mercredi 24 avril 2024
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Aucune idée : de l’absurde qui divise

Difficile de rester neutre devant la pièce du suisse Christoph Marthaler. Certains adorent, d’autres non. Tout comme le public du Théâtre des Salins, la rédaction de Zébuline est divisée et livre deux avis tranchés

C’est éclatant. De la musique, de la poésie et de l’absurde. Voilà ce à quoi invite le dramaturge Christophe Marthaler dans Aucune idée. Une pièce qui s’ouvre dans un intérieur d’appartement vieillot et les notes de la viole de gambe du musicien Martin Zeller. C’est beau, et on aime le timbre baroque qui se dégage de l’instrument, surtout pour cette pièce qui se révélera tout aussi baroque et timbrée. Car bientôt arrive le comédien Graham F. Valentine, qui doit se reprendre à plusieurs fois pour ouvrir la boite aux lettres, et d’attaquer ainsi sa masterclass de comédie absurde et poétique qu’il déroulera pendant toute la durée du spectacle. On pense surtout à cet incroyable solo de beatbox – ou de parole – on ne sait pas trop – qui déclenchera tantôt des rires sincères, nerveux, gênés, tantôt l’indignation. Alors oui, il n’y aura pas de tension dramatique pendant la durée du spectacle, mais ce n’était certainement pas l’effet recherché, et il est parfois agréable de se laisser emporter loin de tout propos et de toute rationalité. N.S.

© Julie Masson

C’est éclaté. Un verre de Coca-Cola sans bulles, ce n’est pas horrible, mais c’est quand même décevant et sans grand intérêt. De la même manière, Aucune Idée de Christophe Marthaler n’est pas un ratage complet, mais on aurait pu s’en passer. À certains moments, le dramaturge finit par avoir les spectateurs à l’usure, à force de répétitions burlesques, mais pour le reste, on s’ennuie quand même beaucoup. Il faut être honnête, il y a quand même quelques bonnes idées : ce drôle de cambriolage, tout en politesse, pendant lequel le personnage interprété par Graham F. Valentine explique à sa victime « vous faites partie des gens qui valent le coup d’être cambriolés » ; ou encore l’astucieux mécanisme qui fait tomber des bibles et des magazines de l’intérieur du mur dans la boîte aux lettres ouverte. Mais ces moments ne permettent pas de pallier l’inexistence de continuité narrative ou de construction de personnage. Finalement, le seul moment vraiment stimulant, ce sont les dix dernières secondes… C.M. 

Aucune idée était donné les 14 et 15 mars au Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues.
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