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	<title>Archives des Opéra Berlioz - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Opéra Berlioz - Journal Zebuline</title>
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		<title>OCCITANIE : Les joyeuses fêtes de l’Opéra de Montpellier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Dec 2023 08:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour le premier opéra de sa saison, l’institution montpelliéraine frappe fort. La Vie Parisienne, grand opéra d’Offenbach, s’installera à l’Opéra Comédie du 20 décembre au 4 janvier pour six dates très attendues. Celles-ci mettront à l’honneur le livret et la partition originale de La Vie Parisienne, souvent amputé de passages pourtant cruciaux pour la compréhension [&#8230;]</p>
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<p>Pour le premier opéra de sa saison, l’institution montpelliéraine frappe fort. <em>La Vie Parisienne</em>, grand opéra d’Offenbach, s’installera à l’Opéra Comédie du 20 décembre au 4 janvier pour six dates très attendues. Celles-ci mettront à l’honneur le livret et la partition originale de <em>La Vie Parisienne</em>, souvent amputé de passages pourtant cruciaux pour la compréhension de l’ensemble &#8211; et notamment de l’acte IV, dans lequel brille Madame de Quimperkaradec. C’est au Palazetto Bru Zane et à ses recherches musicologiques dédiées, entre autres, au XIXème siècle français, que l’on doit la recréation à l’Opéra de Rouen en 2021 de cette version originale malmenée, et depuis partie pour une tournée à Tours, au Théâtre des Champs’Elysées ou encore à Limoges … Comme toujours chez cet orfèvre de l’opéra bouffe à la française, on y rencontrera une foule de personnages issus du vaudeville&nbsp;: comtesses, baronnes, militaires, millionaire brésilien, courtisanes et autres amants, campés, entre autres, par les formidables <strong>Flannan Obé</strong>, <strong>Jérôme Boutillier</strong>, <strong>Eléonore Pancrazi</strong> … Trois heures trente de grand spectacle empruntant sa finesse mélodique à Mozart et son apparat au grand opéra à la française. Le couturier <strong>Christian Lacroix</strong>, déjà sollicité sur des costumes et décors, notamment à l’Opéra de Versailles,y signe sa première mise en scène, en collaboration avec <strong>Romain Gilbert</strong> et <strong>Laurent Delvert</strong>. Dans la chorégraphie, rassemblant huit danseurs sur scène dont son assistant <strong>Mikael Fau</strong>, la jeune <strong>Ghysleïn Lefever </strong>promet de conjuguer les multiples talents que sa carrière de danseuse, comédienne et metteuse en scène lui a permis d’aborder.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Babar et son orchestre</mark></strong><br>Un poil plus court – quarante minutes seulement – le chef-d’œuvre de Poulenc dédié à l’enfance sera également joué à l’Opéra Comédie, salle Molière. Composée pour piano, <em>L’Histoire de Babar, le petit éléphant </em>y sera joué dans sa version brillamment orchestrée par Jean Françaix. Le texte, facétieux et décidément intemporel, de Cécile et Jean de Brunhoff, sera interprété par le comédien <strong>Damien Robert </strong>et la comédienne et traductrice en Langue des Signes Françaises <strong>Wafae Ababou</strong> le 16 décembre à 11h et 17h. </p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Musiques de chambre en vadrouille<br></strong></mark>Une foultitude de concerts en petits comités sera également donnée hors les murs. Au Théâtre Bassaget de Mauguio, les bassons et contrebassons de <strong>Magali Cazal</strong>, <strong>Blandine Delangle</strong>, <strong>Arthur Antunes </strong>et <strong>Rodolphe Bernard </strong>proposeront un programme s’étendant de Vivaldi aux Beatles dimanche 17 décembre à 18h. Même jour, même heure pour le trio constitué du violoncelliste <strong>Cyrille Tricoire</strong>, de la pianiste <strong>Anne Pagès-Boisset </strong>et de la soprano <strong>Hwanyoo Lee</strong>, mais c’est cette fois-ci au Théâtre de l’Albarède à Ganges qu’une sélection plus qu’éclectique fera voyager le public du Paris d’Offenbach au Bréil d’Heitor Villa-Lobos, en passant par la mélodie coréenne de la compositrice <strong>Wonju Lee</strong>. Du 5 au 7 janvier, trois jolis programmes s’enchaîneront. La salle Jacques Brel de Prades-le-Lez accueillera le violoncelle de <strong>Pia Segerstam </strong>et la harpe d’<strong>Héloïse Dautry </strong>pour un concert tout aussi éclectique le vendredi 5 à 20h30, où l’on retrouvera notamment un extrait du ballet <em>Maa </em>en hommage à la compositrice <strong>Kaija Saariaho</strong>. Dimanche 7 à 16h à la salle multiculturelle de Bagnols-sur-Cèze, c’est un concert « multitimbré » que la violoniste <strong>Ekaterina Darlet-Tamazova</strong>, l’hautboïste <strong>Tiphaine Vigneron</strong>, l’accordéoniste <strong>Simon Barbaux</strong>, le contrebassiste <strong>Tom Gélineaud </strong>et le percussionniste <strong>Pascal Martin </strong>nous promettent, avec un programme explorant aussi bien l’Europe de l’est que l’Amérique latine. Le plus sage quatuor réunissant les violonistes <strong>Sylvie </strong>et <strong>Olivier Jung</strong>, ainsi que l’altiste <strong>Florentza Nicola </strong>et le violoncelliste <strong>Alexandre Dmitriev</strong> explorera des chefs d’œuvre transcrits à l’Eglise Saint-Hilaire de Mèze le dimanche 7 à 17h.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Fêter dignement la nouvelle année</mark></strong></p>



<p>C’est enfin la jeune cheffe napolitaine <strong>Clelia Cafiero </strong>qui prendra la tête de l’orchestre au Corum pour deux éditions du concert du Nouvel An, le dimanche 31 janvier à 18h et le lundi 1<sup>er</sup> janvier à 12h. La soprano <strong>Charlotte Bonnet </strong>l’accompagnera sur un programme réunissant les inévitables valses de Johann Strauss, deuxième du nom, mais aussi des pages inoxydables de Gounod – dont le célèbre Air des bijoux – et de Franz Lehár, dont l’ouverture célébrissime de <em>La Veuve joyeuse</em>, suivie de l’air de Vilya. De quoi donner à ce début d’année ce qu’il faut d’allant et de bonne humeur.</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>La Vie Parisienne</em></strong>, du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 décembre au 4 janvier,</mark> Opéra Comédie

<strong><em>L’Histoire de Babar, le petit éléphant</em></strong>, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">16 décembre</mark>, Opéra Comédie

<strong><em>Concerts décentralisés</em></strong>, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">17 décembre</mark> et du<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 5 au 7 janvier,</mark> Maguio, Ganges et divers lieux

<strong><em>Concert du Nouvel An</em></strong>, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 décembre</mark> et <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1<sup>er</sup> janvier</mark>, Opéra Berlioz, Corum</pre>
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		<title>D’Ouest en Est</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 10:33:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il était sans doute la plus belle révélation du Rigoletto donné, en novembre 2021, à l’Opéra de Montpellier. Quelques mois auparavant, il s’était déjà illustré dans le programme Transatlantique, comptant à son affiche Samuel Barber et le concerto pour violon de Jennifer Higdon. On le retrouvera en mai 2024 à la tête de l’Orchestre national [&#8230;]</p>
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<p>Il était sans doute la plus belle révélation du <em>Rigoletto </em>donné, en novembre 2021, à l’Opéra de Montpellier. Quelques mois auparavant, il s’était déjà illustré dans le programme <em>Transatlantique</em>, comptant à son affiche Samuel Barber et le concerto pour violon de Jennifer Higdon. On le retrouvera en mai 2024 à la tête de l’Orchestre national Montpellier Occitanie pour une <em>Bohème </em>plus que prometteuse.<br><strong>Roderick Cox</strong>, jeune chef américain, se sent décidément comme chez lui à Montpellier, dans une maison qui a su lui faire confiance sur le répertoire opératique comme symphonique.Formé non loin de sa Géorgie natale, à la Northwestern University, il se verra confier dès la fin de ses études un poste de chef assistant à l’Alabama Symphony Orchestra, puis de chef titulaire à l’Alabama Symphony Youth Orchestra. Installé ces dernières années à Berlin, il y officie régulièrement comme chef invité, ainsi, entre autres, qu’à l’English National Opera, pour l’Orchestre Symphonique de Milan ou encore à la Staatskapelle de Berlin.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un programme russo-américain<br></mark></strong>On se réjouit d’avance de réentendre, toujours en la compagnie du jeune <strong>Benjamin Beilman </strong>en soliste, le concerto pour violon de Jennifer Higdon. La compositrice née à Brooklyn, qui avait dédié cette pièce à la virtuose Hilary Hahn en 2009, compte parmi les plus jouées sur le continent américain : ses références, venues aussi bien du romantisme européen que des mélodies sucrées de Beatles, Rolling Stones et autres Simon &amp; Garfunkel, feront sans nul doute souffler de nouveau un vent de fraîcheur sur le plateau de l’Opéra Berlioz.<br>C’est également avec empressement que l’on attend l’<em>Overture to The School for Scandal</em>, première pièce orchestrale du mésestimé Samuel Barber, composée pour son diplôme de fin d’étude au Curtis Institute of Music de Philadelphie en 1931.<br>La cinquième symphonie de Tchaïkovski clôturera le concert sur des notes plus tragiques venues d’autres rives, non moins romantiques mais bien plus slaves. Le plus célèbre des compositeurs russes n’est cependant pas un étranger pour Roderick Cox, qui s’était déjà attelé en novembre 2019 à son <em>Casse-Noisette</em>, à la direction de l’Orchestre de Paris. Pour un résultat particulièrement ovationné !</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">8 décembre 
</mark>Opéra Berlioz, Le Corum, Montpellier </pre>
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		<title>Cinémed : une ouverture brésilienne </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Rolland]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Oct 2023 08:35:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival du cinéma méditerranéen ne pouvait passer à côté de l’actualité internationale. En ouverture du rendez-vous ce 20 octobre, dans un Opéra Berlioz du Corum plein à craquer, deux messages de paix ont été diffusés. L’un du réalisateur israélien Dani Rosenberg, l’autre de l’acteur et cinéaste palestinien Mohammad Bakri, comme une parenthèse confraternelle nécessaire [&#8230;]</p>
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<p>Le Festival du cinéma méditerranéen ne pouvait passer à côté de l’actualité internationale. En ouverture du rendez-vous ce 20 octobre, dans un Opéra Berlioz du Corum plein à craquer, deux messages de paix ont été diffusés. L’un du réalisateur israélien Dani Rosenberg, l’autre de l’acteur et cinéaste palestinien Mohammad Bakri, comme une parenthèse confraternelle nécessaire à un cinéma méditerranéen sans frontières endeuillé.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Entre Brésil et Argentine </mark></strong></p>



<p>Pour la première fois de son histoire, lefestival projette ensuite un film d’animation en ouverture : <em>They shot the piano player</em> du réalisateur <strong>Fernando Trueba</strong> (Oscar du meilleur film étranger en 1993 avec <em>Belle époque</em>) et de l’artiste graphique <strong>Javier Mariscal</strong>. Les deux Espagnols, qui avaient déjà collaboré sur le long-métrage d’animation <em>Chico &amp; Rita </em>(en 2011), signent un film marquant tant par le fond que par la forme. C’est une co-production internationale coordonnée à Montpellier par Les Films d’Ici Méditerranée, dirigés par l’influent producteur Serge Lalou, lequel espère que ce film «&nbsp;<em>commence sa course vers les Oscars</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Par la magie du cinéma, les spectateurs sont transportés en musique et en couleurs dans le Brésil des années 1970. Et au-delà. Entre fiction et documentaire, le film nous emmène par le biais de son héros Jeff (l’alter-ego fictionnel de Fernando Trueba auquel Jeffrey Goldblum a prêté sa voix) sur les traces d’un pianiste brésilien surdoué qui disparaît à Buenos Aires une nuit de 1976, à quelques jours du coup d’État militaire qui mettra à feu et à sang l’Argentine.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un musicien des musiciens</mark></strong></p>



<p>En conférence de presse le lendemain, Fernando Trueba reconnaît qu’il comptait faire au départ un documentaire sur Tenorio Junior, ce pianiste brésilien surdoué devenu «&nbsp;<em>un musicien des musiciens&nbsp;</em>», influençant de nombreux artistes de son temps. Mais après avoir réalisé près de 500 heures d’entretiens, le réalisateur réalise que seul un film d’animation peut lui permettre de prendre la distance nécessaire. Ainsi, <em>They shot the piano player </em>redonne vie au pianiste, mort à 35 ans, sous la forme d’un documentaire dessiné constellé de quelques touches de fiction, racontant comment le jeune musicien est une victime collatérale de l’épidémie de dictatures qui fait sombrer une partie de l’Amérique du Sud. C’est aussi (et surtout) une façon inédite de faire revivre avec des couleurs psychédéliques enivrantes et un souci obsessionnel du détail l’âge d’or de la bossa-nova et du samba jazz. À découvrir dans les salles en janvier 2024.</p>



<p>ALICE ROLLAND</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>They shot the piano player</em> de Fernando Trueba et Javier Mariscal a été présenté lors de la soirée d’ouverture de <em>Cinémed</em> ce <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 octobre</mark>, à l’Opéra Berlioz de Montpellier.<br>En salles en <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">janvier 2024 </mark></pre>
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		<title>Preljocaj en trois temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Rolland]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jun 2023 08:05:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Se rendre à un spectacle d’Angelin Preljocaj se fait en toute confiance, un peu comme on va retrouver un ami cher. C’est pourquoi avoir la possibilité de voir trois courtes pièces le même soir est un plaisir renouvelé, surtout s’il s’agit de deux reprises et d’une création. Cette juxtaposition est une façon puissante d’assumer ses [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Se rendre à un spectacle d’<strong>Angelin Preljocaj </strong>se fait en toute confiance, un peu comme on va retrouver un ami cher. C’est pourquoi avoir la possibilité de voir trois courtes pièces le même soir est un plaisir renouvelé, surtout s’il s’agit de deux reprises et d’une création. Cette juxtaposition est une façon puissante d’assumer ses choix artistiques et ses obsessions pour le chorégraphe, en phase avec le thème de cette édition 2023 du festival <em>Montpellier Danse</em> : «&nbsp;répertoire et création&nbsp;». Tout commence par <em>l’Annonciation</em>, un duo intemporel datant de 1995 dans la lumière mélancolique de Rubens. Ici l’ange est féminin, l’<em>Annonciation</em> aussi intime que brutale. L’harmonie du temps passé est rompue par la déflagration martiale de l’annonce de l’enfant à venir que la femme, être de courage, intègre dans ses gestes et dans son corps, déjà prête à vivre les chamboulements du futur.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Dynamique de l’indolence</mark></strong></p>



<p>Pas de doute, le langage dansé du chorégraphe est féministe et engagé, comme nous confirme la troisième pièce du programme, <em>Noces</em>, créée en 1989. La virtuosité de la musique de Stravinsky nous entraîne dans une forme narrative explosive questionnant les violences faites aux femmes par des hommes qui en exigent l’assujettissement. La sauvagerie des mots que l’on n’entend pas s’exprime à travers les corps, que la dynamique infernale mène au bord de l’épuisement. Les femmes tentent de résister, alors que point le désespoir. Mais peu importe qui prend le dessus, la confrontation ne peut générer que des perdants. Entre les deux reprises, la création <em>Torpeur</em> s’affirme comme un moment de beauté en suspension, explorant dans un cadre épuré et sans artifices, un état particulier du corps porté par la dynamique singulière de l’indolence. Tout est consenti, vécu dans une ivresse de la douceur portée par l’union des corps, cette complicité chorégraphique des interprètes qui ne forment plus qu’un. On retrouve tout l’art de Preljocaj, obsédé par la fluidité du mouvement, l’harmonie des pas de deux, la minutie du geste. Le rythme du mouvement ralentit inlassablement mais son intensité ne faiblit pas, au contraire, l’énergie qui en émane est comme amplifiée. Une émotion physique puissante surgit et nous permet de ressentir dans notre chair ce bras qui s’étire à l’infini, ce pied qui se lève, ce regard ampli de sérénité…&nbsp; Quelle délicatesse ! Dans un langage des gestes propres à Prejlocaj, le mouvement apaisé continue, abandonné à lui-même, mais ne lâche rien, on se rêve à croire qu’il ne s’arrêtera pas. Avant de réaliser qu’il est déjà suspendu, endormi peut-être… Dans notre corps, dans notre tête, pourtant, il continue.&nbsp;</p>



<p>ALICE ROLLAND</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Annonciation</em>, <em>Noces</em> et <em>Torpeur</em> ont été donnés les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 et 21 juin</mark>, dans le cadre de <em>Montpellier Danse</em>, à l’Opéra Berlioz, Montpellier. </pre>
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		<title>Cyrille Tricoire, un anniversaire bien orchestré</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Mar 2023 09:52:56 +0000</pubDate>
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<p>Voilà désormais trente ans que le violoncelliste <strong>Cyrille Tricoire </strong>a rejoint l’orchestre de Montpellier pour y officier en tant que supersoliste. «<em>&nbsp;Trente ans pile poil&nbsp;: j’ai auditionné en février 1993.&nbsp;</em>» Activité qui l’a conduit à ce qu’il qualifie pudiquement de <em>«&nbsp;mises en lumière&nbsp;</em>», sur des programmes symphoniques et chambristes,dont il n’a guère envie de se vanter. Il y aurait pourtant de quoi, à en croire son parcours et sa discographie. Il n’est en effet pas donné à tout le monde de jouer en compagnie de Michel Portal, Fazil Say, Michel Dalberto… Ou de voir plusieurs de ses enregistrements salués par la critique, Choc Classica et autre Diapason d’Or à l’appui.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un parcours rare<br></mark></strong>Cette réussite somme toute rare pour un titulaire d’orchestre, Cyrille Tricoire l’attribue avant tout à «<em>&nbsp;la politique culturelle rare et précieuse développée à Montpellier. Dès mon arrivée à l’orchestre – et cela n’a jamais cessé – cette politique avait pour principe de mélanger les grands solistes internationaux avec les solistes de l’orchestre.&nbsp;</em>»Une décision qui a particulièrement valorisé les musiciens de la structure. «<em>&nbsp;Ce sont des opportunités inouïes, qui n&rsquo;existent dans aucune autre institution : jouer </em>La Truite <em>de Schubert en compagnie de Maria João Pirès, ou son </em>Quintette D 956 <em>avec Janos Starker. C’est une chance incroyable, très rarement donnée à des musiciens d’orchestre.&nbsp;</em>» Une chance qui lui aura également permis de se frotter à un répertoire qui lui est particulièrement cher, la musique contemporaine, et à des musiciens tels que Philippe Hersant, dont il aura entre autres enregistré le <em>Concerto n°2 pour violoncelle et orchestre</em>. <em>« Toute autre institution aurait recouru à un soliste de renom pour une création de cette ampleur, à quelqu’un comme Yo-Yo-Ma. Mais pas Montpellier.&nbsp;»&nbsp;<br></em>Cyrille Tricoire ne se rêve pas pour autant en concertiste attitré. «&nbsp;<em>Ce qui m’intéresse, c’est l’orchestre. Le répertoire d’orchestre pour violoncelle est tout simplement extraordinaire. En se concentrant sur le répertoire de soliste, on peut vite tourner en rond…&nbsp;»</em> Cette culture de l’orchestre, c’est à son professeur Erwan Fauré – <em>«&nbsp;aucun lien&nbsp;!&nbsp;» </em>– qu’il l’impute, et aux nombreux concerts de l’Orchestre d’Île-de-France auxquels il a assisté.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une carte blanche aux petits oignons<br></mark></strong>Au Corum de Montpellier, le programme élaboré par le violoncelliste reflète ce goût du collectif et du contemporain. Pour le concocter, Tricoire a notamment sollicité la pianiste et cheffe de chant <strong>Anne Pagès-Boisset</strong>. On y entendra également deux jeunes recrues du chœur&nbsp;: la soprano <strong>Hwanyoo Lee </strong>et la mezzo-soprano <strong>Dominika Gajdzis</strong> sur des pages sublimes de Manuel de Falla, Massenet, Villa-Lobos, Mozart, Offenbach… Mais aussi une mélodie coréenne de <strong>Wonju Lee </strong>et une création du compositeur et contrebassiste montpelliérain <strong>Jean-Marc Fouché</strong>, écrite pour Cyrille et sa fille <strong>Juliette Tricoire</strong>, tromboniste co-soliste de l’orchestre depuis peu. En conclusion du concert, un triptyque réunissant Bernstein et les percussionnistes <strong>Philippe Limoge </strong>et <strong>Patrice Héral</strong>, qui <em>«&nbsp;valent à eux seuls qu’on se déplace pour le concert. Rien que pour eux, il faut venir&nbsp;!</em></p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br>La <strong>Carte blanche à</strong> <strong>Cyrille Tricoire</strong> s'est déroulé le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 mars<br></mark>à l'Opéra Berlioz – Le Corum, Montpellier<br><a href="http://opera-orchestre-montpellier.fr">opera-orchestre-montpellier.fr</a></pre>
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		<title>« La France est mon endroit préféré sur terre ! »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Dec 2022 21:33:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[Elza van den Heever]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Les Quatre Derniers Lieder ont été composés par Richard Strauss alors qu’il avait plus de quatre-vingt ans. Cette œuvre testamentaire n’est-elle pas difficile à appréhender pour une chanteuse telle que vous – encore jeune, et pleine d’une énergie très solaire ? Elza van den Heever. Quelle belle façon de le formuler [rires]&#160;! Je suis [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. Les <em>Quatre Derniers Lieder </em>ont été composés par Richard Strauss alors qu’il avait plus de quatre-vingt ans. Cette œuvre testamentaire n’est-elle pas difficile à appréhender pour une chanteuse telle que vous – encore jeune, et pleine d’une énergie très solaire ?</strong></p>



<p><strong>Elza van den Heever.</strong> Quelle belle façon de le formuler [<em>rires</em>]&nbsp;! Je suis peut-être « jeune », dans le sens où je suis au milieu de ma vie, et je n&rsquo;ai donc pas la compréhension profonde de ce que c&rsquo;est de chanter une émotion aussi profonde. Mais je suis une «&nbsp;vieille âme&nbsp;», une «&nbsp;old soul&nbsp;» comme on dit, et Strauss a écrit ces chants si délicieusement parfaits pour la voix féminine qu&rsquo;il suffit d&rsquo;un désir, d&rsquo;une bonne technique et d&rsquo;un artiste pour les exécuter. Ce sont mes chants préférés et je les considère comme faisant partie des plus belles musiques jamais composées. C’est un grand privilège de pouvoir les chanter. Elles m&rsquo;inspirent, et chaque année qui passe, à mesure que ma voix mûrit avec l&rsquo;âge, elles prennent une place encore plus spéciale dans mon cœur. Je pense que ma première introduction au <em>Vier Letzte Lieder </em>s&rsquo;est faite via Kiri Te Kanawa qui est venue en Afrique-du-Sud pour une tournée mondiale. Dès le premier instant où je les ai entendus, j&rsquo;ai su que je voulais les chanter. C’était un coup de foudre ! Et la signification plus profonde, outre l&rsquo;évidence qui est la mort, est la résolution et le calme qu’ils émanent.&nbsp;</p>



<p><strong>Quels rôles avez-vous eu plaisir à aborder par le passé&nbsp;? Et quels sont vos prochains challenges sur scène&nbsp;?</strong></p>



<p>Chaque rôle que je chante laisse une marque sur mon développement mental et vocal. Très récemment, j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur de chanter <em>Salomé</em> à l’Opéra Bastille. Ce fut une expérience transformatrice car le processus d&rsquo;apprentissage de la partition très compliquée a pris deux ans et demi. Cela m&rsquo;a laissé une plus grande appréciation pour Strauss et sa musique – ce qui en dit long car je le considérais déjà comme mon compositeur préféré. Le rôle de Salomé m&rsquo;a poussée plus loin que je n’imaginais et le résultat était génial. Après avoir interprété les <em>Lieder </em>à Montpellier, puis de nouveau fin janvier à Strasbourg, c’est encore à Richard Strauss que je me consacre avec le rôle de l’impératrice de la <em>Femme sans Ombre</em> au <em>Festival de Baden-Baden&nbsp;</em>; puis le <em>Requiem </em>de Verdi avec l’Orchestre de Paris. Ensuite je pars quatre mois aux États-Unis, pour ma première Senta du <em>Vaisseau Fantôme de</em> Wagner, d’abord au Metropolitan Opera de New York, puis au <em>Festival de Santa Fe</em>, au Nouveau-Mexique, un endroit très cher à mon cœur…</p>



<p><strong>Vous vous êtes souvent produite en France. Quel est votre rapport à ce pays, vous qui êtes née et avez grandi en Afrique-du-Sud ?</strong></p>



<p>Je suis arrivée en France pour la première fois en 2007, j’étais toute jeune ! L&rsquo;Opéra National de Bordeaux m&rsquo;a embauchée pour la première fois alors que je n’avais que 20 ans et j&rsquo;ai chanté la plupart des années de développement de carrière sur cette scène dans plus de dix productions. La France est l&rsquo;endroit où j&rsquo;ai trouvé l&rsquo;amour de ma vie et où je me suis retrouvée. J&rsquo;adore ce pays avec toute sa beauté, son abondance de joie de vivre, son appréciation pour les arts, son bon champagne et Saint-Jean-de-Védas, que j&rsquo;appelle maintenant chez moi. La France est tout simplement mon endroit préféré sur terre !</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Quatre derniers Lieder<br></em>Avec <strong>Elza van den Heever</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">9 décembre<br></mark>Opéra Berlioz - Le Corum, Montpellier<br><a href="http://opera-orchestre-montpellier.fr">opera-orchestre-montpellier.fr</a></pre>
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