vendredi 24 mai 2024
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Au Festival d’Avignon, un Jardin des délices hors-sol

C’était une des pièces attendues du Festival, le "Jardin des délices" de Philippe Quesne faisait sa première dans la mythique Carrière de Boulbon réinvestie pour l’occasion

Chez Philippe Quesne, le diable se cache dans les détails. Le Jardin des délices, créé pour le festival, s’inspire du tableau de Jérôme Bosch peint à l’orée de la Renaissance. Et chaque petit élément du triptyque aux mille détails est, pour le metteur en scène, l’occasion de se lancer dans une multitude d’analogies et de digressions. Pas toujours très claires.

Sur scène, des explorateurs au style kitsch ont fait d’un bus leur camp de base et forment tour à tour un ensemble de flûtes à bec, un cercle de lecture ou encore un spectacle de magie improvisé. Puis de se lancer dans une soudaine analyse du tableau, sortie de nulle part mais somme toute assez comique.

Écrin minéral

Bref, Philippe Quesne nous offre pendant deux heures un enchainement de séquences décousues, ponctuées par des traits d’humour parfois faciles mais bienvenus. L’humour, mais aussi la musique permettent de raccrocher le public à une trame très distendue. Les comédiens deviennent alors musiciens, le temps d’un air de clavier apaisant, d’un solo de violoncelle ou d’un extrait d’opéra.

Ajoutez à cela le cadre exceptionnel au milieu duquel déambulent les comédiens, et le tiercé aurait pu être gagnant. La Carrière de Boulbon, au milieu de la garrigue provençale, est réinvestie par le Festival d’Avignon après sept ans d’absence. Philippe Quesne aime rappeler l’importance de ce lieu qu’il qualifie de « personnage principal du spectacle ». Sans aller jusqu’à cet excès, il est vrai que l’écrin minéral et vertigineux offre un contraste intéressant avec l’esthétique rétrofuturiste de la pièce.

Le metteur en scène l’utilise aussi pour se jouer du spectateur et le dérouter. Comme lorsque les grillons qui résonnaient pourtant dans la carrière depuis le début s’arrêtent soudainement à la demande d’un comédien. Le pouvoir de l’homme sur la nature, la place du vivant, le futur de la Terre… Des thématiques intéressantes mais seulement effleurées au passage, au milieu d’un ensemble trop souvent confus.

Rafael Benabdelmoumene

Le Jardin des délices est donné jusqu’au 18 juillet dans le cadre du Festival d’Avignon.

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