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		<title>Oh la belle musique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 07:40:14 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><a></a> La musique est partout dans la programmation, pas en fond sonore, mais comme partenaire à part entière des auteur·rice·s, pour les emmener là où le texte seul n&rsquo;irait pas. On retrouve bien sûr les siestes acoustiques au Conservatoire Pierre Barbizet, un des moments les plus courus du festival. Le principe : s&rsquo;installer confortablement et se laisser porter par l&rsquo;alternance de chansons et de lectures. Autour des musiciens <strong>Bastien Lallemant</strong>, <strong>JP Nataf</strong> et <strong>Maëva Le Berre</strong>, la chanteuse <strong>Maissiat</strong> assure trois sessions au Conservatoire Pierre Barbizet. Chacune est construite autour d&rsquo;un auteur : Guillaume Poix (<em>Perpétuité</em>, Verticales), Kinga Wyrzykowska (<em>Princesse</em>, Seuil) et Laurence Potte-Bonneville (<em>Fossiles</em>, Verdier).</p>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve Maissiat accompagnant l&rsquo;auteur <strong>Mathieu Simonet</strong> autour de son roman autobiographique <em>le grain de beauté</em> (Philippe Rey) mais aussi avec son propre projet, <em>Nos larmes</em>. La chanteuse a mené des ateliers d&rsquo;écriture avec des patients et soignants du Centre hospitalier Valvert. Le résultat monte sur scène à La Criée : des textes sur la colère, le chagrin et l&rsquo;apaisement, portés par les voix des participants eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D&rsquo;Odessa à Dakar</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le festival s&rsquo;ouvre en fanfare dans la cour de la Vieille Charité avec le sociologue <strong>Olivier Peyroux</strong> et le <strong>Marseyer Klezmer Klang</strong>, orchestre marseillais dirigé par <strong>Léa Platini</strong>. Ensemble, ils portent <em>Le Monde Yiddish</em>, lecture musicale qui fait revivre cette culture klezmer d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, emportée au XX<sup>e</sup> siècle, avec ses berceuses, ses chants domestiques et ses mélodies liturgiques. C&rsquo;est accessible à tous, et c&rsquo;est gratuit. La Vieille Charité accueille aussi <strong>La Cour des Contes</strong>, collectif qui aime autant les textes qu&rsquo;il aime les bousculer. De Giono à Voltaire, jusqu&rsquo;aux récits glanés autour de la Méditerranée, les histoires s&rsquo;enchaînent, détournées et réinventées avec humour, ponctuées par la musique de <strong>Max Beucher</strong> et les voix du duo Leï. À la bibliothèque de l&rsquo;Alcazar, <strong>Insa Sané</strong> compose un road trip entre Dakar et la France et où se croisent adolescents, galères et rêves d&rsquo;émancipation. La langue claque et se scande, l&rsquo;humour tient le réel à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La mort, la solitude, la mer</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À La Criée, la musique console, quand les mots sont difficiles à entendre. L&rsquo;avocate <strong>Negar Haeri</strong> lit son récit sur Shaïna, adolescente assassinée dont elle a défendu la famille, tandis qu&rsquo;un quatuor à cordes – <strong>Geneviève Laurenceau</strong>, <strong>Henri Demarquette</strong>, <strong>Adrien La Marca</strong> et <strong>Hugo Meder</strong> – joue <em>La Jeune Fille et la Mort</em>, de Schubert. <strong>Joann Sfar</strong>, lui, dessinera en direct pendant que des musiciens joueront autour de lui. Son <em>Terre de sang</em>, reportage dessiné en Cisjordanie, trouve dans le jazz manouche une résonance inattendue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Éric Reinhardt</strong>, quant à lui, a passé une nuit seul dans la Galerie Borghèse à Rome avec une couette glissée en douce dans sa valise pour se reposer auprès de l&rsquo;Hermaphrodite endormi du Bernin. De cette nuit naît <em>L&rsquo;Imparfait</em>, texte burlesque et sensuel, lu sur scène avec la comédienne <strong>Victoria Quesnel</strong> sur des nappes sonores de <strong>Kassel Jaeger</strong>. <strong>Séphora Pondi</strong>, pensionnaire de la Comédie-Française, amorcera la soirée de clôture au Mucem avec <em>Avale</em>, son premier roman doublement primé. Accompagnée par le musicien <strong>Edgard Chenest</strong>, elle racontera l’histoire de deux trajectoires qui se frôlent : un jeune homme aux pulsions de dévoration, une actrice qui explore ses failles sous hypnose. La musique creuse les silences, installe un climat nerveux. Une lecture à vif, avant de laisser place au concert littéraire doux et rêveur de <strong>Vincent Delerm</strong>. On y croisera des textes de Modiano, Carver et Carrère. Devant la mer, en fin de semaine, ça devrait faire son effet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici</a></p>
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		<title>10 ans, et toujours à la page</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 08:46:14 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Fondé par la libraire Nadia Champesme et l&rsquo;éditrice Fabienne Pavia, <em><strong>Oh les beaux jours&nbsp;!</strong></em> fête ses dix ans. Et pour cet anniversaire, le festival littéraire ne se contente pas de souffler les bougies, il nous emmène au cœur de ce qui fissure, résiste, disparaît et renaît autour de six thématiques&nbsp;: de la «&nbsp;Désintégration&nbsp;»à la «&nbsp;Terra incognita&nbsp;», en passant «&nbsp;Par le corps&nbsp;» les «&nbsp;Contes et légendes modernes&nbsp;», «&nbsp;l&rsquo;Histoire en nous&nbsp;» et les «&nbsp;Vies secrètes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que se passe-t-il quand les cadres cèdent, les systèmes sociaux et politiques se désintègrent ? <strong>François Bégaudeau</strong>, <strong>Guillaume Poix</strong>, <strong>Cédric Gerbehaye</strong>, <strong>Arno Bertina</strong> ou encore <strong>Clément Camar-Mercier</strong> et <strong>Loïc Hecht</strong> explorent les glissements – carcéraux, guerriers, numériques – d&rsquo;un réel de plus en plus instable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la désintégration n&rsquo;est jamais séparable de ce qui lui résiste et en particulier le corps : <strong>Chowra Makaremi</strong> et <strong>Laurine Roux</strong> montrent comment les émotions et les liens affectifs deviennent des formes de résistance tandis que <strong>Nathacha Appanah</strong> et <strong>Negar Haeri</strong> offrent des mots à des corps révoltés, exposés à la violence extrême. <strong>Marwan Mohammed</strong> et <strong>François Beaune</strong> rappellent que par l&rsquo;éducation populaire – avec laquelle il est urgent de renouer –, d&rsquo;autres chemins d’intégration sont possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La littérature exhume</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension entre brisure, transmission et re-création traverse aussi la façon dont circule l&rsquo;Histoire en nous. De la déportation de Jorge Semprún au destin brisé de Kid Francis – jeune champion de boxe marseillais pris dans la tourmente des rafles du Vieux-Port –, des résonances contemporaines de la peste noire dont nous parle <strong>Patrick Boucheron</strong> à la révolte iranienne portée par Chowra Makaremi, c&rsquo;est cette mémoire blessée qui se raconte y compris par les voix de <strong>Pierre Singaravélou</strong>, <strong>Maylis de Kerangal</strong>, <strong>Neige Sinno</strong> ou <strong>Philippe Sands</strong>. À travers <strong>Marin Fouqué</strong> et <strong>Samira Negrouche</strong>, les héritages entre la France et l’Algérie trouvent une voix. Et c’est avec ses amis musiciens que <strong>Joann Sfar</strong> donne, par le dessin, forme et visage, à un passé en tension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature a ce pouvoir singulier de faire surgir les non-dits, d&rsquo;exhumer. <strong>Véronique Le Normand</strong> réhabilite <strong>Hilma af Klint</strong>, peintre pionnière de l&rsquo;abstraction longtemps invisibilisée. <strong>Jakuta Alikavazovic</strong> et <strong>Christophe Boltanski</strong> sondent les parts d&rsquo;ombre dans les destins familiaux. <strong>Marie Richeux</strong> interroge la persistance des absents, en écho aux voix qu&rsquo;<strong>Amaury da Cunha </strong>fait surgir comme des fantômes, tandis que <strong>Mathieu Simonet</strong> tente de continuer à vivre après la disparition de son mari. Pour la soirée anniversaire, les auteurs·ices sont invité·e·s à dévoiler leurs lectures inavouables, ce moment où la littérature cesse d&rsquo;être une posture pour redevenir un plaisir honteux et vivifiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Apprendre à se perdre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Intemporel, le mythe, lui, irrigue toujours le présent même s’il prend de nouveaux visages. <strong>Marwan Chahine</strong>, <strong>Amira Ghenim</strong>, <strong>Abdellah Taïa</strong> et <strong>Nassera Tamer</strong> composent ensemble sur scène la performance <em>Omar Sharif, ma grand-mère et moi</em>, récit mêlant souvenirs et figures des deux rives. <strong>Atiq Rahimi</strong> transforme l&rsquo;exil en écriture qui sauve, <strong>Louise Rose</strong>, <strong>Kinga Wyrzykowska</strong> et <strong>Camille Potte</strong> déplacent les codes du conte vers des territoires féministes, <strong>Théo Casciani</strong> accède à son île intérieure guidé par la voix d&rsquo;<strong>Aurore Clément</strong>, et <strong>Anthony Martine</strong> transmute le conte en expérience scénique afro-queer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire, c&rsquo;est aussi apprendre à se perdre : de la préhistoire arpentée par <strong>Marc Graciano</strong> et <strong>Pierre Schoentjes</strong> à la Malaisie de <strong>Tash Aw</strong>, de l&rsquo;Albanie de <strong>Marie Charrel</strong> aux labyrinthes intérieurs de <strong>Benoît Coquil</strong>, la Terra incognita est un graal pour les désirs qui cherchent une terre où se dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Côté scène, <strong>Vincent Delerm</strong> clôturera le festival entrelaçant chansons et livres de chevet. Le cabaret queer <strong>La Bouche</strong>, <strong>Maissiat</strong> et <strong>JP Nataf</strong> promettent des soirées mémorables. Les siestes acoustiques – très appréciées –, la bande dessinée, la littérature jeunesse la poésie, les lectures musicales et le prix du barreau de Marseille, complètent ce panorama déjà totalement enthousiasmant au sein duquel dans lequel – et c’est un scoop –, Albert Camus devrait venir faire une apparition. De bien beaux-jours en perspective.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br><a href="https://ohlesbeauxjours.fr/" type="link" id="https://ohlesbeauxjours.fr/">Oh les beaux jours !<br></a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 26 au 31 mai<br></mark>Divers lieux, Marseille</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/10-ans-et-toujours-a-la-page/">10 ans, et toujours à la page</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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