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Transphonie de Daniele del Monaco : tout beau tout neuf  

Sur un texte de Fantazio, le compositeur italien a présenté au public de la Cité de la Musique de Marseille une nouvelle création à l’allure de conte allégorique : où un œuf immense apparaît dans la ville

Un phénomène cosmique d’une ampleur inouïe bouleverse Marseille. Un œuf colossal est apparu au cœur de la ville duquel surgit une créature « terrible, de plis et de replis, de matière molle constituée ». Les formes changeantes et les mélopées de la « bête qui chante des mélodies brutales aussi douces que le miel » ont plongé la population dans un état de stupeur et de terreur. « Dans cette modernité qui a tout assoupie […] dans cet avenir qui comme un œuf était brouillé » dans ce « royaume d’enfermement, qui camoufle les fleurs du présent, c’est le début du dérangement ». La créature a le pouvoir de confronter chaque individu à son âme. Certains s’éveillent, retrouvent leurs corps comme des joyaux d’enfants, d’autres à l’inverse s’effondrent. Un petit groupe de personnes courageuses ou « n’ayant plus rien à perdre » ose suivre la créature dans l’œuf « assez gros et gras pour les abriter tous ». Plongés dans l’obscurité ils participent à un rituel ancien dans une ferveur jubilatoire. 

Injonctions poétiques

Performance vocale et instrumentale vibrante, parfois oppressante, ce conte allégorique pour trois voix, celles remarquables de Maura Guerrrera, de Cati Delolme et de Sam Karpenia ne laisse pas indifférent un public intrigué et porté. Soizic Lebrat au violoncelle et Pauline Chiama à la viole de gambe accompagnent magistralement le timbre des chanteurs jusqu’à s’y confondre. Malheureusement, les textes restent confus. On attrape quelques alexandrins qui parlent de différences, de fragilités, de ces « difformités terribles qui nous caractérisent, cabossés que nous sommes par 100 000 expériences ». On y parle de socle, de dérives et d’âmes rassasiées. On perçoit un compte-rendu radiophonique d’émeutes : le pillage de l’hôtel de ville, des magasins mais aussi les clameurs d’une danse et de la transe de toute une population que la bête semble avoir réveillé et puis des injonctions… « Sautons au cou des choses vides » ou « tous les matins embrassons un œuf » poétiques ou… politiques.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Transphonie 
7 décembre
Cité de la musique de Marseille

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