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	<title>Archives des Jean-Louis Tixier - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Jean-Louis Tixier - Journal Zebuline</title>
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		<title>Quel avenir pour le Lumière ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Renaud Guissani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jan 2024 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce Nouvel an à La Ciotat, les traditionnels vœux de bonne année avaient pour certains un goût amer. Plusieurs dizaines de personnes étaient d’ailleurs réunies devant le cinéma Lumière, car le passage en 2024 signifiait aussi la fin de son histoire vieille de 110 ans, lui qui projetait le 31 décembre son dernier film. Une [&#8230;]</p>
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<p>Ce Nouvel an à La Ciotat, les traditionnels vœux de bonne année avaient pour certains un goût amer. Plusieurs dizaines de personnes étaient d’ailleurs réunies devant le cinéma Lumière, car le passage en 2024 signifiait aussi la fin de son histoire vieille de 110 ans, lui qui projetait le 31 décembre son dernier film. Une dernière séance qui aurait dû sceller plusieurs années de lutte entre la mairie et les anti-fermetures, réunis notamment par le collectif La Culture, ça Urge !, mais qui ouvre d’autres interrogations quant à l’avenir de la Halle Lumière, promise à devenir un lieu pluridisciplinaire à dominante musicale.</p>



<p>« <em>On a au moins gagné le fait que le lieu reste culturel</em> » se réjouit Régine Douzenel, membre du collectif La Culture ça urge&nbsp;!, dont le mot d’ordre s’est aujourd’hui transformé en «&nbsp;<em>La Concertation, ça urge&nbsp;!</em>&nbsp;». Car le budget pour le réaménagement du bâtiment ayant déjà été voté, il reste désormais à savoir comment il sera alloué, d’où l’importance pour elle d’une discussion entre la mairie et le collectif, qui craint que l’ex-cinéma ne soit dévoyé de son caractère public.&nbsp;</p>



<p>De son côté, l’adjoint au maire en charge du Cinéma Jean-Louis Tixier se veut rassurant, et rappelle que le lieu conservera une salle de projection. «<em>&nbsp;Je suis favorable à ce que la salle du Lumière qui sera gardée reste publique</em>&nbsp;», indique-t-il. Pourtant, le chiffre évoqué de cinq séances par an ne réjouit pas tout le monde&nbsp;: «&nbsp;<em>laisser une salle de projection pour seulement cinq séances par an, c’est juste pour montrer qu’ils restent en lien avec le cinéma</em> », ironise Régine Douzenel.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="428" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/manif-derniere-seance.jpg?resize=696%2C428&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-122207" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/manif-derniere-seance.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/manif-derniere-seance.jpg?resize=300%2C185&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/manif-derniere-seance.jpg?resize=768%2C472&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/manif-derniere-seance.jpg?resize=150%2C92&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/manif-derniere-seance.jpg?resize=696%2C428&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/manif-derniere-seance.jpg?resize=683%2C420&amp;ssl=1 683w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/manif-derniere-seance.jpg?resize=356%2C220&amp;ssl=1 356w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">A l’appel du collectif La culture ça Urge !, des dizaines de manifestants se sontréunis pour la dernière séance du cinéma, ce 31 décembre 2023 © XDR</figcaption></figure>



<p>D’après elle, il faudrait aller beaucoup plus loin en ouvrant une deuxième salle que l’Éden, l’autre cinéma historique de la ville, pourrait gérer. « <em>Des tas de villes ont des cinémas sur plusieurs sites, pourquoi pas nous ?</em> » s’interroge-t-elle. Questionné à ce sujet, Michel Cornille, le président de l’association qui gère le cinéma de l’Éden, ne se dit pas intéressé par un tel projet. «&nbsp;<em>Le cinéma n’est pas mort à La Ciotat. Nous assumions déjà 95% des films d’art et essais de la ville, nous assumerons les 5% restants dont s’occupait le Lumière&nbsp;</em>», explique-t-il. D’ailleurs l’association devrait bientôt embaucher un·e salarié·e supplémentaire pour subvenir à cette hausse attendue de la fréquentation. &nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Un lieu pluriculturel à dominante musicale »</mark></strong></p>



<p>Pour l’adjointe à la Culture Nathalie Lainé, la musique doit être mise à l’honneur dans l’ex-cinéma. «&nbsp;<em>On voudrait que ce soit un café-concert, mais pas seulement&nbsp;</em>», explique-t-elle. Musique, danse, théâtre, la pluridisciplinarité serait le maître-mot. Lors de la concertation prévue à la fin du mois, artistes, membres d’associations et élus municipaux se réuniront. «&nbsp;<em>Cela n’a pas à être un lieu figé&nbsp;</em>», estime l’adjointe. La mairie n’a pour autant pas entièrement les mains libres quant à l’avenir du lieu, ou du moins sa forme. «&nbsp;<em>On est aussi dépendants de ce que nous autorisera à faire l’assistant à maîtrise d’ouvrage</em>&nbsp;», reconnaît Nathalie Lainé.&nbsp;</p>



<p>Même si les avis divergent, l’amour pour le septième art à La Ciotat est partagé. Un projet de musée du Cinéma est sur les rails, et la mairie prévoit de créer des sections cinéma dans les écoles et lycées. De son côté, le collectif Culture, ça urge&nbsp;! promet d’être actif et entreprenant. De quoi suivre avec intérêt la concertation annoncée par le maire Alexandre Doriol.</p>



<p>RENAUD GUISSANI</p>



<p></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Jean-Louis Tixier défend la fermeture</strong><br>Adjoint au maire de La Ciotat en charge du Cinéma, et ancien adjoint à la Culture, Jean-Louis Tixier rappelle que « <em>la fermeture du Lumière est actée depuis plus de dix ans et a été votée à l’unanimité.</em> » Le conseil municipal de l’époque, tous bords politiques confondus, avaitpointé du doigt la rentabilité du cinéma jugée insuffisante:« <em>Il faut une moyenne de 25 personnes par séance pour qu’un cinéma soit rentable, pourtant le Lumière n’en a que six par film </em>», précise-t-il. <em>R.G.</em></pre>
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		<title>Cinéma Lumière à La Ciotat : Deux salles, deux ambiances </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2023 09:15:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Albert-Jean Morazzani]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma Lumière]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Louis Tixier]]></category>
		<category><![CDATA[La Ciotat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Albert-Jean MorazzaniMembre du collectif La Culture, ça urge ! (CCU) Zébuline. Comment cette mobilisation est-elle née&#160;? Albert-Jean Morazzani. Déjà, lors de la campagne municipale 2020, le programme de la mairie actuelle prévoyait de fermer le cinéma Lumière et de le remplacer par une bodega et des commerces. Le collectif a demandé la création d’une commission extra-municipale [&#8230;]</p>
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<p><strong>Albert-Jean Morazzani</strong><br>Membre du collectif La Culture, ça urge ! (CCU)</p>



<p><strong>Zébuline.</strong> <strong>Comment cette mobilisation est-elle née&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Albert-Jean Morazzani.</strong> Déjà, lors de la campagne municipale 2020, le programme de la mairie actuelle prévoyait de fermer le cinéma Lumière et de le remplacer par une bodega et des commerces. Le collectif a demandé la création d’une commission extra-municipale pour en discuter. Les projets de la mairie ne cessent de varier, halle alimentaire, musée du Cinéma, halles commerciales… Nous nous en sommes émus. Le prétexte serait un différend entre le gérant actuel, Jean-Christophe Ben Bakir, et la municipalité. Il y aurait un problème autour du bail commercial, incompatible avec la gestion publique. L’argument est qu’il y a déjà une salle de cinéma d’art et d’essai à L’Éden, mais le Lumière en propose trois, ce qui permet une programmation plus variée. À la sortie de la ville, il y a un multiplexe [<em>CGR Le spot, ndlr</em>] doté de huit salles, mais qui ne marche pas. Ici, c’est un cinéma de centre-ville, d’art et essai, les spectateurs peuvent s’y rendre à pied. Conserver ce lieu permet d’y préserver une vie culturelle réelle. Nous avons donc établi un projet culturel pour ce «&nbsp;monstre&nbsp;» de l’époque Eiffel&nbsp;: à côté du Lumière, il y avait aussi une médiathèque qui a été déplacée (200 m<sup>2</sup> à l’abandon depuis huit ans), nous voudrions convertir ces locaux en MJC, créer des lieux pour des artistes en résidence et garder au moins deux salles de cinéma sur les trois.</p>



<p>Malheureusement on n’arrive pas à dialoguer avec la mairie, elle ne communique pas. Il est clair que juridiquement il n’y aurait jamais dû y avoir de bail commercial sur du domaine public (L’Éden, c’est une délégation de service public pour une association). Cette fermeture est sans aucun doute liée au multiplexe, elle coïncide tout au moins. Monsieur Ben Bakir avait évoqué ce projet avec la mairie, puis n’a pas eu l’argent pour le mener à bien et c’est CGR qui le gère actuellement. Le commerce a ses limites, on ne peut installer des magasins partout ! Pour le moment, le Conseil d’État a mis un point final au procès qui opposait la Ville et Jean-Christophe Ben Bakir. Quant à nous, en tant que CCU, nous ne sommes à la solde de personne, mais nous souhaitons défendre la culture. </p>



<p></p>



<p><strong>Jean-Louis Tixier</strong></p>



<p>Adjoint à la culture sous la précédente mandature et actuellement délégué à l’éducation, au périscolaire, à la petite enfance, à la transmission de la mémoire, au cinéma et aux archives&nbsp;</p>



<p><strong>Zébuline.</strong> <strong>Comment la municipalité gère-t-elle les difficultés autour du Lumière&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Jean-Louis Tixier. </strong>Pour faire court, le problème vient d’un différend avec l’exploitant du Lumière. Il y a toujours eu une exploitation familiale de ce cinéma, générations après générations. Pour la dernière, les filles des exploitants n’ont pas souhaité reprendre et ont vendu le bail à Jean-Christophe Ben Bakir en 2000. En 2010, ce dernier vient me voir dans mon bureau (j’étais à l’époque adjoint délégué à la Culture) et me dit que les trois salles du Lumière ne sont plus rentables mais qu’il a les moyens en revanche de créer un multiplexe, arguant que celui prévu à Aubagne rencontre des difficultés judiciaires d’installation et que les gagner de vitesse permettrait de fixer la jeunesse sur La Ciotat. Comme le sujet n’était pas de mon ressort, et que je n’étais pas très emballé par ce projet, on voit le maire [<em>Patrick Boré (LR), ndlr</em>] qu’il convainc pour cette création de multiplexe assorti d’activités de divertissement pour les jeunes. Pendant deux ans, le maire cherche un terrain, en trouve un à l’entrée de l’autoroute, le préempte, et propose de le revendre au même prix. Le conseil municipal vote à l’unanimité la fondation du multiplexe, ce qui signifie restituer le Lumière à la Ville. Donc la fermeture du Lumière a été décidée il y a douze ans afin que l’activité rebondisse dans le multiplexe. C’est à ce moment que Patrick Boré a amorcé une réflexion sur l’avenir du Lumière. Comme il cherchait à relancer l’activité commerciale en centre-ville, il a d’abord songé à une halle dédiée à cette activité. Les années passent, les compromis de vente sont repoussés sans cesse, le temps que monsieur Ben Bakir trouve les fonds, mais il n’y parvient pas et le CGR reprend le projet. Le procès opposant monsieur Ben Bakir, à l’issue de ces négociations avortées, a été gagné par la Mairie. Madame la Maire [<em>Arlette Salvo (LR), ndlr</em>] a été très correcte en lui affirmant qu’il ne serait pas mis dehors et que l’on attendait qu’il parte volontairement.</p>



<p>Je suis en contact avec le CCU (je suis même en très bon termes avec certains de ses membres). Ils souhaiteraient que soit préservée une solution de cinéma, mais cette activité, surreprésentée ne rapporte pas. Les chiffres dont je dispose prouvent que le Lumière n’est pas rentable&nbsp;: il faut une moyenne de 25 personnes par séance pour qu’un cinéma s’en sorte. L’Éden affiche 32 personnes par séance, le multiplex environ 20 et le Lumière 6&nbsp;!</p>



<p>La Ville a un autre projet 100% culturel – et l’action du CCU m’a bien aidé pour que j’avance mes arguments. Nous souhaitons investir la grande salle pour la convertir en salle de concert et de café-théâtre, installer deux ou trois studios de répétition qui manquent à La Ciotat, faire de la salle du haut un lieu de stockage et de bureaux, conserver la salle du milieu en salle de projection sur des thématiques artistiques (musique et danse), conserver la cave à jazz et sa gestion par l’Association Jazz Convergences. Le besoin d’aujourd’hui sur La Ciotat est musical, il y a une vingtaine de groupes qui n’ont pas de lieu. Le Lumière sera donc toujours un lieu culturel, j’y tiens absolument, adapté aux nécessités actuelles.</p>



<p>PROPOS RECUEILLIS PAR MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un peu d’histoire</strong></h2>



<p>Le 7 août 1890, le maire de La Ciotat, Évariste Gras, décide d’acheter pour sa ville un enclos de terre battue afin d’y faire construire un hôtel des postes et un marché couvert. L’ingénieur chargé de la conception du bâtiment, monsieur Delestrade, s’inspire du style mis à l’honneur par Gustave Eiffel dont la fameuse tour fait sensation à Paris. La fête d’inauguration rassemble une foule en liesse le 31 janvier 1892. Mais les forains, habitués aux places des Fruits (Sadi Carnot) et des Servites (Esquiros), boudent le lieu. Au vu du succès du cinéma de l’Éden, un deuxième cinéma baptisé le Kursaal (mot tiré de l’allemand, « salle de cure », bâtiment de loisirs dans les pays du nord de l’Europe au XIX<sup>e</sup> siècle) y prendra place. La municipalité accorde un bail commercial à Léon Pardos qui fait construire l’entrée aux escaliers de marbre. La première séance aura lieu le 29 mars 1913 avec la projection des<em> Misérables</em>, film muet réalisé par Albert Capellani (Mistinguett y jouait le rôle d’Éponine). Les familles de gérants se succèdent et, après six mois de travaux, le Kursaal, rebaptisé Lumière ouvre ses portes le 7 juillet 1987 sur le <em>Festival du film d’aventure</em>. Cent-dix ans, pour une aventure, c’est un record !</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>
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		<title>Mémoire des salles obscures&#160;: l’Éden</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2022 14:30:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Bergala]]></category>
		<category><![CDATA[Florence Basilio]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Louis Tixier]]></category>
		<category><![CDATA[L’Éden de La Ciotat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Modernissimo de Bologne, le Champollion du Quartier latin, le Thission d’Athènes, le Lucerna de Prague… Chacun de ces cinémas a sa propre histoire, connectée avec celles de sa ville et des générations qui s’y sont croisées. La collection documentaire créée et dirigée par Joël Farges et Olga Prud’homme-Farges : Cinémas mythiques (Kolam Production) donne une [&#8230;]</p>
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<p>Le Modernissimo de Bologne, le Champollion du Quartier latin, le Thission d’Athènes, le Lucerna de Prague… Chacun de ces cinémas a sa propre histoire, connectée avec celles de sa ville et des générations qui s’y sont croisées. La collection documentaire créée et dirigée par Joël Farges et Olga Prud’homme-Farges : <em>Cinémas mythiques</em> (Kolam Production) donne une cinquantaine de minutes à des réalisateurs pour retrouver cette « mémoire des salles obscures. » En ce qui concerne l’Éden, « la plus vieille salle du monde en activité », c’est à <strong>Alain Bergala</strong> que la tâche a été confiée.</p>



<p>Avec subtilité et malice, fort de la complicité cinéphile des frères Dardenne et d’un fonds conséquent d’archives, il articule le récit du destin de l’Éden à ceux de la famille Lumière, des chantiers navals de La Ciotat, et plus généralement à l’histoire du septième art. Sa proposition se bâtit sur une triple temporalité&nbsp;: la durée du documentaire (moins d’une heure), la durée de l’histoire (plus d’un siècle) la durée du séjour de Jean-Pierre et Luc Dardenne découvrant les lieux pour la première fois (quatre &nbsp;jours d’octobre 2021).</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Menace synchrone</mark></strong></p>



<p>Les voix off de <strong>Jean-Louis Tixier</strong> et <strong>Florence Basilio</strong> racontent, sur des photos ou des films d’archives, la fortune d’Antoine Lumière, peintre et photographe devenu riche industriel, les inventions de ses ingénieurs de fils Louis et Auguste, le coup de cœur du Lyonnais pour La Ciotat, l’édification d’une villa somptueuse où la famille passera tous ses étés, la projection dans le salon trois mois avant la première séance de cinéma à Paris, de la première&nbsp;«&nbsp;expérience cinématographique&nbsp;».</p>



<p>Elles racontent la salle de l’Éden, les spectacles vivants, les tournages, les films projetés, les guerres, la fermeture. La chapelle des Pénitents bleus et le rôle de Michel Simon, nouveau citoyen ciotaden. Puis les années 1980, la menace synchrone de disparition de l’Éden et des chantiers navals.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un mythe</mark></strong></p>



<p>Les lieux sont là, transformés par le temps mais somme toute pérennes. Un filtre noir et blanc comme une vue Lumière se pose souvent sur la couleur du paysage actuel de la ville : cadre dans le cadre et citation cinématographique. Car n’en doutons pas, Alain Bergala parle de cinéma. En suivant les frères Dardenne quand ils découvrent la fameuse gare immortalisée par « leurs » frères Lumière. Quand il les filme dans la belle salle de velours rouge de l’Eden rénové, confrontant ce cinéma des origines à leur propre cinéma, analysant, émerveillés le mouvement saisi par une caméra fixe, la hiérarchisation des plans, le sens de la mise en scène, et la capacité de Louis à saisir la vie. Ou, quand il consacre une longue séquence à la rencontre des réalisateurs belges avec le syndicaliste Denis Polo qui évoque les 10 ans d’occupation des chantiers, en écho avec cette mémoire ouvrière qu’ils ont documentée.</p>



<p>Un cinéma mythique relève bien du mythe, c’est à dire d’une construction imaginaire fondatrice et fédératrice, et aucun, plus que l’Éden, ne semble mériter davantage cet adjectif.</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p class="has-regular-font-size"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>L’Éden de La Ciotat</em> présenté au festival <em>Image de Ville</em> le 20 octobre en présence d’Alain Bergala</mark></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/memoire-des-salles-obscures-leden/">Mémoire des salles obscures&nbsp;: l’Éden</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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