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Dua : Une adolescence dans la guerre

Un long métrage touchant et convaincant, présenté à la 65e Semaine de la Critique et que l’on a pu voir au cinéma Les Variétés dans le cadre de la reprise de cette section parallèle du Festival de Cannes

En 2022, la cinéaste kosovar Blerta Basholli avait réalisé Hive (La Ruche), un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo  Cette année, c’est Dua , sélectionné et récompensé à juste titre à la Semaine de la Critique. Un film inspiré par sa propre  adolescence dans un pays en guerre.

 Dua  Gashi a 13 ans et comme toutes les adolescentes parle des garçons, d’un futur premier baiser. Cadette d’une fratrie de quatre enfants, il lui tarde que son corps se transforme. On danse, on écoute de la musique. Mais on est à Pristina au  Kosovo, à la fin des années 1990 et  les tensions grandissent  entre Serbes et Albanais. Dans la salle de classe, on accueille de jeunes réfugiés d’une  zone de combat. Humiliations ordinaires, contrôles policiers, répression féroce de manifs étudiantes, le climat de peur grandit et des familles quittent le pays. La mort de la sœur d’une de ses amies, abattue dans une rue de Pristina par la police serbe, rend la menace encore plus présente pour Dua. Elle se lie d’amitié avec Maki (Vlera Bilalli), réfugiée d’une autre région qui l’initie au judo. Pour gagner,  « Pense à la bête qui est en toi »  lui conseille-t-elle. Dua et son frère Vegim (Andi Bajgora) pensent à rejoindre l’UÇK, l’armée de libération. « Tout le monde n’est pas né pour se battre » rétorque la mère (Yllka Gashi) Mais Dua a la rage…

 Dua, c’est Pinea Matoshi dont c’est le premier rôle. Et c’est un coup de maitre ! Son regard en dit long sans qu’elle ait besoin de parler. La caméra de la talentueuse directrice de la photo Lucie Baudinaud ne la lâche pas, scrutant son visage comme un paysage changeant au fil des émotions, la suivant dans les rues de la ville en de longs plans séquences. La scène où, après la fermeture forcée de l’école, avec sa sœur Tina (Kaona Sylejmani), elle chante et danse dans leur chambre au rythme de Brazen de Skunk Anansie  « Pourquoi ne pleures tu pas quand je te blesse  et la colère grandit en toi.. »  traduit la colère et la soif de vivre de cette jeune adolescente ; les oscillations entre l’insouciance et la conscience du danger se plus en plus prégnant.

« Je  voulais montrer la complexité de la vie d’adolescent en temps de guerre, faire un film sur des jeunes dans un pays en guerre, pour montrer qu’ils sont comme tous les ados du monde. Ils ont leurs rêves et leurs problèmes. » précise Blerta Basholli. C’est réussi.

Annie Gava

Dua  © Jour2Fete

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