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	<title>Archives des exploitation - Journal Zebuline</title>
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		<title>[MUSIC &#038; CINEMA] Babystar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2026 07:14:06 +0000</pubDate>
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<p>Luca (<strong>Maja Bons</strong>), Pourrait être une adolescente comme les autres. Mais elle a 4, 3 millions de followers. Fille unique, elle vit dans une luxueuse maison, acquise grâce au travail acharné de ses parents… influenceurs ! C’est en partie grâce à elle qu’ils sont devenus riches : depuis sa naissance, tout est mis en scène et filmé, même les moments les plus intimes. On commente, on conseille, on recommande ce qu’il faut acheter, consommer, pratiquer pour ressembler à cette « babystar », pour réussir comme cette famille « idéale » . En permanence on prépare le prochain podcast. « <em>Mes parents sont les plus importants pour moi, » </em> précise Luca…Tout brille, tout scintille. La lumière expose les visages, les corps, les couvrant d’un vernis qui commence à se craqueler le jour où sa mère (<strong>Bea Brocks</strong>) et son père (<strong>Liliom Lewald) t</strong>out excités, lui annoncent qu’ils envisagent d’avoir un deuxième enfant. Elle ne sera plus unique !  Très dure sera la chute ! Luca commence à réaliser qu’elle a été utilisée, depuis sa naissance, comme un « instrument », une machine à faire de l’argent.  Une séquence au bord de la piscine, terrible. Luca  feint de se noyer et les parents, nonchalamment allongés sur leur transat, discutant du futur podcast, ne réagissent pas. Il faudra que Luca jette à l’eau un livre de son père pour qu’il plonge et le récupère ! .Lorsque ses parents créent un modèle d&rsquo;IA à son image, elle prend conscience, à la manière du <em>Truman Show,</em> à quel point elle est surveillée. Quand sa mère est enceinte, une fille, Luca réalise que sa sœur sera elle aussi exposée, utilisée, une machine à rêves pour les autre, une machine à fric pour ses parents. Rien ne sera plus pareil !</p>



<p>Vous l’aurez compris le premier long métrage de <strong>Joscha Bongard, </strong><em>Babystar,</em> n’est pas un film confortable malgré ces images, lisses et brillantes. Sous ses couleurs séduisantes, ses cadres soignés, son éclat presque pop, le film met en scène quelque chose de très trouble : la fabrication des êtres par le regard des autres. Le directeur de la photographie,, <strong>Jakob Sinsel</strong> avec qui .le réalisateur avait déjà travaillé pour son documentaire <em>Pornfluencer </em>.et ses courts métrages, &nbsp;a su par ses choix, dont le fish-eye traduire le malaise qui s’installe. Le compositeur <strong>Jonas Vogler</strong> a opté pour la voix humaine comme élément central de la bande son. Choix particulièrement intéressant ! Tout au long du film Luca cherche sa propre voix et la musique l’accompagne dans cette quête douloureuse.</p>



<p>La violence n’est pas toujours brutale. Elle peut être pastel, glamour, photogénique. Elle peut sourire à la caméra.et c’est ce paradoxe qui fait qu’on sort<em> Babystar</em> &nbsp;avec un sentiment de malaise même si on est conscient du danger des réseaux sociaux &nbsp;« <em>Les réseaux sociaux sont le reflet de notre système capitaliste, et il faut qu&rsquo;on en parle </em>(…) <em>Je pense que ce film s’adresse à tout le monde et qu’il est peut-être même plus intéressant pour des personnes qui ne sont pas beaucoup en ligne ou qui s’intéressent aux réseaux sociaux sans y être vraiment présentes.</em> »précise <strong>Joscha Bongard</strong> qui espère ainsi alerter sur l’usage excessif des téléphones et des plateformes.  » Espérons –le&nbsp;!</p>



<p>Annie Gava</p>
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		<title>Music &#038; Cinema : une ouverture, coup de poing</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Apr 2024 11:23:57 +0000</pubDate>
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<p></p>



<p>C’est dans la salle-amiral de l’Artplexe, comble pour l’occasion, que s’est ouvert ce lundi de Pâques le festival <strong><em>Music et Cinéma (MCM)</em></strong>, marseillais depuis trois ans déjà. 25 ans d’existence&nbsp;: des noces d’argent, symbole d’une relation durable au socle solide. Un anniversaire commenté avec l’accent canadien par la pétillante et irrésistible maîtresse de cérémonie, venue de Montréal, <strong>Geneviève Venne</strong>. Puis, en duo, par la déléguée générale de <em>MCM</em>, <strong>Gaëlle Rodeville</strong> et le président d’Alcimé, <strong>Jacques Sapiega</strong>. Intervention de <strong>Jean-Marc Coppola,</strong> adjoint à la Culture. Présentation du foisonnant programme, des jurys, rappel des rendez-vous, remerciements et expression d’une légitime fierté rétrospective pour avoir rendu possibles tant de confluences «&nbsp;cinémato-musicales&nbsp;» depuis tant de temps.</p>



<p>Si le film de la soirée, <em>Dissidente</em> de <strong>Pier-Philippe Chevigny</strong> projeté en sa présence, ne donnait pas beaucoup de place à la musique, il s’inscrivait dans la veine humaniste, sociale et politique, chère au festival. Premier long métrage du réalisateur québécois, un vrai coup de poing qui nous a laissés KO&nbsp;!</p>



<p>Dissidente&nbsp;: qui rompt avec une autorité établie. Synonyme : insoumis, révolté, rebelle. La dissidente, c’est Ariane (<strong>Ariane Castellanos) </strong>qui revient dans son milieu d&rsquo;enfance où elle commence un emploi de traductrice espagnole pour une entreprise québécoise employant des ouvriers guatémaltèques. Comme la jeune femme, suivie au plus près par la caméra, nous voilà plongés, dans un univers impitoyable que nous découvrons à ses côtés. Immersion dans la violence de l’exploitation au travail. Gestes répétitifs et harassants de l’ensilage, heures supplémentaires imposées, droits élémentaires déniés. Ces hommes, venus là dans le cadre d’un programme d’immigration saisonnière, ne savent pas ce qu’ils ont signé, ne maitrisant pas la lecture. Ils sont surveillés, menacés par les chefs et même exploités par leurs propres collègues. Ariane doit payer ses dettes pour sauver sa maison, et comme ces travailleurs, elle est prise dans un étau, soumise au chantage du licenciement. Au départ, elle obéit&nbsp; à son chef à l’oreillette greffée sur l’oreille, un de ses anciens collègues d’apprentissage, «&nbsp;une des brutes de l’école, devenue directeur d’usine&nbsp;!», lui&nbsp; même astreint à la logique du rendement, des actionnaires et du système capitaliste.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>La conscience d’Ariane</strong></mark></p>



<p>Peu à peu, Ariane prend conscience, essaie de faire changer les choses, de soulager les corps meurtris en modifiant l’organisation du travail. Elle se rapproche de ces hommes, invitée à leurs fêtes, initiée à la musique de son père, guatémaltèque comme eux, qu’elle n’a pas connu. Et un jour, tout comme dans <em>La Promesse</em> des <strong>Frères Dardenne,</strong> un accident fait craqueler&nbsp; le système&nbsp;: un ouvrier sommé de se remettre au travail, alors que son corps est meurtri, absorbe des cachets anti douleur pour tenir le coup. Trou dans l’estomac, vomissements de sang, des soins très douloureux et un lien qui le raccroche à la vie&nbsp;: les mains d’Ariane tentant de l’apaiser. Une scène très dure qui fait vivre au spectateur la souffrance de ces nouveaux esclaves.</p>



<p><strong>Ariane Castellanos</strong>,tout en retenue,  incarne à la perfection cette femme « dissidente ». On pense à <strong>Zita Hanrot</strong> dans <em>Rouge</em> de <strong>Farid Bentoumi </strong>ou à <strong>Isabelle Huppert</strong> dans <em>La <strong>Syndicaliste</strong></em>de <strong>Jean- Paul Salomé</strong> (<a href="https://journalzebuline.fr/scandale-nucleaire/">https://journalzebuline.fr/scandale-nucleaire/</a>)</p>



<p>Ce film sous tension, nourri d&rsquo;une réalité documentaire, qui s’inscrit dans la lignée de <strong>Ken Loach</strong> ou des <strong>Frères Dardenne</strong> ne laissera personne indifférent.</p>



<p>ANNIE GAVA ET ÉLISE PADOVANI</p>
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