À gauche, l’heure des choix

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Des événements politiques mineurs en apparence peuvent entraîner des conséquences plus déterminantes qu’il n’y paraît. Ainsi la victoire de deux candidats de la Nupes – l’un face au RN et l’autre face à la majorité présidentielle – dans le cadre des trois élections législatives partielles, dimanche dernier, n’est peut-être si anodin. Encore faut-il comprendre le désir de gauche dans ce pays… Et la déception qu’elle peut susciter quand elle n’est pas, dans sa diversité, à la hauteur des attentes populaires.
À Marseille, le week-end dernier, le congrès du Parti socialiste a fait mine d’enterrer la hache de guerre, actant la victoire de la stratégie d’ancrage et de rassemblement à gauche portée par Olivier Faure. Si la réélection du premier secrétaire sortant est définitivement actée, son orientation risque de devoir mettre de l’eau (de rose) dans son vin. Flanqué d’un premier secrétaire délégué qui contestait le résultat des urnes internes quelques jours plus tôt et d’une présidente du conseil national ouvertement hostile, Olivier Faure aura-t-il les coudées franches pour défendre avec la même pugnacité la coalition parlementaire ? Un inter-groupe dominé numériquement par La France insoumise et qui provoque de l’urticaire à certains de ses camarades semblant regretter les égarements idéologiques de l’ère Hollande.
C’est également à Marseille que se tiendra le prochain congrès d’une autre formation importante de la Nupes, le Parti communiste français. Avant ce moment fort de la démocratie partidaire, les membres du parti plus que centenaire ont voté eux aussi, mais bien plus nettement, en faveur de la ligne de l’actuel secrétaire national, Fabien Roussel. Un dirigeant médiatiquement à l’aise, aux « punchlines » habiles pour animer le débat voire la controverse dans les rangs de la gauche mais pas toujours des plus enthousiastes à l’égard de l’hybride Nouvelle union populaire écologique et sociale. Dans ce contexte incertain quant à la pérennité d’une gauche solidement rassemblée, la Nupes connaitra-t-elle un nouveau printemps ? Au lendemain d’une mobilisation encore plus massive que la précédente contre le projet de réforme des retraites et à l’heure d’un front syndical uni comme rarement ces dernières années, prendre le risque d’une désagrégation serait une lourde responsabilité dans l’échec de la construction d’une alternative progressiste majoritaire pour le pays.

LUDOVIC TOMAS