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Vague bleue à Marseille

Le Musée d’art contemporain de Marseille présente jusqu’au 31 mars la première exposition monographique du peintre lyonnais Marc Desgrandchamps

Il y a comme une douce sérénité qui se dégage des murs du Mac de Marseille. Un ballet de bleu, de vert et de rivages qui s’entrechoquent, dans une harmonie consensuelle de teintes froides mais élégantes. C’est l’œuvre de Marc Desgrandchamps, artiste lyonnais connu pour sa peinture figurative et métaphysique, dont on découvre les dix dernières années de création avec l’exposition monographique Silhouettes qui se tient jusqu’au 31 mars. La dernière exposition voulue par Thierry Ollat, l’ancien directeur du musée, qui en assure le commissariat avec Pauline Nobécourt. Une quarantaine de toiles sont ainsi présentées. Des huiles, beaucoup, des gouaches, un peu, presque toutes en grand format, où apparaissent paysages et scènes de vie quotidienne, empreintes d’un univers vaporeux, à cheval entre surréalisme et classicisme. 

C’est avec ses paysages littoraux, chers à l’artiste, que l’exposition s’ouvre. On est immédiatement frappé le coup de pinceau de Marc Desgrandchamps, qui, peignant avec peu de matière, laisse de la transparence dans ses représentations. Les personnages, tongs aux pieds et/ou smartphones à la main, s’évanouissent dans des paysages marins, toujours froids, emplis de solitude et de nostalgie, sans jamais être totalement hostiles. 

Peinture d’antan

On découvre aussi de nombreux diptyques et triptyques. « Des références aux grandes peintures d’histoire » renseigne Stéphanie Airaud, la nouvelle directrice du musée, pour cet artiste qui a été « très influencé par le musée des Beaux-arts du Palais Longchamp. » Mais de ces influences classiques, l’artiste en joue et surprend, replaçant l’héroïsme d’antan dans des scènes de vies quotidiennes, dont la lecture est plus floue et équivoque. Comme lorsqu’il s’amuse des narrations, à la manière d’un surréaliste, faisant apparaître ou disparaître telle partie du corps ou tel personnage d’un tableau à l’autre. 

On retrouve aussi de nombreuses références à l’antiquité dans son travail. À l’instar de cette Vénus se faisant photographier par une jeune femme en bikini, dans un jeu de miroir entre passé et présent que l’ont sent transparaître régulièrement chez lui. Des références classiques et antiques, qui ont fait de Marc Desgrandchamps un artiste souvent taxé « d’académisme », mais à Stéphanie Airaud de rappeler qu’il souhaite avant tout « parler du présent », tout en étant « accessible par les motifs proposés. » 

L’exposition se termine par Desgrandchamps temps mélangés, un film réalisé par Judith Du Pasquier, qui a suivi l’artiste entre 2009 et 2022 et qui nous permet de découvrir le travail de l’artiste derrière ces tableaux.

NICOLAS SANTUCCI

Silhouettes, de Marc Desgrandchamps
Jusqu’au 31 mars
Musée d’art contemporain, Marseille
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