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	<title>Archives des Nora Hamadi - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Nora Hamadi - Journal Zebuline</title>
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		<title>Comment ça va le monde ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 07:35:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque vous circulerez dans le Village des Fadas, guettez le Comptoir «&#160;Comment ça va… le monde&#160;?&#160;». Dans la continuité des deux précédentes éditions, la journaliste Nora Hamadi (passée par France Culture et Arte, désormais sur France Inter où elle assure la revue de presse de la matinale) a choisi de questionner cette année l’état de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Lorsque vous circulerez dans le Village des Fadas, guettez le Comptoir «&nbsp;<em>Comment ça va… le monde&nbsp;?</em>&nbsp;». Dans la continuité des deux précédentes éditions, la journaliste <strong>Nora Hamadi</strong> (passée par France Culture et Arte, désormais sur France Inter où elle assure la revue de presse de la matinale) a choisi de questionner cette année l’état de notre planète. Le format des échanges, entre témoignages spontanés, invités et prises de parole entre habitants-es, est propice à une réflexion collective. Nul doute qu&rsquo;entre les crises géopolitiques, le changement climatique qui s&rsquo;aggrave, les politiques migratoires qui durcissent, il y aura beaucoup à dire, et bien des espoirs de changement…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre occasion de faire fonctionner ses méninges à plusieurs, «&nbsp;l’apéro philo&nbsp;» avec <strong>Hélène Laulan</strong>, enseignante, membre de l’association <strong>Les Philosophes Publics</strong>. Ce collectif, comme son nom l&rsquo;indique, considère la pensée philosophique comme un bien public qui se renforce lorsqu&rsquo;il est partagé, et intervient dans tous les lieux où le débat peut exister. De préférence à l&rsquo;air libre, car les Grecs de l&rsquo;Antiquité l&rsquo;avaient bien compris, sortir de chez soi, confronter ses idées avec celles d&rsquo;autrui est un exercice indispensable pour les citoyens dans une démocratie. Là où les algorithmes nous enferment toujours plus dans des «&nbsp;bulles&nbsp;», exacerbent les crispations identitaires, se parler en direct permet de donner voix à la nuance et à la singularité. Un bon début si on veut améliorer l&rsquo;état du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>G.C.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a></p>
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		<title>[Les Fadas du Monde] Au fil de l’eau à Martigues</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 11:52:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Escapade]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils n’aiment pas du tout qu’on dise «&#160;festival&#160;». Les Fadas du monde ont été conçus, et restent un état d’esprit. Celui de la Venise provençale, qui construit son été au fil de l’eau, emmenée par l’esprit de ses canaux où le sel se mêle à l’eau douce, la vie ouvrière à celle des pêcheurs, des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ils n’aiment pas du tout qu’on dise «&nbsp;festival&nbsp;». Les <em><strong>Fadas du monde</strong></em> ont été conçus, et restent un état d’esprit. Celui de la Venise provençale, qui construit son été au fil de l’eau, emmenée par l’esprit de ses canaux où le sel se mêle à l’eau douce, la vie ouvrière à celle des pêcheurs, des commerçants, des plaisanciers. Tous et toutes «&nbsp;fada·de·s&nbsp;» du monde, amoureux de la vie, qui savent mettre quelques grains de sable dans les rouages pour arrêter un peu la machine, et penser l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>Fadas du monde</em> sont nés en 2019, après l’arrêt du <em>Festival de Martigues</em>, qui revisitait la notion de «&nbsp;folklore&nbsp;», cet anglicisme qui désigne en français les arts populaires liés à chaque terroir. Repéré et fédérateur, ce festival «&nbsp;danses, musiques et voix du monde&nbsp;» devait, pour la mairie, être remplacé «&nbsp;<em>par une façon plus contemporaine de célébrer la culture populaire</em>&nbsp;». C’est dans cet esprit que la municipalité, communiste depuis 1968, a inventé les Fadas du Monde, qu’elle définit comme «&nbsp;<em>une nouvelle démarche en faveur des droits culturels</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Florian Salazar-Martin, maire-adjoint «&nbsp;<em>non à la culture mais à une délégation transversale sur l’environnement, les transitions, l’aménagement du territoire et la culture</em>&nbsp;» aime aussi relier les arts et leur pratique, leur fabrique, et l’esprit critique qu’ils suscitent lorsqu’on les partage dans l’espace public. Il a donc conçu les Fadas – terme choisi pour désigner «&nbsp;<em>celles et ceux qui se laissent toucher par les fées</em>&nbsp;», et bien sûr «&nbsp;<em>pour la connotation provençale, et populaire</em>&nbsp;» – comme «&nbsp;<em>une nouvelle forme d’action publique avec les habitantes et les&nbsp;habitants&nbsp;</em>», qui <em>«&nbsp;couvre tous les champs artistiques</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>s’élabore avec tous et toutes tout au long de l’année.&nbsp;</em>»&nbsp;Tout en «&nbsp;<em>trouvant sa place en juillet et août</em>&nbsp;», admet-il «&nbsp;<em>au cœur des festivités estivales&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Programmer local, penser global<br></mark></strong><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même s’il n’est pas facile de se repérer dans une programmation foisonnante qui se construit aussi au fil de l’eau, l’été des Fadas du Monde décline ses formes avec quelques constantes&nbsp;repérables !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>Fadas de musique</em> se retrouvent chaque lundi dans la Cour de l’Île. Cette année les artistes marseillai·ses seront particulièrement présent·es, et on retrouvera le reggae de <strong>Siska</strong>, le duo gémellaire <strong>Isaya</strong>, le duo dream folk <strong>Tessina</strong>, le <strong>Cabaret Cagole nomade</strong>, <strong>DJ Carlala</strong> et <strong>Liquid Jane&nbsp;</strong>! On verra aussi le garage punk de <strong>La Flemme</strong> et la «&nbsp;pop ratée&nbsp;» de <strong>Le Bien</strong>. Sans oublier le flamenco <strong>Juan Carmona</strong>, d’Aubagne, et le gala des dix ans de Lyrique en Provence, emmené par la mezzo-soprano <strong>Sophie Pondjiclis</strong>, à la carrière internationale, mais formée au Conservatoire de Marseille et… martégale&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce soutien aux artistes de la région, qui se retrouve aussi dans les compagnies de théâtre programmées (<strong>Cie Janette</strong>) est pour Florian Salazar-Martin une évidence&nbsp;: il s’agit de «&nbsp;<em>prendre soin de l&rsquo;écosystème culturel</em>&nbsp;», sans pour autant négliger de faire venir les voisins d’Occitanie ou le monde plus lointain (<strong>Lucas Santtana</strong>, <em>Brasiliano</em>, <strong>Bia Ferreira</strong>, figure du féminisme noir queer et antiraciste…).</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres rendez-vous&nbsp;? L’ouverture le 30 juin avec <em>La dernière </em>(tournée) de <strong>Radio Nova</strong>, les ciné-fadas, qui s’arrêtent chaque jeudi dans un quartier avec des films tous publics, qui vont d’<em>Astérix et Obélix </em>de Chabat et <em>Fureur</em> de Bruce Lee à des films plus engagés, comme <em>Kneecap</em>, <em>En fanfare</em> ou <em>Chien de la casse</em>…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au village sans prétention</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce non-festival d’été a même un temps fort, dans un espace village à la base nautique de Tholon. Les horaires et détails sont à découvrir sur place, mais tout s’y déroule chaque jour de 18 h à minuit, avec un marché des assos, des ateliers créatifs pour les enfants, des spectacles et des concerts chaque soir (<em>Surcouf </em>de la Cie Sacékripa, <em>Les Josianes</em>, circassiennes ardéchoises et féministes…), des scènes ouvertes et des jams sessions, un banquet aux saveurs martégales, des karaokés avec orchestre, des discussions et rencontres organisées et animées par <strong>Nora Hamadi</strong>, une <strong>Boum Boom</strong>, et la retransmission de la Coupe du monde de foot. Vraiment fada, fan de chichourle…</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br><strong>Les Fadas du monde<br></strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À partir du 30 juin<br></mark></strong><br>Divers lieux, Martigues<br><br><strong> Le Village des Fadas<br></strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 7 au 12 juillet<br></mark></strong><br>Base nautique de Tholon, Martigues</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/escapade/">Escapade </a>Ici</p>
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		<title>Repartir à l&#8217;abordage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Feb 2025 15:00:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 17 février, plus une place dans l&#8217;auditorium Germaine Tillon pour les retardataires. Comme tous les lundis jusqu&#8217;au 17 mars, la 4e&#160;saison des&#160;Procès du siècle, intitulée «&#160;Oser l&#8217;utopie&#160;», se demande comment «&#160;avancer vers plus de démocratie, plus d’écologie, plus de solidarité&#160;». L&#8217;affluence montre que l&#8217;appétence est là. Pourtant le sujet du jour semble peu familier [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le 17 février, plus une place dans l&rsquo;auditorium Germaine Tillon pour les retardataires. Comme tous les lundis jusqu&rsquo;au 17 mars, la 4<sup>e</sup>&nbsp;saison des&nbsp;<strong><em>Procès du siècle</em></strong>, intitulée «&nbsp;Oser l&rsquo;utopie&nbsp;», se demande comment «&nbsp;<em>avancer vers plus de démocratie, plus d’écologie, plus de solidarité</em>&nbsp;». L&rsquo;affluence montre que l&rsquo;appétence est là. Pourtant le sujet du jour semble peu familier à une bonne moitié du public, quand la journaliste&nbsp;<strong>Nora Hamadi</strong>&nbsp;fait un sondage à main levée&nbsp;: qui sait ce qu&rsquo;est l&rsquo;éducation populaire&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses deux invités,&nbsp;<strong>Hélène Balazard</strong>, chercheuse en sciences politiques, et&nbsp;<strong>Robin Renucci</strong>, directeur du théâtre<a href="https://theatre-lacriee.com/"> La Criée</a>, se lancent donc dans un historique. Lui fait remonter ses origines à Condorcet, selon qui l&rsquo;éducation devait émanciper les citoyens de la sujétion, car «&nbsp;<em>même sous la constitution la plus libre un peuple ignorant est toujours esclave</em>&nbsp;». Elle évoque le programme du Conseil National de la Résistance et sa volonté de rénovation sociale, après l&#8217;emprise fasciste sur le pays durant la Seconde Guerre mondiale.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Quand les fondamentaux se réveillent</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;éducation populaire, c&rsquo;est «&nbsp;<em>apprendre de tous, par chacun</em>&nbsp;» pour l&rsquo;un&nbsp;; «&nbsp;<em>conscientiser ses propres capacités, gagner en pouvoir d&rsquo;agir</em>&nbsp;», pour l&rsquo;autre. Depuis une dizaine d&rsquo;années, les vieilles recettes connaissent un renouveau, relèvent-ils, après des décennies où elles s&rsquo;étaient assoupies dans les MJC, devenues parfois de simples lieux de consommation de loisirs. Utiliser les méthodes les plus démocratiques possibles, cela devient tellement urgent dans un contexte politique tirant de plus en plus à droite, assorti d&rsquo;un libéralisme économique qui détruit les services publics. «&nbsp;<em>L&rsquo;éduc&rsquo; pop&rsquo; a un bel avenir si l&rsquo;on lutte encore et toujours contre les dominations</em>&nbsp;», s&rsquo;enflamme Robin Renucci. «&nbsp;<em>Cela se travaille dans le débat, la reconnaissance de l&rsquo;opposition, l&rsquo;acceptation du conflit, du dissensus. Considérer l&rsquo;altérité comme précieuse, aller chercher la singularité de chacun plutôt que le nivellement qu&rsquo;apportent les réseaux sociaux.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas facile à mettre en pratique, reconnaît-il, face au rouleau compresseur de l&rsquo;autoritarisme. Cette difficulté s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs vue en direct, lors des échanges avec la salle. À peine un auditeur avait-il pris la parole, pour déplorer la réduction de l&rsquo;éducation populaire au «&nbsp;<em>simulacre participatif</em>&nbsp;», qu&rsquo;il se faisait sèchement rembarrer par Nora Hamadi. Ce n&rsquo;est pas en répondant sur ce ton à la critique que l&rsquo;on va «&nbsp;<em>susciter le désir de s&rsquo;exprimer</em>&nbsp;», l&rsquo;un des grands principes fondamentaux de l&rsquo;éducation populaire. Celui ou celle qui contrôle le micro a décidément le pouvoir&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">GAËLLE CLOAREC</p>



<pre class="wp-block-verse">Le prochain Procès,&nbsp;<em>Où sont les nouveaux territoires de solidarité&nbsp;?</em>, réunira&nbsp;<strong>Juliette Rousseau</strong>, directrice de collection aux éditions du commun, et&nbsp;<strong>Kamel Guemari</strong>, fondateur de l'<a href="https://www.apresm.org">Après-M</a>, le&nbsp;<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">24 février.</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Société ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Mucem : les Luttes en question</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Nov 2023 09:40:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fort de deux éditions riches et denses, les Procès du sièclese tenant tous les lundis soir au Mucem de novembre à mars s’intéressent cette année aux luttes, à leurs enjeux, à leurs histoires et à leurs terminologies. Ce fut ainsi autour de l’héritage de la colonisation, qualifié tour à tour de «&#160;postcolonial&#160;» ou encore de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Fort de deux éditions riches et denses, les Procès du sièclese tenant tous les lundis soir au Mucem de novembre à mars s’intéressent cette année aux luttes, à leurs enjeux, à leurs histoires et à leurs terminologies. Ce fut ainsi autour de l’héritage de la colonisation, qualifié tour à tour de «&nbsp;postcolonial&nbsp;» ou encore de «&nbsp;néocolonial&nbsp;», et au terme qui lui est souvent opposé de «&nbsp;décolonial&nbsp;» que la rencontre du 27 novembre s’est articulée, en compagnie de l’enseignante-chercheuse et artiste <strong>Mame-Fatou Niang</strong>, de l’artiste et militant <strong>Seumboy Vrainom&nbsp;:€ </strong>et de la modératrice <strong>Nora Hamadi</strong>, journaliste entre autres pour <em>Arte</em> et <em>France Culture</em>. Un faux procès et vrai débat aussi nécessaire, tant ces termes et les idées qui s’y rattachent semblent aujourd’hui encore méconnus en France, voire transformés en objets de méfiance, et tant les questions qu’ils soulèvent demeurent d’une brûlante actualité – «&nbsp;<em>hautement inflammables&nbsp;</em>», ajoutera Nora Hamadi en ouverture de la rencontre. Seumboy rappellera ainsi dès sa première intervention le sens de ces termes-clefs&nbsp;: le postcolonialisme, «&nbsp;<em>idée que la colonisation a façonné le monde, et entre autres la répartition des langues et des monnaies</em>&nbsp;», empruntée à Edward Saïd. Et celle du décolonialisme, puisée chez Hannibal Quirano&nbsp;: «&nbsp;<em>malgré l’arrêt de la colonisation officielle, mais les rapports de force qui existaient à l’époque coloniale n’ont pas changé</em>&nbsp;». Le dialogue se révèle passionnant politiquement parlant, mais aussi et surtout lorsqu’il déborde sur l’art&nbsp;: celui des deux intervenants, dont celui de <strong>Fatima Mazmouz</strong>, présentée par la conservatrice <strong>Hélia Paukner&nbsp;</strong>; mais aussi et surtout ceux de Seumboy et Mame-Fatou Niang, dont le documentaire sur son enfance et sa «&nbsp;désorientation&nbsp;» scolaire s’annonce passionnant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La Négritude à venir</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant dire qu’on attend de pied ferme la rencontre du lundi 4 décembre pensée en hommage à <em>Claude McKay</em>, également honoré par un colloque tenu du 30 novembre au 2 décembre à Aix-Marseille Université, dont Marseille célèbre le centenaire de l’arrivée en France. L’auteur jamaïcain naturalisé américain de <em>Banjo </em>mais aussi de <em>Romance in Marseille</em>, republié aux éditions Héliotropismes en 2021, a constitué une influence considérable pour le mouvement de la Négritude en France et dans les pays colonisés. Si bien qu’il demeure aujourd’hui encore célébré et cité par les mouvements antiracistes tels que <em>Black Lives Matter</em>. Le rôle de modératrice reviendra cette fois à <strong>Rokhaya Diallo</strong>, journaliste pour le <em>Washington Post </em>et le <em>Guardian</em> et chargée d’enseignement à Paris 1 – Panthéon-Sorbonne. L’enseignante-chercheuse angliciste <strong>Maboula Soumahoro</strong>, spécialiste des domaines afro-américains et de la diaspora noire-africaine, dialoguera avec la philosophe et écrivaine <strong>Nadia Yala Kisukidi</strong>. Nulle doute que l’autrice, également maîtresse de conférences à l’Université Paris 8 – Vincennes, saura puiser dans sa recherche et dans son œuvre dédiée à la pensée féministe noire de quoi conjuguer au présent l’œuvre de Claude McKay et de ses successeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">Prochaine rencontre le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 décembre</mark> à 19 h à l’auditorium du Mucem avec Rokhaya Diallo, Maboula Soumahoro et Nadia Yala Kisukidi. </pre>
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