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	<title>Archives des guerre - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des guerre - Journal Zebuline</title>
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		<title>Dua : Une adolescence dans la guerre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 16:50:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022, la cinéaste kosovar Blerta Basholli avait réalisé Hive (La Ruche), un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo&#160; Cette année, c’est Dua , sélectionné et récompensé à juste titre à la Semaine de la Critique. Un film inspiré par sa propre&#160; adolescence dans un pays en guerre. &#160;Dua&#160; [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2022, la cinéaste kosovar <strong>Blerta Basholli</strong> avait réalisé <em>Hive (La Ruche),</em> un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo&nbsp; Cette année, c’est <em>Dua ,</em> sélectionné et récompensé à juste titre à <em>la Semaine de la Critique.</em> Un film inspiré par sa propre&nbsp; adolescence dans un pays en guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dua&nbsp; Gashi a 13 ans et comme toutes les adolescentes parle des garçons, d’un futur premier baiser. Cadette d&rsquo;une fratrie de quatre enfants, il lui tarde que son corps se transforme. On danse, on écoute de la musique. Mais on est à Pristina au&nbsp; Kosovo, à la fin des années 1990 et&nbsp; les tensions grandissent&nbsp; entre Serbes et Albanais. Dans la salle de classe, on accueille de jeunes réfugiés d’une&nbsp; zone de combat. Humiliations ordinaires, contrôles policiers, répression féroce de manifs étudiantes, le climat de peur grandit et des familles quittent le pays. La mort de la sœur d’une de ses amies, abattue dans une rue de Pristina par la police serbe, rend la menace encore plus présente pour Dua. Elle se lie d’amitié avec Maki (<strong>Vlera Bilalli),</strong> réfugiée d’une autre région qui l’initie au judo. Pour gagner,&nbsp; «&nbsp;<em>Pense à la bête qui est en toi</em>&nbsp;»&nbsp; lui conseille-t-elle. Dua et son frère Vegim (<strong>Andi Bajgora)</strong> pensent à rejoindre l’UÇK, l’armée de libération. «&nbsp;<em>Tout le monde n&rsquo;est pas né pour se battre</em> » rétorque la mère (<strong>Yllka Gashi)</strong> Mais Dua a la rage…</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dua, c’est <strong>Pinea Matoshi</strong> dont c’est le premier rôle. Et c’est un coup de maitre&nbsp;! Son regard en dit long sans qu’elle ait besoin de parler. La caméra de la talentueuse directrice de la photo <strong>Lucie </strong><strong>Baudinaud</strong> ne la lâche pas, scrutant son visage comme un paysage changeant au fil des émotions, la suivant dans les rues de la ville en de longs plans séquences. La scène où, après la fermeture forcée de l’école, avec sa sœur Tina (<strong>Kaona Sylejmani</strong>), elle chante et danse dans leur chambre au rythme de <em>Brazen </em>de Skunk Anansie&nbsp; <em>«&nbsp;Pourquoi ne pleures tu pas quand je te blesse&nbsp; et la colère grandit en toi..</em>&nbsp;»&nbsp; traduit la colère et la soif de vivre de cette jeune adolescente&nbsp;; les oscillations entre l’insouciance et la conscience du danger se plus en plus prégnant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je&nbsp; voulais </em><em>montrer la complexité de la vie d’adolescent en temps de guerre, faire un film sur des jeunes dans un pays en guerre, pour montrer qu’ils sont comme tous les ados du monde. Ils ont leurs rêves et leurs problèmes</em>.&nbsp;» précise <strong>Blerta Basholli</strong>. C’est réussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dua&nbsp; © Jour2Fete</p>
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		<title>Gaza, aux frontières de l&#8217;horreur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Tu as choisi de défier la société par la langue du cinéma. Courageux mais anecdotique. Je mets fin à nos échanges. » écrit Ariel Cypel, coscénariste, à Anat Even, la réalisatrice israélienne du documentaire Collapse (Effondrement) tourné pendant deux ans dans le kibboutz de Nir Oz et dans le désert du Néguev. Eh bien, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Tu as choisi de défier la société par la langue du cinéma. Courageux mais anecdotique. Je mets fin à nos échanges</em>. » <strong>écrit Ariel Cypel,</strong> coscénariste, à <strong>Anat Even</strong>, la réalisatrice israélienne du documentaire <em>Collapse </em>(<em>Effondrement</em>) tourné pendant deux ans dans le kibboutz de Nir Oz et dans le désert du Néguev. Eh bien, c’est loin d’être anecdotique ! Certes, on a vu beaucoup d’images sur Gaza, fictions et documentaires mais difficile d’oublier la voix d’<strong>Anat Even </strong>qui nous guide sur ce territoire. Déambulations à pied dans le kibboutz en ruines où elle a vécu, jeune&nbsp;: maisons abandonnées, photos d’habitants de Nir Oz, des amis qui lui ont appris « l’histoire et le cinéma. Plans larges, coupés en deux par la frontière, les barbelés. Terre ocre, champs traversés sans cesse par des machines, tracteurs, chars et les D9, monstres de 60 tonnes d’acier qui renversent, abattent, expulsent, aplanissent. Longs travellings en voiture le long des routes et, au loin, omniprésents, la fumée et l’écho sourd des bombardements et des explosions. Anat Even a commencé à filmer le 24 octobre 2023 et en automne 2025, dit-elle, chaque matin est pareil à l’autre. « <em>J’entends les bombardements incessants et mon cœur se brise.&nbsp;</em>» 100.000 obus d’artillerie, ainsi que des bombes à fragmentation, contenant jusqu’à 429 kg de matière explosive, ont été largués ; en une semaine de guerre, plus que ce qu’ont lancé les Américains sur l’Afghanistan en 2019. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voix off, lettres échangées avec Ariel, témoignages comme celui d’<strong>Ezzideen Shehab, </strong>médecin et poète palestinien, 27 ans, rentré à Gaza en octobre 2023, 5 jours avant le début de la guerre. «&nbsp;<em>Ce n’est pas le destin qui nous affame, ce ne sont pas les cieux qui nous bombardent, c’est la logique des puissants, l’arithmétique froide de la géopolitique qui ont transformé nos rues en abattoirs&nbsp;; 60 000 morts, 150 000 mutilés, principalement des enfants dont le seul crime et d’être nés à Gaza, du mauvais coté d’une ligne imaginaire, tracée par des messieurs en costumes</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Israéliens comme Anat Even qui sont contre cette guerre, et toutes les autres, sont vus comme des fous dangereux, tel cet homme assis sur la route, tenant un panneau appelant à la paix, fantôme muet. Comment parler de Gaza&nbsp;? <em>D’une zone d’extermination, d’un enfer à portée de main et à des années-lumière ?</em> &nbsp;La réalisatrice filme les quelques rassemblements d’opposants à cette guerre éternelle, qui manifestent pour la paix, contre Netanyahou en visite au kibboutz, 650 jours après le désastre. Elle nous met face aux discours haineux de ceux qui traitent les Gazaouis de rats et affirment leur volonté de recoloniser Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A Ariel qui souhaiterait mettre Israël au ban des nations comme les Allemands, les Serbes et les Hutus, elle confie ne pouvoir se détacher, née là et n’ayant nulle part où aller. Pas d’autre langue, pas d’autres paysages.  Ariel qui met fin à leurs échanges, craignant que la caméra de son amie ne se cantonne à un seul côté de la frontière : derrière cette barrière vit un peuple condamné à mort qui n’a ni visage, ni nom.  Elle, ne veut pas renoncer à l’espoir. Quelle place pour le cinéma face à cette machine de guerre ? Anat Even a choisi de laisser une trace, au plus près des lieux, des contradictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une citation du prix Nobel de littérature, <strong>Imre Kertész,</strong> qui ouvrait ce documentaire sombre et courageux&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous étions parfaitement conscients de la stupidité de la barbarie et de la malfaisance destructrice qui se propageait dans notre pays comme un fléau avec l’aval des autorités. Pourtant, nous les avons considérées avec indifférence comme des gens qui auraient renoncé depuis longtemps à tenter d’améliorer la vie publique ou à provoquer un changement quel qu’il soit. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Collapse</em> se termine par une dédicace aux enfants et aux victimes innocentes de crimes contre l’humanité</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un documentaire qui résonne encore plus fort en cette période où beaucoup d’innocents sont sous les bombes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">Collapse en salles le 6 mai</p>
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		<title>Dans les archives palestiniennes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 06:54:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Pour moi, réaliser ce film est un acte de résistance. » affirme Kamal Aljafari, le réalisateur du documentaire A Fidai Film, un film d’archives, retrouvées, retravaillées, montées qui tentent de reconstituer une mémoire disparue, celle du peuple palestinien. &#160; Un bord de mer, des vagues, une comptine… Des images en noir et blanc et la couleur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Pour moi, réaliser ce film est un acte de résistance.</em> » affirme <strong>Kamal Aljafari,</strong> le réalisateur du documentaire <em>A Fidai Film</em>, un film d’archives, retrouvées, retravaillées, montées qui tentent de reconstituer une mémoire disparue, celle du peuple palestinien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp; Un bord de mer, des vagues, une comptine… Des images en noir et blanc et la couleur rouge du sang versé, des flammes qui ravagent des immeubles. Des rues où patrouillent des soldats, des arrestations&nbsp;; des hommes à terre, mains sur la tête. Mais aussi des scènes de la vie quotidienne, des marchés, des enfants dans la boue. Des camions de Tsahal qui sortent, chargés de dossiers, pillés au siège de l’OLP. Ce sont ces archives dont Kamal Aljafari a récupéré une partie qui vont peu à peu nous raconter l’histoire du peuple palestinien. Des images terribles comme celles de la violente explosion en plein cœur de Beyrouth- ouest à l’heure du déjeuner, (220 kg de TNT) puis aux obsèques, en gros plan, une femme qui pleure. La mer, rouge du sang versé. Le camp de Badaoui où l’l’UNRWA accueillent les réfugiés palestiniens et où ont lieu des affrontements, des arrestations, des massacres. Des fils rouges et des flashs rayent ces images. Et tout à coup un intertitre&nbsp;: <em>«&nbsp;La caméra des expropriés</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra des dépossédés « <em>dans le sens où il s’agit de rassembler et de collecter ce qui est possible de l’être, du point de vue de quelqu’un qui a tout perdu. </em>» Deux types d’images : des archives avec des inscriptions de l’armée israélienne, grattées en rouge et des extraits de films de fiction. Des silhouettes recouvertes de rouge qui deviennent des fantômes. Des séquences auxquelles le travail sonore d’<strong>Attila Faravelli </strong>redonne vie. Un film personnel et universel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ce film est autobiographique, parce qu’il traite du pays dont je viens. Je travaille librement et ce travail essaie de mettre de l’ordre, d&rsquo;ouvrir une voie pour que je puisse m’exprimer et exprimer mon rapport à ces images d’une manière qui devient universelle. Au bout du compte, ce film ne parle pas que de la Palestine, mais de tout endroit qui a été occupé et de tout peuple qui a subi l’oppression.&nbsp;» </em>Kamal Aljafari</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film nécessaire pour parler aussi de tous les peuples qui continuent à subir l’oppression et sont aujourd’hui sous les bombes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Annie Gava</strong><em></em></p>
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		<title>Sous cette pluie de fer. De feu d’acier de sang.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 12:09:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nomination de Catherine Pégard comme ministre de la culture ne fait la Une d’aucun journal –même pas du nôtre&#160;–&#160;; le sujet culturel est absent du débat public des municipales&#160;; le régime de l’intermittence est à nouveau attaqué, au risque de l’annulation des festivals de l’été&#160;; les aides l’emploi se tarissent, et de nombreuses collectivités, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La nomination de Catherine Pégard comme ministre de la culture ne fait la Une d’aucun journal –même pas du nôtre&nbsp;–&nbsp;; le sujet culturel est absent du débat public des municipales&nbsp;; le régime de l’intermittence est à nouveau attaqué, au risque de l’annulation des festivals de l’été&nbsp;; les aides l’emploi se tarissent, et de nombreuses collectivités, par obligation budgétaire ou par choix idéologique, ont renoncé à financer la culture publique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur culturel survivra-t-il à ce désintérêt généralisé, ainsi qu’aux attaques renouvelées de ceux qui n’admettent pas les activités non rentables, c’est-à-dire celles qui n’enrichissent pas leurs poches, mais nos esprits ? mais nos âmes ? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les poètes et les stratèges</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les poètes et les artistes disent la guerre, la réalité de sa violence sur nos corps. Ils savent nous prévenir, nous prémunir, bien mieux que les stratèges. Ils agissent sur nos esprits et nos âmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prévert dans <em>Barbara</em> fait ressentir le bombardement de Brest, la destruction d’un amour, de la joie, de l’avenir, comme Picasso dans <em>Guernica</em> expose le tragique éclatement des corps, Duras dans <em>Hiroshima mon amour</em> l’absolue horreur nucléaire, Rossellini dans <em>Allemagne année zéro</em> le désarroi des enfants allemands sur les gravats d’un nazisme en ruine, qui agit encore sur les esprits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les stratèges, les historiens, les politologues ne nous disent pas et que les poètes, les cinéastes, les peintres nous apprennent, c’est à éprouver la souffrance de l’autre, sous les bombes, pour s’en souvenir, et proscrire le recours à la pluie d’acier et de sang. Contrairement à ce que prétend notre Président, construire des bombes, les essayer, les exhiber, ne nous rend pas plus forts, plus dissuasifs. Simplement plus résignés à la guerre, voire à la guerre nucléaire, c’est à dire à la fin de tout. Mais qui peut donc la désirer&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Inutiles brasiers</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car bombarder les peuples n’a jamais résolu les conflits. Robert Pape, professeur à l’université de Chicago, a établi dans <em>Bombarder pour vaincre. Puissance aérienne et coercition dans la guerre </em>que les bombardements, lorsqu’ils ne sont pas un appui d’une attaque terrestre, n’ont jamais abouti à un changement de régime. Mais ont confortés les tyrans, et poussés à plus de violence envers leurs peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude de Robert Pape remonte pourtant jusqu’à la Première Guerre mondiale, c’est à dire aux premiers bombardements aériens. Il remet clairement en cause l’efficacité des bombardements de Hiroshima et Nagasaki dans la capitulation du Japon : les États-Unis voulaient tester leurs bombes, alors même que la victoire dans le Pacifique était acquise. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille sous les bombes américaines </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Marseille, un traumatisme majeur n’a jamais été dit, parce qu’il remettait en cause les équilibres politiques après la guerre&nbsp;: en 1944 les communistes devaient être écartés du pouvoir municipal, et les pro-américains installés dans une mairie en ruine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant le 27 mai 1944, une pluie de fer, de feu, d’acier, de sang s’est aussi abattue sur Marseille. Faisant 4500 victimes civiles, près de 1800 morts, des dizaines de milliers de délogés. Les sept vagues de bombardiers de l’US Air Force ont, en quelques heures, expulsé du monde des vivants plus de victimes qu’à Brest en 4 ans de bombardements. Ils n’ont atteint aucun de leurs objectifs stratégiques, raté le port, détruit en partie Saint-Charles sans songer que la destruction d’une gare terminale n’affectait pas le transport des troupes et des armes. C’est l’armée d’Afrique qui, quelques semaines après, s’est emparée de Marseille avec l’aide de la Résistance mobilisée par un journal clandestin, La Marseillaise. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La liberté viendra d’Eluard</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1944, les avions de la Royal Air Force ont largué en France une arme d’une autre force. Des centaines de milliers d’exemplaires du poème de Paul Eluard qui circulait comme un tract depuis 1942.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sur toute chair accordée                            </em><br><em>Sur le front de mes amis                            </em><br><em>Sur chaque main qui se tend                            </em><br><em>J’écris ton nom[ &#8230;]</em><br><em>Et par le pouvoir d’un mot                    </em><br><em>Je recommence ma vie                    </em><br><em>Je suis né pour te connaître                    </em><br><em>Pour te nommer                    </em><br><em>Liberté </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expression d’une vie battante, certainement plus efficace que les bombes aveugles pour mettre fin à une guerre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Un fantôme arménien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Dec 2025 09:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le fantôme de son mari que va chercher Céline (Camille Cottin)&#160;: celui qu’elle a épousé, Arto Saryan, né le 22 octobre 1968, n’existe pas pour l’État Civil. C’est son premier voyage en Arménie&#160;: elle est venue chercher à Gyumri l’acte de naissance de son mari pour pouvoir donner à leurs enfants l’âme arménienne. Alors [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est le fantôme de son mari que va chercher Céline (<strong>Camille Cottin)</strong>&nbsp;: celui qu’elle a épousé, Arto Saryan, né le 22 octobre 1968, n’existe pas pour l’État Civil. C’est son premier voyage en Arménie&nbsp;: elle est venue chercher à Gyumri l’acte de naissance de son mari pour pouvoir donner à leurs enfants l’âme arménienne. Alors qui est son mari, cet homme qui s’est suicidé un 21 novembre&nbsp;? C’est sur les traces de ce fantôme qu’elle va parcourir ce pays qu’elle ne connait pas. Guidée par Arsiné (<strong>Zar Amir Ebrahimi),</strong> elle mène son enquête et apprend que son mari qu&rsquo;elle ne voyait jusque-là que comme un pacifique ingénieur, a été un combattant&nbsp;: il &nbsp;a tué, il a peut -être été responsable de la mort de ses hommes. Céline traverse ce &nbsp;pays meurtri et nous le parcourons avec elle en de longs plans séquences, filmés par <strong>Claire Mathon.</strong> Ruines dans lesquelles errent des êtres, perdus, blessés. Loin de tout, elle rencontre un homme fêlé, Rob, (<strong>Denis Lavant)</strong> qui a vécu toutes les guerres, parle toutes les langues, joue du doudouk et sait des choses. Apparaît soudain, dans un reflet, le visage du fantôme, cet inconnu avec qui elle a vécu vingt ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le pays d’Arto,</em> le dernier film de <strong>Tamara Stepanyan</strong> dont on avait apprécié le documentaire <em>Mes Fantômes arméniens</em>,  sélectionné au Festival de Locarno, représentera l’Arménie aux Oscars2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>
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		<title>Une enfance allemande-île d&#8217;Amrum, 1945</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Dec 2025 13:17:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’origine du film, le projet autobiographique de Hark Bohm, scénariste, réalisateur, acteur, hambourgeois, qui, né en 1939, a grandi sur l’île allemande d’Amrum, en Mer du Nord. Un projet contrarié par des ennuis de santé et repris par Fathi Akin, né à Hambourg dans une famille d’immigrés turcs. Le réalisateur de Head-On et In [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">A l’origine du film, le projet autobiographique de <strong>Hark Bohm,</strong> scénariste, réalisateur, acteur, hambourgeois, qui, né en 1939, a grandi sur l’île allemande d’Amrum, en Mer du Nord. Un projet contrarié par des ennuis de santé et repris par <strong>Fathi Akin</strong>, né à Hambourg dans une famille d’immigrés turcs. Le réalisateur de <em>Head-On</em> et <em>In the Fade</em>, y retrouve matière à explorer des thèmes qui lui sont chers&nbsp;: l’exil, la quête d’identité, les tensions entre histoire personnelle et Histoire collective, incarnés par un personnage dont on épouse le regard. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici ce sera Nanning (<strong>Jasper Billerbeck</strong>) un pré-ado de douze ans. Fils d’un dignitaire nazi resté sur le continent pour défendre jusqu’au bout, l’Allemagne d’Hitler. On est au printemps, quelques jours avant le suicide du führer et la capitulation de l’Allemagne. Après la destruction d’une partie de sa ville de Hambourg, Nanning arrive dans l’île de ses ancêtres baleiniers&nbsp;: Amrum. Sa famille y possède une maison. <em>Moby Dick </em>reste sur les étagères de la bibliothèque au milieu des parutions théoriques du père sur la suprématie arienne. Sur l’île, qui a connu un exode économique vers les USA avant-guerre, on se débrouille&nbsp;: troc, cueillette, chasse et pêche. Nanning, en tant qu’aîné, grapille un peu de lait pour sa famille en aidant aux champs, désertés par les hommes mobilisés. L’île balayée par vents et marées pourrait être le lieu idyllique d’une enfance. Mais il y flotte encore les croix gammées, les escadrilles de chasseurs bombardiers se substituent à celles des oiseaux migrateurs. Des cadavres arrivent sur les plages. Et, Nanning se trouve au cœur de conflits ouverts ou larvés. Entre une mère acquise âme et ventre (elle a déjà trois enfants et en attend un quatrième) à l’idéologie nazie et une tante hostile au régime. Entre son appartenance aux jeunesses hitlériennes et son amitié buissonnière avec un enfant du coin. Entre pro-nazis et opposants de moins en moins silencieux. Nanning, le continental conspué par les insulaires xénophobes ou revanchards, qui se sentent «&nbsp;envahis&nbsp;» par de nouveaux réfugiés affamés venus de Silésie. L’enfant est tiraillé entre l’amour qu’il porte à ses parents et la révélation de leur monstruosité, mise en évidence par un secret de famille douloureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Innocence perdue</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un parcours initiatique que le cinéaste décrit dans un quotidien austère et hostile, sans idéalisation, impliquant l’enfant dans la cruauté et la crudité du monde, du dépeçage d’un lapin à la mise à mort d’un phoque. Un apprentissage qui ôte toute innocence au héros, le blesse en lui donnant à affronter l’indifférence de sa mère aux sacrifices qu’il a consentis pour lui fournir la tranche de pain blanc tartinée de beurre et de miel dont elle rêvait. Et, comme épreuve ultime, lui fait ressentir la honte des Vaincus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bande son se fait discrète. Filtrés par le point de vue de Nanning, les personnages secondaires s’estompent gardant leurs vérités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’île, éminemment symbolique, offre, en lumière froide, ses horizontalités d’eaux, de sables et de champs, écrasées par un ciel qui pèse de plus en plus comme un couvercle. Belle et dangereuse, filmée en plans larges, avec ses marées traîtresses, ses terres mouvantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film déroule le récit en une chronique lente, dans une mise en scène qui manque un peu des reliefs auxquels le cinéma de Fathi Akin nous avait habitués.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Une enfance allemande-île d’Amrum, 1945 </em>de <strong>Fathi Akin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"> en salles le 24 décembre</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Comment reconstituer l’indicible</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 10:16:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 29 janvier 2024, Hind Rajab, une petite Palestinienne de 6 ans est en voiture avec sa famille qui tente de fuir Gaza. Pris pour cible par l’armée israélienne, six membres de sa famille meurent et Hind Rajab reste coincée à l’intérieur du véhicule. Elle contacte par téléphone Le Croissant Rouge Palestinien, espérant être sauvée. Tout en [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le 29 janvier 2024, Hind Rajab, une petite Palestinienne de 6 ans est en voiture avec sa famille qui tente de fuir Gaza. Pris pour cible par l’armée israélienne, six membres de sa famille meurent et Hind Rajab reste coincée à l’intérieur du véhicule. Elle contacte par téléphone Le Croissant Rouge Palestinien, espérant être sauvée. Tout en essayant de la maintenir en ligne, ses interlocuteurs, <strong>Omar</strong> <strong>A. Alqam etNisreen Jeries</strong> Qawas font tout leur possible pour qu’une ambulance lui parvienne. En vain ! L’ambulance envoyée sur place, aussi, a été détruite et ses deux secouristes tués. <strong>Kaouther Ben Hania</strong> a fait de cette tragédie un film dont on sort en larmes. Un film qui laisse à tout jamais des traces dans notre conscience et dans notre cœur. Un film dont je ne ferai pas la critique : le geste de Kaouther Ben Hania est un acte de résistance, un geste face à l’impuissance qu’on peut ressentir devant une tragédie. A Cinemed, devant une salle comble, qui l’a longuement applaudie et où elle a obtenu à la fois le Prix du public et celui de la Critique,  celle qui en 2023 avait réalisé <em>Les Filles d’Olfa</em> (<a href="https://journalzebuline.fr/les-filles-dolfa-la-tunisie-dans-lentre-deux/">https://journalzebuline.fr/les-filles-dolfa-la-tunisie-dans-lentre-deux/</a>) a expliqué avec émotion son projet et <em>La Voix de Hind Rajab.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;J’ai entendu cette voix dont quelques extraits circulaient sur Internet et pendant une fraction de seconde, j’ai eu l’impression qu’elle me demandait de l’aider. Un sentiment d’impuissance m’a envahie&nbsp;: impossibilité de l’aider. Cette voix me hantait. J’avais appris que le Croissant Rouge avait enregistré toute la conversation. J’ai commencé à me dire que je devais faire un film face à ce sentiment d’impuissance. Je ne voulais pas que cette enfant devienne un numéro, je voulais lui donner un visage et une voix. J’ai joint le Croissant Rouge pour pouvoir écouter tout l’enregistrement et cela a été une des choses que j’ai écoutées, la plus dure de ma vie. J’ai contacté la famille de Hind et j’ai parlé avec sa mère qui était encore à Gaza, une personne admirable&nbsp;: </em>«&nbsp;Ce film ne se fera que si vous le désirez. C’est votre décision&nbsp;<em>» lui ai-je dit&nbsp;; elle a été tout de suite partie prenante du film. J’ai rencontré les personnes du Croissant Rouge qui m’ont raconté leur journée et ont aussi &nbsp;intégré le projet.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>L’écriture du film</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;J’ai envoyé le premier jet du scénario et on a beaucoup dialogué. &nbsp;Idem pour les acteurs. J’ai écouté la voix en février, ai reçu l’enregistrement en juillet et on a tourné en novembre. Je sentais l’urgence de le faire. L’écriture n’a pas pris beaucoup de temps.&nbsp;Ils m’ont beaucoup parlé&nbsp;: c’était important de voir ce qu’ils avaient ressenti. Au cœur il y a la voix et il fallait trouver la bonne forme pour faire ce film&nbsp;; j’ai croisé les différents éléments, la retranscription de la voix et les témoignages Je voulais quelque chose de vertigineux, comment retranscrire l’impuissance vertigineuse.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Les choix de mise en scène</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>J’ai souhaité faire appel à des comédiens. C’est un film de reconstitution&nbsp;; il me fallait des interprètes&nbsp;; je ne pouvais pas faire appel à eux pour qu’ils rejouent ce qu’ils avaient vécu. C’est un film en huit clos&nbsp;: je voulais raconter du point de vue de ceux qui ont reçu l’appel. &nbsp;On les voit dans un open space. Et on a le son qui est le hors- champ, le bombardement, la voiture assiégée. &nbsp;Les spectateurs sont là, avec eux avant que la mort n’arrive. On aurait pu la sauver. Pourquoi n’a-t-on pas pu&nbsp;? J’aurais aimé ne pas faire de film mais cette histoire a eu lieu. On a tourné en Tunisie puisque l’espace du huis clos est un décor. Les comédiens (Saja Kilani, Motaz Malhees, Clara Khoury, Amer Hlehel) sont palestiniens et partagent cette tragédie. Il y a eu des moments si intenses qu’ils avaient du mal à jouer…</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fiction ou documentaire se demanderont peut-être certains. Un film qui en rejette les frontières, et surtout un film de résistance face à la barbarie. Un film indispensable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le public de la Mostra de Venise où a eu lieu la première projection l’a bien compris en faisant à Kaouther une standing ovation de 23 minutes. <em>La Voix de Hind Rajab</em> y a obtenu le Grand Prix du Jury et représentera la Tunisie aux Oscars 2026&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salles le 17 novembre</p>
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		<title>Premières classes : Ecoles et espoirs en temps de guerre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Sep 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un film qui met en lumière le courage et la résilience d’une société que l’armée russe tente de détruire en filmant dans tout le pays des écoles qui fonctionnent malgré tout, des enseignants et des élèves qui entament leur vie d’écolier ou qui la terminent. Et qu&#8217;est-ce que la vie ? Allez, lis-le ! demande-une enseignante [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un film qui met en lumière le courage et la résilience d’une société que l’armée russe tente de détruire en filmant dans tout le pays des écoles qui fonctionnent malgré tout, des enseignants et des élèves qui entament leur vie d’écolier ou qui la terminent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Et qu&rsquo;est-ce que la vie ? Allez, lis-le ! </em>demande-une enseignante à un petit garçon</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Belle, jeune… </em>lit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Et quelle est la chose la plus précieuse pour chacun de nous ? </em>demande le professeur à la classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Vie! » </em>répondent les élèves en chœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film construit comme un patchwork nous entraine de ville en ville, d’école en école, de cours de maths à cours d’anglais. Des cours ponctués de minutes de silence que les élèves font debout. Les visages que la caméra balaye lentement, reflètent parfois la peine ou l’inquiétude. Des cours interrompus par les sirènes qui avertissent d’un bombardement. Les écoles qui n’ont pas été détruites, ont des abris souterrains où tous se rendent, sans panique .A Kamianske sur le fleuve Dnipro, près de Zhaporizhzhia, la fête est interrompue et tout le monde s&rsquo;installe dans un immense abri&nbsp;: les enfants assis, regroupés par classe, parlent, chantent…A Borodyanka, ville détruite dès le début de l’invasion, devant l’école en ruines , une professeure fait son cours de maths via son ordinateur. A Mykolaiv (46 km du front) c’est un cours de survie. A Tcherkassy (265 kms du front) pilotage de drones, leçons&nbsp; &nbsp;de couture et de danse. Quand une école n’a pas d’abri souterrain, les cours se font dans le métro. A Kharkiv, il y a une école à 6 mètres sous terre. Partout enthousiasme et joie d’apprendre et d’ être en vie. Et puis, dans une classe, une petite fille en larmes devant la photo de son père affichée avec d’autres, morts au combat. Il y a&nbsp; des moments de pure joie comme la remise des diplômes à Tcherkassy, avec le bal-ballet que les élèves, futurs étudiants, ont longuement préparé, peut-être oubliant un moment que la guerre est là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Katarina Gornostai</strong> avait  ainsi parcouru l’Ukraine avec son équipe de mars 2023 à juin 2024 : elle a tenu à ce que la musique ajoute à ces images de courage et d’espoir : une musique écrite par le compositeur d&rsquo;avant-garde de Kyev, <strong>Alexeï Chmourak.</strong> Réussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On sort de ce documentaire, <em>Premières classes </em>(<em>Stichka chasu) </em>bouleversé. D&rsquo;autant plus que 6 mois plus tard, rien ne s&rsquo;est réglé ! Quelle connerie la guerre !Un film qu&rsquo;il faut vraiment aller voir. !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>
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		<title>Les yeux en Ukraine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 09:09:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des images de la Russie d’il y a 15 ans, et une voix off commente ironiquement.&#160;«&#160;J’ai pris le Transsibérien par soif de liberté, idée assez farfelue… Le wagon restaurant sert aux heures de Moscou, car on ne contredit pas Moscou surtout quand on est une petite république…&#160;» Cette voix qui semble parler tout près de [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/les-yeux-en-ukraine/">Les yeux en Ukraine</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Des images de la Russie d’il y a 15 ans, et une voix off commente ironiquement.&nbsp;«<em>&nbsp;J’ai pris le Transsibérien par soif de liberté, idée assez farfelue… Le wagon restaurant sert aux heures de Moscou, car on ne contredit pas Moscou surtout quand on est une petite république</em>…&nbsp;» Cette voix qui semble parler tout près de nos oreilles, tantôt moqueuse, tantôt ironique voire sarcastique, mais toujours engagée, va nous accompagner tout au long du documentaire d’<strong>Antonin Peretjatko</strong>,<em>Voyage au bord de la guerre</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence le 24 février 2022, quand la Russie envahit l’Ukraine. D’origine ukrainienne, le réalisateur décide d’aller sur-place, et filmer avec une caméra 16mm pour «&nbsp;déjouer le formalisme et la façon de penser&nbsp;» du numérique. Il part donc le 15 mai, 6 h du matin, avec son ami, <strong>Fred Karali</strong> et <strong>Andreî</strong>, un instituteur&nbsp; réfugié ukrainien, retournant à Lviv pour récupérer&nbsp; quelques affaires. Ils vont traverser l’Europe et arrivent dans un pays en guerre, une guerre «&nbsp;<em>invisible et omniprésente</em>&nbsp;», la nouvelle figure de la guerre «&nbsp;<em>entre Verdun et Star Wars</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De longs travellings en voiture en montrent les traces, les cicatrices de plus en plus visibles&nbsp;: immeubles éventrés, façades en dentelles, barrages routiers, rues désertées. On va de ville en ville, Kyiv, Kherson, Marioupol, Boutcha… Les Ukrainiens rencontrés au cours du voyage racontent leur guerre, parlent des soldats russes&nbsp;: Certains tiraient sur les gens pour s’amurer, d’autres volaient des robinets, ou demandaient s’ils pouvaient regarder des VHS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ruslan le directeur de l’école de marionnettes de Kiev était à Boutcha au moment de l’attaque et évoque ses élèves qui lui demandaient conseil pour s’échapper de cet enfer. Ella,la poète, traductrice et musicienne partie d’Irpin un jour avant la guerre, évitant ainsi l’exode,&nbsp;n’a retrouvé à son retour que des plantes mortes, de la poussière et la tristesse de ne pouvoir se balader en forêt à cause des mines&nbsp;: «&nbsp;<em>Il reste des photos avec des trous à la place des visages&nbsp;</em>» plan récurent du film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>La recherche de ses racines est un piège où on risque de s’enfermer en cherchant quelque chose qui n’existe plus. L’exode nous coupe de nos origines. On devient étranger partout</em>&nbsp;», confie le cinéaste qui a renoncé à retrouver le village de son grand-père et qui a vu tout au long de son voyage beaucoup de candidats à l’exil forcé ou volontaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des images de guerre, on en voit hélas beaucoup&nbsp;: <em>«&nbsp;Etrange attrait qu’ont les hommes pour les catastrophes, pleurs sang, mort, bombes, destruction</em>&nbsp;!&nbsp;», mais tout l’intérêt de ce voyage au bord de la guerre est le choix qu’a fait le cinéaste de prendre le public par la main avec tendresse, de nous montrer les traces, de nous fa<a></a>ire rencontrer des gens qui ont vécu, vivent encore ce drame, nous incitant à ne pas fermer les yeux</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Voyage au bord de la guerre</em>, <strong>Antonin Peretjatko</strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color">En salles le 18 juin</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>« Berlin, été 42 » : L&#8217;amour contre la barbarie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Mar 2025 13:40:49 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Arrêtée comme son compagnon en 1942, alors qu’elle était enceinte. Guillotinée en 1943 avec ses camarades de lutte, Hilde Coppi a laissé un fils né en prison, qui n’eut de cesse de garder la mémoire de ses parents, et dont on entend les mots à la fin du film. Pour rendre hommage, justice, corps et voix à la jeune Résistante, le réalisateur choisit la douceur et la modestie. Pas de croix gammées, de coups de feu, de séances insoutenables de torture. Pas plus que d’actes de sabotage pyrotechniques spectaculaires.<strong> Andreas Dresen</strong> évoque un été radieux. La rencontre amoureuse d’Hilde (<strong><a href="https://www.instagram.com/livlisa.fries/"> Liv Lisa Fries</a></strong>) et de Hans Coppi ( <strong><a href="https://www.instagram.com/johanneshegemann/">Johannes Hegemann</a></strong>), les baignades et les pique-niques des jeunes Résistants au bord de l’eau, l’exultation de leur jeunesse solaire comme une véritable ode à la Vie. Images saturées de lumière qui reviendront assez conventionnellement en flash back alors qu’Hilde de sa prison n’aperçoit qu’un bout de ciel. En alternance, espaces ouverts de liberté et espaces fermés (ceux pour l’amour et la clandestinité puis pour la mort).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur dit avoir voulu s’éloigner des stéréotypes héroïques qui lui étaient proposés dans la RDA de son enfance, rendant perversement inaccessible au commun des mortels toute rébellion. Il montre comment la résistance à la monstruosité du Troisième Reich passe par de petits actes&nbsp;: une femme qui cache un document dangereux en s’asseyant dessus, une infirmière qui s’oppose à un docteur-boucher, une matonne qui infléchit les règles pour aider Hilde.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La boussole</mark></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Incarnée par <strong>Liv Lisa Fries</strong> – l’inoubliable Charlotte Ritter de la série <em>Babylon Berlin </em>-, Hilde est une fille sage, discrète, au look de gouvernante avec sa tenue convenable et ses lunettes rondes. Une fille bien élevée même quand la Gestapo l’interroge. C’est par amour pour Hans qu’elle rejoint le réseau d’activistes et met sa subtilité au service de leur lutte anti nazie, apprend le morse, envoie des messages aux Soviétiques, écoute les émissions de Radio Moscou pour transmettre aux familles des nouvelles des prisonniers allemands, colle des affiches. Liv excelle à traduire par ses gestes et postures. la vulnérabilité de cette femme et cette force intérieure, « cette boussole » comme dit le réalisateur qui lui indique ce qui est juste de faire. <em>De Hilde avec amour,</em> les derniers mots d’une dernière lettre de Hilde Coppi, repris par le titre du film semblent s’adresser tout aussi bien à sa mère et à son fils, qu’à nous qui voyons 80 ans plus tard, la résurgence décomplexée des mouvements fascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salles le 12 mars 2025</p>



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