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	<title>Archives des Librairie - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Librairie - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Être seule, c’est aussi se libérer »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 09:12:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Enfin seule ! (Allary Éditions), présenté à la librairie Maupetit, Lauren Bastide explore un tabou tenace : la solitude féminine La salle est comble. Des femmes de tous âges sont venues écouter Lauren Bastide. Trois hommes seulement dans le public. Rien d’étonnant pour cette voix du féminisme français, qui, depuis des années, œuvre à rendre [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Avec Enfin seule ! (Allary Éditions), présenté à la librairie Maupetit, Lauren Bastide explore un tabou tenace : la solitude féminine</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La salle est comble. Des femmes de tous âges sont venues écouter <strong>Lauren Bastide</strong>. Trois hommes seulement dans le public. Rien d’étonnant pour cette voix du féminisme français, qui, depuis des années, œuvre à rendre visibles les questions de genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Journaliste, Bastide a fondé Nouvelles Écoutes, studio pionnier du podcast engagé. Elle y a créé La Poudre, série d’entretiens avec des artistes, militantes et intellectuelles, devenue un phénomène culturel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Côté écriture, elle s’est fait remarquer avec <em>Présentes – Ville, médias, politique… quelle place pour les femmes ?</em> (Allary, 2020), manifeste dénonçant leur invisibilisation dans l’espace public. Avec <em>Enfin seule&nbsp;!,</em> Bastide s’attaque à un nouveau tabou : la solitude féminine. « <em>Les femmes ont mis des siècles à obtenir le droit d’être seules, et pourtant, elles la vivent encore comme un échec </em>», déplore-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La solitude, un choix politique</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La méthode Bastide&nbsp;: mêler analyse historique et récit intime. Elle écrit à la première personne, glisse dans le texte des pages de son journal intime mais convoque aussi la philosophe Gabrielle Suchon, autrice de <em>Du célibat volontaire, ou la vie sans engagement</em> (1700), qui revendiquait l’autonomie des femmes à une époque où elles n’existaient que « <em>comme épouse ou bonne sœur</em> ». « <em>La seule troisième voie,</em> c’était de devenir veuve : le jackpot » ironise Bastide. Elle rappelle que la Révolution française n’a concerné ni les femmes ni les personnes racisées, et que le XIXᵉ siècle a inventé la mère au foyer, modèle que les néoconservateurs glorifient encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Changer le regard</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bastide appelle à transformer la vision de la femme «&nbsp;seule&nbsp;», comprendre hors couple. Changer le regard, aussi des femmes elles-mêmes : « <em>Le patriarcat n’a pas besoin de gardien de prison. Les femmes se soumettent d’emblée au modèle qu’on leur a imposé.</em> » Elle invite à s’instruire, à déconstruire les injonctions à plaire, à en finir avec l’auto-sabotage : « Je suis trop vieille, trop grosse, trop moche, trop conne… »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autrice s’interroge aussi sur le modèle de la famille nucléaire, datant du XIX<sup>e</sup> siècle. Pourquoi a-t-elle remplacé la «&nbsp;maisonnée&nbsp;» élargie, en devenant ce foyer fermé à double tour ? «&nbsp;<em>Pour mieux y dissimuler les violences ?</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>Enfin seule</em>&nbsp;<em>!</em> la solitude devient promesse : celle d’une reconnexion. « <em>Seule, on ouvre sa maison. On la politise. Cultiver la solitude, c’est paradoxalement rompre avec l’isolement.</em> » Elle exhorte les femmes à écrire, à reprendre la parole. Un témoignage vient bouleverser la salle : « <em>Après quarante ans de mariage malheureux, j’ai réussi à quitter mon mari et je me sens tellement mieux</em> », confie une dame âgée, ovationnée par le public.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ce que l’autrice oublie</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si engagé et accessible, <em>Enfin seule&nbsp;!</em> est un essai salutaire. On regrette cependant qu’il passe sous silence la réalité économique de nombreuses femmes. Or la liberté a un coût. Et c’est souvent là que se joue la possibilité – ou non – d’une solitude réellement choisie.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>La rencontre s’est déroulée le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">29 octobre</mark> à la <a href="https://www.maupetitlibraire.fr/">librairie Maupetit,</a> Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature/"><em>Livres</em> et <em>Littérature</em> ici</a></p>
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		<title>DIASPORIK : So pride ! </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 12:29:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si elle&#160;n’a pas encore relevé le défi économique, la nouvelle librairie internationale marseillaise a d’ores et déjà relevé celui de l’hospitalité. L’accueil est toujours convivial et répond aux attentes des lecteurs dont certains «&#160;traversent désormais La Canebière&#160;». Anne-Sophie Crespin, la fondatrice, souligne l’importance de mettre en exergue les langues étrangères, dont l’anglais, l’arabe, l’italien et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Si elle&nbsp;n’a pas encore relevé le défi économique, la nouvelle librairie internationale marseillaise a d’ores et déjà relevé celui de l’hospitalité. L’accueil est toujours convivial et répond aux attentes des lecteurs dont certains «&nbsp;<em>traversent désormais La Canebière&nbsp;</em>»<em>. </em><strong>Anne-Sophie Crespin</strong>, la fondatrice, souligne l’importance de mettre en exergue les langues étrangères, dont l’anglais, l’arabe, l’italien et l’espagnol&nbsp;: incontournable pour une ville ouverte sur l’Afrique et la Méditerranée et comptant l’une des plus grandes mosaïques diasporiques au monde&nbsp;! Une gageure en matière de diffusion des langues et d’œuvres littéraires, dans un contexte de forts antagonismes (trans)nationaux, et avec la volonté d’accueillir toutes les formes d’expressions singulières sans discrimination, de genre, de trajectoires ou d’origines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La hauteur sous plafond et la grande devanture offrent des espaces d’exposition inédits, à l’instar des grandes brasseries qui jalonnaient le cours Belsunce et La Canebière au XIX<sup>e</sup> siècle et qui constituaient le reflet du brassage culturel de Marseille, avec ses cafés où se côtoyaient locaux, touristes et négociants. On se surprend à rêver à un environnement plus soigné autour de la Librairie permettant de passer du tiers-lieu au tiers-quartier avec assise, ombrage, végétalisation…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Et d’autres pages à écrire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une association corollaire, <em>Lella-Culture et Inclusion,</em> développe des projets inclusifs et accueille les ateliers d’écriture, les concerts, les étapes de balades, les cinés club sans oublier les fameux karaokés multilingues !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les projets de partenariat annoncé, celui de la création du Salon du livre arabe, avec Hayet Kasdi, médiéviste, autrice et fondatrice de la maison d’édition El Amir en 2021, à Marseille. Un rendez-vous qui pourrait se pérenniser à l’occasion de la Journée internationale de la langue arabe, date à laquelle l&rsquo;Assemblée générale des Nations unies a officiellement reconnu l&rsquo;arabe comme langue officielle, le 18 décembre 1973.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">SAMIA CHABANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Et aussi</strong><br>La librairie accueille l’exposition <em>Aphrodite</em> de Marie-Rose Frigière<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 25 septembre <br></mark><a href="http://grandelibrairie.com">grandelibrairie.com</a></pre>
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		<title>Le livre penseur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 May 2024 13:36:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En rayon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peu avant que ne se déclare l’épidémie de COVID-19, José Rose faisait paraître, en janvier 2020, un plaidoyer ardent et documenté pour Des Bibliothèques pour Marseille&#160;: en finir avec l’indolence. Ambitionnant alors de servir de feuille de route pour les candidats du Printemps Marseillais, l’auteur, spécialiste de la sociologie du travail et président de l&#8217;Association [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Peu avant que ne se déclare l’épidémie de COVID-19, José Rose faisait paraître, en janvier 2020, un plaidoyer ardent et documenté pour <em>Des Bibliothèques pour Marseille&nbsp;: en finir avec l’indolence</em>. Ambitionnant alors de servir de feuille de route pour les candidats du Printemps Marseillais, l’auteur, spécialiste de la sociologie du travail et président de l&rsquo;Association des usagers des bibliothèques de Marseille y déplorait moins l’état catastrophique de la lecture publique à Marseille qu’il n’y donnait des pistes pour la développer de façon exponentielle. Quatre ans plus tard, c’est encore cet optimisme et cette joie de voir la lecture fleurir dans des lieux inattendus qui se voit célébrée, loin de tout fatalisme. Suite de chroniques publiées pour certaines dans Marsactu avant d’être remaniés, <em>Livres en ville </em>prend la forme de monologues singuliers, chacun émis par un objet-livre classé ou trimballé dans différents lieux iconiques de la cité phocéenne. Archives, bibliothèque, kiosque, gare, plage, parc Borely, bouquiniste, Girafe de la Canebière, Mucem, Minoterie ou encore le regretté Café équitable, disparu depuis. On y croise également des visages connus ou aimés&nbsp;: Patrick Chamoiseau, Philippe Carrese, Agnès de Lestrade et Marie Caudry … Le livre s’ouvre ici comme une promesse d’un ailleurs, d’une évasion mais aussi et surtout d’un lien nouveau, d’une ouverture vers l’autre. A l’image de l’initiative <em>Un livre oublié dans un bus</em>, lancée en 2017 par Oh les Beaux Jours et rassemblant différents textes issus d’ateliers d’écriture et de photographie. De quoi rêver encore d’une lecture et d’une littérature toujours du côté de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Livres en ville</em><br><strong>José Rose</strong><br>éditions Gaussen</pre>
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		<title>Aux femmes inconnues</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 May 2024 14:06:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En rayon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>18 entretiens, assortis d&#8217;autant de linogravures, assemblés par Lou Nicollet et Ninon Bonzom. C&#8217;est la matière à un beau livre édité cette année à la Fanzinothèque de Poitiers puis aux Presses séparées de Marseille. L&#8217;une est artiste, l&#8217;autre paysagiste&#160;: elles ont répondu à un appel à projets pour réaliser des ateliers sur les femmes «&#160;exceptionnelles&#160;» [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">18 entretiens, assortis d&rsquo;autant de linogravures, assemblés par <strong>Lou Nicollet</strong> et <strong>Ninon Bonzom</strong>. C&rsquo;est la matière à un beau livre édité cette année à la Fanzinothèque de Poitiers puis aux Presses séparées de Marseille. L&rsquo;une est artiste, l&rsquo;autre paysagiste&nbsp;: elles ont répondu à un appel à projets pour réaliser des ateliers sur les femmes «&nbsp;exceptionnelles&nbsp;» du plateau de Millevaches. Il leur a semblé plus intéressant de les centrer sur des inconnues, rappelées à la mémoire de leurs descendants par un dispositif tout simple. Quelle est l&rsquo;aïeule dont vous voulez parler&nbsp;? Que vous a-t-elle transmis&nbsp;? Quelles sont les émotions que, selon vous, elle a pu ressentir dans sa vie&nbsp;? Une grille de quelques questions, un enregistrement sonore destiné, peut-être, à un podcast, pour finir par se transposer à l&rsquo;écrit, des participants nombreux prêts à jouer le jeu, et voilà le résultat&nbsp;: <em>Matrimoine sur un plateau</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Esprit de résistance</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnes venues livrer leurs souvenirs sont assez jeunes pour la plupart, en majorité des femmes, quelques hommes. Elles ont évoqué leur grand-mère ou autre figure ancestrale. «&nbsp;<em>La texture de leur mémoire est très différente, certaines sont très précises, d&rsquo;autres lacunaires.</em>&nbsp;» 18 entretiens, c&rsquo;est à la fois peu, et assez pour que se dessinent des leitmotivs. Le constat d&rsquo;un passé souvent éprouvant&nbsp;: carcan du mariage dans les décennies conservatrices du XX<sup>e</sup> siècle, précarité économique, ravages de l&rsquo;alcool&#8230; Mais aussi de l&rsquo;admiration, pour une résistance chevillée au corps, des caractères forts. Sonia, ainsi, a hérité de son ascendante portugaise «&nbsp;<em>une grande rudesse, et une espèce d&rsquo;ironie</em>&nbsp;». L&rsquo;idée d&rsquo;en passer par un proche pour évoquer ces femmes est excellente&nbsp;; se focaliser sur leurs émotions renforce la pertinence de la restitution. Une expérience qui sera, peut-être, amenée à se décliner ailleurs. «&nbsp;<em>Pourquoi pas à Marseille&nbsp;?</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">GAËLLE CLOAREC</p>



<pre class="wp-block-verse">La rencontre avec Lou Nicollet pour présenter <em>Matrimoine sur un plateau </em>s'est tenue le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 mai</mark> à la librairie L'Hydre à mille têtes, Marseille</pre>
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		<title>« Un lieu tourné sur le monde et ses multiples facettes »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Renaud Guissani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Mar 2024 10:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Pourquoi avoir décidé d’ouvrir cette librairie internationale dans le quartier populaire de Belsunce&#160;? &#160; Anne-Sophie Crespin. Le désir de librairie internationale est né fin 2021, puisqu&#8217;il y avait alors un appel à projets sur ce local qui était préempté. J&#8217;avais l’idée de créer une librairie dans mon quartier, mais ce n&#8217;était pas assez abouti. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Pourquoi avoir décidé d’ouvrir cette librairie internationale dans le quartier populaire de Belsunce&nbsp;? &nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anne-Sophie Crespin.</strong> Le désir de librairie internationale est né fin 2021, puisqu&rsquo;il y avait alors un appel à projets sur ce local qui était préempté. J&rsquo;avais l’idée de créer une librairie dans mon quartier, mais ce n&rsquo;était pas assez abouti. Cela a mûri quand j&rsquo;ai vu le local qui est très grand et permettait de faire toutes les activités que je voulais faire. Je ne vais travailler qu&rsquo;en langue étrangère&nbsp;– en anglais, italien, espagnol et arabe – pour commencer. Après, j&rsquo;étendrai à l&rsquo;allemand, le portugais et le chinois. Le tout sur un fond féministe et LGBTQIA+, qui transparaîtra dans tous les rayons, même s’il y aura des parties spécifiques sur ces sujets-là. Je veux que la librairie soit un lieu convivial et <em>safe</em>, où les queers et les personnes qui parlent des langues étrangères puissent se sentir en sécurité. La photographie m&rsquo;intéresse beaucoup, il y aura donc aussi un côté galerie. Les 5 et 6 avril j’organise avec Yohan Brandt un projet de studio photo dédié aux habitants de Belsunce, qui donnera lieu à l’expo in situ <em>Nous sommes Belsunce</em> représentant celleux qui y vivent, y travaillent et y étudient. Dès le premier article qui est paru sur la librairie internationale, il y a eu des déchaînements de haine raciale et anti-pauvreté qui étaient absolument affreux, ce qui m&rsquo;a encore plus renforcée dans le fait qu&rsquo;il fallait rester là et qui m&rsquo;a aussi donné l&rsquo;idée de l&rsquo;expo parce qu&rsquo;il y en a marre de se faire stigmatiser. Le but, c&rsquo;est de faire de cette librairie un lieu tourné sur le monde et ses multiples facettes, et qui soit accueillant pour les personnes du quartier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment cette ouverture sur le monde va se refléter dans la librairie&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;espère arriver rapidement à un stock de 16&nbsp;000 références, avec 4 000 dans chaque langue. J&rsquo;ai en tête des spécialités pour les langues aussi. Par exemple pour la littérature anglaise, c’est la littérature anglophone d&rsquo;Afrique ou afro-descendante qui sera l&rsquo;un des sujets principaux. Pour l&rsquo;espagnol, il va plutôt être question des nouvelles publications d&rsquo;Amérique latine. Quant à l&rsquo;italien, le focus va se faire sur les publications de jeunes auteurs qui abordent les sujets de migration, parce que ce sont des sujets qui sont émergents en Italie, qui n&rsquo;était pas du tout un pays lié à ces questions-là. Et pour l&rsquo;arabe il va essentiellement s’agir de féminisme et de mouvements LGBT, qui sont des thèmes très difficiles à trouver. La question palestinienne sera bien entendu présente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’ouverture a été retardée, il y a eu plus de deux ans d’attente et les travaux sont encore en cours. Mais cette fois-ci c’est la bonne&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis toute seule, je ne peux pas tout faire… De plus, je ne suis pas subventionnée par la mairie. J&rsquo;ai juste eu un financement de l&rsquo;Agence Régionale du Livre avec la Drac [<em>Direction régionale des affaires culturelle, ndlr</em>] et la Région, une subvention à laquelle toutes les librairies ont droit. C’est difficile, oui, mais j’ouvrirai bien le 1<sup>er</sup> avril même si tout n’est pas fini. Je peux aussi compter sur mes confrères et consœurs libraires qui sont mes premiers soutiens.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR RENAUD GUISSANI&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse">La grande librairie internationale, Marseille<br>Ouverture le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1<sup>er</sup> avril </mark></pre>
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		<title>Qui brûle des livres ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Sep 2023 11:33:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Il faut, avant que les travaux de rénovation ne soient effectués, passer par le couloir voisin. À l&rsquo;intérieur, un pan de mur encore noirci, des rayons dégarnis. Une jeune femme venue commander de livres tend un sachet kraft à la libraire&nbsp;: «&nbsp;<em>ce sont des prunes de mon jardin</em>&nbsp;». Autour de <strong>Mathilde Offroy</strong> et ses deux collègues, le soutien a été immédiat et chaleureux, à l&rsquo;image du quartier de la Plaine où est implantée la librairie. «&nbsp;<em>Il y a eu beaucoup de monde à l&rsquo;apéro de soutien, les gens voulaient nous prêter des outils, nous apporter une aide financière. Mais les travaux vont être pris en charge par l&rsquo;assurance, hors une franchise que nous allons pouvoir résorber sans conséquences.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C.jpg?resize=330%2C440&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-120790" style="width:330px;height:440px" width="330" height="440" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=1152%2C1536&amp;ssl=1 1152w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=1536%2C2048&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=150%2C200&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=300%2C400&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=696%2C928&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=1068%2C1424&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?resize=315%2C420&amp;ssl=1 315w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/09/Un-rayon-de-la-librairie-ou-le-feu-sest-propage-%C2%A9-G.C-scaled.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 330px) 100vw, 330px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un rayon de la librairie où le feu s&rsquo;est propagé © G.C.</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Mathilde n&rsquo;a pas peur, explique-t-elle. Pourtant, lorsque les pompiers sont intervenus dans la nuit du dimanche 10 septembre, ils ont tout de suite constaté qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un incendie volontaire. Une simple vitre cassée, «&nbsp;<em>juste assez pour mettre le feu à des cartons vides faciles à enflammer</em>&nbsp;», et pas de revendication. Qui peut brûler des livres et mettre des vies en danger&nbsp;? «&nbsp;<em>Incendier le rez-de-chaussée d&rsquo;un immeuble d&rsquo;habitation&nbsp; n&rsquo;est pas un acte facile à revendiquer</em>&nbsp;», soupire la libraire. «&nbsp;<em>Nous avons porté plainte, cependant il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;enquête jusque-là.</em>&nbsp;» Personne ne veut formuler d&rsquo;accusation sans plus d&rsquo;éléments (et les jours passant, il sera difficile d&rsquo;en réunir), toutefois, relève-t-elle, «&nbsp;<em>c&rsquo;est une sale rentrée pour les librairies</em>&nbsp;». À Paris, deux établissements associatifs (La Brèche et Michèle Firk) ont été vandalisés pour leur positionnement militant, anti-raciste, féministe. «&nbsp;<em>L&rsquo;Hydre n&rsquo;est pas une librairie militante, dans la mesure où nous sommes un commerce, même s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une Scop</em>, conclut Mathilde. <em>Mais nous avons un positionnement politique à travers le choix de livres que nous proposons, et les rencontres que l&rsquo;on organise, des vecteurs d&rsquo;émancipation.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">GAËLLE CLOAREC</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%">
<pre class="wp-block-verse"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color">La réaction de Jean-Marc Coppola, adjoint au maire de Marseille, en charge de la Culture </mark></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">
</mark>« Cet incendie n'est pas anodin, déjà parce qu'il s'agit d'une librairie, un lieu culturel, mais encore plus parce qu'elle porte des valeurs engagées. Je les ai appelées, pour témoigner de notre solidarité, et je compte y passer. Vous m'apprenez qu'aucune enquête n'est encore diligentée, cela peut être une piste pour les aider : nous pourrions inviter à ce que la justice et la police fassent leur boulot. Si la plainte est banalisée et traitée avec le mépris, si cela ne bouge pas, je pourrais écrire à la Procureure de la République, car l'incendie criminel est caractérisé. En tout cas le message que je souhaite faire passer est que la meilleure aide que l'on puisse leur apporter est de fréquenter encore plus ce lieu. Il faut protéger et encourager les librairies, leur situation économique n'est déjà pas simple, si en plus surviennent ce genre d'actes délictueux, cela n'encourage pas à poursuivre leur activité et à donner envie à d'autres d'en ouvrir. C'est pour cela qu'il ne faut pas relativiser ! » G.C.</pre>
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