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	<title>Archives des Opéra de Marseille - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Opéra de Marseille - Journal Zebuline</title>
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		<title>Censure et boycott à Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 08:03:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Rencontres à l’échelle, posent avec acuité les questions du rapport politique entre les États et les peuples, et la concurrence des récits ; le Festival de Marseille, dont nous présentons la programmation dans les pages suivantes, propose de visiter la diversité du monde depuis ses quartiers, et fabrique un festival populaire avec les Marseillais·es ; [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Rencontres à l’échelle</em>, posent avec acuité les questions du rapport politique entre les États et les peuples, et la concurrence des récits ; le <em>Festival de Marseille</em>, dont nous présentons la programmation dans les pages suivantes, propose de visiter la diversité du monde depuis ses quartiers, et fabrique un festival populaire <em>avec</em> les Marseillais·es ; la ville bouillonne de langues du nord et du sud, de touristes et de « venants », de réfugié·es et d’exilé·es. Pourtant, au même moment, la censure et le boycott des artistes et de la presse resurgissent et mettent en danger la démocratie culturelle dans sa diversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une balle dans le pied</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FID Marseille avait invité le cinéaste israélien, habitant en France, critique sans ambiguïté de la politique nationale et internationale d’Israël, Nadav Lapid. Il devait faire une masterclass à propos de son film, <em>Oui</em>, qui lui a valu les foudres du Gouvernement israélien, qu’il qualifie très clairement de fasciste, et dont il combat la politique colonialiste et génocidaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La commission européenne avait d’ailleurs refusé de financer son projet de film, qu’elle a jugé «&nbsp;antisémite&nbsp;». Mais cela importe peu&nbsp;: il s’agit pour quelques cinéastes programmés par le FID de boycotter tout le cinéma israélien. Pas de s’en prendre au Crif ou à l’ambassade d’Israël, aux relais médiatiques de la propagande israélienne, aux produits israéliens, aux États qui le soutiennent, mais aux artistes. Censure insensée&nbsp;: le Gouvernement israélien se réjouit du revers de son opposant, à qui cette polémique donne d’ailleurs une visibilité que le FID était loin de lui offrir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à ses détracteurs boycotteurs, ils portent la responsabilité de l’escamotage qui s’opère, et détourne les regards des nécessaires sanctions contre l’état génocidaire, au profit de querelles franchouillardes qui crispent les positions dans une binarité délétère. Plus grave, ils désignent des boucs émissaires à la vindicte de celles et ceux qui s’identifient à la juste cause palestinienne. Si l’accusation d’antisémitisme, qui sert d’outil politique contre LFI, est la plupart du temps ridicule et extensible, les actes antisémites réels, les agressions, ne cessent d’augmenter, y compris dans les cours d’écoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Censurer la presse</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre établissement marseillais pratique la censure, dans un contexte plus anodin, et moins urgent. Il révèle pourtant la même volonté de faire taire les voix discordantes qui militent pour la diversité culturelle et la représentation de toustes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Opéra de Marseille refuse désormais la venue des journalistes de <em>Zébuline</em>, du moins à ses grosses productions contestables. Il faut dire que celles-ci se permettent d’être critiques de son fonctionnement, même si c’est aujourd’hui le seul opéra de France qui ne programme aucune femme cheffe, aucune compositrice, aucune musique contemporaine ou de création.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas question non plus d’être critique de ses productions dispendieuses, qui ne tournent pas. Ni de remettre en cause ses mises en scène qui n’interrogent jamais les rapports coloniaux, la domination masculine, les préjugés de classe pourtant si présents, et si problématiques, dans les opéras du XIX<sup>e</sup> siècle. Qui constituent la quasi-totalité de ce que propose la maison marseillaise. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une journaliste émet un doute sur ces représentations problématiques du répertoire et ce refus caricatural de la parité&nbsp;? L’Opéra de Marseille lui ferme les portes, et préfère inviter les critiques dithyrambiques qui ne parlent que des voix, et jamais de ce qu’elles chantent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les valeurs réactionnaires qu’elles trimballent perpétuent, à grand renfort d’argent public, une culture de classe, patriarcale, dépassée. Qu’il ne s’agit pas de censurer, mais de remettre en cause, en débats, pour qu’elle évolue et se partage. Parce qu’à <em>Zébuline</em>, vraiment, on adore l’opéra…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>
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		<title>Rigoletto</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:44:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tout brûle dans cet étrange opéra verdien : la malédiction, le désir, la vengeance, l’amour paternel poussé jusqu’à l’aveuglement. Avec Rigoletto, le compositeur vériste tire du Roi s’amuse de Victor Hugo un drame de grande ampleur, où les airs les plus célèbres n’adoucissent jamais la cruauté du monde. À l’Opéra de Marseille, Paolo Arrivabeni dirige la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Tout brûle dans cet étrange opéra verdien : la malédiction, le désir, la vengeance, l’amour paternel poussé jusqu’à l’aveuglement. Avec <em>Rigoletto</em>, le compositeur vériste tire du<em> Roi s’amuse</em> de Victor Hugo un drame de grande ampleur, où les airs les plus célèbres n’adoucissent jamais la cruauté du monde. À l’Opéra de Marseille, Paolo Arrivabeni dirige la production mise en scène par Charles Roubaud, avec Sebastian Catana dans le rôle-titre, Ruth Iniesta en Gilda et John Osborn en Duc de Mantoue. Une histoire de père et de fille, donc, mais surtout d’emprise, de classe et de fatalité. </p>



<pre class="wp-block-verse">S.C.<br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 7 au 16 juin<br></mark></strong><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/">Opéra de Marseille</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Quand l’art contemporain investit l’Opéra de Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 08:28:37 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Une fois le contour du parvis de l’Opéra barriéré, la soirée débute par la performance de <strong>Luis Carricaburu Collantes</strong>. Passant un large tissu rectangulaire brun sur un piquet, il effectue une chorégraphie sur les larges plages de silence laissées entre trois déclenchements d’une sirène d’alerte, le tissu-drapeau devenant son partenaire. Au fil des évolutions, planant dans l’air de diverses manières, il se transforme en cape, lui masque le visage, ou l’enveloppe complètement, recroquevillé au sol, forme disparaissant sous le tissu. Un moment presque toréador, un autre dansant le piquet planté dans le ventre, amarré sur son nombril. Puis il enroule le tissu tout autour du piquet et le porte telle une lance vers les portes d’entrée de l’Opéra, le public s’inscrivant dans son sillage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pénombre<br></mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le hall d’entrée, des cordes en nappes sonores, et sur le tapis rouge de l’escalier qui mène à la mezzanine, une silhouette noire, assise. <strong>Biro Soumare</strong> observe et bouge doucement ses bras, ses mains, le sol, fait mine d’expulser, de repousser, de ramasser. Il descend puis remonte toujours assis quelques marches, se recroqueville, puis va en se redressant jusqu’au premier palier, et continue sa danse sur un texte enregistré en slam, parlant de ses interrogations, doutes et certitudes, sur ce qu’est l’art, « <em>don et malédiction</em> », invitant le public ensuite, tout en continuant sa danse, à le suivre jusqu’en haut des escaliers, sur la mezzanine, plongée dans la pénombre. Trois apprenti·e·s du <strong>Ballet national de Marseille</strong> vont s’y frayer un couloir de danse au milieu d’un public compact, et proposer, sur une matière musicale électro-rugueuse, une danse en éclats intenses, déséquilibres, soubresauts, corps absorbants de façon synchrone des impacts rythmiques, débordant sans cesse des ronds de lumières des projecteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’enchainaient ensuite jusqu’à 23 heures une performance sonore de <strong>Kmar Douagi</strong> artiste et poétesse, puis musicale et lumineuse de <strong>Thomas Laigle</strong>, artiste sonore et visuel, ainsi qu’un concert de <strong>celine chiasera</strong> et <strong>Nosfera</strong> suivi d’un DJ set.</p>



<pre class="wp-block-verse">MARC VOIRY<br><br>La soirée de performances du Printemps de l’art contemporain à l’Opéra de Marseille a eu lieu<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> le 21 mai</mark></strong>.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>Un Rhin à sec</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 09:02:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On sait bien pourquoi l’Opéra de Marseille peut aisément remplir sa vaste salle avec L’Or du Rhin : Wagner suffit. Cette musique, inouïe, inimitable, qui charrie ses leitmotivs entêtants, ses sortilèges, ses poisons, son or maudit, cet univers à la fois redoutablement fascinant et, au fond, peu intimidant. Cet héritage politique plus que questionnable, également [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On sait bien pourquoi l’Opéra de Marseille peut aisément remplir sa vaste salle avec <em>L’Or du Rhin</em> : Wagner suffit. Cette musique, inouïe, inimitable, qui charrie ses leitmotivs entêtants, ses sortilèges, ses poisons, son or maudit, cet univers à la fois redoutablement fascinant et, au fond, peu intimidant. Cet héritage politique plus que questionnable, également : mais le goût du compositeur pour le symbole et l’allégorie demeure toujours matière à réflexion et à création pour des metteurs et metteuses en scène de talent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans attendre quoi que ce soit du travail souvent déroutant de <strong>Charles Roubaud</strong>, on était cependant loin de se figurer une mise en scène aussi effarante de bêtise. L’ouverture, transposée à la « Rheinbank », où Alberich devient technicien de surface, est le moindre de ses égarements. Car tout s’enchaîne dans un mauvais goût obstiné : Walhalla façon Trump Tower, vidéos monstrueuses puant l’IA, costumes impossibles, perruques blondes pour les Filles du Rhin, rousses pour les Géants, brunes pour les autres. A-t-on seulement considéré l’impensé que ces signes charrient ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livret de Wagner est un champ miné : sexisme, antisémitisme, pulsions de domination, corruption du désir par la propriété. Il y avait là de quoi ouvrir l’espace, produire de la métaphore, installer une atmosphère vénéneuse. Rien. La mise en scène s’abandonne au premier degré, à cette vieille droite réactionnaire qui se rêve populaire parce qu’elle confond accessibilité et avilissement. <strong>Samy Camps</strong>, en Loge, est même le cas le plus rageant : la scène l’enferme dans une caricature sur-maniérée, quand la voix, elle, a tout du rôle – le nerf, la précision, l’éclat acide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le mythe n’est pas un décor</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la musique, heureusement. <strong>Michele Spotti</strong>, moins lyrique et langoureux que dans le <em>Tristan</em> dont il avait récemment sublimé le <em>Prélude</em> et la <em>Liebestod</em>, conduit ici l’Orchestre Philharmonique en très grande forme avec une tension remarquable, claire, tenue, attentive au drame plus qu’à l’effet. Le plateau vocal, largement francophone, tient lui aussi plus qu’honorablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Filles du Rhin – <strong>Amandine Ammirati, Marie Kalinine </strong>et <strong>Lucie Roche</strong> – forment un trio très complémentaire, où les timbres se répondent sans jamais se dissoudre. <strong>Élodie Hache</strong> en Freia et <strong>Marion Lebègue</strong> en Fricka sont impeccables, l’une droite et lumineuse, l’autre charpentée, souveraine. Quant à <strong>Zoltán Nagy</strong>, il impose un Alberich d’une densité superbe, assez mordant pour rappeler que la malice n’a pas besoin d’être grimée pour inquiéter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Or du Rhin </em>a été joué à l’Opéra de Marseille du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5 au 13 mai</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>
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		<title>Fidélité en actes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 09:47:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà de retour à la maison mère pour Rusalka en février dernier, Lawrence Foster demeure fidèle et dévoué à un ensemble qu’il a façonné pendant plus de dix ans. Cela s’entend dès l’ouverture de ce grand concert aux airs de retrouvailles, sur un Stravinsky rare et toujours passionnant. Le chef sait faire sonner les cuivres [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Déjà de retour à la maison mère pour <em>Rusalka </em>en février dernier, <strong>Lawrence Foster </strong>demeure fidèle et dévoué à un ensemble qu’il a façonné pendant plus de dix ans. Cela s’entend dès l’ouverture de ce grand concert aux airs de retrouvailles, sur un Stravinsky rare et toujours passionnant. Le chef sait faire sonner les cuivres merveilleusement : la singularité des <em>Symphonies pour instruments à vents </em>demeure intacte, et la rigueur nécessaire s’affranchit ici de toute sécheresse. Elle tient à une entente collective, précise, presque intérieure, et à une discipline et une musicalité qui viennent de loin. Le ton est donné : une musique de blocs, presque rituelle, où le souffle collectif prime sur la ligne. Foster en souligne la dimension chorale, refusant toute tentation décorative. Le résultat, porté par un délicat sens du contrepoint, impose une écoute active, presque physique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De l’art du contrepoint</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le grand écart ne semble pas si périlleux lorsque retentit la pièce maîtresse&nbsp;: le double concerto pour violon et violoncelle de Brahms, que le chef a fait le pari de ne pas confier à des concertistes extérieurs, mais aux solistes de l’orchestre. <strong>Da-Min Kim </strong>et <strong>Xavier Chatillon </strong>ne cherchent pas à briller mais à tisser. Ce goût de la respiration chambriste, d’un dialogue à armes égales entre l’orchestre et les échappées mélodiques a toujours été encouragé par le chef, qui accompagne, soutient, respire avec eux. Il est également cohérent avec l’écriture de Brahms, dont la signature a toujours consisté à conjuguer éclat et intimité. La pâte orchestrale s’allège, les timbres se répondent, et Brahms retrouve une clarté qu’on lui refuse trop souvent</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au retour de l’entracte, on remonte encore un peu plus loin dans le temps, mais toujours avec le même goût du collectif. Beethoven surgit, non comme un monument mais comme une allégorie. L’<em>Eroica </em>n’est pas écrasante : elle est construite, articulée, presque narrée. Après Stravinsky et Brahms, elle apparaît comme une synthèse&nbsp;: énergie, tension, communauté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">Le concert a été joué le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 avril</mark> à l’<a href="https://palaisdupharo.marseille.fr/extension/auditorium">auditorium du Pharo</a> dans le cadre de la saison de l’<a href="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation">Opéra de Marseille</a></pre>



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		<title>Route fleurie à l’Odéon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 08:10:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Route fleurie de Francis Lopez fait son retour sur la scène marseillaise dans une nouvelle production portée par l’Opéra de Marseille, avec orchestre et chœur. La mise en scène est signée Carole Clin, fidèle à la maison, qui réunit autour d’elle une distribution solide sous la codirection musicale de Christian et André Mornet : [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"> <em>La Route fleurie</em> de Francis Lopez fait son retour sur la scène marseillaise dans une nouvelle production portée par l’Opéra de Marseille, avec orchestre et chœur. La mise en scène est signée Carole Clin, fidèle à la maison, qui réunit autour d’elle une distribution solide sous la codirection musicale de Christian et André Mornet : Côté hommes, Kaëlig Boché en Jean-Pierre, Jean-François Novelli en Raphaël et Fabrice Todaro en Poupoutzoff. Côté femmes, Amélie Tatti en Mimi, Laurence Janot en Rita Florida et Laura Tardino en Lorette, rôle qui, en 1952, avait révélé – aux côtés de Bourvil – la jeune Annie Cordy. À Marseille, où l’opérette conserve une place à part dans la vie musicale, ce titre s’inscrit comme un classique du répertoire et continue de séduire par son atmosphère légère et ensoleillée, entre Montmartre et la Côte d’Azur.</p>



<pre class="wp-block-verse"> <em>A.-M.T.</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">18 et 19 avril<br></mark><strong><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/">L’Odéon</a></strong>, Marseille</pre>



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		<title>Les Cris de Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 09:11:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l&#8217;invitation de Musicatreize, l&#8217;ensemble vocal Les Cris de Paris investit le Foyer Reyer de l&#8217;Opéra de Marseille avec Strana armonia, un parcours musical qui défie le temps. Le chef Geoffroy Jourdain y tisse madrigaux de la Renaissance – Vicentino, Gesualdo, Luzzaschi, Marenzio – avec une création de la compositrice Francesca Verunelli, VicentinoOo, commande de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;invitation de Musicatreize, l&rsquo;ensemble vocal Les Cris de Paris investit le Foyer Reyer de l&rsquo;Opéra de Marseille avec <em>Strana armonia</em>, un parcours musical qui défie le temps. Le chef Geoffroy Jourdain y tisse madrigaux de la Renaissance – Vicentino, Gesualdo, Luzzaschi, Marenzio – avec une création de la compositrice Francesca Verunelli, <em>VicentinoOo</em>, commande de l’ensemble et du CCR d&rsquo;Ambronay. Au cœur du projet : la division de l&rsquo;octave en 31 intervalles, héritage visionnaire de Niccolò Vicentino et de son archicembalo microtonal, un clavecin extraordinaire qu’il a imaginé en 1555. Création contemporaine et avant-garde de la Renaissance se répondent et s&rsquo;illuminent mutuellement, abolissant toute chronologie au profit d&rsquo;une expérience d&rsquo;écoute unique et immersive.</p>



<pre class="wp-block-verse"> <em>A.-M.T.</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">12 avril<br></mark><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/"><strong>Foyer Reyer</strong>,</a> Opéra de Marseille</pre>



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		<title>Dialogues des Carmélites Un drame dans l’épure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 07:31:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sorcières ou saintes, même destin. C’est sans doute la première pensée qui s&#8217;impose dans les dernières minutes de ce très beau Dialogues des Carmélites donné à l&#8217;Opéra de Marseille : qu&#8217;elles soient sorcières de Salem ou carmélites de Compiègne, ce sont toujours les femmes qui paient le prix d&#8217;une crise collective et que l&#8217;on sacrifie, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Sorcières ou saintes, même destin. C’est sans doute la première pensée qui s&rsquo;impose dans les dernières minutes de ce très beau <em>Dialogues des Carmélites</em> donné à l&rsquo;Opéra de Marseille : qu&rsquo;elles soient sorcières de Salem ou carmélites de Compiègne, ce sont toujours les femmes qui paient le prix d&rsquo;une crise collective et que l&rsquo;on sacrifie, même lorsque, comme c&rsquo;est le cas dans cet opéra, ce sacrifice est « librement » consenti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épure de la mise en scène de <strong>Louis Désiré</strong> &#8211; fidèle à ce que Poulenc aurait sans doute souhaité, lui qui s&rsquo;agaçait qu&rsquo;on lui reproche, à l&rsquo;Opéra de Paris, de ne pas avoir mis « <em>des défilés de Sans-Culottes et des Carmagnoles à toutes les scènes</em> » &#8211; favorise sans doute cette prise de conscience. Là où un dispositif plus spectaculaire noierait l&rsquo;essentiel, le dépouillement laisse le drame parler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’à l’échafaud</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La tragédie est réelle. Le 17 juillet 1794, seize carmélites de Compiègne montent à l&rsquo;échafaud, quelques jours à peine avant la chute de Robespierre, ce qui a conduit certains à voir dans leur supplice le signe d&rsquo;une intervention divine précipitant la fin de la Terreur. L&rsquo;histoire nous est parvenue grâce à Marie de l&rsquo;Incarnation, qui échappa à l&rsquo;exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de cet opéra, trois figures dominent. Une Blanche de la Force, hantée par la peur, à la naïveté lumineuse &#8211; personnage auquel Poulenc s&rsquo;est identifié au point de confier : « <em>Blanche, c&rsquo;est moi</em> » -, incarnée avec une fraîcheur désarmante par <strong>Hélène Carpentier</strong>. Sœur Constance et sa grâce espiègle, portée par <strong>Ana Escudero</strong>. Et surtout Madame de Croissy, héroïne de l&rsquo;une des scènes de doute les plus bouleversantes du répertoire lyrique : cette prieure qui a consacré son existence à la prière, à la discipline et à la certitude, ne rencontre au moment décisif que le vide. Dans son agonie, elle avoue craindre la mort et va jusqu&rsquo;au blasphème. On notera que Bernanos a rédigé les <em>Dialogues</em> en 1947, alors qu&rsquo;il était lui-même en phase terminale d&rsquo;un cancer. Il mit le point final à l&rsquo;œuvre, s&rsquo;alita, et mourut le 5 juillet 1948. Dans ce rôle, <strong>Lucie Roche</strong> &#8211; enfant de Marseille &#8211; est sublime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais avant l&rsquo;échafaud, il y a le choix de Blanche d&rsquo;entrer dans les ordres. Dans le très beau duo entre la jeune femme et son frère le Chevalier de la Force (<strong>Léo Vermot-Desroches</strong>), une question affleure : serait-elle entrée au couvent pour servir Dieu ou plutôt fuir le lien trouble qui l&rsquo;unit à ce frère qui la surnomme « petit lièvre » et refuse de la laisser partir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène finale est un tableau en noir et blanc où ne pointe qu&rsquo;une touche de rouge : le collier au cou de chacune des martyres. L&rsquo;une après l&rsquo;autre, en montant à l&rsquo;échafaud, elles arrachent l’ornement, résignée, fuyante ou exaltée. Chaque collier claque comme la lame de la guillotine. Le <em>Salve Regina</em> composé par Poulenc s&rsquo;amenuise à mesure que le chœur se réduit, voix après voix avalées par le silence. Puis Blanche surgit de la foule pour rejoindre ses sœurs, in extremis, dans un élan à la fois désespéré et serein.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On se réjouit que cette œuvre, qui parle si profondément des femmes broyées par l&rsquo;Histoire, ait été dirigée ce soir-là par une femme : Debora Waldman, devenue en 2020 la première à la tête d&rsquo;un orchestre national permanent français&nbsp;: celui d’Avignon-Provence.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Spectacle donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 mars</mark> à l’Opéra de Marseille.</pre>



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		<title>Dialogues des Carmélites</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 09:32:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne présente plus Dialogues des Carmélites, sublime opéra de Poulenc adapté de la pièce de Bernanos, elle-même inspirée d’une histoire vraie. Soit la décapitation des religieuses de Compiègne à l’orée de la Révolution française. Pour donner vie à cette partition étourdissante, la cheffe Debora Waldman prendra la direction de l’Orchestre Philharmonique de Marseille. À [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"> On ne présente plus <em>Dialogues des Carmélites</em>, sublime opéra de Poulenc adapté de la pièce de Bernanos, elle-même inspirée d’une histoire vraie. Soit la décapitation des religieuses de Compiègne à l’orée de la Révolution française. Pour donner vie à cette partition étourdissante, la cheffe Debora Waldman prendra la direction de l’Orchestre Philharmonique de Marseille. À la mise en scène, Louis Désiré s’empare de ce chef-d’œuvre qui n’avait pas été monté depuis vingt ans à l’Opéra de Marseille. Hélène Carpentier, Lucie Roche, Angélique Boudeville et Eugénie Joneau, entre autres maîtresses du genre, prendront possession des très beaux rôles que propose cet étrange, paradoxal mais toujours terrassant hymne à l’obstination. </p>



<pre class="wp-block-verse"> S.CA.<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 25 au 29 mars<br></mark><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/dialogues-des-carmelites" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/dialogues-des-carmelites">Opéra de Marseille</a></pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Alain Planès</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 09:00:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Opéra de Marseille en collaboration avec Marseille Concerts accueille le pianiste Alain Planès pour un programme consacré à trois sonates de Joseph Haydn. Formé au Conservatoire de Paris, Planès a travaillé aux côtés de Menahem Pressler, György Sebök et Rudolf Serkin, avant de rejoindre l&#8217;Ensemble Intercontemporain sous la direction de Pierre Boulez. Il a construit [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Opéra de Marseille en collaboration avec Marseille Concerts accueille le pianiste Alain Planès pour un programme consacré à trois sonates de Joseph Haydn. Formé au Conservatoire de Paris, Planès a travaillé aux côtés de Menahem Pressler, György Sebök et Rudolf Serkin, avant de rejoindre l&rsquo;Ensemble Intercontemporain sous la direction de Pierre Boulez. Il a construit un répertoire centré sur les compositeurs qui lui sont les plus chers : Haydn, Schubert, Debussy. Dans les sonates de Haydn, il déploie une lecture à la fois érudite et personnelle. Car Haydn n&rsquo;est pas le compositeur paisible que l&rsquo;on croit : ses sonates regorgent de ruptures rythmiques, de fausses pistes, de silences calculés et d&rsquo;une fantaisie qui annonce Beethoven. Planès en restitue l&rsquo;humour, l&rsquo;invention et la malice avec précision et sensibilité.</p>



<pre class="wp-block-verse"> <em>A.-M.T.</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">29 mars (11 h)<br></mark><strong><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/alain-planes-joue-haydn-marseille-concerts" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/alain-planes-joue-haydn-marseille-concerts">Foyer Ernest Reyer</a></strong>, Opéra de Marseille</pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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