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Quand l’art contemporain investit l’Opéra de Marseille

Proposée par le Printemps de l’art contemporain à Marseille, une soirée de performances s’est déroulée pour la première fois à l’Opéra de Marseille, avec une forte présence de la danse

Une fois le contour du parvis de l’Opéra barriéré, la soirée débute par la performance de Luis Carricaburu Collantes. Passant un large tissu rectangulaire brun sur un piquet, il effectue une chorégraphie sur les larges plages de silence laissées entre trois déclenchements d’une sirène d’alerte, le tissu-drapeau devenant son partenaire. Au fil des évolutions, planant dans l’air de diverses manières, il se transforme en cape, lui masque le visage, ou l’enveloppe complètement, recroquevillé au sol, forme disparaissant sous le tissu. Un moment presque toréador, un autre dansant le piquet planté dans le ventre, amarré sur son nombril. Puis il enroule le tissu tout autour du piquet et le porte telle une lance vers les portes d’entrée de l’Opéra, le public s’inscrivant dans son sillage.

Pénombre

Dans le hall d’entrée, des cordes en nappes sonores, et sur le tapis rouge de l’escalier qui mène à la mezzanine, une silhouette noire, assise. Biro Soumare observe et bouge doucement ses bras, ses mains, le sol, fait mine d’expulser, de repousser, de ramasser. Il descend puis remonte toujours assis quelques marches, se recroqueville, puis va en se redressant jusqu’au premier palier, et continue sa danse sur un texte enregistré en slam, parlant de ses interrogations, doutes et certitudes, sur ce qu’est l’art, « don et malédiction », invitant le public ensuite, tout en continuant sa danse, à le suivre jusqu’en haut des escaliers, sur la mezzanine, plongée dans la pénombre. Trois apprenti·e·s du Ballet national de Marseille vont s’y frayer un couloir de danse au milieu d’un public compact, et proposer, sur une matière musicale électro-rugueuse, une danse en éclats intenses, déséquilibres, soubresauts, corps absorbants de façon synchrone des impacts rythmiques, débordant sans cesse des ronds de lumières des projecteurs.

S’enchainaient ensuite jusqu’à 23 heures une performance sonore de Kmar Douagi artiste et poétesse, puis musicale et lumineuse de Thomas Laigle, artiste sonore et visuel, ainsi qu’un concert de celine chiasera et Nosfera suivi d’un DJ set.

MARC VOIRY

La soirée de performances du Printemps de l’art contemporain à l’Opéra de Marseille a eu lieu le 21 mai.

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