Et si Boucle d’Or était en réalité le mythe fondateur du hip-hop ? Ne serait-ce pas troublant ? Aujourd’hui, le hip-hop se place au rang de phénomène mondial en étant l’un des genres les plus écoutés. Comment expliquer cette si grande longévité ? À travers Goldi, le comédien Johnny Seyx convoque les arts et propose une enquête singulière en interrogeant les symboles qui relient le célèbre conte anglais à un mouvement devenu l’emblème d’une génération.
Naissance du hip-hop
New York, Bronx, 1973. Cindy Campbell, quinze ans, organise une fête dans son immeuble. Elle propose à son frère, Clive Campbell, alias DJ Kool Herc, de prendre les manettes musicales. Ce soir-là, il remarque que la foule réagit avec une énergie débordante lors des passages courts et rythmés. Il décide de les prolonger, puis de les enchaîner. Les gens aiment, ils dansent : c’est officiel, le hip-hop est né. Si le commun des mortels se serait arrêté là, le comédien Johnny Seyx veut aller plus loin. Il questionne. Et si, derrière cette histoire, se cachait une vérité troublante; dissimulée ? Équipé d’un tableau, de quelques photos et d’une enceinte, il se lance dans une démonstration aussi véridique que inventée. Entre concerts, conférences, moments théâtraux, les liens s’enchaînent et l’histoire du hip-hop semble peu à peu s’entremêler à celle de Boucle d’Or et des Trois Ours.
De Boucle d’Or au gangsta rap
Le 11 août 1973, nuit de la naissance du hip-hop, le ciel au-dessus de New York montre la Grande Ourse, la Petite Ourse et la Chevelure de Bérénice. Coïncidence ? Notre conférencier ne pense pas. À partir d’un tas d’éléments farfelus, le spectacle développe une lecture troublante remplie d’un foisonnement de symboles. Sur scène, Johnny Seyx, conférencier à l’allure mi-rappeur, mi-professeur, tisse une histoire absurde, loufoque et un brin troublante. Pythagore, les constellations, les ours, Blondie, Vanilla Ice, Tupac ou encore Kanye West s’entrelacent dans une grande conspiration joyeuse et heureusement inconséquente. À la lisière des arts, Goldi interroge la manière dont les récits façonnent nos imaginaires et pose une question centrale : face à un bon orateur, est-on capable de tout croire ?
CARLA LORANG
Le spectacle a été joué le 1er février à la Cité des arts de la rue, Marseille
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