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L’hymne à Alcmène

Au Foyer de l’Opéra, le public marseillais a assisté dimanche 8 février à une création mondiale écrite pour l’ensemble Musicatreize. Un moment d'exception

À la demande de Roland Hayrabedian, directeur artistique de Musicatreize, le compositeur Patrick Burgan a créé une œuvre vocale autour d’Hercule, mythe que l’ensemble explore depuis quelques années. Nous l’appellerons Hercule a conquis les spectateurs. Burgan a bâti son œuvre autour de l’Amphitryon 38 de Jean Giraudoux. Jupiter, épris d’Alcmène, l’épouse fidèle du général Amphitryon, prend l’apparence du mari absent et la viole, la fécondant durant la nuit. Mais celle-ci préférerait se donner la mort plutôt que d’accoucher de cet enfant. Après de multiples rebondissements, Jupiter efface la faute mais exige que les deux amoureux engendrent un fils de leur propre union. Ils acceptent : « Ils l’appelleront Hercule ».

Conte mythologique

« J’ai toujours été fasciné par le personnage d’Alcmène, qui est d’ailleurs le nom que porte mon association crée en 2010 », explique Burgan. « Cette femme est un modèle […], une humaine inflexible n’hésitant pas à tenir tête à Jupiter lui-même par amour pour son mari. J’ai souhaité créer un conte mythologique autour de cette figure admirable. »

Pour donner corps à ce récit, la partition mobilise trois chœurs : Musicatreize, le chœur d’enfants de la Maîtrise d’Istres (direction Alexis Gipoulou) et le chœur amateur Attaca (direction Mila Bellier).

Dès les premières notes – un bourdon se transformant en sirènes languissantes –, la magie opère. Hélène Richer campe une Alcmène exceptionnelle, à la fois soliste remarquable et tragédienne totalement habitée. Marco Van Baaren incarne un Amphitryon touchant et sensible. Leur duo, dans la scène 2, fantastique et onirique, est poignant.

La scène 4, située à l’aube suivant l’enfantement secret, prend la forme d’une lumineuse ode au soleil, magnifiée par les chanteurs de Musicatreize, tandis que Mercure presse l’astre de se lever. Le chœur déroule l’histoire, brouhaha flamboyant et exalté de dieux tentant de raisonner Jupiter.

L’intervention spatialisée des deux autres chœurs, disséminés dans la salle, renforce l’immersion : d’abord en scène 5, reprenant les paroles d’Alcmène affirmant « je ne crains pas la mort », puis en scène 8, où ils incarnent les voix célestes ; une véritable symphonie de sons et de vibrations entoure les spectateurs. Lors de la scène finale, le ténor Xavier de Lignerolles surgit dans le public et invite à s’extraire du mythe. Dommage : on s’y sentait bien. L’humanité et la fidélité ont triomphé des dieux.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

La création a été donnée le 8 février au Foyer Reyer (Opéra de Marseille).

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