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À Aix, la danse prend l’air

Du 21 juillet au 2 août, le Ballet Preljocaj propose une deuxième édition de son festival en plein-air. Quelques-uns des chorégraphes les plus en vue, comme Arthur Perole ou Sharon Eyal, sont à retrouver.

L’idée, fort belle, était née en 2021, à l’heure des jauges à géométrie variable et du recours accru aux espaces extérieurs. Elle fait son retour cette année plus étoffée et plus alléchante encore. Ce temps fort pensé hors du Pavillon Noir permet au Ballet Preljocaj de prendre ses quartiers dans deux hauts lieux de la vie estivale aixoise : Théâtre de l’Archevêché et au parc Jourdan. Et ainsi toucher à la fois un public plus diversifié qu’à l’accoutumée, grâce, entre autres, à une tarification encore plus accessible de celle de la saison. Les premières parties de soirée sont ainsi données gratuitement ; et les secondes à des tarifs dépassant rarement les 20 euros.

On retrouvera le 21 juillet à 20 h au parc Jourdan les jeunes membres du Ballet Preljocaj Junior sous la direction avisée d’Arthur Perole, en ouverture de cette très belle programmation pilotée par Nicole Saïd, directrice historique du ballet. Créé dans une première version au Pavillon Noir en avril dernier, Un sacre, des printemps sera donné dans sa version augmentée, également découverte en juin dernier en conclusion de la présentation de saison. Cette lecture punk et inspirée s’approprie le chef-d’œuvre de Stravinsky et la chorégraphie fondatrice de Nijinsky pour raconter, avec force morphing, pantomime et autres gestes déconstruits, saccadés, outrés, le sacrifice de la jeunesse d’aujourd’hui, mais également la capacité de révolte de cette jeunesse – son désir, en somme de faire corps.

On voyage

La chorégraphe israélienne Sharon Eyal lui succèdera à 22 h avec sa pièce Soul Chain, interprétée par la compagnie allemande Tanzmainz. Il y sera une fois de plus question des liens entre l’individu et le collectif, sublimés par l’art de l’ensemble que Sharon Eyal maîtrise à la perfection. La musique électronique d’Ori Lichtik y accompagnera cette suite hallucinée de tableaux célébrant un amour défait de la quête de « romance ».

Le 24 juillet, la Sonate d’Ana Pérez permettra de découvrir un autre mode de communion entre danse et musique. Extraite de son Concerto en 37 ½, cette pièce fait dialoguer la danseuse au langage très marqué par le flamenco et le phasing avec la guitare de son complice José Sanchez. Un vent sévillan soufflera donc sur le parc Jourdan ! À 22h, c’est de nouveau l’héritage de Nijinsky que l’on célèbrera avec Igra, inspiré de sa pièce créée en 1913. Le collectif madrilène KOR’SIA, dirigé par Mattia Russo et Antonio de Rossa, n’emprunte cependant que le cadre incongru de la pièce originelle – un court de tennis – qu’il travaille à coup de couleurs vives et envolées électro et hip-hop.

Le 27 juillet, Kader Attou s’installera à son tour au parc Jourdan avec son Prélude vu en juin dernier à Châteauvallon. Sa compagnie Accrorap s’y attelle une fois de plus avec un casting certes beau, mais 100% masculin, à un hommage énamouré au hip-hop et à sa physicalité de chaque instant, sur une musique très lyrique signée Romain Dubois. À 22h, sa Symfonia Piesni Zalosnychn créée en 2010, et élaborée à partir de la très lyrique Symphonie des chants plaintifs d’Henryk Goreck, lui succèdera. Cette pièce pour dix danseurs et danseuses, qui se greffe sur une œuvre signant le retour du compositeur à la tonalité et au langage classique, s’inscrit également dans le désir de dire sans le décrire l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. La danse explore et s’approprie les pas les plus expressionnistes issus du ballet, du tango ou de la danse contemporaine… Pour un résultat malheureusement toujours aussi intemporel.

Bouquet final

Le 29 juillet, la Salsa Viva s’emparera du parc pour y donner gratuitement, dès 20 h, un atelier de danse latina destiné à tous les publics : où le bachata et le merengue se tailleront également une place de choix ! Avant qu’Una Fiesta latina ne vienne y ajouter ce qu’il faut de mambo, pachanga et cha-cha-cha le temps d’un spectacle pensé par et pour la compagnie colombienne. Pour conclure la soirée, un grand bal salsa est également prévu !

Enfin, les 1er et 2 août seront dédiés à la dernière création d’Angelin Preljocaj, dans la cour du Théâtre de l’Archevêché où viendra de s’achever le festival d’art lyrique. Découvertes en juin dernier à La Criée dans une nouvelle distribution, les Mythologies inspirées de Roland Barthes et rythmées par la partition symphonique de l’ex-Daft Punk Thomas Bangalter.

Suzanne Canessa

« Un Air de danse » se tient du 21 juillet au 2 août dans divers lieux d’Aix-en-Provence.

Suzanne Canessa
Suzanne Canessa
Docteure en littérature comparée, passionnée de langues, Suzanne a consacré sa thèse de doctorat à Jean-Sébastien Bach. Elle enseigne le français, la littérature et l’histoire de l’Opéra à l’Institute for American Universities et à Sciences Po Aix. Collaboratrice régulière du journal Zébuline, elle publie dans les rubriques Musiques, Livres, Cinéma, Spectacle vivant et Arts Visuels.
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