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	<title>Archives des Film - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Film - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Des femmes comme les autres » : Dominique Cabrera présente son nouveau film à Cinemed</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 08:59:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Qui sont ces Femmes comme les autres et que raconte votre film&#160;?&#160; Dominique Cabrera. Au fond, c’est l’histoire de deux vieilles dames pour qui il n’est pas trop tard. L’une Simone, pour dire son mot. L’autre, Jeannine, pour faire œuvre.&#160; Simone est jouée par Hélène Vincent, Jeannine par Yolande Moreau. Qu’est-ce qui vous a [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Qui sont ces <em>Femmes comme les autres</em> et que raconte votre film&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dominique Cabrera.</strong> Au fond, c’est l’histoire de deux vieilles dames pour qui il n’est pas trop tard. L’une Simone, pour dire son mot. L’autre, Jeannine, pour faire œuvre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Simone est jouée par Hélène Vincent, Jeannine par Yolande Moreau. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette histoire&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La passion de ma mère pour la broderie. Je l’ai toujours vue broder mais un jour j’ai regardé de plus près ce qu’elle faisait, et je me suis intéressée aussi à la broderie contemporaine. La broderie est utilisée par beaucoup de femmes de générations diverses pour dire leur mot. Broder, ce n’est pas seulement répéter des motifs, des abécédaires, ces femmes ouvrent des portes. Certaines brodent des utérus, des slogans féministes. Elles font œuvre, à leur manière, avec du fil et de la toile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des matériaux simples, donc.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut faire de la beauté avec peu de choses, mais avec beaucoup de temps. C’est comme ça que les femmes brodaient leur trousseau, fabriquaient quelque chose de précieux, au-delà du prix commercial, en y mêlant des choses traditionnelles et des choses singulières.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir tourné à Montpellier&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnages dont je m’inspirais étaient ma mère et sa voisine. On a tourné dans l’appartement de ma mère et autour, c’est le film le plus écologique que j’ai fait&nbsp;! Ce n’est pas vraiment leur histoire, c’est une fiction, mais c’est un film sur la solitude de la vieillesse, sur la place de ces deux vieilles dames dans la ville, dans les rues, dans le tram. Elles sont invisibilisées, personne ne les voit vraiment et pourtant elles sont là, elles existent, leurs mots comptent. Le sentiment de leur révolte compte. C’est un message simple en fait. Hélène se révolte contre l’injustice raciste, par des mots. Yolande dit un traumatisme ancien dans une image brodée qui révèle ce qui est au nœud de sa psyché.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="377" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=696%2C377&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138659" style="width:920px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=1024%2C554&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=300%2C162&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=768%2C415&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=1536%2C830&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=150%2C81&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=696%2C376&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=1068%2C577&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?resize=777%2C420&amp;ssl=1 777w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?w=1600&amp;ssl=1 1600w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/Copyright-Everybody-on-Deck-Ad-Libitum-Jour2Fete.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Des femmes comme les autres</em> © <em>Everybody on Deck &#8211; Ad Libitum &#8211; Jour2Fête</em></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi tourner chez votre mère&nbsp;? Est-ce important&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça compte pour moi, mais ça compliquait les choses pour ma mère, pour ma famille, ce tournage&nbsp;! Ma famille a été très impliquée dans le film, ma mère apparait discrètement à l’image, mon frère, mon neveu et ma nièce y ont travaillé, leur mère Anna Zisman, anthropologue, a co-écrit le scénario…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle part y a-t-elle pris&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle connait ma mère, la ville, elle a mené des entretiens avec des brodeuses et vraiment co-écrit le scénario et les dialogues… &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Donc ce film devait se tourner dans ce décor familial…&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. J’ai visité beaucoup d’autres appartements mais d’une part ça nous permet de garder une image du lieu pour toujours, d’autre part je ne trouvais pas ailleurs cette exiguïté, la beauté des détails, ce caractère vraiment habité. Cela correspond avec ce que je voulais, un fim très simple, sans musique, sans lumières, un univers banal. J’ai hésité à me décoller de l’histoire, à tourner à Toulouse, à Bordeaux…&nbsp; Mais cet appartement était le meilleur endroit, comme Montpellier était la seule ville possible, parce qu’on avait écrit depuis cet endroit-là. Pour cet arbre qu’elles partagent, qu’elles regardent toutes les deux de leur balcon respectif, pour cette architecture classique et posée de la ville, pour la foule de jeunes gens qui envahit ses rues, cette ville qui pulse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le film a reçu des financements régionaux…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, par la Région Occitanie et la Métropole de Montpellier, et le bureau d’accueil du cinéma nous a vraiment aidées. On a beaucoup tourné dans les trams, c’est comme ça que les vieilles dames se déplacent, et leur soutien a été précieux&nbsp;!&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN REALISE PAR AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Des femmes comme les autres </em><br>Avant-premières en présence de la réalisatrice<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">17 et 22 octobre</mark><br><strong>Pathé Comédie</strong>, Montpellier</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/"><em>Cinéma</em> ici </a></p>
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		<title>Marseille césarisée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Carla Lorang]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 13:13:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Soleil rayonnant, ciel bleu, plage, graffiti : « <em>Welcome to Marseille ? Nique Paris</em> ». Le décor est planté dès le plan d’ouverture. Nul doute, nous sommes bien dans la Cité phocéenne, plus exactement au Bain des Dames, petit bout de plage proche de la Pointe Rouge. C’est dans cette ambiance de vacances qu’une bande de copines septuagénaires marseillaises se retrouve pour profiter de la chaleur de l’été et discuter. Leurs accents chantants plongent l’auditoire dans une série de chamailleries et de conversations qui traversent les âges. Pour sa première réalisation, Margaux Fournier livre une fresque, forcément non exhaustive, de Marseille, de ses habitantes et de leurs singularités. Si au départ, elle imaginait ce projet simplement pour internet, elle ne mesurait pas encore l’ampleur que prendrait <em>Au bain des dames</em>.</p>



<h6 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> Une success story à la plage</mark></strong></h6>



<p class="wp-block-paragraph">En juin, alors en repérage sur les plages marseillaises, Margaux Fournier fait la rencontre de ce groupe et découvre chez elles des personnalités presque fictionnelles. Ni une ni deux, l’évidence est là. Si certain·es réalisateur·ices mettent des années à écrire, la réalisatrice marseillaise travaille quant à elle dans la spontanéité. Très vite, le projet naît au détour du hasard de cette rencontre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers son visuel coloré, la plage s’impose comme un décor évident, évoquant à la fois des souvenirs d’enfance mais aussi symbole d’un espace réflexif où les corps sont de fait exposés. «<em> La plage est un lieu où l’on est particulièrement vulnérable. On est presque nu, on dort, on se laisse aller.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vieillir sous le soleil</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À coup de verve, la bande de copines parle de tout et de rien : de leurs corps, d’amour, de sexualité, du temps qui passe. «<em> Je ne veux pas que ça dure, je n’ai pas envie de m’attacher »</em>, confie l’une d’entre elles en parlant d’un homme qu’elle a rencontré sur internet. Comme si, finalement, d’une tranche d’âge à l’autre, les conversations avaient peu changé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de livrer une vision faussement optimiste du vieillissement, la réalisatrice tisse une toile sensible et complexe autour de l’âge : la violence du regard social, les complexes, mais aussi la joie de vivre. «<em> Vieillir n’est pas facile, et on ne peut pas demander aux femmes d’aimer chaque partie de leur corps. </em>» Des corps parfois traversés par des violences et une génération marquée par le silence d’avoir été victime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra laisse une place importante à la parole. Au fil des séquences, le film prend une dimension politique autour du corps des femmes, du vieillissement et de leur place dans l’espace public. À l’heure où le cinéma manque encore de représentations de la vieillesse, <em>Au bain des dames </em>expose des portraits sensibles : des visages, des corps, des expressions qui n’ont rien à envier à d’autres. Un premier pas dans le monde du cinéma prometteur pour la réalisatrice marseillaise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CARLA LORANG</p>
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		<title>Réparer le désir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 09:49:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Chloé Robichaud]]></category>
		<category><![CDATA[Deux femmes et quelques hommes]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La France a eu, en 1974, son <em>Emmanuelle</em>&nbsp;; le Québec a lui longtemps célébré ses <em>Deux Femmes en or</em>, plaidoyer érotique pour une libération des mœurs féminines, resté pendant trente ans son plus grand triomphe au box-office. L’époque étant aux réactivations et aux relectures, <em>Emmanuelle</em> a, entre autres, fait l’objet d’un remake mal-aimé confié à Audrey Diwan &#8211; tentative de déplacement du regard coincée dans sa propre théorie ; <em>Chloé Robichaud </em>reprend <em>Deux femmes en or</em> pour interroger la conjugalité contemporaine et ses carcans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux voisines de palier. Violette, en congé maternité, corps débordé, sexualité remisée. <strong>Laurence Leboeuf</strong>, actrice majeure des écrans québécois, lui prête une nervosité à vif, entre épuisement physique et désir d’échappée. Et Florence, en arrêt maladie, sous antidépresseurs, anesthésiée au monde. <strong>Karine Gonthier-Hyndman</strong>, comédienne de théâtre aux faux airs de Valérie Lemercier, installe chez elle une sécheresse et un abattement que le film fissure peu à peu. Voisines de palier, elles s’observent avant de se rencontrer, et de faire dérailler leurs existences engourdies. Autour d’elles se succéderont des inconnus sollicités pour divers prétextes et services. Mais du cliché porno de l’homme à tout faire venu réparer la tuyauterie émerge bientôt un autre film : un film de l’intériorité, du manque, du contact perdu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Déplacer l’archétype</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Deux femmes et quelques hommes</em> s’inscrit dans une chaîne de réécritures : de l’original des années 1970 à la pièce de Catherine Léger, puis à cette adaptation, la trajectoire est nette : féminisation progressive du regard. Là où le film source relevait d’un érotisme burlesque volontiers voyeuriste, Chloé Robichaud installe une politique de l’intime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte québécois, tout en empruntant à l’imagerie seventies – pellicule 35 mm, couleurs mélodramatiques – s’y révèle très incarné, ni tragique, ni franchement réjouissant. Hiver impitoyable, coopératives d’habitation, balcons alignés comme des cases. La lumière froide découpe les corps ; la pellicule réchauffe les teintes. Tout se joue dans l’enceinte domestique, entre cuisine, chambres, buanderie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film original s’achevait au tribunal. Pied-de-nez à une société moralisatrice s’étant depuis déplacée ailleurs. La punition, même ironique, n’est ici plus de mise. La maîtresse &#8211; <strong>Juliette Gariépy</strong> &#8211; n’est ni vamp ni ingénue : une présence frontale, peu aimable mais d’une honnêteté rafraîchissante. Les maris &#8211; <strong>Mani Soleymanlou</strong>, <strong>Félix Moati</strong>, très bien &#8211; restent largués, parfois pathétiques, jamais honnis. L’humour suit le même déplacement. Moins de farce, plus de tendresse. Moins piquant que son modèle, peut-être &#8211; mais plus utile, aujourd’hui, dans ce qu’il capte d’un désir qui se cherche encore.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br>Deux femmes et quelques hommes<br><br>Chloé Robichaud<br><br>sortie le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 4 mars</mark></pre>
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		<title>Sortir du cadre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 09:29:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Rosaliina Kauno]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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		<category><![CDATA[La Lumière ne meurt jamais]]></category>
		<category><![CDATA[Lauri-Matti Parppei]]></category>
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		<category><![CDATA[Samuel Kujala]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Musicien, cinéaste et plasticien, Lauri-Matti Parppei vient de la scène underground finlandaise, où il s’est fait connaître avec son groupe Musta valo. Auteur de courts métrages remarqués (Silent As Murderers, The Last Day), il inscrit avec La lumière ne meurt jamais son premier long métrage dans un territoire expérimental où cinéma et musique se répondent. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Musicien, cinéaste et plasticien, <strong>Lauri-Matti Parppei</strong> vient de la scène underground finlandaise, où il s’est fait connaître avec son groupe Musta valo. Auteur de courts métrages remarqués (<em>Silent As Murderers</em>, <em>The Last Day</em>)<em>,</em> il inscrit avec <em>La lumière ne meurt jamais </em>son premier long métrage dans un territoire expérimental où cinéma et musique se répondent. Le film est tourné à Rauma, sa ville natale, dans un paysage nordique marqué par la retenue, le silence et une certaine difficulté à formuler la souffrance psychique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit suit Pauli, virtuose de la flûte traversière &#8211; <strong>Samuel Kujala</strong>, tout en émotivité butée &#8211;&nbsp; revenu vivre chez ses parents après une dépression. La musique, pourtant au cœur de son identité, se fait absente : l’instrument porte désormais le poids d’une réussite devenue stérile. La rencontre avec Iiris &#8211; <strong>Anna Rosaliina Kauno</strong> &#8211; ancienne camarade de classe devenue musicienne expérimentale, marque un premier déplacement. Iiris évolue hors des cadres : improvisations, micros de contact, objets détournés, sons enregistrés sur le vif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que raconte <em>La lumière ne meurt jamais</em> n’est pas tant l’opposition entre musique classique et musique expérimentale que le lent glissement d’un regard – et d’une oreille. Pauli observe les pratiques de Iiris et de son camarade de jeu avec une distance, parfois un scepticisme que partage avec lui le spectateur. Les expériences paraissent d’abord anecdotiques, voire absurdes, avant de devenir peu à peu concluantes. La création cesse d’être une démonstration pour devenir un espace partagé, où l’erreur, le tâtonnement et l’écoute collective prennent le pas sur la maîtrise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est quand il fait réellement place à la musique que <em>La Lumière ne meurt jamais </em>se révèle, formellement parlant, le plus intéressant. Toute la musique du film est enregistrée en direct pendant le tournage, selon un principe proche du Dogme95 cher à Lars Von Trier et Thomas Vinterberg : pas de postproduction luxueuse, mais un travail in vivo, fragile, exposé. La mise en scène, construite avec le chef opérateur <strong>Mikko Parttimaa</strong>, reste volontairement sobre, presque classique, laissant aux séquences musicales le soin de fissurer le cadre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film avance ainsi comme une partition : silences prolongés, motifs récurrents, variations progressives. Le retour final de la flûte, longtemps tenue à distance, vient magnifiquement clore le récit. Le même instrument, mais chargé de l’expérience collective, transformé par le chemin parcouru.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Lumière ne meurt jamais</em>, <strong>Lauri-Matti Parppei</strong><br>Sortie le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 février 2026</mark></pre>



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		<title>Navet et épices</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Oct 2025 12:25:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[Stéphane Ravier]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Stéphane Ravier, sénateur RN ex-dissident Zemmour se réjouit que la justice ait rapidement tranché en son sens&nbsp;: <em>Sacré-Cœur</em> ne peut être impunément déprogrammé. Le réalisateur Steven Gunnell, ancien membre d’un boys band converti, après avoir sombré dans l’alcool, au culte de l’organe cardiaque du Christ, ne cache pas, dans son film promotionnel, qu’il a produit le «&nbsp;<em>docu-fiction&nbsp;</em>» «&nbsp;<em>pour la gloire de Dieu&nbsp;</em>» et pour «&nbsp;<em>annoncer le Royaume du Seigneur&nbsp;</em>». Mais toute déprogrammation d’une œuvre artistique est une censure.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un fait&nbsp;: la liberté artistique, la liberté de créer, passe par là, et à partir du moment où une œuvre ne contrevient pas à l’ordre public, n’incite pas à la violence et à la haine et ne diffame personne, sa programmation peut être contestée, raillée, critiquée, dénoncée dans la presse et dans l’espace public, mais non empêchée ou annulée. Même dans un équipement public astreint à la laïcité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prosélytisme chrétien, plus spécifiquement catholique version radicale, a donc droit d’écran et de financement public, même lorsqu’il a pour but avoué par son réalisateur d’«<em>éveiller ceux qui se sont endormis dans une foi&nbsp;un peu tiédasse et mollassonne</em>». La RATP a le droit de ne pas accepter sa campagne de pub, mais pas une ville de déprogrammer le film.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pas très catholique</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Steven Gunnell a proclamé&nbsp;dans son clip de promotion : «&nbsp;<em>moi, Steven Gunnell, jusqu’à ma mort, je ferai des films qui annoncent l’amour du Christ, et j’appelle le public chrétien à ne pas hésiter et à faire connaître </em>Sacré-Coeur&nbsp;». En effet «&nbsp;<em>les experts et historiens&nbsp;</em>»y «<em>&nbsp;montrent, par la chair des témoignages, jusqu’où le Seigneur nous aime&nbsp;</em>». On est heureux d’apprendre que l’existence de Dieu a enfin été prouvée scientifiquement, mais on n’ose imaginer ce que dirait la fachosphère&nbsp; si Christ et Seigneur étaient remplacés par Yahvé et Elohim, ou mieux encore Mahomet et Allah.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la France selon Ravier a «&nbsp;<em>des racines chrétiennes</em>&nbsp;». Personne ne lui rappelle que le dernier Président qui revendiqué cette histoire exclusive dort aujourd’hui en prison. Mais ceux qui contestent la justice quand Marine Le Pen ou Sarkozy sont condamnés, n’hésitent pas à faire appel à la loi pour promouvoir ces fameuses racines chrétiennes. Y compris dans une ville fondée par un métèque de Phocée accueilli par une princesse ligure pas très catholique près de 600 ans avant que le Christ eut un cœur sacré.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Revendiquer des racines chrétiennes, c’est aussi oublier à quel prix le royaume de France, avant de devenir une nation, s’est construit. C’est par des guerres et persécutions incessantes, des conversions forcées, envers les cathares, les protestants, les juifs, les mahométans, les gaulois animistes, les bouddhistes vietnamiens. Ce culte si français du Sacré Cœur a été mis en place sous Louis XV, et les Vendéens contre révolutionnaires l’arboraient comme emblème de la France éternelle&nbsp;: celle de la monarchie absolue de droit divin, avec loi salique, Tiers-Etat, sang de bourbe et servage. Celle qui resurgit aujourd’hui pour lutter contre «<em>&nbsp;l’halalisation&nbsp;</em>» de la société, comme le soutenait le «&nbsp;journaliste&nbsp;» Jordan Florentin sur CNews.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Production, programmation, propagande</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais déprogrammer un film est un acte de censure. Peu importe que ce «&nbsp;<em>docu-fiction</em>&nbsp;» à la musique ridicule qui mêle témoignages ébahis et reconstitutions historiques de carton pâte ait été produit par Bolloré, et soutenu dans sa presse comme un grand film alors qu’il sent le navet presque autant que l’encens. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et peu importe que ce film ait été mis à l’affiche à Marseille par Valérie Fedele, ancienne élue UMP, directrice «&nbsp;<em>générale et artistique</em>&nbsp;» du Château de la Buzine depuis 2013. Peu importe qu’elle ait été qualifiée par Eliane Zayan, alors adjointe au cinéma de Jean-Claude Gaudin, de personne «&nbsp;<em>incompétente à ce poste&nbsp;</em>». Elle expliquait elle-même en 2013&nbsp;: «&nbsp;c<em>e n’est pas pour mes qualités culturelles ou artistiques mais managériales que j’ai été recrutée&nbsp;». </em>Peut-être, aussi, pour ses convictions politiques&nbsp;? Elle s’est aussi distinguée, dès 2016, en invitant Eric Zemmour dans l’équipement de la ville. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a peu de chances qu’elle soit à l’origine des <em>Rencontres cinématographiques</em> consacrées aux diasporas de Marseille. La Buzine et l’Alcazar accueillent, à partir du 4 novembre, des films qui mettent en scène des Roumains, des&nbsp; Espagnols, des Lettoniens, des Afghans, des Algériens… qui forment aujourd’hui sinon les racines du moins le terreau de la ville. Halalisée pour partie, comme on parfume un délicieux gigot de cinq épices. Sans navet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNES FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Vers la liberté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 08:04:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Amine Bouhafa]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Je m’appelle Fatima. Je porte le nom d’un personnage symbolique en Islam. Je porte un nom auquel il faut rendre honneur. Un nom qu’il ne faut pas “salir” comme on dit chez moi. Chez moi, salir c’est déshonorer. » C’est ainsi que commence le roman de Fatima Daas, La petite dernière, que vient d’adapter Hafsia Herzi [Lire notre entretien ici], son troisième long métrage après Tu mérites un amour et Bonne [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Je m’appelle Fatima. Je porte le nom d’un personnage symbolique en Islam. Je porte un nom auquel il faut rendre honneur. Un nom qu’il ne faut pas “salir” comme on dit chez moi. Chez moi, salir c’est déshonorer. </em>» C’est ainsi que commence le roman de Fatima Daas, <em>La petite dernière</em>, que vient d’adapter <strong>Hafsia Herzi</strong> [<em><a href="https://journalzebuline.fr/elles-parlent-de-la-petite-derniere/">Lire notre entretien ici</a></em>], son troisième long métrage après <em>Tu mérites un amour</em> et <em>Bonne mère.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une jeune fille qui&nbsp;fait ses ablutions et sa prière matinale&nbsp;est la&nbsp;séquence initiale du film de cette cinéaste qui, on le sait, filme avec talent les scènes du quotidien.&nbsp;Une journée de printemps comme les autres dans un appartement de banlieue&nbsp;; une mère et ses trois filles dont&nbsp;Fatima,&nbsp;la petite dernière,&nbsp;autour de la table du petit déjeuner et&nbsp;le père sur un canapé à qui on apporte son café.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fatima, qui aime la littérature, est le plus souvent en jogging car elle&nbsp;pratique le foot,&nbsp;mais on lui&nbsp;conseille d’être plus &nbsp;«&nbsp;féminine&nbsp;».&nbsp;Elle&nbsp;réussit son&nbsp;bac –&nbsp;fierté de sa mère&nbsp;–&nbsp;mais qui,étouffant ce qu’elle est, souffre de crises d’asthme.&nbsp;Elle&nbsp;réussit à rompre avec le garçon qui veut l’épouser, &nbsp;puis&nbsp;s’inscrit&nbsp;sur un site de rencontres de filles, sous de faux noms&nbsp;et commence à fréquenter des bars de nuit, des lieux lesbiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, elle tombe amoureuse d’une infirmière&nbsp;rencontrée&nbsp;à «&nbsp;l’école de l’asthme&nbsp;»,&nbsp;Ji-Na&nbsp;(<strong>J</strong><strong>i-Min Park</strong>). Tout n’est pas simple et d’un printemps à&nbsp;l’autre, on va suivre&nbsp;cette fille qui découvre l’amour, son&nbsp;corps. On partage sa vie&nbsp;: les&nbsp;cours de philosophie,&nbsp;ses&nbsp;nouveaux amis étudiants,&nbsp;ses découvertes, ses questionnements, ses doutes, ses chagrins.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Musique des corps</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra de&nbsp;<strong>Jérémy&nbsp;</strong><strong>Attard</strong>&nbsp;ne la lâche pas&nbsp;; elle&nbsp;est de tous les plans&nbsp;dans les repas familiaux, les fêtes étudiantes, les&nbsp;soirées lesbiennes embrasées, la manif des fiertés.&nbsp;Fatima c’est&nbsp;<strong>Nadia&nbsp;</strong><strong>M</strong><strong>elliti</strong>, éblouissante dans&nbsp;son premier rôle au&nbsp;cinéma,&nbsp;qui lui a valu le&nbsp;Prix d’interprétation féminine au dernier&nbsp;<em>F</em><em>estival de Cannes</em>. Souvent filmée&nbsp;en gros plan,&nbsp;elle a su rendre perceptibles&nbsp;tous les sentiments contradictoires&nbsp;qui l’agitent, toutes les émotions qui l’assaillent.&nbsp;La musique d’<strong>Amine&nbsp;</strong><strong>Bouhafa</strong>, discrète, relaie la musique des corps filmés avec beaucoup de sensualité et de pudeur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tantôt drôle comme la séquence où elle reçoit un cours de «&nbsp;<em>spécialités lesbiennes&nbsp;</em>»&nbsp;ou émouvant comme&nbsp;celle avec sa mère au moment de son anniversaire,&nbsp;<em>La petite dernière</em>&nbsp;est un film attachant.&nbsp;Hafsia&nbsp;Herzi a su traiter avec sensibilité un sujet délicat et essentiel&nbsp;; comment une femme lesbienne, arabe et musulmane peut trouver sa liberté et son&nbsp;épanouissement,comment sortir de la&nbsp;«&nbsp;<em>servitude volontaire.</em><em>&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La petite dernière,</em> de <strong>Hafsia Herzi</strong><br>En salles le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 octobre</mark></pre>



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		<title>Festival « Tous courts », une ouverture en grand  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Dec 2024 14:27:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dans la salle de la Manufacture à Aix-en-Provence comble qu’a démarré le 42e festival  Tous courts. Guy Astic, le président des Rencontres cinématographiques d’Aix, après les traditionnels remerciements aux partenaires qui permettent que ce festival perdure, a présenté le programme de cette édition. Les compétitions internationales, expérimentales et les différents jurys, les autres sections, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">C’est dans la salle de la <a href="https://www.lamanufacture-aix.fr">Manufacture</a> à Aix-en-Provence comble qu’a démarré le 42<sup>e</sup> festival  <em>Tous courts.</em> <strong>Guy Astic</strong>, le président des <em>Rencontres cinématographiques d’Aix</em>, après les traditionnels remerciements aux partenaires qui permettent que ce festival perdure, a présenté le programme de cette édition. Les compétitions internationales, expérimentales et les différents jurys, les autres sections, les cartes blanches, la Nuit du court, placée sous le signe de l’humour « <em>Mieux vaut en rire</em> », mais aussi le Marché du film ; les actions pédagogiques. Bref, de quoi donner l’envie de passer quatre jours à Aix dans les salles de cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour bien commencer, un programme de 6 films, 4 fictions dont un film d d’animation et 2 documentaires. Un choix pertinent et fort intéressant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier, <em>Apnées </em>de <strong>Nicolas Panay,</strong> nous met en immersion dans un chantier, nous faisant partager le stress de son responsable, Pierre<strong> (Thomas Coumans</strong>)<strong>: </strong>course contre-la-montre pour que les délais soient respectés ; peur d’un accident de travail car les ouvriers sont épuisés <strong>;</strong> solutions à trouver pour calmer les riverains se plaignant de nuisances sonores, visite de Madame la Maire (<strong>Laurence Côte</strong>) injonctions et menaces de ceux qui ont commandé les travaux. La caméra, mobile et très près des personnages, des plans heurtés, nous mettent, comme eux, en apnée. Un court très fort sur le monde du travail.<strong> </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Marée noire</em> de la chorégraphe québécoise <strong>Chantal Caron</strong> nous emmène au milieu d’un paysage où le blanc se bat contre le noir, un univers où deux femmes, déesses marines, sont captives d’une marée noire. Une performance où les corps luttent pour s’échapper&nbsp;: ondulations, pulsions et contractions, avec en toile de fond le fleuve Saint-Laurent au son de la musique d’Arnaud Hug. Un sursaut de survie face aux éléments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film d’animation<em>,</em><strong><em> </em></strong><em>Les belles cicatrices de </em><strong>Raphaël Jouzeau</strong>,en compétition à Cannes 2024, <strong> </strong>raconte la douleur d’un amour perdu :Gaspard aime toujours Leïla.<em> « À elle, j’avais envie de tout dire ! » I</em>ls se retrouvent dans un café rempli de monde, dans des couleurs froides. Quand la conversation tourne mal, Gaspard se réfugie sous la table, se cache sous la nappe ; une sorte de portail vers le fantastique, un refuge où il fuit la réalité et peut revivre les moments insouciants et heureux, tout en couleurs chaudes. Une animation réussie avec des décors à l’aquarelle, des images hybrides et les voix de <strong>Fanny Sidney </strong>et<em> </em><strong>Quentin Dolmaire</strong><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Valley pride</em> de <strong>Lukas Marxt</strong>, sélectionné à Locarno,est un documentaire fascinant sur le travail humain et son rapport au paysage. Un travelling avant sur une palmeraie filmée à l’envers qui se retourne lentement dans le sens des aiguilles d’une montre : on est au milieu du désert californien et on assiste au ballet du système d’irrigation, des machines agricoles qui tracent de longs sillons, des ouvriers qui cultivent, fertilisent, récoltent et emballent la laitue tels des automates devant d’interminables formations rocheuses. Un film qui met en évidence comment les hommes sont ici le plus petit rouage du travail dans la gigantesque machine agricole tournée vers le profit, souligné par la musique de <strong>Jung An Tagen</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film plus léger qui a fait sourire la salle&nbsp;: <em>Aux Réformés</em>, le deuxième court de <strong>Lucas Palen</strong>, un réalisateur marseillais. Un film tourné avec les moyens du bord et des acteurs non professionnels dont sa mère et son père. Une jeune femme, Clem doit rencontrer un homme intéressé par un ventilateur qu’elle a mis en vente sur Leboncoin. Mais tout ne se passe pas comme prévu et Clem qui a rendez-vous avec sa mère doit faire face à diverses tâches, à toute vitesse. La caméra la suit de près dans les rues de Marseille, autour des Réformés, ventilateur et bouquet de fleur à la main. Scènes cocasses dont l’accueil d’hôtes Airbnb à la place d’un copain. Une journée pas tout à fait ordinaire d’une jeune femme incarnée avec talent par <strong>Lou Vidal</strong>, dans une mise en scène nerveuse et efficace. Un beau travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour terminer cette séance, le premier film de <strong>Tara Maurel</strong>, <em>Lou.</em> Un film délicat où l’on découvre à hauteur d’enfant l’amour quasi fusionnel d’une petite fille de 5 ans avec sa mère (<strong>Élise Lhomeau</strong>). Une relation qui va être perturbée d’abord par l’odeur étrangère dans la chevelure de sa mère : celle du tabac froid. Et puis des questions pour Lou&nbsp;: qui est cet homme venu passer l’après midi avec elles au bord de la rivière&nbsp;? Bravo à <strong>Azaé Bertizzolo-Carlier</strong>, superbement dirigée pour incarner cette petite fille qui doit accepter qu’elle n’est plus le seul amour de sa mère. &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse">Le <strong><em><a href="https://festivaltouscourts.com">Festival Tous Courts</a></em></strong> se tient du<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 3 au 7 décembre 2024.</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Festival Panorama : L’affaire Nevenka</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2024 10:15:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À celles et ceux qui continuent de penser qu’au fond les femmes disent non en pensant oui, il faut dire – a minima – d’aller voir&#160;Soy Nevenka&#160;(Je suis Nevenka). Et aux autres aussi, tant la force d’une fiction servie par l’incroyable performance de deux acteurs (Mireia Oriol et Urko Olazaba), associée au talent de la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À celles et ceux qui continuent de penser qu’au fond les femmes disent non en pensant oui, il faut dire – a minima – d’aller voir&nbsp;<em>Soy Nevenka&nbsp;</em>(<em>Je suis Nevenka</em>). Et aux autres aussi, tant la force d’une fiction servie par l’incroyable performance de deux acteurs (<strong>Mireia Oriol </strong>et<strong> Urko Olazaba</strong>), associée au talent de la réalisatrice, transcendent le fait divers, frappent de plein fouet le spectateur et, mieux que toute argumentation, mettent en évidence les mécanismes d’une emprise<em>.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nevenka Fernández, jeune diplômée de 25 ans, est élue conseillère municipale à Ponferrada, sur la liste du charismatique et populaire maire Ismael Alvarez. Le quinquagénaire, qui l’a repérée, a la réputation d’être un «&nbsp;coureur de jupons&nbsp;». Chargée de la commission des finances, elle perd vite sa naïveté et ses illusions devant les magouilles du politicien qui ne supporte pas qu’elle se refuse à lui après une courte relation consentie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, se met en place un harcèlement privé et professionnel, qui plonge Nevenka dans l’enfer. Elle sera la première femme à oser porter plainte contre un homme de pouvoir. Seule, contre une société qui voudrait bien fermer les yeux. Contre l’opinion qui la traite d’affabulatrice. Contre ses parents qui voudraient bien éviter le scandale et conserver les subventions de la ville pour leur entreprise, et contre certaines de ses amies qui travaillent pour le maire. Pionnière d’un #Metoo avant l’heure, elle gagnera le procès intenté contre son harceleur, pour affirmer sa dignité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Comme un animal traqué</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Icíar Bollaín</strong> et sa coscénariste <strong>Isa Campo</strong> sont restées au plus près de la réalité, menant une enquête préalable dans la ville, s’appuyant sur le compte rendu du procès et les témoignages. Elles reconstituent très intelligemment l’état d’esprit d’une époque où le machisme allait de soi, où une mère devant l’effondrement de sa fille ravagée par les violences d’un homme qui aurait pu être son père, est capable de lui dire&nbsp;: «&nbsp;<em>Dans quel état TU t’es mise&nbsp;!&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais&nbsp; <em>Soy Nevenka</em> n’est en rien un documentaire. Pas un film de procès non plus. Cet épisode final, quoique très fort – avec le réquisitoire d’un avocat général d’anthologie – n’occupe que peu de place.&nbsp; Le film s’ouvre comme un thriller dans le halètement affolé d’une femme qui semble traquée alors qu’explosent les feux d’artifice d’une fête votive, séquence suivie du dépôt de la plainte chez l’avocat, puis il revient en arrière.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La photo (<strong>Gris Jordana</strong>) fait archive et «&nbsp;texture cinématographique&nbsp;» : palette de couleurs des années 90, bleus pour la protagoniste, ocres et gris pour les personnages secondaires et les nombreux figurants qui rendent sensibles la solitude de la victime. On entre dans le processus qui transforme une jeune femme belle et intelligente en un être dévasté ayant perdu l’estime de soi, paralysé comme un animal dans des faisceaux de phare. Grâce à une mise en scène au cordeau, on partage son calvaire sans échappatoire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Soy Nevenka </em> d'<strong>Icíar Bollaín</strong><br>Projeté ouverture de Panorama <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 9 novembre</mark> 2025</pre>



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		<title>Autoportrait à cœur battant </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2024 07:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Agnès Jaoui]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[ma gueule]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une mission posthume et une transmission, un dernier pied-de-nez à la camarde, une épitaphe espiègle, une ode au combat pour exister. Présenté à l’ouverture de la Quinzaine des Cinéastes, cet autoportrait d’une quinqua dépressive génialement incarnée par Agnès Jaoui (dans lequel se reconnaîtront beaucoup de femmes), s’est vu décerner le coup de cœur du&#160; [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est une mission posthume et une transmission, un dernier pied-de-nez à la camarde, une épitaphe espiègle, une ode au combat pour exister. Présenté à l’ouverture de la <em>Quinzaine des Cinéastes</em>, cet autoportrait d’une quinqua dépressive génialement incarnée par <strong>Agnès Jaoui</strong> (dans lequel se reconnaîtront beaucoup de femmes), s’est vu décerner le coup de cœur du&nbsp; SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques).</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;PIF&nbsp;», «&nbsp;PAF&nbsp;», «&nbsp;YOUKOU&nbsp;», titrent les trois chapitres qui structurent <em>Ma vie, ma gueule</em>. Trois lieux, trois tonalités et en note continue&nbsp;: l’autodérision, la poésie, le jeu sur les mots, l’instabilité des situations, les soliloques, les commentaires décalés et la quête obstinée de la protagoniste pour s’en sortir parce qu’&nbsp;«&nbsp;<em>elle n’est pas prête du tout à mourir&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Jaoui alias Barberie Bichette, mal surnommée Barbie, publiciste de métier, poétesse du quotidien sera de tous les plans, pas toujours maquillée, négligée, portant le poids de son âge. Le prologue la saisit devant son écran, ses lunettes à la branche cassée incapable de choisir une police de caractère Word entre le sobre «&nbsp;Arial Hebrew&nbsp;» et l’anorexique «&nbsp;Andale Mono&nbsp;», pour écrire le titre du film.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trois temps </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">PIF&nbsp;: Bichette ne va pas bien. Elle vit seule après un divorce. Ses enfants s’éloignent d’elle. Son miroir ne lui renvoie pas vraiment l’image qu’elle aimerait. Elle s’en prend plein la gueule, la Bichette&nbsp;! Elle a du mal à se blairer. On la suit dans ses habitudes et ses doutes qui butent contre le mutisme de son psy et les certitudes des autres. Comédie de l’absurde. L’incongru surgit dans le trivial. On se laisse surprendre par l’irruption de <strong>Philippe Katerine</strong> qui joue Philippe Katerine. On rit des décalages et des ruptures engendrées par le mal être du personnage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">PAF&nbsp;: Bichette chancelle. Bichette s’effondre. Un ancien amour qu’elle confond avec la Grande Faucheuse la sauve de justesse. Et là voilà en clinique psy, appelant tout le monde Fanfan. Bouleversante, désarmante et toujours drôle dans sa frontalité et son regard déphasé sur le monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">YOUKOU&nbsp;!&nbsp;: Bichette s’en va en guerre. Elle traverse la Manche et devient quelque part au nord de l’Ecosse, Lady Bichette. Propriétaire d’un mètre carré de terrain marqué d’un piquet bleu dans l’immensité verte, voisine de Philippe Katerine qui réapparaît, contre toute raison, au milieu de ce nulle part et lui compose une chanson, accompagné de son ukulélé. Bichette a survécu et le loup ne l’a pas dévorée&nbsp;!&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Point d’orgue d’une œuvre toute en dissonances et en pas de côté&nbsp;</em>» selon <strong>Anne Villacèque</strong>, <em>Ma vie, ma gueule </em>a l’élégance du désespoir et la force de la poésie des petites choses, qui réactive à l’infini, le désir de continuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Ma vie, ma gueule</em>, de <strong>Sophie Fillières</strong><br>En salles le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">18 septembre</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’une et l’autre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Sep 2024 18:34:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Camila Beltran]]></category>
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		<category><![CDATA[Marcela Mar]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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		<category><![CDATA[Stella Martínez]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvain Verdet]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Cailley]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Période charnière de la vie, l’adolescence inspire souvent les cinéastes, fictions ou documentaires. Nombreux aussi les films dans lesquels un humain se transforme en animal, dont le fameux Cat People (La Féline 1942) de Jacques Tourneur et ces derniers mois, on pense, bien sûr, au très réussi Le Règne animal de Thomas Cailley. Avec Mi [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Période charnière de la vie, l’adolescence inspire souvent les cinéastes, fictions ou documentaires. Nombreux aussi les films dans lesquels un humain se transforme en animal, dont le fameux <em>Cat People (La Féline</em> 1942) de <strong>Jacques Tourneur</strong> et ces derniers mois, on pense, bien sûr, au très réussi <em>Le Règne animal</em> de <strong>Thomas Cailley</strong>. Avec <em>Mi Bestia,</em> son premier long métrage, la réalisatrice colombienne, <strong>Camila Beltran</strong>, remarquée pour son travail de vidéaste et pour ses films expérimentaux, associe ces deux thématiques. Rien d’étonnant&nbsp;finalement, l’adolescence n’est-elle pas une transformation&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bogota, 1996. On fait la connaissance de Mila (<strong>Stella Martínez</strong>), que la caméra portée ne quitte guère, au milieu d’autres jeunes filles et de religieuses dans son école catholique. La sœur principale fait un discours enflammé sur la venue du diable, la <em>Lunada</em>, l’éclipse de Lune qui s’annonce. Ce n’est pas la seule à avertir du danger. À la télé, les mises en garde, les informations sur des fillettes qui disparaissent s’accumulent… dans un pays catholique où existe une grande peur des figures associées au diable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mila, un peu introvertie, taiseuse, le visage souvent triste, vit avec sa mère, Eva (<strong>Marcela Mar</strong>) et avec Dora, (<strong>Mallely Aleyda Murillo Riva</strong>) l’employée de maison chargée de la garder quand la mère rentre tard du travail. C’est avec elle qu’elle échange un peu, sur le garçon qui la regarde à la sortie de l’école et qui lui plait bien, Miguel Ángel (<strong>Felipe Ramírez</strong>) et sur ses pensées. Quant à Dora, elle lui confie la raison du départ de son village, un viol. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les regards de l’ami de sa mère, David (<strong>Héctor Sánchez</strong>) chargé de la surveiller et lui répétant sans cesse que Bogota est dangereux pour les filles et les femmes mettent Mila mal à l’aise. Pour lui échapper, elle déambule dans les rues, casque sur les oreilles, ou se réfugie&nbsp; dans la forêt, dense et sombre, une zone dite sauvage qui entoure la ville, interdite aux filles mais qui met à l’abri des regards. Des séquences d’errance où l’on partage les craintes, les interrogations de la petite fille qui devient femme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Sur ces scènes, on est en lumière naturelle à 100 %, sans sources. C’est une sorte de jungle un peu sale, avec une couche de crasse sur les feuilles, presque poussiéreuse à l’image </em>», explique le directeur de la photo, <strong>Sylvain Verdet</strong> qui précise aussi que la caméra portée, très près du personnage et l’utilisation presque exclusive de focales moyennes ou courtes leur a été inspirée par <em>Répulsion </em>de Polanski. Effectivement la caméra suit au plus près la fillette qui se transforme au fur et à mesure que s’approche la nuit fatidique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Stella Martínez</strong>, dont c’est le premier rôle, interprète avec talent Mila dont elle rend sensible la palette d’émotions qui la submergent. Les choix de mise en scène, séquences au ralenti, contre plongées, gros plans sur les visages, musique, motifs récurrents d’animaux, créent chez le spectateur l’impression d’un monde sombre où tout peut arriver jusqu’à ce que la Lune rouge illumine le ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA &nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Mi Bestia</em>, de <strong>Camila Beltran</strong><br>En salles le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 septembre</mark></pre>



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