%C2%A9-Flammarion.jpeg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/Photo-Sebastien-Leban-%C2%A9-Flammarion.jpeg?resize=150%2C200&amp;ssl=1 150w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Flammarion</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dix ans ont passé.&nbsp;Les amis ne se sont pas revus.&nbsp;Un jour,&nbsp;le «&nbsp;<em>Français</em>&nbsp;» reçoit&nbsp;un message de Delia, une Italienne rencontrée lors d’une manifestation anti&nbsp;Assad.&nbsp;Naji est décédé, il s’est suicidé.&nbsp;En finir, quitter la scène, le combat, voilà qui ne ressemble pas à son vieil ami&nbsp;engagé,&nbsp;rebelle, déterminé,&nbsp;croyant en la résistance internationale contre l’impérialisme.&nbsp;Le narrateur&nbsp;triste et troublé&nbsp;repart au Liban sur les traces de Naji, qui avec sa&nbsp;mort&nbsp;le ramène au pays&nbsp;et l’entraîne dans une aventure rocambolesque.</p>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce nouveau roman, le journaliste, poète et écrivain Omar Youssef Souleimane continue d’explorer la thématique de l’exil. Exil qu’il a lui-même vécu. Journaliste traqué par les services secrets du régime syrien il quitte clandestinement son pays pour&nbsp;la Jordanie&nbsp;puis&nbsp;la France dont il ignore&nbsp;tout. «&nbsp;<em>Je me suis réfugié dans la langue d&rsquo;Éluard&nbsp;</em>» écrit-t-il. C&rsquo;est désormais en français qu&rsquo;il publie des récits&nbsp;imagés et sensibles&nbsp;d&rsquo;inspiration principalement autobiographique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Arabe qui sourit</em>,&nbsp;de&nbsp;<strong>Omar Youssef Souleimane&nbsp;<br></strong><a href="https://editions.flammarion.com">Flammarion</a>&nbsp;-&nbsp;20 €</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles<a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature/"> Littérature ici</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title> La Mer au loin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Feb 2025 13:12:41 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Saïd Hamich Benlarbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Mer au loin, l’exil d’un jeune maghrébin, une histoire en cinq chapitres qui commence en 1990 et se termine en 1999. Un parcours initiatique à Marseille qui commence comme un film noir, un mélodrame au rythme du raï. La mer au loin, ses vagues, un visage d’homme. Une voiture dans un bois et des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"> <em>La Mer au loin, </em>l’exil d’un jeune maghrébin, une histoire en cinq chapitres qui commence en 1990 et se termine en 1999. Un parcours initiatique à Marseille qui commence comme un film noir, un mélodrame au rythme du raï.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mer au loin, ses vagues, un visage d’homme. Une voiture dans un bois et des jeunes qui préparent le braquage d’un camion puis font la fête dans un café, à Marseille. Parmi eux, Nour&nbsp; (<strong>Ayoub Gretaa) </strong>qu’on va suivre de prés dans le 1<sup>er</sup> chapitre, <em>Nour 1900.</em>&nbsp;Alors qu’ils vendent les objets volés, ils se font arrêter et chacun se voit obligé de prendre une route différente. Nour qui affirme s’appeler Pablo et être portugais, traité avec indulgence par le commissaire qui brûle son passeport pour lui éviter un retour forcé, se retrouve seul, désemparé, sans argent, à la rue. C’est là que sa route croise à nouveau celle de Serge, le policier qui l’avait arrêté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color">2<sup>e </sup>chapitre, <em>Serge 1992.</em></mark></strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color"> </mark></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Serge l’emmène chez lui, lui offre gite et couvert, lui présente sa femme, Noémie et son fils«<em>&nbsp;Pourquoi tu fais ça&nbsp;? </em>s’étonne Nour.<em> Je sais pas&nbsp;!&nbsp;</em>»Il lui trouve une chambre au-dessus d’un club de drag queens«<em> Quoi chez les travelos&nbsp;?&nbsp;</em>»Un endroit que Serge connait bien car s’il aime sa femme, il est aussi attiré par les hommes… et par Nour<em>. Noémie </em>qui donne le titre au 3<sup>e</sup> chapitre<em>, Noémie 1994, </em>mène elle aussi une vie libre et joyeuse. Une famille hors normes qui va ouvrir les yeux de Nour sur le champ des possibles, lui permettre à de se (re) construire dans la fête et la légèreté même si les échanges téléphoniques avec sa mère lui rappellent que sa place n’est pas là. Sa place n’est plus nulle part d’ailleurs <strong>Saïd Hamich Benlarbi </strong>qui a vécu l’expérience de l’exil précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Pour moi, l’exil se cristallise lorsque l’on arrive au bout de ses fantasmes de départ et de retour. Parce qu’on ne se sent jamais chez soi, et quand on rentre, on n’est plus chez soi non plus et on ressent une sorte de trahison. Il ne reste plus qu’à construire une nouvelle vie.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>Au moins, nous avons passé de bons moments </em>»<em>, </em>dit un des personnages à la fin du film dont l’écriture a été inspirée par <em>L’Éducation sentimentale</em> de Flaubert et par la musique raï, exilée en France, à Marseille et réinventée par l&rsquo;exil. La référence principale est le mélodrame, en particulier les films de Douglas Sirk et de  Fassbinder, précise le réalisateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéaste aime ses personnages remarquablement interprétés&nbsp;: <strong>Ayoub Gretaa</strong>,acteur de télévision connu au Maroc, pour la première fois au cinéma, a su rendre toutes les émotions qui traversent Nour.<strong> Anna Mouglalis</strong>, incarne une Noémie vibrante, vivante, sensuelle, touchante et <strong>Grégoire Colin</strong>, Serge, un policier atypique, rempli de désirs et d’humanité. Il les aime et nous les fait aimer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> L’idée était de partir d’un groupe d’amis et de suivre leurs trajectoires d’exil, mais de les ancrer dans quelque chose d’intime et de vivre les choses à leurs côtés, à travers l’émotion. </em>» Une excellente idée : l’émotion est  bien au rendez vous !</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> <em>La Mer au loin</em> en salles le 5 février 2025</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les mémoires d’exil de Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jan 2025 13:45:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marseille, ville port, ville antique, est historiquement liée aux migrations humaines. Pour rendre hommage aux personnes exilées&#160; de manière transitoire ou définitive à travers les années, la ville de Marseille programme dans ses bibliothèques quatre mois d’expositions, de projections, de rencontre, de lectures et d’ateliers.&#160; La bibliothèque des Cinq-Avenues et la médiathèque Salim Hatubou accueillent [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Marseille, ville port, ville antique, est historiquement liée aux migrations humaines. Pour rendre hommage aux personnes exilées&nbsp; de manière transitoire ou définitive à travers les années, la ville de Marseille programme dans ses bibliothèques quatre mois d’expositions, de projections, de rencontre, de lectures et d’ateliers.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bibliothèque des Cinq-Avenues et la médiathèque Salim Hatubou accueillent deux expositions en partenariat avec l’association <a href="https://sosmediterranee.fr">SOS Méditerranée</a>. La première, <em>Sauver, protéger, témoigner </em>donne à voir des photos réalisées lors d’un reportage réalisé lors de missions de l’Ocean Viking (jusqu’au 25 février, Bibliothèque des Cinq-Avenues). La seconde, <em>Éclaireuses d’humanité</em>, s’intéresse également aux opérations de sauvetage mais se concentre pour sa part sur l’expérience féminine, du point de vue des sauveteuses et des secourues (jusqu’au 27 février, Médiathèque Salim Hatubou). </p>



<p class="wp-block-paragraph">La programmation rend également hommage à la population immigrée installée à Marseille, avec notamment l’exposition <em>Ne M’oublie pas, Belsunce, Marseille</em>, qui donne à voir les photos d’identité et les portraits d’habitants qui composent le fonds photographique du Studio Rex, conservé par le collectionneur Jean-Marie Donnat (jusqu’au 1er mars à L’Alcazar, <em>[<a href="https://journalzebuline.fr/le-studio-rex-a-lalcazar-des-memoires-toujours-en-errance/">voir article ici</a>]</em>). Mais aussi deux expositions d’<strong>Abed Abidat</strong> en collaboration avec sa maison d’édition<a href="https://www.imagesplurielles.com/fr/"> Images Plurielles</a> : <em>Boulevard National, au delà des clichés</em>, conçue avec la sociologue britannique Claire Bullen et qui rend compte des la vie des habitants de la grande artère marseillaise ainsi que de ses évolutions urbaines (jusqu’au 30 avril, Bibliothèque du Merlan) et <em>Chibanis-Chibanias : portraits d’une génération sans histoires ?</em> qui rend hommage aux personnes arrivées du Maghreb entre  1940 et 1970 (jusqu’au 3 mars, Alcazar).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Exil et créativité </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 10 janvier, l’Alcazar accueille une projection de <em>Varian Fry, visas pour la libert</em>é, un documentaire de Mathieu Verdeil qui s’intéresse au parcours de Varian Fry, Juste parmi les Nations installé à Marseille qui permit de sauver plus de 2000 personnes entre 1940 et 1941. Parmi elles, de nombreux artistes comme André Breton. Le film sera suivi du court-métrage <em>Walter Benjamin à Marseille</em> d’Alain Paire, et d’une conférence donnée par <strong>Alain Paire</strong>, et <strong>Anne Roche</strong>, chercheuse spécialiste de Benjamin, qui se propose de réfléchir à la manière dont l’exil nourrit la créativité, et de se pencher sur plusieurs figures importantes de personnes exilées à Marseille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la bibliothèque de Belsunce aura aussi lieu le 18 janvier une projection de <em>Ma valise est mon pays. Hommage à Mahmoud Darwich</em>, une lecture-concert des poèmes de l’écrivain palestinien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ce qui est des œuvres de fictions, le cinéma du Centre Urbain du Merlan accueil une avant-première de <em>La mer et ses vagues</em> de <strong>Liana &amp; Renaud</strong> en présence des réalisateurs (9 janvier). Et la bibliothèques de Cinq-Avenues projettera deux courts-métrages d’<strong>Ali Zare Ghanatnowi,</strong> suivis d’une rencontre avec le cinéaste iranien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE </p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 30 avril <br></mark>Bibliothèques de la ville de Marseille </pre>
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		<title>Nos pères, ces prisonniers</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jan 2025 11:14:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Au diable Vauvert]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec J’emporterai le feu (Gallimard), Leila Slimani publie le troisième tome attendu de sa trilogie sur le Maroc et la fin d’une magnifique fresque familiale. Enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, Mia (une Leila romancée) et sa petite sœur Inès sont nées dans les années 1980. Comme leur grand-mère Mathilde, alsacienne tombée amoureuse d’Amine qu’elle a [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="490" height="726" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leila_Slimani_cropped.jpeg?resize=490%2C726&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-126830" style="width:175px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leila_Slimani_cropped.jpeg?w=490&amp;ssl=1 490w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leila_Slimani_cropped.jpeg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leila_Slimani_cropped.jpeg?resize=150%2C222&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leila_Slimani_cropped.jpeg?resize=300%2C444&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leila_Slimani_cropped.jpeg?resize=283%2C420&amp;ssl=1 283w" sizes="(max-width: 490px) 100vw, 490px" /><figcaption class="wp-element-caption">Leïla Slimani </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>J’emporterai le feu</em> (<a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/j-emporterai-le-feu/9782073098368">Gallimard</a>), <strong>Leila Slimani</strong> publie le troisième tome attendu de sa trilogie sur le Maroc et la fin d’une magnifique fresque familiale. Enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, Mia (une Leila romancée) et sa petite sœur Inès sont nées dans les années 1980. Comme leur grand-mère Mathilde, alsacienne tombée amoureuse d’Amine qu’elle a épousé, comme leur mère Aïcha, gynécologue engagée ou leur tante Selma, indépendante et excentrique, les deux jeunes filles veulent être libres de leurs choix. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles trouveront l’émancipation dans l’exil. «&nbsp;<em>Mia, va-t&rsquo;en et ne rentre pas. Ces histoires de racines, ce n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une manière de te clouer au sol, alors peu importent le passé, la maison, les objets, les souvenirs. Allume un grand incendie et emporte le feu</em>&nbsp;» lui exhorte son père lui donnant les clefs de la liberté. Mia va partir en France pour étudier. Elle deviendra journaliste puis l’écrivaine qu’on connaît. Inès la suivra. Elle sera médecin&nbsp;: En France, il leur faudra se faire une place, apprendre de nouveaux codes, affronter les préjugés, le racisme. Le père, Medhi, banquier, amoureux des livres – une passion qu’il va transmettre à Mia –, resté au pays va être banni durant des années de l’économie puis arrêté par les autorités marocaines dans des conditions de détention éprouvantes qui marqueront la famille à jamais.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Roman d’investigation&nbsp;</mark></strong></h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="399" height="600" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Sabrina_Kassa%40Herve-Hote_1.jpg?resize=399%2C600&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-126831" style="width:192px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Sabrina_Kassa%40Herve-Hote_1.jpg?w=399&amp;ssl=1 399w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Sabrina_Kassa%40Herve-Hote_1.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Sabrina_Kassa%40Herve-Hote_1.jpg?resize=150%2C226&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Sabrina_Kassa%40Herve-Hote_1.jpg?resize=300%2C451&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Sabrina_Kassa%40Herve-Hote_1.jpg?resize=279%2C420&amp;ssl=1 279w" sizes="(max-width: 399px) 100vw, 399px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sabrina Kassy <em>©</em> Hervé Cote</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>faux souvenir</em>&nbsp;de&nbsp;<strong>Sabrina Kassa</strong>&nbsp;a pour point de départ une image d’enfance, celui d’une petite fille de 4 ans qui rencontre pour la première fois son père à l’aéroport d’Alger entouré de gardes du corps. Des années plus tard, partageant cette évocation avec son frère ainé, elle apprend que si cette rencontre s’est bien déroulée, elle n’a jamais eu lieu dans un aéroport mais au bagne de Lambèse dans la région de Batna au nord-est de l’Algérie. Quant aux gardes du corps censés protéger ce père si puissant, il s’agissait des gardiens de prison. Pour Sabrina, c’est un choc. Comment avait pu-t-elle sublimer cette vision de geôle, d’enfermement en un symbole de liberté, de voyage, d’émancipation&nbsp;? Pourquoi et comment ce père, commissaire du gouvernement algérien, s’était-il retrouvé en prison&nbsp;? Pour mettre la lumière sur ce «&nbsp;<em>coin aveugle</em>&nbsp;» et retrouver sa mémoire, la journaliste, responsable éditoriale aux questions raciales de Médiapart, part en Algérie sur les traces de son histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>J’emporterai le feu</em>, de<em>&nbsp;</em><strong>Leila Slimani&nbsp;</strong><br>Gallimard&nbsp;- 22,90 €</pre>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le faux souvenir</em>, de <strong>Sabrina Kassa </strong><br><a href="https://audiable.com/boutique/cat_litterature-francaise/le-faux-souvenir/">Au diable Vauvert </a>- 13,50 €</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature/"><em>Livres</em> et <em>Littérature</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>« La Vie devant elle », sur les routes de l’exil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Dec 2023 15:37:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Quand je tiens une caméra dans mes mains, ça m&#8217;apporte beaucoup d&#8217;espoir, je sens que je peux tout surmonter. La caméra fait disparaître tous mes chagrins. »Ces mots sont ceux d’une jeune Afghane de 14 ans, Elaha Iqbali, co-réalisatrice et protagoniste du film La vie devant elle, sélectionné dans la catégorie « Enjeux Méditerranéens » de la 27e [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Quand je tiens une caméra dans mes mains, ça m&rsquo;apporte beaucoup d&rsquo;espoir, je sens que je peux tout surmonter. La caméra fait disparaître tous mes chagrins.</em> »Ces mots sont ceux d’une jeune Afghane de 14 ans, <strong>Elaha Iqbali</strong>, co-réalisatrice et protagoniste du film <em>La vie devant elle, </em>sélectionné dans la catégorie « Enjeux Méditerranéens » de la 27<sup>e</sup> édition du <em>PriMed</em>. C’est à Lesbos, dans le camp de Moria que <strong>Manon Loizeau</strong> a rencontré Fanny Houvenaeghel, présidente de l&rsquo;association Tolou qui aidait les réfugiés. Elle lui parle d’Elaha, une jeune fille qui, avec une petite caméra, filme la vie dans le camp. En 2018, Elaha avait pris la route vers l’Europe, avec sa famille, quittant le pays où ils ne pouvaient plus vivre, mais aussi y laissant leur maison, leurs amis. Manon Loizeau qui voulait faire un film à hauteur d’enfant, décide de la suivre pendant une année et ensemble, elles réalisent <em>La Vie devant elle,</em> un film touchant, une vraie leçon de vie.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Prendre de la distance</strong></mark><strong><em><br><br></em></strong><em>« Quand on migre, on devient plus fort ! »</em> Et il faut l’être car dans le camp de Moria, il n’y a rien. Avec ses parents, Elaha crée une petite école où elle enseigne l’anglais aux enfants. Avec sa petite caméra, elle filme « sa classe », les rues du camp, les jeux, les cerfs volants, les repas jusqu’à ce jour terrible du 9 septembre 2020 où un incendie détruit le lieu. L’enfer sur terre ! <em>« Toutes nos vies réduites en cendre »</em> Elaha filme tout, les lieux dévastés, les ruines où des enfants récupèrent des peluches épargnées. Il faut reprendre le chemin, le bateau, qui les conduit à Athènes où ils survivront quelques semaines dans un appartement insalubre, puis un car vers Anissa à la frontière albanaise. Loin de tout. Pas de ville pour aller à l’école. Elaha ne baisse pas les bras même si, parfois, elle regrette d’être née afghane. Sa caméra lui permet de mettre à distance le réel, souvent tragique. Elle filme sa famille, ses sœurs – Saher qu’elle admire, Neda au grand cœur –son frère Shahab, et sa mère qui rêve de pouvoir étudier et d’apprendre à conduire. Mais chaque départ est douloureux. Elle y laisse des gens qu’elle aime ; son amie de cœur, Zuhra, restée à Kaboul, Hosna, à Athènes… «  <em>Je ne veux plus me faire d’amies. Quand on les quitte c’est trop dur ! </em>». Après quatre années d’errance et 7000 km parcourus, Elaha et sa famille ont eu leurs papiers et se sont installés en Allemagne. La jeune fille a enfin réalisé son rêve, aller à l’école et construire un avenir… La Vie devant elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le montage est habile, tricotant avec soin les images d’<strong>Elaha</strong> et celles de <strong>Manon Loizeau&nbsp;</strong>; &nbsp;la musique et les chansons de sa sœur, <strong>Emily Loizeau </strong>semblent donner &nbsp;une 2<sup>e</sup> voix à Elaha. <em>La Vie devant elle,</em> journal intime,&nbsp; nous montre les chemins chaotiques de l’exil, la vie dangereuse des enfants qui y sont forcés&nbsp; mais aussi la puissance des rêves et le pouvoir du cinéma. Un documentaire réussi, touchant et percutant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong><em>La Vie devant elle </em>a été présenté à la Mairie de 1/7 de Marseille dans le cadre du festival <em>PriMed</em>.</strong></mark></p>
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		<title>Ce sont des humains qui se noient</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2023 14:31:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque année, depuis 2014, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se noient en Méditerranée, aux portes de l’Europe.&#160;Un total, très certainement sous-estimé, de 30000 vies. Entre la Libye et l’Italie, les vies s’éteignent dans le silence et l’indifférence. Les 700 morts du dernier naufrage suffisent à peine à émouvoir l’Europe quelques jours, et non [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, depuis 2014, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se noient en Méditerranée, aux portes de l’Europe.&nbsp;Un total, très certainement sous-estimé, de 30000 vies. Entre la Libye et l’Italie, les vies s’éteignent dans le silence et l’indifférence. Les 700 morts du dernier naufrage suffisent à peine à émouvoir l’Europe quelques jours, et non à mettre en place, enfin, des moyens et des lois pour sauver en mer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Europe ne le veut pas. Elle refuse d’accueillir ces naufragés en détresse fuyant souvent l’esclavage et la guerre, ces exilées violées pour plus de 90% d’entre elles pendant leur trajet, alors même qu’elles fuient souvent violences et mariages forcés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’autre bout de la planète, dans les eaux de Mayotte, île stratégique pour le commerce français, les kwasa-kwasa, petits bateaux de pêche dont notre chef de l’État avait déclaré qu’ils «&nbsp;pêchent peu mais ramènent surtout du Comorien&nbsp;», chavirent fréquemment. 1000 morts par an, estime-t-on à la louche. Ceux qui ont réussi à passer sont expulsés par la force publique française. Comment ne pas dire coloniale, quand les hôpitaux français proposent aux Comoriennes la stérilisation&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><kbd><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Capacité de compassion</mark></kbd></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les routes d’exil vers l’Europe, ou ses appendices coloniaux, les morts sont littéralement innombrables. Mais au lieu de susciter la compassion de l’Europe c’est la panique qui s’empare de tous. Comme les Américains, qui ont basculé vers Trump et son mur contre le Mexique, les Italiens renouent avec le fascisme, les Grecs ne secourent plus ceux qui se noient, l’extrême droite allemande elle-même resurgit et tend le bras. Quant à la France, elle arrête les militants écologistes, interdit leur soulèvement face à une planète qui s’asphyxie. Les discours xénophobes s’y banalisent, la droite franchissant aujourd’hui allègrement les frontières de l’indécence raciste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Europe en aurait-elle fini avec l’Humanisme, qui est sa valeur fondamentale depuis la Renaissance&nbsp;? Qui a permis de s’affranchir de l’esclavage, de l’indigénat, de la colonisation, des procès en hérésie, de la minoration des femmes, de la pénalisation de l’homosexualité&nbsp;? De transformer les sujets assujettis en citoyens représentés&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse repose dans notre capacité de résistance culturelle. Dans notre manière de reconnaître la valeur et l’humanité de ceux qui sont issus de l’histoire coloniale de la France, et d’accueillir les victimes de la politique françafricaine. Sur nos scènes, comme le font le <em>Festival de Marseille</em>, <em>Africa Fête</em>, les <em>Rencontres à l’Échelle</em>. En exposant, comme le fait la <em>Pride</em>, la réalité des réfugiés LGBTQI dont l’Europe doit garantir la sécurité. Et en soutenant le concert de SOS Méditerranée, qui a sauvé des milliers de vies, mais reste en butte à ceux qui préfèrent que les hommes se noient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>
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		<title>« Tilo Koto » en ciné-débat aux Variétés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jun 2023 05:30:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">De nombreux cinéastes ont conçu des projets autour de l’émigration africaine. Dénoncer les conditions inhumaines du voyage vers l’Europe, l’indécence de l’accueil de ceux qui n’ont pas succombé aux tortures et/ou ont survécu aux naufrages. Montrer aussi les initiatives de sauvetage, les désobéissances civiles qui s’opposent à l’hypocrisie des politiques de l’Union en la matière. Chercher à comprendre ce qu’il faut de guerres, de misère, de détresse pour quitter sa famille et s’entasser dans des rafiots branlants. Comprendre pourquoi, il est si difficile de revenir sans argent et sans perspective quand les familles se sont endettées pour permettre l’exil. Raconter les destins incroyables de ces Désespérés. <em>Tilo Koto, sous le soleil</em>,le documentaire de  <strong>Sophie Bachelier</strong> et <strong>Valérie Malek</strong>, rappelle tout cela, en adoptant, et c’est là son originalité, le point de vue du Casamançais <strong>Yancouba Badji</strong>. Parti à 17 ans du Sénégal, échouant dans un camp tunisien après avoir connu l’enfer en Libye, le jeune homme, après quatre tentatives de traversée vers l’Italie, est revenu au pays où il cherche désormais à dissuader les candidats à l’exil. Il  leur dit ce qui les attend vraiment, loin des rêves et des mensonges des passeurs : le racket, les prisons libyennes, la torture, les filles vendues, violées, battues. Artiste, Yancouba témoigne par ses peintures de l’horreur de ce qu’il a vécu. Il pose sur la toile des silhouettes noires aux yeux exorbités, zombies « munchiens » serrés dans un canot blanc sur l’aplat bleu et impassible de la mer. Ses amis d’infortune parfois ne peuvent pas la dire cette horreur, l’un ne cesse de trembler, l’autre pleure en silence devant un monticule de terre, dans le cimetière des Inconnus où repose sa belle-sœur tabassée à mort. En Casamance, on mène une vie de forçat et de dénuement dans un paysage sublime que la photo du film magnifie. Près de sa mère et du fleuve où il construit une sculpture éphémère faite de racines de mangroves mortes, Yancouda peu à peu transforme son échec en un projet artistique et politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>ELISE PADOVANI</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Ce film est projeté le 20 juin à 20 heures, au cinéma Les Variétés (Marseille), dans le cadre d’un ciné-débat organisé en partenariat avec la Ligue des droits de l’Homme, la Cimade et SOS Méditerranée.</strong></mark></p>
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