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	<title>Archives des Palestine - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Palestine - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Elle est morte de Gaza »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2026 14:05:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sophie Calle expliquait sur TV5 Monde le 18 octobre que son amie Leïla Shahid était «&#160;morte de chagrin, morte de Gaza&#160;». Un hommage vibrant a été rendu le 1er novembre par les Rencontres d’Averroès à la diplomate palestinienne, à la compagne de route de Yasser Arafat, à celle qui n’a cessé de se battre pour [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Sophie Calle expliquait sur TV5 Monde le 18 octobre que son amie Leïla Shahid était «&nbsp;<em>morte de chagrin, morte de Gaza</em>&nbsp;». Un hommage vibrant a été rendu le 1<sup>er</sup> novembre par les Rencontres d’Averroès à la diplomate palestinienne, à la compagne de route de Yasser Arafat, à celle qui n’a cessé de se battre pour la Palestine. Et pour la solution à deux États. À celle qui n’y croyait plus guère, lorsqu’en 2022, aux <em>Rencontres d’Averroès</em>, elle parlait du processus de paix comme d’un échec, et réclamait l’égalité, et non la paix. Parce que les accords d’Oslo étaient bafoués depuis 1993 par Israël, et que son mépris du droit international prenait appui sur la complicité du monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’émotion était palpable sur la scène, dans la salle, la conscience que le génocide en cours à Gaza a tué Leïla Shahid. Tous ceux, toutes celles qui l’ont croisée ont parlé de son rire, son incessant bavardage, les liens qu’elle savait créer. La réalisatrice <strong>Simone Bitton</strong> a aussi évoqué ses détresses, ses désespoirs, les morts violentes qui avaient «&nbsp;<em>creusé des trous</em>&nbsp;» en elle, celle de sa mère, de Yasser Arafat. Et Sabra et Chatila. L’effroi et l’effondrement de celle qui a été une des premières, au lendemain du massacre, à pénétrer dans les camps, à constater l’horreur perpétrée par les milices chrétiennes libanaises, avec la complicité d’Israël. Leïla Shahid, explique Simone Biton, y a survécu, elle croyait encore pouvoir convaincre l’Europe, les Nations unies. Elle avait planté un olivier, emblème de paix, dans son jardin gardois. Ils sont aujourd’hui arrachés par centaines de Cisjordanie, et symbolisent le nettoyage ethnique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D’où peut venir l’espoir ? </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Simone Bitton raconte encore comment Leila Shahid guettait la moindre déclaration de soutien venue des juifs d’Israël ou du monde. De France, où elle vivait, de Marseille où elle passait souvent. Comment elle&nbsp;lui traduisait les articles en hébreu de l’opposition de gauche, comment elle y voyait, encore, le seul espoir pour son peuple.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intervention de <strong>Majed Bamya</strong>, «&nbsp;<em>fils adoptif de Leïla comme tous les enfants de Palestine</em>&nbsp;», est plus émouvante encore. Le diplomate, qui lui a succédé, représente la Palestine et coordonne la campagne pour la libération de Marwan Barghouti, leader cisjordanien du Fatah enlevé à Ramallah en 2002 et emprisonné depuis. Sur l’écran, en retransmission, il a du mal à retenir ses larmes. C’est en poète qu’il évoque la douleur de son absence, livre son désarroi, son impuissance. C’est en diplomate qu’il appelle les États à sortir de leur inaction, voire de leur complicité, face au génocide.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Tenir bon face aux nihilismes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La table ronde <em>Quand la puissance s’affranchit du droit</em> – reportée le 1<sup>er</sup> novembre en raison des manifestations interdites à Marseille le 31 octobre – s’est concentrée sur Israël. Pour <strong>Nadim Houry</strong>, juriste libanais, le droit international, notion mise en place en réaction à la Seconde Guerre mondiale, a toujours été bafoué, mais a aussi servi de relative boussole. Or il n’est plus seulement question de l’outrepasser, mais de le détruire, de nier son existence, dans l’Amérique trumpiste en particulier. Pour <strong>Jérôme Heurtaux</strong>, auteur en 2025 de <em>Le droit international est-il mort à Gaza&nbsp;?</em>, le constat est simple&nbsp;:&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un nettoyage ethnique est en cours en Cisjordanie et désormais au Sud Liban</li>



<li>des crimes de guerres et des crimes contre l’humanité sont perpétrés par Israël</li>



<li>un génocide est en cours à Gaza </li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette qualification est indéniable étant donné le nombre de morts, les cibles civiles, les 21 000 enfants tué·es, les déplacements et la famine organisée, et l’intention génocidaire clairement énoncée par plusieurs membres du gouvernement israélien et de l’armée . Or la <em>Convention internationale pour la prévention et la répression du crime de génocide</em> oblige les nations signataires, dont la France, à intervenir dès qu’ils ont connaissance d’un génocide, et non quand la Cour Internationale de Justice, qui est saisie, aura rendu son verdict.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tous les intervenants, il s’agit aujourd’hui de peser sur les gouvernements pour qu’ils respectent le droit international. <strong>Sophie Bessis</strong>, historienne Franco-Tunisienne, militante féministe, politique, fait entendre ce qui reste pour elle la seule note d’espoir de la cause palestinienne&nbsp;aujourd’hui : les peuples européens s’en sont emparés, brandissent le drapeau, les jeunesses qui défilent rappellent ceux qui les gouvernent à respecter le droit international, et s’opposent à leurs dirigeants. Car l’État d’Israël a toujours bafoué le droit international qui l’a fait naître, paradoxe qui explique, selon Jérôme Heurtaux, la difficulté à penser une solution. La difficulté, aussi, à admettre que le peuple victime de la Shoah peut à son tour commettre un génocide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’Orient-Le Jour</em>, quotidien libanais partenaire de cette édition des Nouvelles Rencontres, dans son numéro spécial édité pour l’occasion, a publié un article d’Élie Fayad intitulé le <em>Processus de paix&nbsp;: une longue histoire d’occasions manquées</em>. Il y rappelle que «&nbsp;<em>le principe des deux États et des frontières de 1967</em>&nbsp;» auquel croyait Leïla Shahid, «&nbsp;<em>reste</em> <em>à ce jour la seule issue raisonnable, parce qu’elle renvoie dos à dos les nihilistes des deux bords.</em>&nbsp;» Tous ceux qui disent qu’il n’y a pas d’avenir sans élimination de l’autre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse">L’hommage <em>En l’absence de Leïla Shahid</em> et la table ronde <em>Quand la puissance s’affranchit du droit</em> ont eu lieu le 1<sup>er</sup> novembre au Théâtre de l’Odéon, Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Rentrée littéraire : « Le Livre de la disparition », ou le rire glaçant d’Ibtisam Azem</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 09:14:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Matin ordinaire à Tel-Aviv. Les cafés ouvrent leurs volets, les voitures roulent. Mais quelque chose cloche. Les ouvrières horticoles, les serveurs et les chauffeurs n&#8217;ont pas pris leur poste. Les check-points sont déserts. Quatre millions de Palestiniens ont disparu sans trace, sans explications, sans revendication. Le pays est à l&#8217;arrêt. Et une question est sur [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Matin ordinaire à Tel-Aviv. Les cafés ouvrent leurs volets, les voitures roulent. Mais quelque chose cloche. Les ouvrières horticoles, les serveurs et les chauffeurs n&rsquo;ont pas pris leur poste. Les check-points sont déserts. Quatre millions de Palestiniens ont disparu sans trace, sans explications, sans revendication. Le pays est à l&rsquo;arrêt. Et une question est sur toutes les lèvres : «&nbsp;<em>que s&rsquo;est-il passé ?&nbsp;</em>»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée de cette dystopie, qui pousse à son paroxysme le souhait porté par la frange dure de la population israélienne, est géniale. Dans <em>Le Livre de la disparition</em>, la romancière palestinienne <strong>Ibtisam Azem</strong> s’en empare avec délectation. Publié en arabe en 2014, il est enfin traduit en français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du roman, deux hommes. Ariel Levy est journaliste israélien, progressiste, athée, convaincu d&rsquo;appartenir au camp de la paix. Alaa Assaf est cameraman palestinien, petit-fils de Teta, grand-mère qui vient de mourir. Ils sont voisins à Tel-Aviv, se respectent, se déclarent amis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient le matin sans Palestiniens. L&rsquo;État d&rsquo;urgence est déclaré. Les recherches battent leur plein. Si les extrémistes et les colons se félicitent de voir le pays, « nettoyé », la majorité de la population, est hébétée. D&rsquo;autres, comme Ariel, sont saisis de culpabilité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le carnet rouge</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour trouver des indices, ce dernier pénètre dans l&rsquo;appartement de son ami. Il y découvre un carnet rouge, le journal d&rsquo;Alaa. Au fil des pages, le juif mesure l&rsquo;abîme qui les sépare et dont il n’avait pas conscience. Dans ses écrits, le palestinien consigne les souvenirs de sa grand-mère Teta qui vivait à Jaffa en 1948, année de la <em>Nakba</em>, «&nbsp;<em>la catastrophe&nbsp;</em>»<em>.</em> Les Juifs occupent la ville, chassent la population arabe qui passe de 100 000 à 4 000 habitants. Tandis que son mari s&rsquo;exile à Beyrouth, Teta, bien qu’expulsée, choisit de rester dans la ville. Un jour, elle retourne dans sa maison espérant récupérer les rideaux qu&rsquo;elle a cousus. Un couple de juifs y est installé. Elle repart les mains vides. Ariel prend peu à peu conscience, avec difficulté, du poids que porte son ami dans un pays qui lui demande de sourire et d&rsquo;être reconnaissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La colère contenue</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="585" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=400%2C585&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138037" style="aspect-ratio:0.6837752458027189;width:318px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=150%2C219&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=300%2C439&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=287%2C420&amp;ssl=1 287w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il se souvient d&rsquo;un accès de fureur d&rsquo;Alaa, un soir où Ariel lui avait fait observer, avec la bienveillance du libéral convaincu, qu&rsquo;il vivait tout de même dans un État moderne, avec des libertés qu’envieraient les réfugiés de Beyrouth. Alaa avait explosé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Disparition</em> fait surgir avec clarté ce qu&rsquo;Azem fait murmurer à travers la voix d’Ariel : « <em>Que s&rsquo;est-il passé à tes citoyens sains d&rsquo;esprit, ô patrie ? Depuis que nous avons établi cet État, creusons-nous notre tombe de nos propres mains ? Allons-nous exécuter l&rsquo;agenda des colons et réaliser leurs rêves ? Ce sont les premiers ennemis de l&rsquo;État.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le génie d&rsquo;Ibtisam Azem est de mettre en lumière, en creux, l&rsquo;importance d&rsquo;une présence quotidienne et de montrer à quel point l&rsquo;économie, la culture, le quotidien d&rsquo;Israël repose sur une présence palestinienne indispensable tant le destin des deux peuples est intriqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibtisam Azem est née et a grandi, près de Jaffa. Elle est fille et petite-fille de déplacés de 1948. Elle a étudié à l&rsquo;Université hébraïque de Jérusalem, à Freiburg en Allemagne, avant de s&rsquo;installer à New York où elle travaille comme journaliste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Livre de la disparition</em>, <strong>Ibtisam Azem</strong><br>Éditions Globe – 21€<br>Traduit de l'arabe par Leïla Tahir<br>Paru le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 26 août</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Au fil du FID</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 14:15:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelques films parmi les 133 présentés au FID cette année Tellement de films à voir&#160; à cette 37e édition du FID Marseille qui se tient du 7 au 12 juillet Alors il faut choisir&#160;: en se fiant aux synopsis, optant pour des thèmes, des styles quand on connait le travail de certains cinéastes. Il y [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelques films parmi les 133 présentés au FID cette année</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tellement de films à voir&nbsp; à cette 37<sup>e</sup> édition du FID Marseille qui se tient du 7 au 12 juillet Alors il faut choisir&nbsp;: en se fiant aux synopsis, optant pour des thèmes, des styles quand on connait le travail de certains cinéastes. Il y a eu des déceptions, parfois même de petites irritations aussi, mais aussi de bonnes surprises, dont on vous parle ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un mercredi&nbsp; au FID</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>A Requiem in Bishkek</em></strong> <strong>(Compétition Premier film)</strong><br>Dans <em>A Requiem in Bishkek</em>, <strong>Di Sica Ray</strong> nous entraine sur les pas d’un homme déraciné et isolé dans la capitale du Kirghizistan. Il vit dans un hangar en forêt et c’est Di Sica Ray lui même qui le campe, toujours vêtu d’un anorak jaune et coiffé d’une chapka. On le suit dans toutes ses activités quotidiennes, dans ses déplacements dans les rues de Bishkek, au musée où il se sent revivre et surtout on découvre sa créativité à partir d’anciennes pellicules qu’il recycle. De jolies images qu’il fabrique artisanalement, contrastant avec celles, dures, d’une ville et d’un pays en plein troubles. <strong><em>A Requiem in Bishkek</em>, Di Sica Ray a obtenu le Prix de la Fondazione Claudia Cardinale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Muche dumbre</em></strong><strong> (Compétition Internationale)</strong><br>Une terre marquée par la violence&nbsp;: un village fantôme, un pont suspendu, une chèvre blanche morte, des images récurrentes. Des visages ravagés, certains mutiques, quelques confidences arrachées. Que s’est il passé dans ce village&nbsp;: on apprend qu’un chef d’un groupe paramilitaire Los Chulavitas, Roque Ferreira, y a semé la terreur dans les années 1950. Mais les gens sont comme frappés d’amnésie et méfiants&nbsp;: «<em> Arrêtez de poser des questions. On a déjà fait un film ici. Partez&nbsp;!</em>&nbsp;» lance l’un d’entre eux à <strong>Felipe Rugeles</strong> qui va retrouver ces rushes et mêler passé et présent. Traces de sang, décors en cartons, maquettes de cadavres, reconstitutions&nbsp;: une manière pour le cinéaste de poser la question de la violence en Colombie et de sa représentation.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="366" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?resize=696%2C366&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137652" style="width:351px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?resize=1024%2C538&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?resize=300%2C158&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?resize=768%2C403&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?resize=150%2C79&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?resize=696%2C365&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?resize=1068%2C561&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?resize=800%2C420&amp;ssl=1 800w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Muche-dumbre.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Muche dumbre</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>1948&nbsp;<em>: L’Amertume que nous avons connue</em><br></strong>Le premier volet du programme conçu par <strong>Iris Neidhardt</strong>, «&nbsp;1948&nbsp;: L’Amertume que nous avons connue&nbsp;» a permis de voir deux films très forts. Celui du Syrien<strong> Omar Amiralay</strong>, <em>There are so many things still to say</em>&nbsp;(1997) et celui du Palestinien <strong>Michel Khleifi</strong>, <em>Ma&rsquo;loul fête sa destruction</em> (1984).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le premier, le célèbre dramaturge syrien <strong>Saadallah Wannous</strong>, très malade, réfléchit à la question palestinienne et au conflit entre Israël et le monde arabe et parle avec son ami <strong>Omar Amiralay</strong> de la manière dont ce conflit a bâti sa vie et celle de toute une génération. Des moments très touchants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième film celui de <strong>Michel Khleifi</strong>, nous fait suivre des familles palestiniennes qui pique niquent sur les terres qu’on leur a volées, le seul jour où elles sont autorisées à y retourner, le Jour de l’indépendance de l’État d’Israël. Leur village Maaloul, a été détruit par Israël après la guerre de 1948. Les anciens se souviennent et à partir d’un tableau peint par l’un d’ente eux, revoient leurs maisons et leurs arbres. Un film que tout le monde devrait voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>El anorak rojo</em> (Compétition Internationale)</strong><br>Un anorak rouge. Un bel inconnu dans un bar à Madrid. Les Visions d’Anne-Catherine Emmerich. La place Furstenberg à Paris, déserte, pendant Mai-68. Une écharpe jaune et bleue. Un homme raconte une succession de rencontres, de rendez-vous manqués avec l’homme à l’anorak rouge dont un dans un cinéma où est projeté <em>Pointilly, </em>un film réalisé en 1972. Le bel inconnu lui a fait avaler une capsule rouge, un philtre d’amour sans doute puisque les effets ont duré trois ans… Puis ce sera au tour de la femme de raconter sur écran noir le chemin du bel inconnu que des images viennent illustrer. Comme un « conte illustré » précise <strong>Adolfo Arrieta</strong> qui a réalisé et auto produit ce film magique, inspiré par une rencontre dans les années 1990, dans la discothèque Pacha de Madrid. Un film qui nous embarque entre rêve et réalité.<strong><em>El anorak rojo:</em> Mention Spéciale du Jury de la Compétition Internationale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un jeudi au FID</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Geldikçe Bahar, As the Spring arrives, Water recalls the Nomads</em></strong><strong> (Compétition Premier film)</strong><br>Le tronc d’un hêtre majestueux. Une forêt. La cueillette de thym, Des bergers dans une vallée du sud est de la Turquie. C’est le mode de vie de ces éleveurs nomades que la modernité a fait peu à peu disparaitre que retrace <strong>Dilşad Aladağ</strong>,chercheuse et petite fille de bergers. Elle nous emmène en promenade avec Mahmut, Neva et les autres sur les traces des migrations saisonnière tout comme l’avait fait en 1957 l’ethnologue allemande, Ulla Johansen dont nous découvrons les superbes photos. Longues séquences sur les paysages avec au centre, des mots, comme des notes de terrain et des informations sur la mutation forcée de ce nomadisme agraire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="366" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?resize=696%2C366&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137653" style="width:337px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?resize=1024%2C538&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?resize=300%2C158&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?resize=768%2C403&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?resize=150%2C79&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?resize=696%2C365&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?resize=1068%2C561&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?resize=800%2C420&amp;ssl=1 800w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/chicken-soup-1200x630-crop.png?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">chicken-soup</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Chicken soup</em> (Compétitions Française et Premier film)<br></strong>Un groupe d’amies à New York en pleine discussion sur la nécessité d’ôter ses chaussures chez soi et chez les autres. Lili (<strong>Louise Leroy</strong>) française, n’en voit pas la nécessité, ce qui a provoqué la rupture avec son copain. C’est par une vraie séquence de comédie que commence le film de <strong>Caroline Milcent</strong>, <em>Chicken soup.</em> Lili fait du baby sitting pour gagner sa croute et les scènes dans la maison où elle garde deux enfants sont hilarantes. Mais dans un square avec les petits, elle ne peut présenter sa green card à deux policiers et leur résiste. Visa dépassé, travail illégal ! Lili se retrouve embarquée : interrogatoires sans fin, fouilles au corps répétées… Elle n’est plus Lili mais le numéro 72 19 ! On n’est plus dans la comédie mais dans une sorte de cauchemar tragique que la réalisatrice traite avec un humour grinçant. On est en novembre 2024 et Trump va être réélu… Une situation prémonitoire, inspirée par des événements réels. Un film qui fait rire et grincer des dents en même temps. <strong><em>Chicken soup</em> récompensé 3 fois:</strong> M<strong>ention Spéciale du Jury de la Compétition française, Prix Renaud Victor et Prix de L&rsquo;Ecole de la 2e chance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA ET ELISE PADOVANI</p>
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		<title>Dans les archives palestiniennes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 06:54:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Pour moi, réaliser ce film est un acte de résistance. » affirme Kamal Aljafari, le réalisateur du documentaire A Fidai Film, un film d’archives, retrouvées, retravaillées, montées qui tentent de reconstituer une mémoire disparue, celle du peuple palestinien. &#160; Un bord de mer, des vagues, une comptine… Des images en noir et blanc et la couleur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Pour moi, réaliser ce film est un acte de résistance.</em> » affirme <strong>Kamal Aljafari,</strong> le réalisateur du documentaire <em>A Fidai Film</em>, un film d’archives, retrouvées, retravaillées, montées qui tentent de reconstituer une mémoire disparue, celle du peuple palestinien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp; Un bord de mer, des vagues, une comptine… Des images en noir et blanc et la couleur rouge du sang versé, des flammes qui ravagent des immeubles. Des rues où patrouillent des soldats, des arrestations&nbsp;; des hommes à terre, mains sur la tête. Mais aussi des scènes de la vie quotidienne, des marchés, des enfants dans la boue. Des camions de Tsahal qui sortent, chargés de dossiers, pillés au siège de l’OLP. Ce sont ces archives dont Kamal Aljafari a récupéré une partie qui vont peu à peu nous raconter l’histoire du peuple palestinien. Des images terribles comme celles de la violente explosion en plein cœur de Beyrouth- ouest à l’heure du déjeuner, (220 kg de TNT) puis aux obsèques, en gros plan, une femme qui pleure. La mer, rouge du sang versé. Le camp de Badaoui où l’l’UNRWA accueillent les réfugiés palestiniens et où ont lieu des affrontements, des arrestations, des massacres. Des fils rouges et des flashs rayent ces images. Et tout à coup un intertitre&nbsp;: <em>«&nbsp;La caméra des expropriés</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra des dépossédés « <em>dans le sens où il s’agit de rassembler et de collecter ce qui est possible de l’être, du point de vue de quelqu’un qui a tout perdu. </em>» Deux types d’images : des archives avec des inscriptions de l’armée israélienne, grattées en rouge et des extraits de films de fiction. Des silhouettes recouvertes de rouge qui deviennent des fantômes. Des séquences auxquelles le travail sonore d’<strong>Attila Faravelli </strong>redonne vie. Un film personnel et universel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ce film est autobiographique, parce qu’il traite du pays dont je viens. Je travaille librement et ce travail essaie de mettre de l’ordre, d&rsquo;ouvrir une voie pour que je puisse m’exprimer et exprimer mon rapport à ces images d’une manière qui devient universelle. Au bout du compte, ce film ne parle pas que de la Palestine, mais de tout endroit qui a été occupé et de tout peuple qui a subi l’oppression.&nbsp;» </em>Kamal Aljafari</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film nécessaire pour parler aussi de tous les peuples qui continuent à subir l’oppression et sont aujourd’hui sous les bombes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Annie Gava</strong><em></em></p>
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		<title>Ce qu’il reste de nous : Miroir d’un peuple</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 08:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux adolescents&#160; jouent à se poursuivre&#160; dans les rues dune ville et se retrouvent dans une manifestation. On est en Cisjordanie occupée, en 1988. Affrontements, tirs. L’un des deux, Noor (Muhammad Abed Elrahman)&#160; est à terre. En gros plan, regard caméra, une femme, visage ravagé : « Vous devez vous demander ce qu’on fait là. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Deux adolescents&nbsp; jouent à se poursuivre&nbsp; dans les rues dune ville et se retrouvent dans une manifestation. On est en Cisjordanie occupée, en 1988. Affrontements, tirs. L’un des deux, Noor (<strong>Muhammad Abed Elrahman</strong>)&nbsp; est à terre. En gros plan, regard caméra, une femme, visage ravagé : « <em>Vous devez vous demander ce qu’on fait là. Vous ne savez pas grand-chose de nous. Ce n’est pas grave ! Je ne vous fis pas de reproches. Je voudrais vous raconter qui est mon fils. Mais pour bien comprendre, vous devez savoir ce qui est arrivé à son grand –père. »</em> C’est ainsi que commence <em>Ce qu’il reste de nous,&nbsp; </em>le nouveau film de <strong>Cherien Dabis</strong>, inspiré par son histoire familiale qui est aussi celle du peuple palestinien</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1948, Salim, une dizaine d’années, vit à Jaffa, Palestine, avec sa famille dans une maison cossue où il fait bon vivre. Salim adore jouer avec son père qui lui apprend des poèmes. Mais des bombardements se rapprochent et le nord de Jaffa est évacué. Rester ou partir ? La décision est prise : la mère, Munira, (<strong>Maria Zreik </strong>) partira avec les enfants, comme des milliers d’autres Palestiniens. Un exode massif. L’état d’Israël est fondé et Jaffa est sous contrôle du nouvel état. L’orangeraie est confisquée, le père arrêté, frappé, envoyé dans un camp de travaux forcés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1978&nbsp;: la famille vit dans un camp de réfugiés, en Cisjordanie occupée. Salim est instituteur ; son père fait des crises de somnambulisme, a des problèmes cardiaques, et son fils Noor, lui reproche d’être lâche. Car lors d’un contrôle, braqué par des soldats israéliens qui l’ont mis à terre, insulté, il n’a pas réagi, craignant qu’ils ne s’en prennent &nbsp;à son fils. Une&nbsp; scène d’humiliation bouleversante où Noor se rend compte&nbsp; que son père, son héros, ne peut pas le protéger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1988, on se retrouve en pleine intifada : Noor est gravement blessé…et des choix vont s’imposer à Salim et sa femme, Hanan&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à travers cette saga en trois époques auxquelles s’ajoute un épilogue en 2022, que <strong>Cherien Dabis</strong> nous raconte, au-delà de l’histoire de cette famille , le drame de tout un peuple. « <em>Je voulais faire un film qui soit une lettre d’amour à mon peuple. Pour la première fois, on voit une famille palestinienne endurer ce qui nous est arrivé depuis 1948. ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est <strong>Mohammad  Bakri</strong>, acteur et cinéaste palestinien, disparu fin 2025,  qui  incarne Sharif en 1978.  son fils <strong>Adam Bakri</strong> interprète Sharif en 1948. Un autre fils, <strong>Saleh</strong> <strong>Bakri</strong> joue le rôle de Salim : quant à <strong>Cherien Dabis,</strong> elle incarne Hanan,  la mère de Noor. Un casting familial qui renforce le côté personnel et intime de ce film qui interroge aussi la relation entre le grand-père, le père et le fils. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une mise en scène classique, ce film qui évoque 70 ans d’Histoire, à travers un regard palestinien est un film nécessaire, que beaucoup devraient voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Annie Gava</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce qu’il reste de nous </em>sort en salles le 11 mars</strong></p>
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		<title>Comment reconstituer l’indicible</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 10:16:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 29 janvier 2024, Hind Rajab, une petite Palestinienne de 6 ans est en voiture avec sa famille qui tente de fuir Gaza. Pris pour cible par l’armée israélienne, six membres de sa famille meurent et Hind Rajab reste coincée à l’intérieur du véhicule. Elle contacte par téléphone Le Croissant Rouge Palestinien, espérant être sauvée. Tout en [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le 29 janvier 2024, Hind Rajab, une petite Palestinienne de 6 ans est en voiture avec sa famille qui tente de fuir Gaza. Pris pour cible par l’armée israélienne, six membres de sa famille meurent et Hind Rajab reste coincée à l’intérieur du véhicule. Elle contacte par téléphone Le Croissant Rouge Palestinien, espérant être sauvée. Tout en essayant de la maintenir en ligne, ses interlocuteurs, <strong>Omar</strong> <strong>A. Alqam etNisreen Jeries</strong> Qawas font tout leur possible pour qu’une ambulance lui parvienne. En vain ! L’ambulance envoyée sur place, aussi, a été détruite et ses deux secouristes tués. <strong>Kaouther Ben Hania</strong> a fait de cette tragédie un film dont on sort en larmes. Un film qui laisse à tout jamais des traces dans notre conscience et dans notre cœur. Un film dont je ne ferai pas la critique : le geste de Kaouther Ben Hania est un acte de résistance, un geste face à l’impuissance qu’on peut ressentir devant une tragédie. A Cinemed, devant une salle comble, qui l’a longuement applaudie et où elle a obtenu à la fois le Prix du public et celui de la Critique,  celle qui en 2023 avait réalisé <em>Les Filles d’Olfa</em> (<a href="https://journalzebuline.fr/les-filles-dolfa-la-tunisie-dans-lentre-deux/">https://journalzebuline.fr/les-filles-dolfa-la-tunisie-dans-lentre-deux/</a>) a expliqué avec émotion son projet et <em>La Voix de Hind Rajab.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;J’ai entendu cette voix dont quelques extraits circulaient sur Internet et pendant une fraction de seconde, j’ai eu l’impression qu’elle me demandait de l’aider. Un sentiment d’impuissance m’a envahie&nbsp;: impossibilité de l’aider. Cette voix me hantait. J’avais appris que le Croissant Rouge avait enregistré toute la conversation. J’ai commencé à me dire que je devais faire un film face à ce sentiment d’impuissance. Je ne voulais pas que cette enfant devienne un numéro, je voulais lui donner un visage et une voix. J’ai joint le Croissant Rouge pour pouvoir écouter tout l’enregistrement et cela a été une des choses que j’ai écoutées, la plus dure de ma vie. J’ai contacté la famille de Hind et j’ai parlé avec sa mère qui était encore à Gaza, une personne admirable&nbsp;: </em>«&nbsp;Ce film ne se fera que si vous le désirez. C’est votre décision&nbsp;<em>» lui ai-je dit&nbsp;; elle a été tout de suite partie prenante du film. J’ai rencontré les personnes du Croissant Rouge qui m’ont raconté leur journée et ont aussi &nbsp;intégré le projet.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>L’écriture du film</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;J’ai envoyé le premier jet du scénario et on a beaucoup dialogué. &nbsp;Idem pour les acteurs. J’ai écouté la voix en février, ai reçu l’enregistrement en juillet et on a tourné en novembre. Je sentais l’urgence de le faire. L’écriture n’a pas pris beaucoup de temps.&nbsp;Ils m’ont beaucoup parlé&nbsp;: c’était important de voir ce qu’ils avaient ressenti. Au cœur il y a la voix et il fallait trouver la bonne forme pour faire ce film&nbsp;; j’ai croisé les différents éléments, la retranscription de la voix et les témoignages Je voulais quelque chose de vertigineux, comment retranscrire l’impuissance vertigineuse.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Les choix de mise en scène</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>J’ai souhaité faire appel à des comédiens. C’est un film de reconstitution&nbsp;; il me fallait des interprètes&nbsp;; je ne pouvais pas faire appel à eux pour qu’ils rejouent ce qu’ils avaient vécu. C’est un film en huit clos&nbsp;: je voulais raconter du point de vue de ceux qui ont reçu l’appel. &nbsp;On les voit dans un open space. Et on a le son qui est le hors- champ, le bombardement, la voiture assiégée. &nbsp;Les spectateurs sont là, avec eux avant que la mort n’arrive. On aurait pu la sauver. Pourquoi n’a-t-on pas pu&nbsp;? J’aurais aimé ne pas faire de film mais cette histoire a eu lieu. On a tourné en Tunisie puisque l’espace du huis clos est un décor. Les comédiens (Saja Kilani, Motaz Malhees, Clara Khoury, Amer Hlehel) sont palestiniens et partagent cette tragédie. Il y a eu des moments si intenses qu’ils avaient du mal à jouer…</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fiction ou documentaire se demanderont peut-être certains. Un film qui en rejette les frontières, et surtout un film de résistance face à la barbarie. Un film indispensable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le public de la Mostra de Venise où a eu lieu la première projection l’a bien compris en faisant à Kaouther une standing ovation de 23 minutes. <em>La Voix de Hind Rajab</em> y a obtenu le Grand Prix du Jury et représentera la Tunisie aux Oscars 2026&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salles le 17 novembre</p>
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		<title>Extraits de la Nouvelle déclaration d’Avignon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 13:08:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous, femmes et hommes&#160;du spectacle, réunis à Avignon parce qu’un tel festival est aussi celui de la parole publique et des exigences civiques, ne nous résignant pas à l’impuissance, ni à l’invisibilisation du crime, déclarons notre solidarité avec le peuple palestinien. Nous exigeons la cessation du massacre de masse en cours ayant déjà tué un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Nous, femmes et hommes&nbsp;du spectacle, réunis à Avignon parce qu’un tel festival est aussi celui de la parole publique et des exigences civiques, ne nous résignant pas à l’impuissance, ni à l’invisibilisation du crime, déclarons notre solidarité avec le peuple palestinien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons la cessation du massacre de masse en cours ayant déjà tué un nombre effroyable d’enfants. Nous dénonçons la politique destructrice de l’État d’Israël. Nous appelons à la reconnaissance de l’État palestinien, à l’application des sanctions prévues par le droit international, à la suspension de l’accord d’association UE-Israël, et à l’arrêt de la criminalisation des prises de parole et des associations soutenant la cause palestinienne. Nous appelons enfin toutes et tous à rejoindre les mobilisations en cours.<br>[&#8230;]<br>En&nbsp;1995, la Déclaration d’Avignon avait été saluée par le président de la République, [&#8230;] trente ans plus tard, il est douloureux&nbsp;mais absolument fondamental&nbsp;de devoir rappeler qu’une vie palestinienne&nbsp;vaut une vie israélienne et toute autre vie humaine.<br>[…]<br>Nous sommes contemporains, après des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes génocidaires, de ce qui se dessine comme la disparition programmée d’un peuple, et notre responsabilité collective à toutes et tous est engagée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire la déclaration en intégralité sur <a href="https://www.telerama.fr/theatre-spectacles/festival-d-avignon-nous-femmes-et-hommes-du-spectacle-declarons-notre-solidarite-avec-le-peuple-palestinien-7026456.php"><em>telerama.fr</em>.</a></p>
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		<title>Au cœur de nos brûlures</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 12:55:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque été désormais notre région flambe, transformant nos forêts et maquis en désert, détruisant nos maisons et nos mémoires, épargnant encore nos vies, tandis qu’au Texas des enfants se noient par dizaines. La mise à sac des services d’alerte météo a entraîné le pire aux États-Unis trumpiens, il a été évité à Marseille par le [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Chaque été désormais notre région flambe, transformant nos forêts et maquis en désert, détruisant nos maisons et nos mémoires, épargnant encore nos vies, tandis qu’au Texas des enfants se noient par dizaines. La mise à sac des services d’alerte météo a entraîné le pire aux États-Unis trumpiens, il a été évité à Marseille par le courage de l’armée du feu, malgré une flotte de Canadair vieillissante et trop peu nombreuse. 70 maisons détruites, autant de vies dévastées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au <em>Festival d’Avignon</em>, ce sont d’autres dévastations qui reçoivent le soutien des artistes. Alors que la ministre s’annonce et se désiste – viendra viendra pas, la valse-hésitation serait comique si elle ne révélait pas l’intense rejet de sa politique, et son incroyable mépris du plus grand événement de théâtre du monde – les artistes s’engagent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laurence Chable, Anne Teresa de Keersmaeker, Radouan Mriziga, Milo Rau et Martial du Fonzo Bo, artistes signataires programmée au Festival d’Avignon, ont lu la <em>Nouvelle déclaration d’Avignon </em>devant la porte du Palais des papes. Respectivement en français, anglais, arabe, allemand et espagnol, sous le regard de Tiago Rodrigues. La tribune, parue dans<em> Télérama</em> et signée par des centaines d’artistes et professionnels de la culture, réclame la reconnaissance de l’État palestinien et l’application des sanctions prévues par le droit international [<em><a href="https://journalzebuline.fr/extraits-de-la-nouvelle-declaration-davignon/">lire ici</a></em>]. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mobilisation historique des artistes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Trente ans après Srebrenica, elle rappelle la grève de la faim historique des artistes après la <em>Déclaration d’Avignon</em> en 1995. Ariane Mnouchkine, Maguy Marin, Olivier Py, Emmanuel de Véricourt et François Tanguy avaient efficacement réveillé les consciences. Qu’en sera-t-il aujourd’hui, alors que la disparition de Thierry Ardisson occupe bien davantage les médias et la ministre que l’appel international devant le Palais des Papes&nbsp;? Qu’en sera-t-il, alors que l’Union européenne hésite à sanctionner un pays «&nbsp;ami&nbsp;» malgré la qualification de génocide, sans ambiguïté, de l’Onu, et les 56 000 morts dénombrés, dont la moitié d’enfants&nbsp;? Qu’en sera-t-il alors que l’effroyable atrocité du 7-Octobre semble légitimer pour certains la destruction systématique d’un peuple&nbsp;? &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants d’Abraham, les enfants de Sem, sont-ils devenus des ennemis irréconciliables&nbsp;? Les actes antisémites, anti-arabes, anti-migrants vont ils continuer de se multiplier jusque dans nos rues, dans nos lois, nos accords internationaux, nos déclarations publiques&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jamais plus nous ne pourrons dire «&nbsp;nous ne savions pas&nbsp;». Jamais plus nous ne pourrons dire «&nbsp;Israël a le droit de se défendre&nbsp;». L’État hébreu a démontré en Iran qu’il sait parfaitement cibler ses objectifs, et perpétrer des frappes chirurgicales s’il le veut. La destruction systématique des hôpitaux, des écoles, des universités, des immeubles d’habitations, des convois alimentaires, des journalistes et des soignants, est un projet politique. Génocidaire. Qu’il est criminel d’excuser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>
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		<title>19h51 Une nuit à Gaza </title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 09:45:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>19h51, c’est l’heure exacte à laquelle va se coucher le soleil sur la bande de Gaza ce 30 juin. C’est aussi l’heure à laquelle résonneront les poèmes de trois auteurs·ices palestiniens, toujours emprisonné·e·s dans ce territoire bombardé sans relâche par Israël.  Sur scène, des comédien·nes toulonnais·es s’empareront des textes de Nour Elassy – autrice et journaliste pour [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>19h51</em>, c’est l’heure exacte à laquelle va se coucher le soleil sur la bande de Gaza ce 30 juin. C’est aussi l’heure à laquelle résonneront les poèmes de trois auteurs·ices palestiniens, toujours emprisonné·e·s dans ce territoire bombardé sans relâche par Israël. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur scène, des comédien·nes toulonnais·es s’empareront des textes de <a href="https://www.instagram.com/nour.elassy/"><strong>Nour Elassy</strong> </a>– autrice et journaliste pour Associated Press – mais aussi de <strong>Hanan Azaiza</strong> et <strong><a href="https://www.instagram.com/anwr.yousef/?hl=fr">Anwr Yousef</a></strong> – qui partage son quotidien de guerre à travers la poésie sur Instagram. Autant de paroles nécessaires, face à l’oubli du monde pour ce territoire martyrisé. </p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">30 juin</mark><em><br></em><strong>Le Liberté</strong>, Scène nationale de Toulon</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Sawa Sawa, accueillir la Palestine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 14:24:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Durant toute l’année 2025, ce sont 33 artistes palestiniens qui sont accueillis en France, pour des durées très variables, allant de 2 à 8 mois. 24 autres doivent bénéficier de résidences en Palestine, mais la situation de guerre en perturbe fortement le déroulement. Ainsi le festival de danse de Ramallah, qui devait accueillir des artistes [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/sawa-sawa-accueillir-la-palestine/">Sawa Sawa, accueillir la Palestine</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Durant toute l’année 2025, ce sont 33 artistes palestiniens qui sont accueillis en France, pour des durées très variables, allant de 2 à 8 mois. 24 autres doivent bénéficier de résidences en Palestine, mais la situation de guerre en perturbe fortement le déroulement. Ainsi le festival de danse de Ramallah, qui devait accueillir des artistes du dispositif, n’a pas eu lieu depuis 2022, et est cette année encore fortement compromis. &nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Venir en France</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif Sawa Sawa, qui « <em>vise à la valorisation de la créativité des territoires palestiniens, y compris en temps de guerre</em> » est un projet d’État officiel : c’est le ministère des Affaires étrangères qui a mis en place cet appel à projet porté par l’<a href="https://www.institutfrancais-jerusalem.org/2024/07/08/sawa-sawa-residency-program-second-call/">Institut Français de Jérusalem</a>, invitant les artistes palestiniens à déposer leurs propositions. Les 33 lauréats ont pour certains commencé, voire fini leurs résidences, mais aucune publicité ou communication officielle de l’État français n’accompagne leur présence : des relations de soutien à l’État palestinien, que la France n’a pas encore reconnu et qu’elle nomme « <em>Territoires palestiniens de Gaza, Cisjordanie et Jérusalem </em>», imposent visiblement une discrétion diplomatique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la sécurité de ces artistes, qui pourrait aussi expliquer cette discrétion, ne se pose pas, les artistes palestiniens n’étant pas menacés en France. En revanche l’obtention des visas reste problématique. Ainsi le poète Mohammed Al Qudwa, réfugié en Egypte pour fuir les bombardements, vient à peine d’obtenir de la France, qui pourtant l’a retenu pour résidence, le visa qui va lui permettre de venir à <em><a href="https://www.passages-transfestival.fr">Transfestival</a></em> à Metz, après plusieurs mois d’attente et une annulation au festival <em>Diwan</em> en Lorraine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un paradoxe de plus en plus fréquent&nbsp;:&nbsp;les artistes bénéficiant d’une tournée ou d’une résidence en France peuvent obtenir un visa « <em>passeport talent</em><em> </em>», «<em> </em><em>profession artistique et culturelle</em> » qui ouvre la possibilité de demander une carte de séjour pluriannuelle. Ce visa permet d’éviter le statut de réfugié, qui restreint notamment le retour dans le pays d&rsquo;origine, ce que la plupart des artistes palestiniens ne souhaitent pas. Dans un contexte politique de restriction de la politique d’accueil, y compris pour des ressortissants de pays en guerre, l’arbitrage entre les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères semble délicat, et le ministère de la Culture est visiblement peu impliqué…</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au travail pour transmettre</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant l’État français accompagne bien ces artistes, leur permettant de construire des œuvres souvent engagées pour leur pays et la cause palestinienne. Il prend en charge les frais de déplacement, les frais de production des œuvres et donne à chaque artiste une allocation de vie de 1 000 euros mensuels. Les établissements culturels d’accueil, qui participent au choix des artistes, doivent les loger et construire avec eux un programme qui vise à leur faire connaître le tissu culturel français. Et si certains résidents travaillent à des projets lointains, sans présentation prévue en France, d’autres en profitent pour finaliser des œuvres qui seront programmées en France après leur résidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu contraints dans leurs productions, les artistes sont cependant déjà au travail. Six d’entre eux sont à Marseille, et trois d’entre eux à Avignon, où le Festival, la <a href="https://www.lagarance.com">Scène nationale de La Garance (Cavaillon) </a>et le Train bleu organisaient, avec l’association Présence Palestine, un temps de partage le 9 avril : <strong>Mohamed Alaloul</strong>, jeune artiste actuellement étudiant à Lille (et qui n’a donc pas besoin de visa !), transmettait le dabkeh, danse traditionnelle palestinienne inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco, à un groupe d’Avignonnais·e·s dont l’une remarquait les points communs avec la farandole provençale…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chorégraphes&nbsp;<strong>Ramz Sayyam</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Nowwar Salem</strong>&nbsp;présentaient &nbsp;leur projet de création chorégraphique et diffusaient leur film&nbsp;<em>Loving the Land.&nbsp;</em>Un court métrage poignant autour d’une maison absente, un cadre vide suspendu à un arbre mort, une eau versée lentement qui se transforme en sang… &nbsp;Elles vivent à Jérusalem et interviennent dans les camps de réfugiés en Cisjordanie, auprès des femmes et des enfants, utilisant la danse comme force de vie et de résistance. Ramz Sayyam parle clairement du génocide à l’œuvre, de la terreur dans les territoires occupés, de la Nakba (l’exode) de 1948, de la situation de colonisation depuis 1967, d’un futur qu’elle décrit comme une «&nbsp;libération&nbsp;».&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-129213" style="width:339px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/Nowwar-Salem-Ramz-Sayyam-Elodie-Molle2.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Nowwar Salem et Ramz Sayyam © Elodie Molle</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Une parole qu’elle voudrait faire entendre en France plus amplement, même si elle n’envisage pas un instant de rester en Europe, et veut repartir dès que possible vivre et travailler en Palestine. Son métier de chorégraphe&nbsp;?&nbsp;Elle l’a appris en dansant le dabkeh, puis lors de résidences en Europe, d’études en Italie. La danse isarélienne&nbsp;? Elle n’a jamais travaillé de l’autre coté de la ville, ni avec la Batsheva dance company de Tel Aviv. Dont les artistes ne rencontrent aucun problème de visas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les artistes accueilli.e.s en région Sud</mark></strong><br><br><strong>Nowwar Salem</strong>, danseuse, Théâtre du Train Bleu, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Avignon</mark>, La Garance, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Cavaillon</mark><br><strong>Ramz Siam</strong>, danseuse, chorégraphe,Théâtre du Train Bleu, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Avignon</mark>, La Garance, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Cavaillon</mark><br><strong>Mohammed Alalou</strong>l, plasticien, danseur, Festival d’<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Avignon</mark><br><strong>Rula Halawani</strong>, photographie et arts visuels, Fondation Camargo, Cassis<br><strong>Rama Alashqar</strong>, artiste visuelle, Villa Arson, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Nice</mark><br><strong>Rehaf Albatniji</strong>, photographe, artiste visuelle, Les Beaux-arts de <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille</mark><br><strong>Lina Bani Odeh</strong>, artiste visuelle, Triangle-Astérides, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille</mark><br><strong>Ashtar Muallem</strong>,<strong> </strong>artiste multidisciplinaire, Meditalents et Music &amp; Cinéma, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille</mark><br><strong>Tamer Tafesh, </strong>acteur et metteur en scène, Les Rencontres à l’échelle, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille</mark><br><strong>Bashir Massad</strong>, art vidéo, Instants vidéo numériques &amp; poétiques, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille</mark><br><strong>Mays Assi</strong>, spectacle vivant transdisciplinaire, Théâtre Joliette, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille</mark></pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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