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	<title>Archives des Swann Arlaud - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Swann Arlaud - Journal Zebuline</title>
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		<title>Trahisons </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Feb 2026 09:36:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme, un mari, un amant… c’est beau comme du vaudeville, mais avec un twist : la bien-nommée Trahisons, pièce de l’auteur britannique Harold Pinter que met aujourd’hui en scène Tatiana Vialle, se raconte à l’envers. Le public rencontre Jerry alors que sa femme Emma lui apprend qu’elle le trompe avec son meilleur ami, avant [&#8230;]</p>
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<p>Une femme, un mari, un amant… c’est beau comme du vaudeville, mais avec un twist : la bien-nommée <em>Trahisons</em>, pièce de l’auteur britannique Harold Pinter que met aujourd’hui en scène Tatiana Vialle, se raconte à l’envers. Le public rencontre Jerry alors que sa femme Emma lui apprend qu’elle le trompe avec son meilleur ami, avant de découvrir, de la fin au début, les dessous de cette liaison.&nbsp;</p>



<p>Il faut des acteur·ices de talent pour jouer et déjouer cette histoire qui déconstruit le manichéisme habituel de ce genre de triangle amoureux, et interroge les rapports de couple comme d’amitié. Et c’est bien d’acteur·ices que Vialle s’entoure : Swann Arlaud, Marc Arnaud, Marie Kauffmann et Tobias Nuytten. </p>



<p>CHLOÉ MACAIRE</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les 3 et 4 février </mark><br><strong>Châteauvallon</strong>, scène nationale d’Ollioules </pre>
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		<title>La Condition : Tout peut –il recommencer ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’amour parcourt les films de Jérôme Bonnell qui en explore toutes les facettes, de l’enfance à l’âge adulte depuis Le Chignon d’Olga (2002) jusqu’à sa série prévue pour 2026, Un jour on fera l’amour. Son nouveau film, La condition, qui avait pour titre au départ Tout recommencera, ne fait pas exception. Mais c’est la première [&#8230;]</p>
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<p>L’amour parcourt les films de <strong>Jérôme Bonnell</strong> qui en explore toutes les facettes, de l’enfance à l’âge adulte depuis <em>Le Chignon d’Olga</em> (2002) jusqu’à sa série prévue pour 2026, <em>Un jour on fera l’amour</em>. Son nouveau film, <em>La condition</em>, qui avait pour titre au départ <em>Tout recommencera</em>, ne fait pas exception. Mais c’est la première fois que le cinéaste s’attelle à une adaptation&nbsp;: celle d’un roman de <strong>Léonor de Récondo,</strong><em> Amours</em> (sic&nbsp;!) dont l’histoire se déroule au début du XXe siècle. Un film en costumes donc mais au thème très actuel, la situation des femmes face au patriarcat.</p>



<p>Mois d’avril 1908. Une grande maison bourgeoise. Une jeune femme qu’on habille, qu’on corsette&nbsp;; c’est Victoire, (<strong>Louise Chevillotte,</strong> que Jérôme Bonnell avait déjà fait tourner dans <em>Les hautes herbes</em>) femme d’André (<strong>Swann Arlaud</strong>) un notaire, qui semble sûr de lui, imbu de sa personne mais au fond sous l’emprise de sa mère (Incroyable <strong>Emmanuelle Devos</strong>, méconnaissable). Alitée, ne parlant plus, véritable tyran, elle maltraite les employées de maison et sa bru.’&nbsp;«&nbsp;<em>C’est la méchanceté qui coule dans tes veines</em>&nbsp;» lui jettera un jour un fils, excédé et que la frustration rend violent. Les deux époux font chambre à part et en bon patron, André s’occupe de la bonne, Céleste (<strong>Galatéa Bellugi</strong>&nbsp; vue récemment dans <em>L’Engloutie</em> de Louise Hémon ) A la suite de ses assauts, Céleste se retrouve enceinte et n’a pas son mot à dire. Bien entendu, craignant de se faire renvoyer, elle cache sa grossesse durant six mois&nbsp;; il est donc trop tard pour «&nbsp;faire passer&nbsp;» l’enfant. Victoire n’a sans doute pas eu son mot à dire non plus, avant d’être mariée à André et les rapports avec son mari ne leur ont pas donné d’héritier. Une solution est trouvée&nbsp;: Céleste ne sera pas renvoyée, mettra au monde l’enfant qui deviendra le fils des maitres. Cet arrangement, inhumain, terrible pour Céleste, va peu à peu rapprocher les deux «&nbsp;mères&nbsp;»&nbsp;: En secret, elles s’occupent ensemble du bébé&nbsp;; leurs corps se rapprochent, faisant naitre une grande tendresse entre ces deux femmes que leur condition sociale opposait, maitresse et servante, et leur révélant peu à peu leur désir.. Tout peut –il recommencer&nbsp;?</p>



<p>Dans une mise en scène classique, sobre et fluide, des décors très soignés conçus par la cheffe décoratrice, <strong>Catherine Jarrier-Prieur</strong>, <em>La Condition</em> traite à la fois les rapports sociaux, dominant –dominé, les rapports imposés aux femmes par le patriarcat et le tabou de l’homosexualité. La caméra de <strong>Pascal Lagriffoul</strong> a su saisir les émotions des deux femmes superbement interprétées, filmant avec délicatesse les visages et les corps qui se découvrent. Quant à <strong>Swann Arlaud,</strong> il incarne avec justesse cet homme dont on découvrira le secret.</p>



<p>Annie Gava</p>



<p><em>La Condition</em> sort en salles le 10 décembre</p>



<p>© Diaphana</p>
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		<title>Quand on parle de L&#8217;Etranger</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 10:37:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 15 septembre, devant une salle comble,&#160; le cinéaste François Ozon et son acteur, Benjamin Voisin sont venus présenter au cinéma Les Variétés à Marseille l’adaptation du roman de Camus, L’Etranger&#160;; Zébuline les a rencontrés. La parole au cinéaste Depuis l’adaptation de Visconti en 1967 personne n’a osé transposer au cinéma L’Etranger. Qu’est ce qui [&#8230;]</p>
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<p><strong>Le 15 septembre, devant une salle comble,&nbsp; le cinéaste François Ozon et son acteur, Benjamin Voisin sont venus présenter au cinéma Les Variétés à Marseille l’adaptation du roman de Camus, <em>L’Etranger&nbsp;; </em>Zébuline les a rencontrés.</strong></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La parole au cinéaste</mark></strong></p>



<p><em>Depuis l’adaptation de Visconti en 1967 personne n’a osé transposer au cinéma </em>L’Etranger.<em> Qu’est ce qui vous a donné cette envie&nbsp;?</em></p>



<p>Plein de gens ont essayé et se sont cassé les dents. On m’a dit&nbsp;: «&nbsp;C’est un livre inadaptable, un livre philosophique. Il y a une trame narrative au premier degré mais ça raconte des choses sur la relation au monde, sur la place de l’homme dans le monde. Je me suis lancé de manière un peu insouciante. Je me suis dit que je m’attaquais à un monument de la littérature française et je me suis rendu compte que c’était compliqué. J’ai eu les droits car la fille de Camus, <strong>Catherine Camu</strong>s m’a fait confiance, a compris l’adaptation que je voulais faire&nbsp;: pour moi, c’était important&nbsp; de faire le film avec les yeux d’aujourd’hui. Depuis 1942, il s’est passé beaucoup de choses entre la France et l’Algérie et il me semblait important d’intégrer ça dans le regard sur cette histoire , de contextualiser et raconter aux spectateurs d’aujourd’hui ce qu’était l’Algérie française, des choses du passé que beaucoup ont oubliées et dont on parle très peu. Pour moi, c’était important de commence le film par ces images d’archives qui expliquent comment les Français voyaient l’Algérie française. A partir de là, l’histoire pouvait commencer</p>



<p><em>Il&nbsp; y a eu&nbsp; une adaptation turque en 2001 de Zeki Demirkubuz ou plutôt une transposition dans la Turquie contemporaine. Vous avez choisi de rester très proche du roman. Comment avez-vous travaillé&nbsp;?</em></p>



<p>Il y a cette contextualisation et la volonté de développer des personnages féminins. Le personnage de Marie que je trouve très «&nbsp;décorative&nbsp;» dans le livre, je l’ai rendue un peu consciente de ce qui se passe. Pour moi, c’était important après avoir lu le livre de <strong>Kamel Daoud,</strong> <em>Meursault contre enquête</em>&nbsp;: il y est question du frère de l’Arabe. La femme est frappée par Raymond Sintès et je me suis dit&nbsp;: <em>Qui est cette femme&nbsp;?;</em>&nbsp; et j’ai imaginé ce personnage. C’était important pour moi, qu’elle donne la parole aux Arabes qui ne l’ont pas et n’ont pas de nom dans le livre.</p>



<p><em>Dans le livre de Camus, les femmes n’ont pas la parole. C’est un monologue intérieur&nbsp;; elles n’existent pas en tant que Personnages. Il y a une pensée philosophique, abstraite. Comment avez- vous articulé cela&nbsp;?</em></p>



<p>C’est un équilibre entre les deux. En fait quand j’ai lu le livre, je me suis dit que ce livre était un mystère parce qu’il est universel. Il est universel parce qu’il nous échappe. Je pense que les chefs d’œuvre peuvent être interprétés de manière très différente. Chacun a sa vision de Meursault. Je me souviens que lorsqu’on a montré les premières images du film, certains ont dit que Meursault n’était pas&nbsp; cela. Dans le livre, il n’est pas décrit. Chacun a imaginé cette histoire dans sa tête et l’a mise en scène&nbsp;! C’était compliqué&nbsp;! Et la pensée de Camus&nbsp;! Je ne suis pas du tout philosophe mais j’étais passionné. J’ai lu toute sa pensée&nbsp;: j’ai relu <em>Le Mythe de Sisyphe,</em> j’ai lu ses descriptions de l’Algérie. Je me suis nourri de son univers et j’ai essayé de traduire sa pensée. Le livre a quelque chose d’un peu nihiliste à la fin mais quand on discute avec des spécialistes de Camus, ils nous disent que Camus, c’est <em>L’Homme révolté</em>, c’est la révolte. D’où la dernière scène avec le prêtre où il explose, exprime ses émotions et dit «&nbsp;<em>J’ai été heureux.</em>&nbsp;» Il est capable de ressentir le moment présent et se rend compte qu’il a été heureux.</p>



<p><em>Vous citez même par le fantôme de la mère des réflexions sur la guillotine et la peine de mort sur laquelle Camus a beaucoup écrit…</em></p>



<p>Oui, c’est important que la mère soit incarnée, la mère dont tous les lecteurs parlent car c’est la première phrase du roman. Je savais que tout le monde m’attendait au tournant. J’ai détourné le piège en commençant par une phrase du livre qui est dans la deuxième partie quand il arrive dans la prison,&nbsp; qu’on lui demande ce qu’il a fait et qu’il répond&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;J’ai tué un Arabe&nbsp;»</em>. Et commencer le film ainsi me permettait de donner une vision sur la sœur. En 1942, commencer le livre par «&nbsp;<em>Aujourd’hui, Maman est morte</em>&nbsp;» c’était révolutionnaire. Aujourd’hui, c’est moins surprenant. «&nbsp;J<em>’ai tué un Arabe</em>&nbsp;» est plus choquant pour le spectateur.</p>



<p><em>Dans le roman, le personnage de Meursault est énigmatique et on a du mal à le cerner. Il le reste dans votre film. Pour l’incarner, Benjamin Voisin qui incarnait David Gorman, un jeune homme solaire dans </em>Eté 85<em>. Avez-vous pensé à lui tout de suite&nbsp;?</em></p>



<p>On avait un autre projet ensemble qu’on n’a pas réussi à faire et très vite, j’ai pensé à lui parce qu’en fait, en lisant beaucoup d’interviews de <strong>Visconti,</strong> sur son film, j’ai appris qu’il n’aimait pas son film, produit par Dino de Laurentis, et surtout le casting. On lui avait imposé Mastroianni alors que son choix était Delon. L’Alain Delon de <em>Samouraï </em>et de <em>Plein soleil</em> correspondait beaucoup mieux. C’est bizarre de voir Mastroianni jouer Meursault&nbsp;: avec son coté nonchalant, méditerranéen, il ne correspondait pas vraiment au personnage mutique. Moi, j’avais l’impression que puisque c’était un personnage pour lequel, on n’a pas d’empathie, il fallait jouer sur une forme de fascination. Il fallait un acteur mystérieux, avec une force intérieure, beauté et sensualité. La sensualité, c’était très important pour Camus et j’ai tout de suite pensé à Benjamin. Le filmer en noir et blanc fonctionne bien, me semble t-il</p>



<p><em>Comment l’avez fait travailler&nbsp;? Que lui avez-vous donné comme direction de jeu&nbsp;</em>?</p>



<p>Je lui ai donné à lire <em>Notes sur le cinématographe</em> de<strong> Bresson</strong> qui ne parle pas des acteurs mais des modèles. Je lui ai demandé de s’abstraire, de ne pas avoir de réactions, d’être dans son monde intérieur. C’était très compliqué pour ses partenaires qui disaient&nbsp;: <em>«&nbsp;Qu’est ce qu’il est désagréable&nbsp;!&nbsp;</em>» Il était vraiment ce personnage.</p>



<p><em>L’articulation entre la vie, la sensualité et l’aridité d’une thèse philosophique, se fait par la lumière. Le traitement de la lumière nous impressionnées. C’est ce qui façonne le récit…</em></p>



<p>Le soleil est très important pour Camus&nbsp;: c’est le plaisir et ça tue. On a tourné à une période où il n’y avait pas tout le temps du soleil et c’était un peu compliqué. On a fait beaucoup d’essais avec la caméra, pour voir comment filmer avec la pellicule, voir comment rendre la chaleur et le coté aveuglant de cette lumière du soleil. On a tourné au Maroc parce qu’on ne pouvait pas tourner en Algérie. En général, quand on veut décrire Alger à cette époque, on tourne à&nbsp; Tanger. Il y a beaucoup de documents dont on a pu s’inspirer. Je ne connais pas l’Algérie&nbsp; mais on m’a dit qu’on avait vraiment l’impression d’être à Alger.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="465" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=696%2C465&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-132628" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=1024%2C684&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=768%2C513&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=696%2C465&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=1068%2C713&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=629%2C420&amp;ssl=1 629w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La parole au comédien, Benjamin Voisin</mark></strong></p>



<p><em>Quand François Ozon vous a proposé d’incarner Meursault, quelle a été votre réaction et ce personnage si particulier vous a-t-il fait peur&nbsp;?</em></p>



<p>On avait le projet d’un film avec François (Ozon) qui ne s’est pas fait pour différentes raisons&nbsp;: c’était un film en trois parties dont une sur un jeune homme un peu désillusionné un peu hors de l’humanité et qui avait un penchant suicidaire. Puis il a relu de son côté l<em>’Etranger </em>et on en a parlé ensemble. &nbsp;Moi c’était un de mes bouquins préférés et dans la continuité des choses on s’est dit pourquoi pas l’imaginer au cinéma. Il a écrit une première version de scénario et voilà. Donc moi je n’ai pas intégré ce film de manière normale. &nbsp;Les choses sont arrivées sans le coup de fil un peu violent <em>«&nbsp;je pense à toi pour ce rôle</em>&nbsp;». J’étais là. J’avais déjà en tête le jeune homme dépressif du projet initial. Glisser dans le rôle de Meursault, ça s’est fait dans une forme de continuité. Après non, je n’ai pas eu peur. J’ai peur quand je monte sur scène et que j’entends la rumeur du public, mais jamais des échéances cinématographiques qui m’exciteraient plutôt. J’adore les responsabilités et j’étais heureux de donner mon corps à Meursault et ma version du personnage</p>



<p><em>Vous avez dit que </em>L’Etranger<em> était l’un de vos livres préférés&nbsp;: en tant que lecteur, imaginiez-vous Meursault sous vos traits&nbsp;?</em></p>



<p>Non, si je pouvais m’imaginer en Raskolnikov ou en Lucien de Rubempré, je ne m’identifiais pas du tout au héros de Camus : je l’imaginais plus vieux. En plus, je suis d’un tempérament, très éloigné du caractère premier du jeune Meursault. Plus extraverti, plus dilettante. J’ai travaillé ce personnage sous la surveillance de François qui ne dirige pas beaucoup et se contente de dire oui ou non. C’est Pialat qui disait que 70% de la direction d’acteur, c’est du casting. Et c’est vrai, après ce n’est pas seulement choisir la bonne personne mais c’est encore &nbsp;lui faire confiance pour le trajet qu’il va parcourir de son côté&nbsp; en préparation, en documentation, en rêverie. Et voilà j’ai travaillé et je me suis un peu décalé de moi-même.</p>



<p><em>En même temps Meursault est un personnage insaisissable dans le roman, comment s’en saisit-on&nbsp;?</em></p>



<p>Ben, c’est très dur. C’est très abstrait. J’avais un déclic et j’essayais de voir avec les gens ce qui se passait en étant Meursault. Ça met une tension terrible dans la vie normale&nbsp;: on ne donne pas de réponses, on revient à quelque chose de plus sombre et absurde, on nait, on vit, on meurt. Et je guettais dans leurs yeux ce que moi j’avais ressenti à la lecture du livre.</p>



<p><em>En jouant l’Etranger, avez-vous découvert des choses qui vous avaient échappé à la lecture du roman&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, j’ai mieux compris la philosophie de Camus. Tout peut être oui, tout peut être non. Quand j’entendais <strong>Rebecca Marder</strong> qui me disait&nbsp;: «&nbsp;<em>Mais tu m’aimes</em>&nbsp;?&nbsp;» et ma réponse&nbsp;: «&nbsp;<em>ça ne veut rien dire&nbsp;</em>», un mois avant, pour moi, ce n’était qu’un texte. Au moment du tournage, c’était vrai&nbsp;! C’est vrai que ça ne veut rien dire «&nbsp;<em>Je t’aime</em>&nbsp;»</p>



<p><em>Comment l’Etranger paru en 1942 peut-il être perçu par les Jeunes d’aujourd’hui&nbsp;?</em></p>



<p>Je crois que les jeunes redoutent l’image qu’ils renvoient aux autres, cherchent l’approbation. Les vidéos postées sur les réseaux contribuent à ce conformisme. Meursault leur propose l’image de quelqu’un qui n’est pas ému par ce que pense la société, qui ne joue pas le jeu imposé par le collectif, qui reste vrai et qui malgré tout, devant la mort, sait qu’il a été heureux. C’est quelqu’un qui est normal, qui n’est pas marginal mais qu’on pousse vers la marginalité.</p>



<p><em>Est-ce qu’il y a eu des séquences qui ont été particulièrement difficiles à tourner&nbsp;?</em></p>



<p>La séquence de la prison à la fin quand l’aumônier (<strong>Swann Arlaud</strong>) vient voir le condamné et où tout éclate et dans la confusion, prend sens. François voulait de l’émotion. On l’a tournée de 15 manières différentes, en riant, en pleurant, en criant, en hurlant. Le montage a retenu un peu de chaque manière. Mais je peux vous dire que j’ai bien dormi après&nbsp;!</p>



<p>Entretien réalisé par Elise Padovani et Annie Gava</p>



<p><em>L’Etranger</em> sort en salles le 29 octobre</p>



<p>© A.G.</p>
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		<title>Justine Triet regarde les hommes tomber</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Aug 2023 10:06:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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<p>Auréolée d’une palme tout à fait méritée, mais aussi d’un discours en forme de pique acérée à l’égard de nos politique culturelles, <em>Anatomie d’une chute </em>sort triomphalement en salles. On peut évidemment se réjouir que ce film pensé, réalisé, écrit par une femme – et son compagnon – fort de 6 millions d’euros de budget se soit vu accorder une telle récompense, et surtout une telle visibilité. Ou se contenter, et c’est déjà beaucoup, d’y voir là l’accomplissement du cinéma de <strong>Justine Triet</strong> : elle qui chérissait la possibilité « de se tromper, et de recommencer » et consacre avec cet opus protéiforme toutes les thématiques et obsessions qui hantent depuis toujours son cinéma. </p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mystère</mark></strong></p>



<p>On se ravira notamment, tout au long de ce récit dont les deux heures trente s’écoulent dans un seul souffle, de voir que la réalisatrice s’est débarrassée de quelques tics et autres surlignements qui plombaient le pourtant intéressant <em>Sibyl</em>, sorti en 2019. Retrouver, dans les tirades vachardes d’<strong>Antoine Reinartz </strong>propulsé procureur un peu de l’humour qui faisait entrer la réalisatrice dans la cour des grand·e·s avec <em>Victoria</em> – et révélait, au passage, les facettes de jeu mésestimées d’une certaine Virginie Efira. Les scènes de tribunal de <em>Victoria </em>tiraient déjà la comédie sur le terrain de l’absurde et de l’effroi&nbsp;: elles constituent dans <em>Anatomie d’une chute </em>le centre névralgique de l’intrigue. Sandra – magnétique <strong>Sandra Hüller </strong>– s’y voit accusée du meurtre de son compagnon, incarné par bribes de flash-backs par le tout aussi excellent <strong>Samuel Theis</strong>. Ce couple d’écrivains s’occupant bon an mal an d’un fils atteint de cécité dans un chalet reculé a-t-il connu une crise insurmontable&nbsp;? Qui a commis l’irréparable&nbsp;: lui, en se suicidant ou elle, en l’assassinant&nbsp;? Les pistes demeurent longtemps ouvertes, si bien que le spectateur se retrouvera souvent perdu, à l’instar de l’avocat campé par <strong>Swann Arlaud</strong>, tout en silences éloquents et regards égarés. Le conflit conjugal, nœud du premier long-métrage de fiction de la réalisatrice – <em>La Bataille de Solférino </em>– demeure un lieu de mystère mais aussi de fantasme pour qui choisira de projeter la culpabilité sur l’un ou sur l’autre. La symbolique est ici aussi forte, voire un peu poussée&nbsp;: Daniel, fils aveugle de ce couple meurtrier incarné à contre-temps par le tout jeune <strong>Milo Machado Graner</strong>, semble le seul propice à détenir la clef d’une énigme auquel le public ne pourra qu’adosser de nouveaux rebondissements. Celle qui repose non pas sur l’image, mais sur sa recréation, lieu par excellence du cinéma.&nbsp;</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Anatomie d’une chute</em>, de Justine Triet<br>En salles depuis le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 août</mark></pre>
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		<title>En vert trempé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2023 15:58:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Grégoire Oestermann]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur une petite place laissée à l’abandon, un no man’s land en plein centre-ville. S’y trouve un Algeco où Max (Swann Arlaud), paysagiste, et son associé Gaspard (Pascal Rénéric), ont une réunion de travail. Leur projet&#160;: transformer cet endroit en un «&#160;otium&#160;», un jardin sans clôture, ouvert à tous&#160;; impliquant les habitants du quartier. Après [&#8230;]</p>
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<p>Sur une petite place laissée à l’abandon, un <em>no man’s land</em> en plein centre-ville. S’y trouve un Algeco où Max (<strong>Swann Arlaud</strong>), paysagiste, et son associé Gaspard (<strong>Pascal Rénéric</strong>), ont une réunion de travail. Leur projet&nbsp;: transformer cet endroit en un «&nbsp;otium&nbsp;», un jardin sans clôture, ouvert à tous&nbsp;; impliquant les habitants du quartier. Après des années de refus, d’absence d’écoute, Max et Gaspard voient leur projet retenu en finale d’un concours d’architecture lancé par une fondation. Ils y croient et le spectateur aussi.&nbsp;</p>



<p>En un travelling latéral, la caméra filme la salle pour s’arrêter sur…d’autres qu’eux. Leur travail n’est pas choisi, Gaspard est complètement découragé. «&nbsp;Deux projets et demi en trois ans. T’as l’impression qu’on avance&nbsp;? Regarde les choses en face&nbsp;», lance-t-il à Max. «&nbsp;Ne désespérez pas&nbsp;», les encourage l’un des membres du jury, un architecte qui a pignon sur rue, Paul Moudenc(<strong>Grégoire Oestermann</strong>). Max reprend son emploi de jardinier au parc, il faut bien qu’il gagne sa vie. Une vie partagée avec sa femme Alma (<strong>Sarah Adler</strong>) et leur petite fille. Pourtant il ne renonce ni à ses idées, ni à ses rêves.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vive l’échec</mark></strong><br>Avec <em>Tant que le soleil frappe</em>,son premier long métrage de fiction, <strong>Philippe Petit </strong>dresse le portrait d’un homme qui se bat. Un homme plein d’énergie, comme consumé par un feu intérieur et la caméra le suit, nerveuse, nous faisant partager sa ténacité, sa rage parfois. Swann Arlaud est superbe de vérité pour interpréter ce personnage qui l’a touché. Tourné à Marseille avec des acteurs et des comédiens non professionnels, ce film éminemment  politique nous interroge sur une société ne laissant que peu de place à des projets citoyens et humanistes. </p>



<p>De passage à Marseille le 17 janvier dernier, le réalisateur s’expliquait : « <em>Je voulais faire un film sur un échec car on apprend beaucoup d’eux. On ne parle pas assez des gens qui perdent. D’ailleurs que veut dire perdre ? On encense toujours ceux qui gagnent. Or quand on échoue, on a envie de réfléchir et là on va au fond de soi. Le film interpelle cette question.</em> » À juste titre.  </p>



<p id="block-82d1dc65-0ad1-48b5-be4f-98236210d0af">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Tant que le soleil frappe</em>, de <strong>Philippe Petit</strong> <br>En salle depuis le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">8 février</mark></pre>
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		<title>« Tant que le soleil frappe » : les riches et les délaissés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jan 2023 08:00:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma Les Variétés]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Petit]]></category>
		<category><![CDATA[Swann Arlaud]]></category>
		<category><![CDATA[Tant que le soleil frappe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tant que le soleil frappe, sélectionné pour la 37e édition de la Semaine internationale de la critique de la Mostra de Venise, était en compétition au Cinemed 2022. Son réalisateur, Philippe Petit, et l’acteur Swann Arlaud incarnant Max, son personnage principal, ont parlé du film, qui est présenté en avant première au cinéma Les Variétés [&#8230;]</p>
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<p><em>Tant que le soleil frappe</em>, sélectionné pour la 37<sup>e</sup> édition de la Semaine internationale de la critique de la Mostra de Venise, était en compétition au <em>Cinemed</em> 2022. Son réalisateur, <strong>Philippe Petit</strong>, et l’acteur <strong>Swann Arlaud</strong> incarnant Max, son personnage principal, ont parlé du film, qui est présenté en avant première au cinéma Les Variétés ce 17 janvier en présence du réalisateur. Résumé de cet entretien.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le titre&nbsp;</mark><br><br>Philippe Petit.</strong>&nbsp;Assez littéraire, il ressemble aux titres assez courts de mes films précédents. Au moment de l’écriture du film à la Villa Médicis, le titre était <em>Vae victis</em> (Malheur aux vaincus). Quand on a tourné, c’était le titre idéal. C’est toujours compliqué, J’ai pensé à <em>Le Soleil vert</em>, mais c’était déjà pris&nbsp;! Après, j’ai envisagé <em>La Place.</em> Finalement, c’est <em>Tant que le soleil frappe. </em>Je voulais quelque chose qui renvoie à une idée de lumière et qui rende compte de l’énergie du film…&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’idée du film&nbsp;et l’écriture du scenario</mark><br></strong><br>Dans mes films, je ne parle que de ce qui m’est proche, de moi, de mes amis. L’idée de départ était de dire la difficulté que j’avais à monter des films et de parler de ceux qui, autour de moi, n’y arrivaient pas. Quand on a un projet au long cours et qu’il faut aller chercher de l’argent public, il faut s’accrocher… Je voulais parler de la ténacité qu’il faut pour mener un projet à terme. À l’origine, j’ai fait une licence d’histoire-géo avant d’entamer des études de cinéma. Pour faire la Femis, il fallait un bac+2 et j’ai fait un deug de géographie. Je travaillais dans un cabinet d’études d’impact sur l’environnement à Toulouse et j’ai été sensibilisé à la nature. Après l’Ensa, j’ai voulu faire un film sur la mise en relation d’un garçon urbain avec un milieu végétal et je n’ai pas pu aller au bout de ce projet. Et plus tard, ça m’est revenu et quand j’ai vu l’évolution des centres urbains&nbsp;! L’impression que toutes les villes avaient la même gueule, les mêmes rues piétonnes. J’ai donc rencontré des paysagistes, j’ai travaillé avec l’un d’entre eux ; <a href="https://www.coloco.org/">Coloco</a> qui m’ont aidé et fait rencontrer <a href="http://www.gillesclement.com/">Gilles Clément</a> ainsi que <a href="https://www.murvegetalpatrickblanc.com/">Patrick Blanc</a> créateur des murs végétaux. J’ai fait aussi un stage pendant mon séjour à la Villa Médicis et un court métrage, <em>Antérieur.</em>&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille</mark><br></strong><br>À l’origine, le film devait être tourné à Rome. Avec la Covid, c’était compliqué. Je cherchais une ville méditerranéenne. Ce n’était pas obligatoirement Marseille. Ce pouvait être Montpellier ou Beyrouth. Marseille a une lumière splendide. C’est une ville extrêmement cinématographique, une ville que j’adore. J’hésitais avec Perpignan. On a postulé et on a été soutenu par la Ville de Marseille. On a travaillé avec des gens du coin.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’intention</mark><br></strong><br>Je ne voulais pas faire un film de banlieue. Le quartier choisi est en plein centre, un quartier populaire où la gentrification est importante. Une sorte de mémoire est gommée, effacée. Les paysagistes appellent ça un «&nbsp;délaissé&nbsp;», une sorte de friche laissée telle quelle. Dans beaucoup de villes, il n’y a plus de place pour les «&nbsp;délaissés&nbsp;».&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La préparation et le tournage</mark></strong></p>



<p><strong>Swann Arlaud. </strong>Il n’y avait pas de choses concrètes pour se préparer. Cela faisait longtemps qu’on s’était rencontrés avec Philippe mais le film a été retardé avec la Covid. On parlait de&nbsp; ce film depuis quatre ans et Philippe m’avait donné des livres à lire, dont celui de Gilles Clément&nbsp;; on était allé voir des jardins. Je n’ai pas vraiment préparé ce film. Après l’arrêt des projets à cause de la pandémie, j’ai dû en tourner trois dans l’année, ce que j’essaie d’éviter habituellement. J’étais épuisé et je n’avais pas envie de travailler car je sentais que ça allait être très fatigant&nbsp;: c’est un «&nbsp;petit&nbsp;» film avec peu d’argent et on a tourné en même pas cinq semaines. Avec un rythme de folie&nbsp;! La nervosité du personnage, on sait d’où elle vient&nbsp;! Une sorte de similarité entre nous. Philippe m’a donné ses chaussures et quand je regarde le film, il y a des moments où je crois voir Philippe. Le personnage s’est fait aussi comme cela&#8230; Philippe m’a donné une place un peu plus grande que celle d’un «&nbsp;exécutant&nbsp;». Et on a fait le film dans cette énergie et cette construction permanente.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Djibril Cissé</mark></strong></p>



<p><strong>P.P.</strong> Je voulais une figure publique, un footballeur. Il a accepté tout de suite et il est très sympathique. Il était curieux d’avoir une nouvelle expérience de vie. Le seul enjeu était de savoir s’il pouvait jouer son propre rôle. Il n’a eu aucun stress et l’a fait parfaitement. Le fortin de Corbières, sa maison dans le film, appartient à un autre footballeur [Jean-Christophe Marquet, ndlr] qui la loue (assez cher d’ailleurs).</p>



<p><strong>S.A.</strong> Je me suis aperçu que le football était plus important que le cinéma&nbsp;! La scène où Djibril fait du sport avec son fils, il a fallu la tourner aux aurores. Sinon, c’était vite l’émeute&nbsp;! Moi, je ne savais pas qui il était. Contre toute attente, Djibril, lui, me connaissait et était très content de travailler avec moi.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le travail</mark></strong></p>



<p><strong>P.P.</strong> C’est un film sur le travail. Il y a le travail physique, le travail politique, le travail affectif et le travail sur soi. Le personnage de Max doit composer avec tout cela. Il est très constructif, il a compris les choses et en tire des leçons. Il n’y a pas d’âge pour espérer faire des choses, pour continuer à avoir de l’espoir. Je voulais faire un film sur un échec car on apprend beaucoup d’eux. On ne parle pas assez des gens qui perdent. D’ailleurs que veut dire «&nbsp;perdre&nbsp;»&nbsp;? On&nbsp; encense toujours ceux qui gagnent. Or quand on échoue, on a envie de réfléchir et là on va au fond de soi. Le film interpelle cette question.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’arbre de vie</mark></strong></p>



<p><strong>P.P.</strong>&nbsp;On avait envie d’une action symbolique&nbsp;: prendre quelque chose du milieu des riches, cet arbre pour le placer dans le projet citoyen. Le terrain choisi avait été vendu par la Ville à des Japonais et il nous a fallu une autorisation de Tokyo pour tourner&nbsp;!</p>



<p><strong>S.A.</strong> Il y a quelque chose de profondément politique dans ce film. Quelque chose d’important sur notre époque et notre société. Il faut le dire. Il n’y a pas de place pour ces projets. Tout doit aller vite et on sait bien qu’il faut ralentir, reconsidérer notre manière de vivre, de consommer. Des gens qui mènent des initiatives – et il y en a plein&nbsp;! – sont empêchés, entravés. Cela me semble faire partie du cœur du film et c’est ce qui m’a tout de suite touché.</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Tant que le soleil frappe</em>, de <strong>Philippe Petit</strong>
En salle le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">8 février</mark></pre>
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