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	<title>Archives des Michaël Dian - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Michaël Dian - Journal Zebuline</title>
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		<title>Chaillol, 30 ans d’histoires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 07:49:59 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Tout commence en 1996 sur la place de Saint-Bonnet-en-Champsaur. Un concert, une poignée de musiciens, des moyens inexistants. Régis, bénévole rapporte les souvenirs de ceux qui étaient déjà là : « <em>Tout le monde se demandait ce que ça allait donner. Et 30 ans après, c&rsquo;est une scène conventionnée.</em> » Odile, 73 ans, bénévole également, se souvient d&rsquo;un concert « <em>jazzy à la façon du festival, c&rsquo;est-à-dire avec des influences diverses</em> ». Cette façon de mêler, croiser, ouvrir&nbsp;c’est la « <em>patte Chaillol</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui a rendu cette aventure possible, c&rsquo;est d&rsquo;abord un homme : <strong>Michaël Dian</strong>, directeur de l&rsquo;Espace Culturel depuis les origines, dont la vision artistique et la capacité à tisser des liens avec les artistes, les territoires, les publics, les élus, ont permis de développer l’événement, saison après saison. C’est aussi une équipe «&nbsp;<em>qui a l’amour du partage&nbsp;</em>», témoigne Thierry, spectateur régulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue Chaillol, c&rsquo;est son ancrage à un territoire : le Champsaur-Valgaudemar, le Buëch-Dévoluy et Serre-Ponçon. Églises, châteaux, kiosques, écoles, ou alpages, le festival fait de ses contraintes des atouts : « <em>Aller dans les vallées, les petites communes, jouer dans des endroits improbables. C&rsquo;est génial</em> », s’enthousiasme Thierry. Jean-Marie Amar, ancien vice-président de la communauté de communes se félicite : « <em>C&rsquo;est du haut de gamme qu&rsquo;on voit d&rsquo;habitude dans des théâtres, à Marseille, à Paris. Et là, c&rsquo;est chez nous.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Proximité</em>&nbsp;» est le mot qui revient dans toutes les bouches&nbsp;: avec les musiciens qu&rsquo;on croise à la sortie, verre à la main, avec les œuvres – Marielle, fidèle depuis 20 ans, se souvient avoir été émue aux larmes par une création de Georges Bœuf –, avec le public enfin, qui forme une communauté. Thierry le confirme : le festival « <em>n&rsquo;est pas snob</em> », il est « <em>ouvert à tous</em> ». Les tarifs le prouvent, l&rsquo;atmosphère le confirme. Dans un paysage festivalier fragmenté en «<em>&nbsp;esthétiques&nbsp;</em>», Chaillol a fait le choix de l&rsquo;éclectisme et de la création avec des commandes d&rsquo;œuvres désormais au cœur du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thierry s’en félicite avec humour « <em>parfois, il faut se mettre en danger,</em> […] <em>se décrasser les oreilles</em> ». Pour son anniversaire le festival aurait pu imaginer un grand événement. Pas son style. La célébration prendra la forme d&rsquo;une édition riche mais classique avec, du 17 juillet au 8 août, une vingtaine de concerts dans une dizaine de lieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Découvrir le monde</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Top départ à Chaillol avec la scène ouverte, prélude convivial pour musiciens amateurs. Dès le lendemain, <strong>Baptiste Bailly</strong> et son trio proposent&nbsp;<em>Amour Courtois</em>, répertoire fondé sur les mélodies profanes du XIV<sup>e</sup> siècles réinventés en dialogue avec le jazz et les musiques du monde, portées par un baryton et un oud. Puis le même Baptiste Bailly reviendra seul pour&nbsp;<em>Suds</em>, récital d&rsquo;improvisation où Albéniz côtoie Bill Evans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des lignes de force de cette édition repose sur les croisements et les hybridations. <strong>Clément Janinet</strong> réunit violon, trompette, accordéon et nyckelharpa, instrument suédois à cordes frottées, pour&nbsp;<em>Garden of Silences</em>, traversée au carrefour du jazz et des musiques baroques. <strong>Julien Grassen Barbe</strong>, lui, relie avec&nbsp;<em>¡ Adios Toledo !</em>&nbsp;les traditions de l&rsquo;Inde et la liturgie judéo-portugaise du Sud-Ouest avec sitar, tablas, guitare et piano, de Bayonne à Jérusalem en passant par Calcutta. <strong>Diana Soh</strong>, compositrice singapourienne, imagine pour le <strong>Quatuor Présages</strong>&nbsp;<em>Sous notre peau</em>, où Hildegarde de Bingen côtoie Stravinsky et des chants bulgares. L’organiste <strong>Thibaut Duret</strong> à la Cathédrale de Gap fait dialoguer Liszt et une création de la coréenne Selim Jeon, commande de l&rsquo;Espace de Chaillol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre fil rouge : les voix du monde et ses mémoires qui résonnent en forêt d&rsquo;abord&nbsp;: la maison forestière du Sapet à La Bâtie-Neuve accueille un atelier d&rsquo;écriture avec <strong>Caroline Audibert</strong> suivi d&rsquo;un concert de <strong>Claire Menguy</strong>, violoncelle et voix mêlés. Puis avec <em>Les Transformations</em>, le <strong>Trio Nóta</strong> puise dans les chants de tradition orale pour retrouver ce temps où animaux, végétaux, fées et loups-garous habitaient le même monde. <strong>Christine Zayed</strong>, virtuose palestinienne du qanûn, dialogue avec <strong>Habib Meftah </strong>et <strong>Sylvain Barou</strong> entre maqâmât et improvisation. Et pour clore le festival, l&rsquo;ensemble <strong>Yamma</strong> et la voix de <strong>Talya G.A. Solan</strong> cheminent entre diwan yéménites, romances en ladino et nigunim hassidiques, transmettant l’héritage des diasporas juives de Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y aura aussi les redécouvertes. <strong>Marie Vermeulin</strong> joue au Château de Montmaur&nbsp;<em>Das Jahr</em>&nbsp;de Fanny Mendelssohn. <strong>Mandy Lerouge</strong>, chanteuse originaire des Hautes-Alpes, investit la cour du château de Tallard avec les <strong>Fleurs Noires, </strong>dix musiciennes pour un hommage aux compositrices de folklores ou tango argentin</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre deux concerts, le <strong>Zythos Quintette </strong>joue en plein air au kiosque de Gap, et le Musée Départemental ouvre ses portes à la violoncelliste <strong>Mayu Shviro</strong> et au percussionniste <strong>Nur Bar Goren</strong>. On pourra aussi retrouver le duo dans un concert nourri de rencontres en Asie et au Moyen-Orient.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br><strong>Festival de Chaillol<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 16 juillet au 8 août</mark></strong></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici</a></p>
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		<title>Faire durer les Festivals</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 08:13:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">La conférence de presse organisée par la Région Sud le avait notamment pour but d’affirmer qu’elle «&nbsp;<em>voit la culture non pas comme une dépense mais comme une identité</em>&nbsp;», selon les mots de sa vice-présidente chargée de la culture et du patrimoine culturel <strong>Sophie Joissains</strong>. Cette «&nbsp;<em>identité&nbsp;</em>» de «&nbsp;<em>terre de festivals</em>&nbsp;» a conduit la région à se distinguer d’autres collectivités qui se sont désengagées brutalement du financement de la culture, comme le Pays de Loire. Mais si la baisse des subventions à la Culture a été moins brutale et moins notable (entre 5 et 10% selon les opérateurs), Sophie Joissains explique, avec regret, que la baisse des dotations d’État a amené la Région à se recentrer sur ses compétences obligatoires, tout en maintenant «&nbsp;<em>autant que possible</em>&nbsp;» son soutien, «&nbsp;<em>essentiel aussi pour l’attractivité du territoire</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, les représentant·es des festivals n’aborderont jamais les difficultés financières qu’ils rencontrent tous pourtant, en raison de cette baisse générale des subventions régionales, qui se combine à d’autres désengagements locaux, et à une hausse des coûts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût environnemental, au contraire, a occupé une place centrale dans les prises de parole. Chacun·e abordé les dispositions mises en place pour minimiser l’impact environnemental des festivals, qui nécessitent souvent une mutualisation des transports techniques, et une réflexion sur les déplacements du public. À ce sujet <strong>Michel Bissière</strong>, conseiller régional délégué à la vie artistique, a annoncé la création d’un pacte intitulé «&nbsp;Transition en scène&nbsp;» donnant des directives pour une meilleure soutenabilité des institutions signataires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Durabilité</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tiago Rodrigues</strong>, le directeur du Festival d’Avignon (voir p&nbsp;68 et 69) qui fête cette année ses 80 ans, s’interroge : «&nbsp;<em>Comment exister encore dans 80 ans ?</em>&nbsp;». Le bouleversement climatique impacte particulièrement le Festival d’Avignon, qui subit les canicules de plein fouet, et a adapté ses horaires, en prévoyant une pause durant les heures les plus chaudes. Mais la question dépasse les enjeux environnementaux : il s’agit aussi de faire vivre l’héritage de la décentralisation initiée par Jean Vilar qui a installé le plus grand festival de théâtre dans la Cité des Papes. Mais «&nbsp;<em>comment décentraliser au plus près quand on représente nous-mêmes une nouvelle centralisation ?</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question est au cœur du projet du Festival de Chaillol depuis 30 ans, comme l’explique son directeur <strong>Michaël Dian.</strong> Proposer l’excellence musicale dans les villages des Hautes Alpes est l’essence même de sa démarche qui «&nbsp;<em>concerne</em>&nbsp;» aujourd’hui «&nbsp;<em>tous les habitants</em>&nbsp;». Une démarche à laquelle Les Rencontres d’Arles (voir p&nbsp;42 et 43) travaillent aussi, en particulier étendant leurs expositions jusqu’en octobre&nbsp;: <strong>Aurélie de Lanlay</strong>, directrice adjointe du Festival, soulignait le succès de <em>La rentrée en images</em>, fréquentée par 4800 lycéens en 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car cette richesse tient aussi de la diversité des arts représentés dans ces festivals &#8211; malgré l’étonnante omission de la danse durant la conférence, le Festival de Marseille étant absent. Comme le souligne <strong>Hugo Lucchino</strong>, nouveau directeur de la Villa Noailles, le festival est «&nbsp;<em>le seul en France à faire découvrir la création contemporaine dans les domaines de la mode, de l’architecture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Lyrique</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La continuité que toustes appellent de leurs vœux prend des airs de résurrection pour les Chorégies d’Orange (voir p&nbsp;84), représentées pour l’occasion par leur président <strong>Richard Galy</strong>, qui est également président de la Commission Rayonnement culturel de la Région. Cet été, explique l’édile, marque le début d’une restructuration du plus vieux festival de France, ce qui passe par un changement de statut et l’embauche d’un nouveau directeur artistique pour l’édition prochaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nouveau directeur également, <strong>Ted Hufman</strong> confirme la démocratisation en cours du Festival d’Aix (voir p&nbsp;26 et 29), avec Aix en juin, en entré libre, qui s’étoffe, et les programmes qui se sont ouverts au jazz et aux musiques de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que pour le lyrique, les financements publics demeurent importants. Avec ses 11 millions de subventions, le Festival d’art lyrique est mieux doté que le Festival d’Avignon (moins de 8 millions pour le In et le Off) ou que les Rencontres d’Arles (moins de 4 millions). Alors même qu’il concerne moins de spectateurs et génère moins de retombées économiques pour le territoire, l’impérieuse nécessité de faire des économies ne remet pas en cause sa primauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opéra n’a pas de prix, mais les autres festivals sont tout aussi essentiels&nbsp;!</p>



<pre class="wp-block-verse">CHLOÉ et AGNÈS FRESCHEL</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Un  haut-lieu musical </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 13:21:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Nous ne sommes pas un «&#160;grand&#160;» festival au sens d’Aix ou Avignon,&#160;mais&#160;nous pouvons dire que nous sommes un haut festival,&#160;explique&#160;Michaël Dian,&#160;son directeur artistique.&#160;Haut par l’altitude, mais&#160;aussi haut-lieu&#160;de la musique,&#160;espace de production&#160;et de création pour les artistes, de relations profondes entre musiciens et habitants&#160;». Un festival itinérant  Pour rejoindre Chaillol en venant du Sud, il faut [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">«<em> </em><em>N</em><em>ous ne sommes pas un «&nbsp;grand&nbsp;» festival au sens d’Aix ou Avignon,&nbsp;</em><em>mais&nbsp;</em><em>nous pouvons dire que nous sommes un haut festival</em>,&nbsp;explique&nbsp;<strong>Michaël Dian,</strong>&nbsp;son directeur artistique.&nbsp;<em>Haut par l’altitude, mais&nbsp;</em><em>aussi h</em><em>aut-lieu&nbsp;de la musique</em>,<em>&nbsp;espace de production</em>&nbsp;<em>et de création pour les artistes, de relations profondes entre musiciens et habitants&nbsp;».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un festival itinérant </mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rejoindre Chaillol en venant du Sud, il faut longer la Durance, dépasser Sisteron et sa citadelle, laisser les paysages de Giono et les douceurs de la Provence pour atteindre la Vallée du Champsaur. L’espace culturel de Chaillol et son festival y rayonnent sur une quarantaine de communes. Ici, les concerts ne sont pas achetés mais construits avec les habitants, les écoles, les associations, les Ehpad. A Chaillol, on ne consomme pas de la culture, on la vit.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un été entre héritage et création</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La programmation 2025 invite à un périple musical où se mêlent création, patrimoine, jazz et récits. Le festival s’ouvrira sur un <em>Prélude </em>le 18 juillet à Saint-Michel-de-Chaillol, concert tout en douceur pour entrer dans l’été. Le lendemain, <em>Trenet en passant</em>, offrira une relecture audacieuse du répertoire du « fou chantant », portée par <strong>André Minvielle </strong>et ses complices le pianiste <a href="https://www.guillaumedechassy.fr/"><strong>Guillaume de Chassy</strong> </a>la saxophoniste <a href="https://www.geraldinelaurent.com/"><strong>Géraldine Laurent</strong>.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21 et 22 juillet<strong> </strong>(Veynes, Montgardin), les musiciennes du Quatuor Fidelio nous transportent vers <em>Quasi stellar</em> (qui a l’apparence d’une étoile)<strong>,</strong> sur une planète de musique de chambre liant quatuor de Ravel, premier quatuor de Charlotte Sohy (compositrice du début du XXe siècle) et <em>Qasar, </em>création imaginée par la franco-irlandaise Fiona Monbet. Le 22 toujours, à Ancelle cette fois, le photographe, écrivain <strong><a href="https://gerald-lucas.fr/biographie/">Gérald Lucas</a></strong> et la clarinettiste <strong>Catherine Delaunay </strong>baladeront les amateurs dès le matin, pour un <em>Tendre Demain</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Partir en voyage</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">A Chaillol, tout peut arriver, il n’est donc pas impossible de croiser un&nbsp;<em>Loup Vert,</em>&nbsp;celui du&nbsp;<strong>Julien Grassen Barbe Trio</strong>. L’animal poétique rend hommage à Chopin, Feldmann, Hancock mais aussi aux communautés juives ashkénazes d’Europe centrale (25&nbsp;et&nbsp;26 juillet&nbsp;à Tallard et Chaillol).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car ce Festival est un voyage. A chacun de choisir ses destinations. En Inde avec <em>Sangata</em>, spectacle fusion entre occident et hindoustanies, rythmes ancestraux et improvisation (23 et24 juillet à La Roche-des-Arnauds et St-Jean-St-Nicolas),  dans les Balkans avec <strong>Isabelle Courroy</strong> et ses flûtes Kaval qui composeront un <em>Éloge à l’oblique</em> (1<sup>er</sup> août,<strong> </strong>Chaillol), siciliennes avec les chants traditionnels de <strong><a href="https://juliemathevet.com/">Julie Mathevet</a></strong> quartet qui narrent si bien la nostalgie et l’exil (4 et 5 août à Gap et La Rochette). D’autres opteront pour des résonances flamencas avec <em>Dialectiques du compás</em>, dialogue inédit entre le guitariste <a href="https://www.mael-goldwaser.com/"><strong>Maël Goldwaser</strong> </a>et <strong>Frédéric Cavallin</strong>, maître des tablas (30 et 31 juillet à Bréziers et Chauffayer), Enfin, les aventuriers de contrées brumeuses rejoindront le 2 août à Tallard, <em>O’er the Moor</em> (par-dessus la lande) et ses huit solistes bercés de légendes celtiques fantastiques. </p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Entre jazz et baroque</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les amoureux de jazz seront aussi de la fête avec <em>le</em> pianiste <strong><a href="https://www.jeanmariemachado.com/">Jean-Marie Machado</a></strong> d’abord en conversation musicale avec <strong>Keyvan Chemirami,</strong> maître du Zarb et des percussions digitales, (8 août à Tallard), puis avec l’orchestre Danzas (9 août à Chaillol). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les aficionados de musiques anciennes pourront assister au récital d’orgue donné à la Cathédrale de Gap par <strong>Sarah Kim,</strong> australienne d’origine coréenne dans une sélection de pièces de Couperin, de Saint Saëns et du jeune et talentueux compositeur <strong>Grégoire Rolland</strong> (29 juillet). De leurs côtés <strong>Robin Pharo</strong> et <strong>Anaïs Bertrand</strong> feront vibrer viole et voix sur des transcriptions inédites de répertoires anciens jusqu’aux créations les plus contemporaines. (6 et 7 août La Beaune et La Bâtie neuve). Et puis, le festival se clôturera le 10 août à Saint-Bonnet avec un concert final en pleine nature.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une tarification consciente </mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Chaillol reste fidèle à ses valeurs : des jauges modestes, des lieux intimes et une tarification consciente. Chacun choisit son prix selon ses moyens, sans justificatif. Pour Michaël Dian « <em>C’est un geste de confiance et de solidarité, pour reconnaître le travail accompli et la valeur du temps partagé ensemble, dans le silence et l’écoute.&nbsp;</em><em>C</em><em>e qui, dans notre monde est de plus en plus rare</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Festival de Chaillol</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 18 juillet au 10 août</mark><br>Hautes-Alpes, divers lieux</pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Dessiner des paysages musicaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2023 08:58:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Une curiosité en éveil, une attention aux réalités d’un territoire, des formats qui se renouvellent&#8230; Quel regard portez-vous sur l’évolution du festival&#160;? Michaël Dian. La première édition a été imaginée en 1997, sur un coin de table de la cafétéria du Conservatoire de Paris d’où la plupart des musiciens étaient issus : une liste [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Une curiosité en éveil, une attention aux réalités d’un territoire, des formats qui se renouvellent&#8230; Quel regard portez-vous sur l’évolution du festival&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Michaël Dian.</strong> La première édition a été imaginée en 1997, sur un coin de table de la cafétéria du Conservatoire de Paris d’où la plupart des musiciens étaient issus : une liste d’œuvres du répertoire et les noms de quelques copains musiciens. Un petit flyer, bricolé à la hâte, circulait à Chaillol et alentours, photocopié et distribué par l’Office de tourisme de Chaillol. L’organisation était rudimentaire mais c’était plein d’élan et très convivial. Les concerts étaient pleins, un chapeau tournait à la fin et la soirée se prolongeait tard dans la nuit, à la Bagatelle, l’hôtel restaurant de la station. Le <em>Festival de Chaillol</em> a pris forme l’année suivante, lorsque Gérard Blanchard, le maire de Chaillol – il l’est encore – a eu l’idée de rouvrir l’église du Hameau de Saint-Michel, fermée depuis plusieurs décennies. Il s’est passé là quelque chose, une alchimie miraculeuse qui perdure. Qui aurait imaginé que, vingt ans plus tard, nous y accueillerions Françoise Nyssen, ministre de la Culture [<em>de mai 2017 à octobre 2018, ndlr</em>].</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui vous a poussé à investir ce territoire, de penser la diffusion et la création sur des modes nouveaux ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je passe sur l’histoire familiale qui me lie au Champsaur, il faudrait un livre pour la raconter ! Le <em>Festival de Chaillol</em> est rapidement devenu un événement pour la commune et pour les villages des environs qui se manifestaient pour recevoir un concert, nous faisant pressentir le devenir du projet. L’itinérance est l’une des décisions les plus fécondes que nous ayons prises. Elle a créé une dynamique, un mouvement. Avec Marc Lourdaux et Hervé Cortot, les premiers présidents de l’association, nous avons senti que la relation au territoire était une dimension centrale du projet. Comme artiste musicien, défendre une programmation d’excellence me semblait aller de soi. J’aurais pu en rester là mais j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont appris à regarder le paysage au-delà de la carte postale, à comprendre qu’il est une réalité historique, vivante, habitée. Aujourd’hui, ces notions sont dans l’actualité, poussées sur le devant de la scène par la gravité d’une crise systémique qui oblige à repenser nos façons de faire, à imaginer une relation plus juste à nos environnements. J’ai été confronté très tôt à ces sujets en œuvrant avec les gens du pays qui en savaient long sur le sujet et qui ne m’ont pas lâché ! Cela a été une magnifique école de terrain.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/06/Michael-Dian-%C2%A9-Alexandre-Chevillard-1.jpg?resize=279%2C419&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-119576" width="279" height="419" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/06/Michael-Dian-%C2%A9-Alexandre-Chevillard-1.jpg?w=284&amp;ssl=1 284w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/06/Michael-Dian-%C2%A9-Alexandre-Chevillard-1.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/06/Michael-Dian-%C2%A9-Alexandre-Chevillard-1.jpg?resize=150%2C226&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/06/Michael-Dian-%C2%A9-Alexandre-Chevillard-1.jpg?resize=279%2C420&amp;ssl=1 279w" sizes="(max-width: 279px) 100vw, 279px" /><figcaption class="wp-element-caption">Michael Dian © Alexandre Chevillard</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>La programmation de cette nouvelle édition est d’une grande diversité, fait une large place à la création, un élément constitutif de vos saisons. Elle offre aussi de nombreuses propositions où la musique s’offre autrement. Comment l’avez-vous imaginée&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concert est un moment privilégié, tellement essentiel. Mais aligner quinze propositions, aussi exceptionnelles soient-elles, ne fait pas une saison. Pour qu’émerge un sens, il faut un agencement. Pas de relief sans perspective. Il s’agit de dessiner un paysage en imaginant des circulations parmi les gestes artistiques retenus, choisis amoureusement. Ainsi, apparaît une ligne d’horizon que le regard embrasse, dont les concerts sont comme les sommets. Comme en montagne, ils communiquent entre eux, par des chemins, des résonances qu’il faut révéler et qui sont autant d’invitations à se mettre en marche. C’est le sens du projet culturel que nous portons&nbsp;: donner accès en créant des situations et des modalités de relation à la musique pour que chacun trouve un endroit pour se mettre à l’écoute&nbsp;: ateliers de pratique, méditation en musique, sieste musicales, déambulations au musée, plateau radiophonique en public. L’autre élément tient à la nature de la programmation, qui propose beaucoup de répertoires originaux, avec de formidables qualités d’invention et une salutaire liberté de ton. Aujourd’hui, les artistes incorporent librement les ressources musicales les plus variées, faisant dialoguer des traditions musicales qui étaient longtemps restées encloses. Avant d’être un vocabulaire, la création musicale est une attitude faite de curiosité et d’ouverture au monde, un souffle libre et vital. Aucune grammaire musicale n’est à exclure, toutes peuvent être le terreau d’un geste inédit. C’est l’effet de la révolution numérique qui fluidifie l’accès aux sources, abolit les anciennes hiérarchies, invite à l’hybridation des langages. Proposer un large panorama de ces musiques, ouvrir des chemins, se mettre en route, c’est tout l’esprit du Festival de Chaillol depuis sa création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MARYVONNE COLOMBANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Festival de Chaillol </em></strong>
<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 15 juillet au 11 août
</mark>Divers lieux du Champsaur, des Sources du Buëch et de Gap-Tallard
09 82 20 10 39 
06 40 11 37 78  
<a href="http://festivaldechaillol.com">festivaldechaillol.com</a></pre>
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