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	<title>Archives des Oscars - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Oscars - Journal Zebuline</title>
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		<title>Comment reconstituer l’indicible</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 10:16:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 29 janvier 2024, Hind Rajab, une petite Palestinienne de 6 ans est en voiture avec sa famille qui tente de fuir Gaza. Pris pour cible par l’armée israélienne, six membres de sa famille meurent et Hind Rajab reste coincée à l’intérieur du véhicule. Elle contacte par téléphone Le Croissant Rouge Palestinien, espérant être sauvée. Tout en [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le 29 janvier 2024, Hind Rajab, une petite Palestinienne de 6 ans est en voiture avec sa famille qui tente de fuir Gaza. Pris pour cible par l’armée israélienne, six membres de sa famille meurent et Hind Rajab reste coincée à l’intérieur du véhicule. Elle contacte par téléphone Le Croissant Rouge Palestinien, espérant être sauvée. Tout en essayant de la maintenir en ligne, ses interlocuteurs, <strong>Omar</strong> <strong>A. Alqam etNisreen Jeries</strong> Qawas font tout leur possible pour qu’une ambulance lui parvienne. En vain ! L’ambulance envoyée sur place, aussi, a été détruite et ses deux secouristes tués. <strong>Kaouther Ben Hania</strong> a fait de cette tragédie un film dont on sort en larmes. Un film qui laisse à tout jamais des traces dans notre conscience et dans notre cœur. Un film dont je ne ferai pas la critique : le geste de Kaouther Ben Hania est un acte de résistance, un geste face à l’impuissance qu’on peut ressentir devant une tragédie. A Cinemed, devant une salle comble, qui l’a longuement applaudie et où elle a obtenu à la fois le Prix du public et celui de la Critique,  celle qui en 2023 avait réalisé <em>Les Filles d’Olfa</em> (<a href="https://journalzebuline.fr/les-filles-dolfa-la-tunisie-dans-lentre-deux/">https://journalzebuline.fr/les-filles-dolfa-la-tunisie-dans-lentre-deux/</a>) a expliqué avec émotion son projet et <em>La Voix de Hind Rajab.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;J’ai entendu cette voix dont quelques extraits circulaient sur Internet et pendant une fraction de seconde, j’ai eu l’impression qu’elle me demandait de l’aider. Un sentiment d’impuissance m’a envahie&nbsp;: impossibilité de l’aider. Cette voix me hantait. J’avais appris que le Croissant Rouge avait enregistré toute la conversation. J’ai commencé à me dire que je devais faire un film face à ce sentiment d’impuissance. Je ne voulais pas que cette enfant devienne un numéro, je voulais lui donner un visage et une voix. J’ai joint le Croissant Rouge pour pouvoir écouter tout l’enregistrement et cela a été une des choses que j’ai écoutées, la plus dure de ma vie. J’ai contacté la famille de Hind et j’ai parlé avec sa mère qui était encore à Gaza, une personne admirable&nbsp;: </em>«&nbsp;Ce film ne se fera que si vous le désirez. C’est votre décision&nbsp;<em>» lui ai-je dit&nbsp;; elle a été tout de suite partie prenante du film. J’ai rencontré les personnes du Croissant Rouge qui m’ont raconté leur journée et ont aussi &nbsp;intégré le projet.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>L’écriture du film</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;J’ai envoyé le premier jet du scénario et on a beaucoup dialogué. &nbsp;Idem pour les acteurs. J’ai écouté la voix en février, ai reçu l’enregistrement en juillet et on a tourné en novembre. Je sentais l’urgence de le faire. L’écriture n’a pas pris beaucoup de temps.&nbsp;Ils m’ont beaucoup parlé&nbsp;: c’était important de voir ce qu’ils avaient ressenti. Au cœur il y a la voix et il fallait trouver la bonne forme pour faire ce film&nbsp;; j’ai croisé les différents éléments, la retranscription de la voix et les témoignages Je voulais quelque chose de vertigineux, comment retranscrire l’impuissance vertigineuse.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Les choix de mise en scène</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>J’ai souhaité faire appel à des comédiens. C’est un film de reconstitution&nbsp;; il me fallait des interprètes&nbsp;; je ne pouvais pas faire appel à eux pour qu’ils rejouent ce qu’ils avaient vécu. C’est un film en huit clos&nbsp;: je voulais raconter du point de vue de ceux qui ont reçu l’appel. &nbsp;On les voit dans un open space. Et on a le son qui est le hors- champ, le bombardement, la voiture assiégée. &nbsp;Les spectateurs sont là, avec eux avant que la mort n’arrive. On aurait pu la sauver. Pourquoi n’a-t-on pas pu&nbsp;? J’aurais aimé ne pas faire de film mais cette histoire a eu lieu. On a tourné en Tunisie puisque l’espace du huis clos est un décor. Les comédiens (Saja Kilani, Motaz Malhees, Clara Khoury, Amer Hlehel) sont palestiniens et partagent cette tragédie. Il y a eu des moments si intenses qu’ils avaient du mal à jouer…</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fiction ou documentaire se demanderont peut-être certains. Un film qui en rejette les frontières, et surtout un film de résistance face à la barbarie. Un film indispensable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le public de la Mostra de Venise où a eu lieu la première projection l’a bien compris en faisant à Kaouther une standing ovation de 23 minutes. <em>La Voix de Hind Rajab</em> y a obtenu le Grand Prix du Jury et représentera la Tunisie aux Oscars 2026&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salles le 17 novembre</p>
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		<title>Dans les cicatrices irlandaises</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 14:40:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les « Troubles » ont déchiré l’Irlande durant une trentaine d’années. Plus 3 500 personnes ont été tuées dont plus de la moitié des civils et plus de 50 000 personnes blessées. Parmi les quartiers les plus touchés, New Lodge, une enclave républicaine au cœur de Belfast, un ensemble de tours. C’est là qu’Alessandra Celesia est allée [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les « Troubles » ont déchiré l’Irlande durant une trentaine d’années. Plus 3 500 personnes ont été tuées dont plus de la moitié des civils et plus de 50 000 personnes blessées. Parmi les quartiers les plus touchés, New Lodge, une enclave républicaine au cœur de Belfast, un ensemble de tours. C’est là qu’<strong>Alessandra Celesia </strong>est allée à la rencontre des gens, encore hantés par la violence et la mort. Pour cette cinéaste italienne dont le mari est irlandais, <em> « filmer est une manière de s’interroger et de se “soigner”. Il y a quelque chose que tu ne comprends pas du monde et c’est en le filmant que tu essaies de le saisir. Filmer le réel, c’est tenter d’y mettre un peu d’ordre aussi. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle a rencontré <strong>Joe McNally</strong>, un républicain à fleur de peau qui ne s’est jamais remis de la mort de son oncle, tué par les loyalistes à l’âge de 17 ans. Il en avait 9, reste traumatisé, et suit des séances avec sa psychologue <strong>Rita Overend&nbsp;</strong>: «<em>&nbsp;Je vois toujours les choses à travers mon regard d&rsquo;enfant de neuf ans, je continue de les voir de la même manière</em>&nbsp;», lui confie-t-il. Alessandra Celesia, après de longs mois passés avec Joe et ses proches, leur a proposé de revisiter leurs souvenirs, de remonter le temps jusqu’en 1975. Joe devant un cercueil colle un pansement sur le nez du jeune homme qui y est allongé. C’est le seul souvenir qui lui reste&nbsp;: son oncle avait été abattu d’une balle à l’arrière de la tê<a>t</a>e, ressortie par son nez.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le passé sur les épaules</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs séquences, souvent émouvantes, émaillent ce documentaire où alternent présent et passé&nbsp;: des images d’archives dominées par des teintes de bleu nous rappellent des moments terribles comme la mort de Bobby Sands, un des responsables de l&rsquo;IRA, après une grève de 66 jours. Cette période violente a laissé des souvenirs, des traces douloureuses sur les habitants des&nbsp;<em>flats</em>&nbsp;(«&nbsp;appartements&nbsp;») de New Lodge qui continuent de vivre là, portant le passé sur leurs épaules.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le regard bienveillant et lucide d’<strong>Alessandra Celesia </strong>permet d’approcher un pan de l’histoire de l’Irlande qui avait déjà été le décor d’un de ses films précédent, <em>Le Libraire de Belfast </em>en 2011. Avec ce nouveau documentaire très réussi – et co-produit par la société marseillaise <strong>Films de Force Majeure </strong>– elle réussit un voyage de remémoration attachant, qui a été sélectionné dans de nombreux festivals et est en lice pour la sélection des Oscars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>The Flats</strong>, d’<em>Alessandra Celesia</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>En salles le 5 février</strong></mark></p>
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		<title>Des femmes noires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2022 17:55:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme noire s’avance dans la mer, un enfant dans les bras, la nuit alors que s’amplifie le bruit des vagues. Une femme s’éveille, regard tourmenté, après un cauchemar. Un amphi rempli d’étudiants, visages attentifs, tendus vers l’écran&#160;où défilent des images d’archives de femmes tondues à la Libération, accompagnées d’un extrait d’Hiroshima mon amour de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Une femme noire s’avance dans la mer, un enfant dans les bras, la nuit alors que s’amplifie le bruit des vagues. Une femme s’éveille, regard tourmenté, après un cauchemar. Un amphi rempli d’étudiants, visages attentifs, tendus vers l’écran&nbsp;où défilent des images d’archives de femmes tondues à la Libération, accompagnées d’un extrait d’<em>Hiroshima mon amour </em>de Marguerite Duras… «&nbsp;<em>O douleur, je suis perdue dans la nuit</em>&nbsp;». Une professeure de littérature et romancière, Rama, part à Saint Omer assister au procès d’une femme accusée d’avoir tué sa fille de 15 mois. Ces images, comme mises en miroir dès le début du premier film de fiction d’<strong>Alice Diop</strong>, <em>Saint Omer</em>, en donnent un peu la clé. Regards de femmes sur des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Qu’est-ce qu’être mère&nbsp;?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alice Diop était connue jusqu’alors pour ses documentaires courts et longs dont <em>Nous,</em> prix du meilleur documentaire à la <em>Berlinale</em> 2021. Et c’est bien le réel qui a inspiré <em>Saint Omer</em>&nbsp;: une photo, d’abord, que la cinéaste a vue dans <em>Le Monde</em>, devenue une sorte d’obsession. Un cliché de Fabienne Kabou, sénégalaise comme elle. Elle va donc en 2016 assister au procès de cette femme qui a tué son enfant métisse. Fabienne Kabou devient Laurence Coly. Alice Diop a reconstitué son procès à partir de ces minutes mêmes&nbsp;; nous y assistons en même temps que Rama que bouleverse profondément la vie de cette femme. Qu’est-ce qu’être mère&nbsp;? De quelles douleurs, de quels non-dits héritons-nous&nbsp;? Le film se bâtit autour de ces deux personnages, celle qui ne sait pas pourquoi elle a tué son enfant, celle qui veut tenter de comprendre, si quelque chose peut être compris. Dans sa chambre d’hôtel, elle regarde, sur son ordinateur, Maria Callas tuant ses enfants dans le <em>Médée</em> de Pasolini… Au fil des heures, au fil des jours, au tribunal, des regards s’échangent. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Blessures intimes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le visage souvent impassible, Laurence Coly, interprétée magistralement par <strong>Guslagie Malanda</strong>, dans un langage soigné, évoque son adolescence, ses rêves, ses aspirations contrariées par sa famille, son amour pour un homme de 30 ans son ainé et surtout sa grande solitude. <strong>Kayije Kagame</strong> joue avec retenue Rama qui peu à peu change, prenant conscience de ses blessures intimes. Dans une mise en scène parfaite, la caméra de <strong>Claire Mathon</strong> capte les émotions de tous ceux qui témoignent, de ceux qui assistent, de celle qui dit et de celle qui écoute. Les plans du visage de Laurence Coly devant les boiseries ocres de la salle d’audience ont la beauté de tableaux. «&nbsp;<em>Les premières références que j’ai envoyées à Claire Mathon étaient des tableaux. Il y avait </em>La Ferronnière<em> de Léonard de Vinci, certains tableaux de Rembrandt, des modèles noirs peints par Cézanne, et puis un tableau qui m’a beaucoup frappé au MET, </em>Grape Wine <em>d’Andrew Wyeth, le portrait d’un</em> <em>vagabond noir, peint comme aurait pu l’être un tableau de Titien.</em>&nbsp;» Et c’est avec le visage d’<strong>Aurélia Petit </strong>(l’avocate) lors de la plaidoirie, face caméra, que nous quittons la salle de tribunal, bouleversés. Le film nous interroge, nous traverse et remet peut-être en question nos certitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse">En salle le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 novembre</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Alice Diop présente <em>Saint-Omer</em> le vendredi 25 novembre à 20 heures aux Variétés</mark>, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille.</mark></p>
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