mardi 3 novembre 2026
No menu items!
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
cliquez sur l'image pour en savoir plusspot_img
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
AccueilCritiques« Le vieux monde derrière nous », l’odyssée familiale d’Olivier Kemeid

« Le vieux monde derrière nous », l’odyssée familiale d’Olivier Kemeid

Cinquante ans après avoir découvert une correspondance entre ses parents, Olivier Kemeid raconte dans Le vieux monde derrière nous cette odyssée familiale

Printemps 68. À Montréal, Gil Kemeid, jeune étudiant de 22 ans, n’a qu’une idée en tête : faire le tour de l’Europe en Vespa jusqu’au Moyen Orient, à la recherche de ses origines. Avant son grand départ le jeune homme fils d’immigrés chrétiens maronites tombe follement amoureux de Carole, une étudiante qui deviendra son épouse et la mère d’Olivier. Lors de son périple, il lui écrira plus d’une centaine de cartes postales pour qu’elle partage son aventure et ne l’oublie pas. Cinquante ans plus tard, après avoir découvert cette correspondance, Olivier Kemeid, figure majeure de la scène littéraire québécoise, s’empare de de cette odyssée familiale : « grâce aux cartes postales, j’ai passé douze mois à rouler avec mon père, le vieux monde derrière nous ». Tendre, touchant, le récit de ce Don Quichotte levantin lancé sur sa « rossinante » à moteur, qui se retrouve bien malgré lui confronté aux bouleversements de la grande histoire, est surtout follement drôle. Lui, pour qui le général de Gaulle est encore un héros, se retrouve à Paris en Mai 68 bien désappointé « Les Français sont parmi les gens les plus stupides de la Terre. Tout est bloqué. Il n’y a ni train, ni autobus, ni bateau, ni banque, ni lettres. Bientôt il pourrait n’y avoir ni (il souligne) nourriture ».

On le retrouve dans une auberge de jeunesse dans la cité phocéenne « Marseille est très sympa » écrit-il laconique sur une carte postale légendée Marseille Carrefour du monde. Et puis ce sera Monaco, Cannes « où les gens sont snobs », Briançon, Chamonix, puis Gstaad, Strasbourg, Liège, Brest, Biarritz, l’Espagne, le Portugal « où les conducteurs de voiture s’évertuent à jouer du klaxon pour tout et rien », Gênes, Venise, Rimini, la Yougoslavie, la Turquie, la Macédoine, la Transylvanie. Autant de destinations, autant de mésaventures. Mais il n’arrivera jamais à Beyrouth, destination première de son voyage

Olivier Kemeid entrelace les multiples événements politiques internationaux de l’époque avec une érudition exceptionnelle et les péripéties rocambolesques de son « sarrazin de père », enthousiaste, naïf et sacrément conservateur, « qui voit des communistes partout et des “rouges” cachés sous les canapés ». En illustration quelques-une de ces fameuses cartes postales exhumées de ce vieux monde laissé derrière lui.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le vieux monde derrière nous, Olivier Kemeid 
Arthaud - 19,90 €
ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

« Notre Salut » et les bégaiements de l’Histoire : un débat avec l’association Promemo au Festival d’automne de Gardanne 

Sorti le 30 septembre dernier, Notre Salut d’Emmanuel Marre revient sur l’histoire de son propre arrière-grand-père, fonctionnaire sous le régime de Vichy. Projeté à...

Théâtre de Nîmes : Regarder le passé pour ouvrir l’avenir

Les mises en scène de Guy Cassiers sont toujours bouleversantes. Une fois encore il ne s’agit ici d’adapter un roman mais de le déployer,...