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	<title>Archives des Lucie Baudinaud - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Lucie Baudinaud - Journal Zebuline</title>
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		<title>Dua : Une adolescence dans la guerre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 16:50:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022, la cinéaste kosovar Blerta Basholli avait réalisé Hive (La Ruche), un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo&#160; Cette année, c’est Dua , sélectionné et récompensé à juste titre à la Semaine de la Critique. Un film inspiré par sa propre&#160; adolescence dans un pays en guerre. &#160;Dua&#160; [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2022, la cinéaste kosovar <strong>Blerta Basholli</strong> avait réalisé <em>Hive (La Ruche),</em> un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo&nbsp; Cette année, c’est <em>Dua ,</em> sélectionné et récompensé à juste titre à <em>la Semaine de la Critique.</em> Un film inspiré par sa propre&nbsp; adolescence dans un pays en guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dua&nbsp; Gashi a 13 ans et comme toutes les adolescentes parle des garçons, d’un futur premier baiser. Cadette d&rsquo;une fratrie de quatre enfants, il lui tarde que son corps se transforme. On danse, on écoute de la musique. Mais on est à Pristina au&nbsp; Kosovo, à la fin des années 1990 et&nbsp; les tensions grandissent&nbsp; entre Serbes et Albanais. Dans la salle de classe, on accueille de jeunes réfugiés d’une&nbsp; zone de combat. Humiliations ordinaires, contrôles policiers, répression féroce de manifs étudiantes, le climat de peur grandit et des familles quittent le pays. La mort de la sœur d’une de ses amies, abattue dans une rue de Pristina par la police serbe, rend la menace encore plus présente pour Dua. Elle se lie d’amitié avec Maki (<strong>Vlera Bilalli),</strong> réfugiée d’une autre région qui l’initie au judo. Pour gagner,&nbsp; «&nbsp;<em>Pense à la bête qui est en toi</em>&nbsp;»&nbsp; lui conseille-t-elle. Dua et son frère Vegim (<strong>Andi Bajgora)</strong> pensent à rejoindre l’UÇK, l’armée de libération. «&nbsp;<em>Tout le monde n&rsquo;est pas né pour se battre</em> » rétorque la mère (<strong>Yllka Gashi)</strong> Mais Dua a la rage…</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dua, c’est <strong>Pinea Matoshi</strong> dont c’est le premier rôle. Et c’est un coup de maitre&nbsp;! Son regard en dit long sans qu’elle ait besoin de parler. La caméra de la talentueuse directrice de la photo <strong>Lucie </strong><strong>Baudinaud</strong> ne la lâche pas, scrutant son visage comme un paysage changeant au fil des émotions, la suivant dans les rues de la ville en de longs plans séquences. La scène où, après la fermeture forcée de l’école, avec sa sœur Tina (<strong>Kaona Sylejmani</strong>), elle chante et danse dans leur chambre au rythme de <em>Brazen </em>de Skunk Anansie&nbsp; <em>«&nbsp;Pourquoi ne pleures tu pas quand je te blesse&nbsp; et la colère grandit en toi..</em>&nbsp;»&nbsp; traduit la colère et la soif de vivre de cette jeune adolescente&nbsp;; les oscillations entre l’insouciance et la conscience du danger se plus en plus prégnant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je&nbsp; voulais </em><em>montrer la complexité de la vie d’adolescent en temps de guerre, faire un film sur des jeunes dans un pays en guerre, pour montrer qu’ils sont comme tous les ados du monde. Ils ont leurs rêves et leurs problèmes</em>.&nbsp;» précise <strong>Blerta Basholli</strong>. C’est réussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dua&nbsp; © Jour2Fete</p>
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		<title>« Il avait compris Nino mieux que moi » </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 17:53:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment vous est venue l’idée de votre premier long métrage dédié à Romain&#160;? C’est venu d’un deuil, en fait de la perte&#160; d’un jeune homme de ma famille qui a eu un cancer très agressif, qui donnait peu d’espoir de chance en 2020. J’ai commencé à écrire pour retrouver de la joie, essayer de voir [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment vous est venue l’idée de votre premier long métrage dédié à Romain&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est venu d’un deuil, en fait de la perte&nbsp; d’un jeune homme de ma famille qui a eu un cancer très agressif, qui donnait peu d’espoir de chance en 2020. J’ai commencé à écrire pour retrouver de la joie, essayer de voir si je pouvais me réconcilier avec la maladie. C’était tellement injuste et dur&nbsp;! Je me suis dit que j’aimerais faire un film sur la maladie, mais le plus lumineux possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aviez-vous en tête le film d’Agnès Varda, Cleo de 5 à 7, l’errance de&nbsp; 90 minutes dans Paris d’une jeune femme qui attendait un diagnostic ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne l’ai pas eu en tête comme référence. Je ne me suis pas dit que j’allais faire un <em>Cleo de 5 à 7</em> au masculin et contemporain. Quand j’ai regardé Cléo pour la 1<sup>e</sup> fois, j’ai eu l’impression de découvrir un personnage, de suivre cette femme, de m’accrocher très fort à elle. Pour moi, en écrivant, c’est ce qui s’est passé. Il y a une figure de jeune homme qui est arrivée dans ma tête, avec des contours un peu flous, des vêtements un peu larges. Il a dû avoir un diagnostic et je vais le suivre.. Je l’ai suivi à l’écriture et l’errance est venue de là. La forme est arrivée de mon errance à l’écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Au générique, on voit écrit « avec la collaboration de Maud Ameline » Comment s’est passée cette collaboration ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai écrit plusieurs versions de scenario dialogué. On est arrivé au bout avec ma productrice et on s’est dit qu’il fallait un regard extérieur. On a fait une dizaine de séances de travail, de réflexion, de discussions avec <strong>Maud Ameline.</strong> Elle a beaucoup apporté à l’architecture de la structure du film. Elle a verrouillé l’errance en créant des rythmes. Très fondateur pour le film.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le personnage de Nino est très intérieur, discret, secret « <em>Tu voyais tout et tu ne regardais rie</em>n lui dit sa mère. » évoquant &nbsp;sa naissance. Comment l’avez-vous construit ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je l’ai cherché autant que le spectateur, peut –être. Pour moi, c’était un jeune homme assez mystérieux sur qui tombe ce diagnostic et je l’ai découvert au fur et à mesure de l’écriture. Je je ne savais pas si Nino avait été traumatisé ou pas par la mort de son père. J’ai gardé son mystère&nbsp;; je l’ai mis en contact avec d’autre gens. Je mets des gens ensemble, je les écoute discuter et j’écris. Les paroles viennent comme cela et ça crée une personnalité. Je suis mon personnage et je vois comment ça ses passe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour l’incarner Théodore Pellerin ? Vous l’aviez vu dans le film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde (2016) ? Ou ailleurs&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne l’avais pas repéré du tout. Je ne savais même pas qu’il existait (rires)&nbsp;! C’est ma directrice de casting qui m’a proposé une liste de comédiens dans la trentaine. Je n’avais pas d’évidence. Elle est arrivée avec Theodore, avec l’intuition que ça allait bien a marcher entre nous.. .Dans la vie ,il a un accent québécois et dans le film pas du tout. Ca a été un vrai coup de cœur. Je lui ai donné les clés du Personnage. Quand il est arrivé, il m’a dit «&nbsp; <em>j’ai vraiment adoré le scenario.</em>&nbsp;» J’avais le sentiment qu’il avait compris Nino mieux que moi&nbsp;qui suis une femme de quarante ans avec des enfants. Il y a des choses qui m’échappaient sur le fait d’être un jeune homme de trente ans, confronté à la maladie &nbsp;aux questions de parentalité.. Il comprenait tellement bien le rôle&nbsp;! C’est un grand acteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un excellent choix&nbsp;! Il incarne à merveille votre personnage, à fleur de peau, et vient d’obtenir Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation à la Semaine de la Critique. Et les autres&nbsp;? Mathieu Amalric pour cet inconnu que croise Nino&nbsp;? Jeanne Balibar, cette mère assez étonnante</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jeanne Balibar</strong> était une grande évidence. Elle incarnait&nbsp; vraiment cette mère agaçante comme toutes les mères avec un jeune homme de 26 ans, à côté de la plaque quoi qu’elle dise. Elle a su faire passer, dans les deux scènes du film&nbsp; dont celle où elle arrive à se rapprocher de Nino, la relation mère /fils. Et pour Mathieu, je n’arrêtais pas de dire <em>« pour la scène des bains douches, il me faudrait un <strong>Mathieu Amalric</strong>.  »&nbsp;</em>Ma directrice de la photo, <strong>Lucie Baudinaud,</strong> qui avait travaillé avec lui dans <em>Barbara,</em> le lui a demandé. Il a lu les deux scènes du scenario qui le concernaient, pas le scenario entier.«&nbsp;<em>Je ne eux pas savoir ce qui arrive à Nino, a-t-il dit, parce que si je joue ça, je suis un personnage qui n’est pas censé le savoir.</em>&nbsp;» Il a été extraordinaire sur le tournage, un enfant qui aime jouer,&nbsp; avec son sac rempli d’accessoire. Le plaisir du jeu. J’ai eu beaucoup de chance&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On a l’impression que tous vos personnages, même secondaires, sont traités avec un grand soin et même avec amour. Vous les aimez vos personnages&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Énormément&nbsp;! La clé pour moi, est d’aimer ses personnages avec leurs défauts aussi. Et quand j’ai trouvé les acteurs et que je les aime autant que les personnages, j’ai l’impression que le film est quasiment prêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous connaissez de longue date votre directrice de la photo Lucie Baudinaud. Comment avez-vous travaillé avec elle en particulier pour filmer Nino que la caméra ne lâche jamais.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première chose que j’ai dite à Lucie, quand j’ai rencontré Théodore, c’est qu’il fallait que les gens le voient come je le vois, tellement sensible, vulnérable, avec son corps de jeune homme en pleine santé. Il va falloir que tu sois aussi fasciné que moi, pas une fascination amoureuse ou érotique. Elle a été très discrète dans sa manière de filmer alors qu’on est souvent en longue focale, près sans être près, se mettre à la bonne distance par rapport à ce qu’il ressent&nbsp;: seul parmi les autres Comment filmer le sentiment de solitude, parfois en étant très près, parfois en étant très loin. Il est de toutes les séquences. Comme l’a dit Théodore, «&nbsp;<em>les personnages secondaires sont les stars du film parce qu’ils viennent l’emporter chacun dans une énergie différente.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On voit Nino déambuler dans Paris, dans un Paris filmé en bleu, Où avez-vous tourné?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est vrai. Mais ça s’est dessiné un peu ainsi&nbsp;; dans ces quartiers du nord –est de Paris , on a souvent cette impression bleutée. On a travaillé cela avec la lumière et l’étalonnage quand on s’en est rendu compte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous partagé avec&nbsp; Lucie des pistes visuelles, photos, tableaux, films ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui&nbsp;! un film <em>Blue Valentine</em> avec Ryan Gosling et Michelle Williams, un film indépendant américain, où j’aimais beaucoup les valeurs de plans. Et aussi l cinéma de <strong>Joachim Trier</strong>, en particulier, <em>Oslo, 31 Aout</em> et Cléo.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Est-ce que la sélection à La Semaine de la Critique vous ouvre des portes pour la suite&nbsp;? Et avez –vous un nouveau film en préparation</strong></em>?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Semaine de la Critique </em>est l’endroit dont je rêvais en tant que jeune femme réalisatrice. Un endroit qui a porté plein de réalisatrices, Justine Tiet, Hafsia Herzi, Julia Ducournau, elle sont toutes passées par là. Un lieu bienveillant qui sonne énergie et confiance. Faire un film demande beaucoup d’énergie, beaucoup de persévérance. On se pose beaucoup de questions. Pourquoi faire un film alors que le monde va si mal. Pourquoi un film de plus&nbsp;? Oui cela ouvre des portes mais pour ce film &#8211; là,, c&rsquo;était l’histoire qui comptait le plus. Il me faut trouver une histoire qui m’importe autant&nbsp; pour faire un deuxième film. Sinon ça ne vaut pas le coup&nbsp;! Car cela demande &nbsp;beaucoup de travail et si on n’a pas quelque chose de très fort à raconter,on peut faire autre chose. Donc on verra….</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANNIE GAVA (JUIN 2025)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Lire <a href="https://journalzebuline.fr/errer-entre-la-vie-et-la-mort/">ICI</a> une critique du film</strong></mark></p>
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		<title>Errer, entre la vie et la mort</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le ciel peut vous tomber sur la tête. C’est ce qui arrive à Nino Clavel (Théodore Pellerin) quand il vient chercher des résultats médicaux pour renouveler un arrêt de travail. «&#160;Vous avez un rendez-vous de PPS [parcours de prévention santé], on va vous détailler les soins dont vous avez besoin.&#160;» Nino a 28 ans, pas [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le ciel peut vous tomber sur la tête. C’est ce qui arrive à Nino Clavel (<strong>Théodore Pellerin</strong>) quand il vient chercher des résultats médicaux pour renouveler un arrêt de travail. <em>«&nbsp;Vous avez un rendez-vous de PPS [parcours de prévention santé], on va vous détailler les soins dont vous avez besoin.&nbsp;</em>» Nino a 28 ans, pas d’antécédent familial. On lui montre des images&nbsp;: il a une masse sur la paroi latérale de l’oropharynx… un cancer généré par un papillomavirus. Incrédulité, stupeur, Nino est comme foudroyé. «<em>&nbsp;Quelles chances de mourir</em>&nbsp;<em>?</em>&nbsp;» demande-t-il. Pour avoir des chances de vivre, il lui faudra six mois de chimiothérapie et douze de radio. On est vendredi. Il commence ses soins le lundi. <a></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">On lui conseille de s’y faire accompagner par quelqu’un de solide. Trois jours. Temps mort ou à vivre. Trois jours d’errance dans Paris puisqu’au moment où il veut rentrer se terrer chez lui, il ne retrouve plus sa clé. Nino n’arrive pas à confier aux autres ce qui lui arrive, ni à son meilleur ami, Sofiane, (<strong>William Lebghil)</strong> ni à sa mère (<strong>Jeanne Balibar</strong>), une femme aux réactions inattendues, à qui il pose des questions sur la mort de son père à 44 ans. Dans une très belle séquence, filmée en gros plan, tête contre tête, elle évoque sa naissance, ses yeux grands ouverts&nbsp;: «&nbsp;<em>Tu voyais tout mais tu ne regardais rien&nbsp;!&nbsp;</em>» Que regarde-t-il à présent&nbsp;? Une ville qui continue à vivre. Dans une dérive flottante, il croise des gens dont un homme assez loufoque (<strong>Mathieu Amalric</strong>)<em>,</em> une ancienne connaissance de collège (<strong>Salomé Dewaels</strong>), la sœur de Sofiane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le sujet douloureux, <strong>Pauline Loquès</strong> chronique sans pathos ces trois jours en suspens, faisant confiance à celui qui joue ce jeune homme très déconnecté, extrêmement seul, qui semble au départ se diriger vers la mort et qui, paradoxalement, peu à peu, se met à vivre dans le présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Théodore Pellerin</strong> est extraordinaire.La directrice de la photo,<strong> Lucie Baudinaud</strong>, cadre son visage,au plus près, nous faisant ressentir et découvrir tout ce que Nino ne dit pas. Un film lumineux, émouvant, délicat, émaillé de séquences drôles et de situations cocasses. Sélectionné à la dernière <em>Semaine de la Critique,</em> il a reçu le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation. Au départ rédactrice pour des émissions culturelles, <strong>Pauline Loquès</strong> a fait&nbsp; une formation de scénariste&nbsp;: son premier long métrage est un coup de maitre&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA<br><br><em>Nino</em>, de <strong>Pauline Loquès</strong><br>En salles le 17 septembre</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Lire <a href="https://journalzebuline.fr/il-avait-compris-nino-mieux-que-moi/">ICI</a> une interview de Pauline Loquès </strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Paula, rester en apnée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jul 2023 15:29:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« La vie s’écoule dans l’espoir pour demain. D’une manière ou d’une autre, j’oublierai ton parfum, j’avancerai comme le fait la rivière droit devant, sans jamais retourner en arrière. Et comme chaque souffle nous rapproche de la mort, je resterai en apnée. » La chanson de Rebeka Warrior qui a composé la musique du premier [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>La vie s’écoule dans l’espoir pour demain. D’une manière ou d’une autre, j’oublierai ton parfum, j’avancerai comme le fait la rivière droit devant, sans jamais retourner en arrière. Et comme chaque souffle nous rapproche de la mort, je resterai en apnée.</em> » La chanson de <strong>Rebeka Warrior</strong> qui a composé la musique du premier film d’<strong>Angela Ottobah</strong>, <em>Paula,</em> fait écho aux espoirs du spectateur qui, pendant une heure et demie, a vécu à coté de cette petite fille de onze ans dans un huis clos en pleine nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence à Paris. Paula (<strong>Aline Hélan-Boudon</strong>) vit avec son père, Joseph, (<strong>Finnegan Oldfield</strong>) en convalescence, encore sous oxygène. Elle s’occupe des courses, en sortant du collège où elle s’ennuie et multiplie les bêtises. Ses seuls amis, Achille (<strong>Salomon Diallo)</strong> un jeune garçon et Moncoco, un doux lapin blanc. Pour les deux mois de vacances, son père lui réserve une surprise : une jolie maison dans un cadre idyllique au bord d’un étang. Une aubaine pour Paula qui fait de la plongée en apnée et aime la nature. Mais peu à peu, tout doucement, un malaise s’installe ; ils vont rester dans ce lieu perdu au delà de l’été. Ce père trop présent, trop proche, pris dans ses certitudes existentielles, éducatives, alimentaires, enferme sa fille dans un amour envahissant, exclusif, malade. Pas de lait, c’est pour les veaux ! Pas de sucre qui abime le cerveau ! Exercices physiques obligatoires. Il surveille tout, même les appels téléphoniques avec la mère, en mission en Corée. Il la coupe de tous, l’obligeant même à relâcher en pleine forêt son lapin blanc : elle lui est trop attachée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Amour fou</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu, il l’embarque dans sa folie : la séquence où ayant décidé de se débarrasser de choses superflues, ils se mettent à tout casser, à faire un grand feu de joie, est hallucinante. La caméra de la talentueuse <strong>Lucie Baudinaud</strong> filme les deux corps qui dansent à la lueur des flammes et le visage de Laura souvent entre interrogation, amour pour son père malade ou peur. Car l’emprise grandit de jour en jour ; il lui vole même son espace, sa chambre, abattant les cloisons. Il l’a déscolarisée. C’est lui qui lui donnera des cours « elle a besoin d’un accompagnement spécialisé», affirme-t-il à l’assistante sociale venue contrôler. Il ne faut pas qu’elle lui échappe et il la forge telle qu’il le désire, prêt à écarter par les paroles ou la violence ceux qui pourraient aider Paula à sortir de cet amour envahissant et destructeur. Les deux acteurs, <strong>Aline Hélan-Boudon</strong> et <strong>Finnegan Oldfield</strong> sont parfaits. La caméra filme, souvent en plans serrés, la douceur insidieuse, les gestes tendres qui emprisonnent, le manque de la mère, la main de Paula qui caresse un silure au fond du lac ou son lapin blanc dont elle devra toucher les viscères, l’ayant retrouvé mort. On pense à <em>Répulsion </em>de Polanski, à <em>La Nuit du chasseur</em> de Laughton parfois. Les paysages, autour de l’étang de Taysse (en Corrèze) et les séquences sous l’eau sont superbement cadrés et la musique de Rebeka Warrior ajoute à l’ambiance de ce premier film, très fort, qui vous prend à la gorge et vous plonge en apnée dans les eaux troubles de la folie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Paula</em>, d’<strong>Angela Ottobah</strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En salles le 19 juillet</mark></strong></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/paula-rester-en-apnee/">Paula, rester en apnée</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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