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	<title>Anne-Marie Thomazeau, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Anne-Marie Thomazeau, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>L’Opéra de Montpellier ouvre sa saison avec « Médée »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 12:54:59 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Créée à Paris le 4 décembre 1693 sur un livret de Thomas Corneille,&nbsp;<em>Médée</em>&nbsp;avait surpris son époque par son audace et son intensité dramatique. L&rsquo;action se déroule à Corinthe, où Jason et Médée ont trouvé refuge auprès du roi Créon. Mais Jason se détourne de son épouse pour Créuse, la fille du roi. Créon annonce à Médée qu&rsquo;il ne la livrera pas à ses ennemis, mais qu&rsquo;elle doit quitter Corinthe, tandis que Jason y restera avec leurs enfants. Médée proteste : tous ses crimes, dit-elle, n&rsquo;ont été commis que par amour pour lui. Les noces de Jason et Créuse sont programmées. Folle de rage, Médée invoque les puissances infernales et prépare sa vengeance. La tragédie se précipite : Créon sombre dans la folie et meurt, Créuse expire dévorée par les flammes et Médée tue ses propres enfants avant de disparaître. Jason, éperdu, crie vengeance. Longtemps éclipsée par l&rsquo;œuvre de Lully, cette partition est aujourd&rsquo;hui considérée comme l&rsquo;un des sommets du répertoire baroque français. Elle compte notamment parmi ses pages célèbres le déchirant air de Médée « <em>Quel prix de mon amour</em> » (acte III).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la tête de cette production,&nbsp;<strong>Stéphane Fuget</strong>, claveciniste, organiste et chef, dirige l&rsquo;ensemble&nbsp;<strong>Les Épopées</strong>, qu&rsquo;il a fondé en 2018. Il partage cette soirée avec le&nbsp;<strong>Chœur de chambre de Namur</strong>, ensemble vocal spécialisé dans l&rsquo;interprétation historiquement informée. Dans le rôle-titre, la contralto québécoise&nbsp;<strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>, révélée en 2000 par le premier prix du Concours Reine Élisabeth, fait ses débuts dans le rôle de Médée. Sa voix grave et incisive s&rsquo;accorde à la violence dramatique du personnage. Face à elle, le ténor tchèque&nbsp;<strong>Petr Nekoranec</strong>, lui aussi dans une prise de rôle, incarne Jason. La mezzo-soprano&nbsp;<strong>Juliette Mey</strong>&nbsp;interprète Créuse et la basse&nbsp;<strong>Frédéric Caton</strong>, Créon. La soprano&nbsp;<strong>Camille Poul</strong>, habituée des productions de Stéphane Fuget, complète la distribution en Nérine et L&rsquo;Amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Médée</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 septembre</mark><br><a href="https://www.opera-orchestre-montpellier.fr">Opéra Comédie, Montpellier </a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>
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		<title>Loghofète, ou le prénom perdu: Une enquête sur l’exil signée Fred Nevché </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 13:57:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est seul sur scène. Une vieille chanson arménienne s&#8217;élève. Sur l&#8217;écran, le portrait d&#8217;un couple apparaît, digne, venu d&#8217;un autre temps. Fred Nevché commence à parler. C&#8217;est un fleuve qu&#8217;il évoque. Il remonterait à contre-courant pour retrouver sa source. Il pourrait être le&#160;Nahr Beyrouthdont l’embouchure se situe dans la zone de&#160;Karantina, quartier d&#8217;installation des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il est seul sur scène. Une vieille chanson arménienne s&rsquo;élève. Sur l&rsquo;écran, le portrait d&rsquo;un couple apparaît, digne, venu d&rsquo;un autre temps. <strong>Fred Nevché</strong> commence à parler. C&rsquo;est un fleuve qu&rsquo;il évoque. Il remonterait à contre-courant pour retrouver sa source. Il pourrait être le&nbsp;Nahr Beyrouthdont l’embouchure se situe dans la zone de&nbsp;Karantina, quartier d&rsquo;installation des réfugiés arméniens après leur quarantaine du Lazaret. Il le sépare du Bourj Hammoud où beaucoup de familles se sont ensuite installées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se déroule sur le plateau, ce sont plusieurs histoires en une seule. Celle de la famille de Nevché d’abord et de son arrière-grand-père Loghofète, orfèvre arménien arrivé le 15 octobre 1923 au service sanitaire de quarantaine de Marseille, puis au camp Oddo, avec sa femme Satenik et leurs cinq enfants, dont le grand-père de l&rsquo;artiste. De ce prénom, l’artiste n&rsquo;a jamais retrouvé la moindre trace ailleurs. Personne d&rsquo;autre ne l&rsquo;a porté. Comment en retrouver l’origine&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En avril 2025 Nevché rencontre, à l&rsquo;initiative de l&rsquo;Institut français et de la Bibliothèque Orientale de Beyrouth, Diala Lteif, urbaniste et historienne à Cambridge. Ensemble, ils vont imaginer, grâce aux fonds photographiques libanais, une traversée croisée entre le quartier de la quarantaine à Beyrouth et la mémoire de l’exil des Arméniens à Marseille. Si la famille de Nevché n’a jamais mis les pieds à Beyrouth, son destin ressemble à celui des exilés au Liban. En se rendant dans ce pays avec Diala, Fred retrouve les saveurs de son enfance&nbsp;: les sou-beureg, lasagnes arméniennes, le soudjouk, saucisse séchée…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ambre, satin et racisme</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit se déploie par fragments, entrecoupé de chansons : celle, magnifique, qu&rsquo;il compose autour du prénom de son arrière-grand-mère, Satenik, qui signifie ambre et satin tandis que son portrait s’anime en fonds d’écran. Des photos de famille défilent, tantes, cousins, grands-parents, tandis qu’à Beyrouth, Lteif décrit l&rsquo;architecture particulière des maisons arméniennes en tôle ondulée (tanaké), modulables, à charpente de bois, bâties par des mains d&rsquo;exilés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle évoque les 58 000 réfugiés débarqués à Marseille entre 1922 et 1924 relégués dans des camps de fortune – Oddo, Saint-Jérôme, Les Milles –, l’hostilité de la population, jusqu&rsquo;aux mots de Simon Flaissières, sénateur-maire de Marseille en 1923 – pourtant connu comme le médecin des pauvres – dénonçant une redoutable immigration des peuples d’orient qui s’est «&nbsp;<em>abattu sur les quais de notre grand port. La variole, le typhus la peste se dirigent vers nous&nbsp;avec ces immigrants dénués de tout, réfractaire aux mœurs occidentales.</em> » De cette succession de voix, de visages, naît un objet hybride&nbsp;; un « podcast vivant », qui entrelace récit documentaire, poésie, chansons originales et projections d&rsquo;archives et dans lequel le prénom disparu de Loghofète incarne tous les anonymes de l&rsquo;exil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 octobre 2026 </mark><br>Création française au Palais de la Porte Dorée – Musée national de l’histoire de l’immigration, à Paris, dans le cadre de la Saison Méditerranée.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 octobre 2026</mark> <br><strong> </strong>Ouverture des Nouvelles Rencontres Averroès, à l’Espace Julien, Marseille</pre>
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		<title>Télémaque ouvre October Lab#7 </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 09:03:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Ensemble Télémaque, en résidence au PIC, entame sa saison avec un temps fort : October Lab #7, septième édition de la plateforme de création musicale. Le principe d&#8217;October Lab est de passer commande à des artistes du monde entier autour de thématiques renouvelées chaque année. Cette édition franchit l&#8217;Atlantique. Sous la direction de son chef [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Ensemble Télémaque, en résidence au PIC, entame sa saison avec un temps fort : <strong><em>October Lab #7</em></strong>, septième édition de la plateforme de création musicale. Le principe d&rsquo;<em>October Lab</em> est de passer commande à des artistes du monde entier autour de thématiques renouvelées chaque année. Cette édition franchit l&rsquo;Atlantique. Sous la direction de son chef <strong>Raoul Lay</strong>, elle fait dialoguer l&rsquo;ensemble marseillais avec trois compositeurs confirmés, <strong>Yu-Hui Chang, John Aylward</strong> et <strong>Kate Soper</strong>, rejoints par deux doctorants en composition de l&rsquo;université de Brandeis, dans le Massachusetts, <strong>Jingmian Gong</strong> et <strong>Dylan Needleman</strong> pour le programme&nbsp;<em>Sounds, Tears and Skins</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fil conducteur est littéraire et historique. Il s’appuie sur cinq figures&nbsp;: l&rsquo;Américaine Mary Jane Gold, autrice de&nbsp;<em>Crossroads Marseilles 1940</em>, l&rsquo;écrivain austro-tchèque Franz Werfel, le poète et homme de théâtre Antonin Artaud, ainsi que Marcel Proust et Arthur Rimbaud. Tous ont connu, à des degrés divers, des formes de discrimination liées au genre, à l&rsquo;origine, à l&rsquo;orientation sexuelle ou à la santé mentale. Leurs œuvres et leurs trajectoires interrogent le voyage, la migration et l&rsquo;histoire des minorités, dans un axe reliant Marseille aux États-Unis, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, que les compositeurs sont invités à réactiver.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ponts et compositions</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, à regarder les parcours des compositeurs réunis pour ce projet, c&rsquo;est à quel point ils entrent en résonance avec les thèmes de déplacement et de discrimination que le programme explore. Yu-Hui Chang, qui signe&nbsp;<em>Accidental Hero</em>, un mini-drame musical, est née, à Taïwan, en 1970, avant de traverser l&rsquo;Atlantique en 1994 pour construire sa carrière d&rsquo;abord à l&rsquo;université de Californie à Davis, puis à Brandeis, où elle occupe une chaire de composition. Son écriture, saluée par une bourse Guggenheim et un prix de l&rsquo;Académie américaine des arts et des lettres, cherche justement à dépasser les frontières culturelles et stylistiques, un geste qui prolonge, dans la matière musicale, sa propre expérience de l&rsquo;exil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">John Aylward, auteur de&nbsp;<em>Between Heaven and Earth</em> a grandi dans le désert de Sonora, à la frontière entre l&rsquo;Arizona et le Mexique, fils d&rsquo;une mère immigrée allemande elle-même réfugiée de la Seconde Guerre mondiale. Cette mémoire irrigue son œuvre, empreinte d&rsquo;un sens aigu de la communauté et des paysages désertiques. Formé à Brandeis, aujourd&rsquo;hui professeur à Clark University, il a fondé en France, dans les années 2010, le festival Etchings, à Auvillar, tissant lui-même des ponts entre les deux rives de l&rsquo;Atlantique. Il est en outre doublement lauréat de l&rsquo;Académie américaine des arts et des lettres et d&rsquo;une bourse Guggenheim.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kate Soper, enfin, dévoile&nbsp;<em>Antonin Artaud&rsquo;s Drama of the Mind</em>, pièce composée directement sur un texte du poète français. Figure singulière de la scène new-yorkaise, à la fois compositrice, chanteuse et autrice, elle a été finaliste du prix Pulitzer de musique en 2017 pour son opéra de chambre&nbsp;<em>Ipsa Dixit</em>. Elle choisit de faire entendre la voix d&rsquo;Artaud, l&rsquo;une des cinq figures littéraires au cœur du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À leurs côtés, les deux jeunes compositeurs issus du cursus doctoral de Brandeis complètent le programme. Jingmian Gong signe&nbsp;<em>Proust Impression</em>, mise en musique d&rsquo;un extrait de&nbsp;<em>Du côté de chez Swann</em>&nbsp;; Dylan Needleman,&nbsp;<em>Les Ponts</em>, d&rsquo;après le poème en prose d&rsquo;Arthur Rimbaud tiré des&nbsp;<em>Illuminations</em>, une écriture qu&rsquo;il nourrit d&rsquo;influences aussi variées que le punk hardcore et le minimalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À Marseille et Cassis</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours se déploie en trois temps. D&rsquo;abord la création européenne du concert&nbsp;<em>Sounds, Tears and Skins</em>, le 15 septembre&nbsp;au GMEM à la Friche Belle de Mai. Puis, le 17 septembre, un concert-rencontre à la Fondation Camargo de Cassis,&nbsp;<em>Artaud, Gold et Werfel : l&rsquo;invitation américaine</em>, précédé d&rsquo;une discussion avec Kate Soper, Yu-Hui Chang et John Aylward. Enfin, le 20 septembre&nbsp;au PIC-Télémaque, un concert commenté,&nbsp;<em>Inside STS : un parcours américain</em>, où Raoul Lay et l&rsquo;ensemble décrypteront en direct les œuvres du programme. Sur scène, les musiciens accompagneront la soprano <strong>Brigitte Peyré</strong> et la comédienne <strong>Agnès Audiffren</strong>, dans des pièces mêlant voix parlée, chantée et écriture instrumentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au printemps dernier, l&rsquo;Ensemble Télémaque s&rsquo;était déjà rendu aux États-Unis dans le Massachusetts et à New York pour jouer les œuvres commandées&nbsp;; un aller-retour transatlantique dont ce nouveau chapitre marseillais vient aujourd&rsquo;hui refermer la boucle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>October Lab #7</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 15 au 20 septembre</mark><br>Marseille et Cassis</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques">Musique</a> ici </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>France-Espagne</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 11:52:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Élise Bertrand (violon) – nommée dans la catégorie « Révélation Soliste Instrumental » aux Victoires de la Musique 2024&#8211; et Laure Cholé (piano), habituée de grands festivals, invitent à une traversée entre raffinement français et flamboyance espagnole. Les deux musiciennes proposent un dialogue tout en extrême avec au programme la Berceuse et la Romance de Gabriel [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Élise Bertrand (violon) – nommée dans la catégorie « Révélation Soliste Instrumental » aux <em>Victoires de la Musique 2024</em>&#8211; et Laure Cholé (piano), habituée de grands festivals, invitent à une traversée entre raffinement français et flamboyance espagnole. Les deux musiciennes proposent un dialogue tout en extrême avec au programme la <em>Berceuse</em> et la <em>Romance</em> de Gabriel Fauré, pages tendres et introspectives ; la <em>Suite populaire espagnole</em> de Manuel de Falla, mosaïque de couleurs folkloriques ; une <em>Danse espagnole</em> de Granados, portée par son élan rythmique. Mais aussi <em>D&rsquo;un matin de printemps</em> de Lili Boulanger, œuvre lumineuse d&rsquo;une compositrice trop méconnue jusqu’à l’incroyable <em>Carmen Fantasy</em> de Sarasate, sommet de virtuosité inspiré de l&rsquo;opéra de Bizet. </p>



<p class="wp-block-paragraph">A.-M.T.</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">6 septembre<em> </em><br></mark>Église de Saint-Christophe, Vachères</pre>
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		<title>Rentrée littéraire : « L&#8217;Âge de déplaire », premier roman d’Abibou Diouf</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 10:05:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le roman s&#8217;ouvre sur la mort du père du personnage principal, Fadel, jeune homme qui partage sa vie entre Paris et le Sénégal « Je suis né à Dakar, une ville où l&#8217;air est saturé d&#8217;un virilisme qui s&#8217;infiltre partout : dans les corps, les démarches, les regards, les intonations et jusque dans les silences. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le roman s&rsquo;ouvre sur la mort du père du personnage principal, <strong>Fadel</strong>, jeune homme qui partage sa vie entre <strong>Paris</strong> et le <strong>Sénégal</strong> « <em>Je suis né à <strong>Dakar</strong>, une ville où l&rsquo;air est saturé d&rsquo;un virilisme qui s&rsquo;infiltre partout : dans les corps, les démarches, les regards, les intonations et jusque dans les silences.</em> ». En France, il découvre une liberté nouvelle. À chacun de ses retours au pays, sa vie est soumise à nouveau à la hiérarchie familiale, au poids de la tradition, aux velléités de sa mère et de son frère ainé Malick, de le marier. Mais à Dakar, il retrouve aussi un personnage : « Fadel le Fou », artiste marginal, qui vit dans une cahute sur l’île de Ngor et dont l&rsquo;existence défie l&rsquo;ordre social. Le roman construit un jeu de miroirs entre le Fadel qui se conforme encore et celui qui s&rsquo;est affranchi depuis bien longtemps du regard de sa société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman retrace <strong>l’histoire d’une pression</strong> : celle que l’on impose aux jeunes garçons : « <em>Sois un homme ! Depuis l&rsquo;enfance cette phrase m&rsquo;a été jetée au visage comme une injonction. Une identité définie par les autres, par l&rsquo;histoire, la culture, la religion, l&rsquo;État, la famille, la norme sociale. Aucune marge de liberté. Aucune brèche pour respirer.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Voix de l’émancipation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le frère de Fadel, <strong>Malick</strong>, incarne la voix du reproche, lorsque le narrateur choisit de vivre en France : « <em>On n&rsquo;aurait jamais dû te laisser partir ; L&rsquo;Occident t&rsquo;a oxydé. Toubabisé. Et la France veut faire de toi un « woke ». Un homme déconstruit. À force tu ne seras plus un homme du tout.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce premier roman très réussi, Abibou Diouf interroge dans un style enlevé et qui fait souvent référence à des maximes africaines, la fabrique des masculinités, les violences symboliques exercées au nom de la communauté, et le poids du silence au sein des familles sénégalaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’émanciper, à un prix. Aucune libération ne se fait sans arrachement. Pour se choisir, Fadel doit accepter de perdre une part de ce qui l&rsquo;a construit, de trahir l&rsquo;héritage pour ne pas se trahir soi-même. À sa suite, on entre avec conviction dans <em>l’Âge de déplaire</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L'Âge de déplaire</em>, <strong>Abibou Diouf</strong>, <br>Éditions Albin Michel<br>Paru le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 août </mark></pre>
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		<title>Rentrée littéraire : « Le Livre de la disparition », ou le rire glaçant d’Ibtisam Azem</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 09:14:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Matin ordinaire à Tel-Aviv. Les cafés ouvrent leurs volets, les voitures roulent. Mais quelque chose cloche. Les ouvrières horticoles, les serveurs et les chauffeurs n&#8217;ont pas pris leur poste. Les check-points sont déserts. Quatre millions de Palestiniens ont disparu sans trace, sans explications, sans revendication. Le pays est à l&#8217;arrêt. Et une question est sur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Matin ordinaire à Tel-Aviv. Les cafés ouvrent leurs volets, les voitures roulent. Mais quelque chose cloche. Les ouvrières horticoles, les serveurs et les chauffeurs n&rsquo;ont pas pris leur poste. Les check-points sont déserts. Quatre millions de Palestiniens ont disparu sans trace, sans explications, sans revendication. Le pays est à l&rsquo;arrêt. Et une question est sur toutes les lèvres : «&nbsp;<em>que s&rsquo;est-il passé ?&nbsp;</em>»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée de cette dystopie, qui pousse à son paroxysme le souhait porté par la frange dure de la population israélienne, est géniale. Dans <em>Le Livre de la disparition</em>, la romancière palestinienne <strong>Ibtisam Azem</strong> s’en empare avec délectation. Publié en arabe en 2014, il est enfin traduit en français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du roman, deux hommes. Ariel Levy est journaliste israélien, progressiste, athée, convaincu d&rsquo;appartenir au camp de la paix. Alaa Assaf est cameraman palestinien, petit-fils de Teta, grand-mère qui vient de mourir. Ils sont voisins à Tel-Aviv, se respectent, se déclarent amis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient le matin sans Palestiniens. L&rsquo;État d&rsquo;urgence est déclaré. Les recherches battent leur plein. Si les extrémistes et les colons se félicitent de voir le pays, « nettoyé », la majorité de la population, est hébétée. D&rsquo;autres, comme Ariel, sont saisis de culpabilité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le carnet rouge</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour trouver des indices, ce dernier pénètre dans l&rsquo;appartement de son ami. Il y découvre un carnet rouge, le journal d&rsquo;Alaa. Au fil des pages, le juif mesure l&rsquo;abîme qui les sépare et dont il n’avait pas conscience. Dans ses écrits, le palestinien consigne les souvenirs de sa grand-mère Teta qui vivait à Jaffa en 1948, année de la <em>Nakba</em>, «&nbsp;<em>la catastrophe&nbsp;</em>»<em>.</em> Les Juifs occupent la ville, chassent la population arabe qui passe de 100 000 à 4 000 habitants. Tandis que son mari s&rsquo;exile à Beyrouth, Teta, bien qu’expulsée, choisit de rester dans la ville. Un jour, elle retourne dans sa maison espérant récupérer les rideaux qu&rsquo;elle a cousus. Un couple de juifs y est installé. Elle repart les mains vides. Ariel prend peu à peu conscience, avec difficulté, du poids que porte son ami dans un pays qui lui demande de sourire et d&rsquo;être reconnaissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La colère contenue</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="585" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=400%2C585&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138037" style="aspect-ratio:0.6837752458027189;width:318px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=150%2C219&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=300%2C439&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=287%2C420&amp;ssl=1 287w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il se souvient d&rsquo;un accès de fureur d&rsquo;Alaa, un soir où Ariel lui avait fait observer, avec la bienveillance du libéral convaincu, qu&rsquo;il vivait tout de même dans un État moderne, avec des libertés qu’envieraient les réfugiés de Beyrouth. Alaa avait explosé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Disparition</em> fait surgir avec clarté ce qu&rsquo;Azem fait murmurer à travers la voix d’Ariel : « <em>Que s&rsquo;est-il passé à tes citoyens sains d&rsquo;esprit, ô patrie ? Depuis que nous avons établi cet État, creusons-nous notre tombe de nos propres mains ? Allons-nous exécuter l&rsquo;agenda des colons et réaliser leurs rêves ? Ce sont les premiers ennemis de l&rsquo;État.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le génie d&rsquo;Ibtisam Azem est de mettre en lumière, en creux, l&rsquo;importance d&rsquo;une présence quotidienne et de montrer à quel point l&rsquo;économie, la culture, le quotidien d&rsquo;Israël repose sur une présence palestinienne indispensable tant le destin des deux peuples est intriqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibtisam Azem est née et a grandi, près de Jaffa. Elle est fille et petite-fille de déplacés de 1948. Elle a étudié à l&rsquo;Université hébraïque de Jérusalem, à Freiburg en Allemagne, avant de s&rsquo;installer à New York où elle travaille comme journaliste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Livre de la disparition</em>, <strong>Ibtisam Azem</strong><br>Éditions Globe – 21€<br>Traduit de l'arabe par Leïla Tahir<br>Paru le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 26 août</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Rentrée littéraire : « Sauf la frontière » d’Elisa Shua Dusapin, une histoire intime du Moyen Orient</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 09:05:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 7 octobre 2023, au petit matin, Elisa Shua Dusapin quitte le festival littéraire de Beyrouth où elle a été invitée pour descendre vers le Sud-Liban. Elle ignore encore tout de la tragédie qui vient de se dérouler de l&#8217;autre côté de la frontière. Confinée à Beyrouth en état d’urgence, elle parvient à regagner l’Europe. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le 7 octobre 2023, au petit matin, <strong>Elisa Shua Dusapin</strong> quitte le festival littéraire de Beyrouth où elle a été invitée pour descendre vers le Sud-Liban. Elle ignore encore tout de la tragédie qui vient de se dérouler de l&rsquo;autre côté de la frontière. Confinée à Beyrouth en état d’urgence, elle parvient à regagner l’Europe. Mais l&rsquo;autrice ne tient pas en place. Quelques mois plus tard, elle repart s&rsquo;installer à Amman, en Jordanie, pays dont elle ne connaît ni la langue ni les usages. Elle décide d’apprendre l&rsquo;arabe, arpente la ville et intègre une formation de plomberie aux côtés de femmes jordaniennes, vingt-quatre apprenties âgées de 18 à 60 ans, abayas relevées sur des baskets colorées, caisse à outils à l&rsquo;épaule. Dans un pays où l&rsquo;eau manque et où ce métier reste perçu comme une affaire d&rsquo;hommes, cette coopérative fondée par une femme du nom d&rsquo;Asma devient un lieu d&rsquo;émancipation.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="300" height="446" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=300%2C446&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137950" style="aspect-ratio:0.6726676726156408;width:274px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?w=300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=150%2C223&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=283%2C420&amp;ssl=1 283w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sauf la frontiere &#8211; Elisa Shua Dusapin</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Zones et checkpoints</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, elle fréquente un cercle de parole de réfugiés syriens organisé sur le modèle de la <em>diwaniya</em>. Durant le temps où se consume une bougie, on interroge à voix haute ce qu&rsquo;on a laissé derrière soi en fuyant son pays ou comment pardonner quand la blessure reste ouverte. Elle y croise Hassan, originaire d&rsquo;Alep, qui a tout perdu, sa maison, sa femme, ses enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit se déplace ensuite vers Israël, Jérusalem, Tel-Aviv puis la Cisjordanie. Son périple l’emmène sur les bords du Jourdain à sec, le long du mur érigé depuis 2002, dans les entrelacs des zones A, B et C héritées des accords d&rsquo;Oslo, à se heurter aux multiples checkpoints. À Ramallah, elle rencontre Salim, la quarantaine, qui tente de faire renaître une bibliothèque dans un ancien centre culturel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fille d&rsquo;un père français et d&rsquo;une mère sud-coréenne, élevée entre Paris, Séoul et Porrentruy (Suisse), Elisa Shua Dusapin, qui avec ce texte évolue dans une partie du monde où on ne l’attendait pas, revendique ce besoin de franchir les lignes. Sans grandiloquence ni prise de position tranchée, elle rapporte des faits, tout en laissant deviner de quel côté penche son cœur, celui des plus fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Sauf la frontièr</em>e - <strong>Elisa Shua Dusapin</strong><br><a href="https://editionszoe.ch/">éditions Zoé</a><br>En librairies le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">26 août </mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature">Littérature</a> ici </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le festival « De Vives Voix » va faire résonner Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 08:50:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Top départ au Parc Longchamp ce 30 août. Les traditionnels&#160;chanteurs de jardins investissent les parcs de Marseille. Tout au long de la journée, différents chœurs feront résonner leurs chants, surgissant au détour d&#8217;une allée pour annoncer, en musique, l&#8217;ouverture de l’édition du festival De Vives Voix.&#160; Quelques jours plus tard, le 3 septembre, l&#8217;église Saint-Pierre-et-Saint-Paul [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Top départ au Parc Longchamp ce 30 août. Les traditionnels&nbsp;<strong>chanteurs de jardins</strong> investissent les parcs de Marseille. Tout au long de la journée, différents chœurs feront résonner leurs chants, surgissant au détour d&rsquo;une allée pour annoncer, en musique, l&rsquo;ouverture de l’édition du festival <strong><em>De Vives Voix</em></strong>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours plus tard, le 3 septembre, l&rsquo;église Saint-Pierre-et-Saint-Paul accueille l&rsquo;<strong>Ensemble vocal Gyptis</strong>, dirigé par&nbsp;<strong>Bénédicte Pereira</strong>, pour la&nbsp;<em>Misatango</em> du compositeur argentin Martin Palmeri. Calquée sur les mêmes mouvements qu’une messe en latin classique, à laquelle se mêlent les harmoniques et les rythmes syncopés d’un tango, elle est aujourd’hui l’une des œuvres vocales les plus jouées en Europe. Bandonéon, cordes et piano épousent les voix des vingt-quatre choristes amateurs de l&rsquo;ensemble marseillais.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Voyage au Conservatoire</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">La cour du Conservatoire Pierre Barbizet sera l’écrin les 4, 5 et 6 septembre de propositions musicales voyageuses.&nbsp;<strong>Walid Ben Selim</strong>, chanteur né au Maroc et porte-voix de la poésie soufie de Rûmî ou Ibn Arabi fera dialoguer sa voix avec la harpe de&nbsp;<strong>Marie Marguerite Cano</strong>, dans le programme&nbsp;<em>Here and Now</em>, pont entre Orient et Occident. Le lendemain, <strong>Rebecca Roger Cruz</strong>, met à l’honneur la chanson latino-américaine, le flamenco et le rock psychédélique. Entourée de quatre musiciens, elle présentera son premier album, coproduit notamment par le festival <em>Les Suds, à Arles</em>, La Cité de la Musique de Marseille et le Théâtre Durance, Scène nationale. Le 6 septembre, toujours au Conservatoire, on pourra découvrir <strong>Anima Terrania</strong>. Le projet est né d&rsquo;un coup de foudre artistique entre&nbsp;<strong>Letizia Giuntini</strong>, chanteuse corse formée au chant traditionnel et les violoncellistes de <strong>Moïta</strong>. Pour l&rsquo;occasion, la formation sera renforcée par les élèves violoncellistes du Conservatoire Pierre Barbizet, sous la direction de&nbsp;<strong>Marine Rodallec</strong>.Escales à l’Archipel 49Une bonne partie de la seconde moitié du festival se déroulera à Archipel 49, la Maison du Chant, des Musiques et du Conte, un des fiefs de la pratique chorale marseillaise. Le lieu ouvrira sa saison avec une <em>cantèra</em>, moment convivial où chanteurs amateurs se réunissent pour entonner des airs a cappella. Entrée libre à quiconque veut chanter ou simplement écouter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 septembre, le&nbsp;<strong>Duo Lavoà Lapò</strong>&nbsp;&#8211;&nbsp;<strong>Damien Toumi</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Mànu Théron</strong>&#8211; y revisitera le répertoire occitan à deux voix et deux percussions, entre inventions facétieuses et transes polyrythmiques. Trois jours plus tard <strong>Eléonore Bovon</strong>&nbsp;montera sur scène pour <em>Protest’ Song</em> un spectacle parlé-chanté coécrit avec&nbsp;Philippe Nauze, où elle interroge son enfance de fille de pasteur à travers archives et souvenirs. Elle sera accompagnée par le chœur&nbsp;<em>Passions</em>, né de son travail de transmission des chants traditionnels italiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le week-end suivant, le 26 septembre, c’est <strong>l’Ensemble Marani</strong> qui régale et nous fait découvrir cette tradition ancestrale géorgienne où le chant polyphonique est lié à la communauté dans tous les moments de la vie : cérémonies de mariage ou de funérailles, liturgie, travail, berceuses, danses ou banquets.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Femmes du sud</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le festival se conclura à la Cité de la Musique de Marseille par deux soirées consacrées aux voix féminines méditerranéennes. Le 9 octobre, le duo&nbsp;<strong>LEÏ</strong>&nbsp;– <strong>Laurène Barnel</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Carine Habauzit</strong> – présentera&nbsp;<em>Feu de vie</em>, création pour voix et synthétiseurs puisant ses inspirations entre Méditerranée et Moyen-Orient, convoquant les figures de Sapphô ou Hildegard von Bingen. Le lendemain, ce sont les&nbsp;<strong>Dames de la Joliette</strong>&nbsp;–&nbsp;<strong>Sylvie Paz</strong>,&nbsp;<strong>Maura Guerrera</strong>,&nbsp;<strong>Kalliroi Raouzeou</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Annie Maltinti</strong>&nbsp;&#8211; qui clôtureront la programmation avec&nbsp;<em>Tamborradas de Amor</em>, spectacle mêlant poésie, polyphonies et percussions traditionnelles, en hommage aux femmes du peuple qui, selon la légende, repoussèrent en 1524 les troupes de Charles Quint dans le quartier de la Joliette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><a href="https://www.festivaldevivesvoix.fr"><strong><em>De Vives Voix</em></strong><br></a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 30 août au 10 octobre</mark><br>Divers lieux, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La vie à hauteur de pieds</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 08:35:48 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Ning fut boxeuse, autrefois. Aujourd&rsquo;hui, pour les clientes de son salon, elle n&rsquo;est qu&rsquo;une employée parmi d&rsquo;autres, toutes prénommées Susan par commodité, toutes vêtues du même pantalon et du même t-shirt noir. Interchangeables dans le regard de leurs clients, les Susan polissent, vernissent, conseillent sur la teinte qui ornera les mains. Elles sont aussi des oreilles aux confessions que les clientes laissent échapper, rendez-vous après rendez-vous, sur leurs amours, leurs carrières, leurs familles. Les Susan n’ont pas envers leurs clients une bienveillance complaisante. Bien au contraire, elles cultivent une forme de cynisme, de rugosité, de dureté, qui mettent en exergue les rapports de classe. Les Susan sont des immigrées – le pays d&rsquo;origine n&rsquo;est jamais nommé, mais on devine l&rsquo;Asie, la Chine, le Vietnam ou le Laos, patrie de l&rsquo;autrice – et elles échangent des commentaires – pas toujours sympathiques – dans une langue que les clientes ne comprennent pas. Leur quotidien est fait de précarité, de soumission et du rêve farouche de s&rsquo;en sortir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="340" height="550" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=340%2C550&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137936" style="aspect-ratio:0.6182100053664062;width:173px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?w=340&amp;ssl=1 340w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=185%2C300&amp;ssl=1 185w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=150%2C243&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=300%2C485&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=260%2C420&amp;ssl=1 260w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /><figcaption class="wp-element-caption">La couleur qui vous plaira </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En l&rsquo;espace d&rsquo;une seule journée, deux mondes se frôlent sans presque jamais se mêler, les uns dans les fauteuils confortables, les autres à leurs genoux, à hauteur de pieds. « <em>C&rsquo;est un moment très intime de découvrir les pieds de quelqu&rsquo;un. Même quand on est nue avec une personne, on ne voit pas ses pieds.</em> », exprime la Susan en chef, réactivant la dialectique du maître et de l’esclave.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce premier roman, lauréat du <strong>Giller Prize 2025</strong> – l&rsquo;équivalent canadien du Goncourt –, <strong>Souvankham Thammavongsa</strong> s&rsquo;impose, à l&rsquo;instar d&rsquo;Ocean Vuong, comme l&rsquo;une des voix les plus précises de la nouvelle littérature nord-américaine. Née en 1978 dans un camp de réfugiés laotiens en Thaïlande, poète et romancière installée à Toronto, elle avait déjà remporté le Giller Prize en 2020 pour son recueil de nouvelles <em>Comment prononcer couteau</em>. Elle devient ainsi l&rsquo;une des rares auteurs à avoir reçu deux fois cette distinction, </p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La couleur qui vous plaira</em> de <strong>Souvankham Thammavongsa<br></strong>Éditions <a href="https://www.editions-lacroisee.fr">La Croisée</a> - 22 €<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Paru le 20 août </mark></pre>



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		<title>Rentrée littéraire : les femmes libres de Carla Demierre et Maxime Schwartz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 14:01:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Élise Müller naît en 1861 dans le canton du Valais. Fille d&#8217;un marchand hongrois et d&#8217;une Genevoise, elle commence à travailler à quinze ans dans une maison de commerce. À trente ans, elle se découvre des dons de médium, entre en transe, dit communiquer avec Victor Hugo, puis avec Cagliostro, dont l&#8217;esprit devient son guide [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Élise Müller naît en 1861 dans le canton du Valais. Fille d&rsquo;un marchand hongrois et d&rsquo;une Genevoise, elle commence à travailler à quinze ans dans une maison de commerce. À trente ans, elle se découvre des dons de médium, entre en transe, dit communiquer avec Victor Hugo, puis avec Cagliostro, dont l&rsquo;esprit devient son guide spirituel, son « <em>régisseur caché dans la coulisse</em> », comme l&rsquo;écrira plus tard le psychologue Théodore Flournoy. Elle prend un pseudonyme : Hélène Smith.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle incarne successivement une princesse hindoue, Marie-Antoinette et une voyageuse interplanétaire qui décrit la topographie de Mars, invente une langue et un alphabet que le grand linguiste Ferdinand de Saussure prendra la peine d&rsquo;étudier. Flournoy, fasciné, mène sur elle une étude clinique et en tire <em>Des Indes à la planète Mars,</em> publié en 1899, succès international, qui s&rsquo;inscrit dans les débuts de la psychanalyse. Élise Müller peint aussi des toiles issues de ses transes. Deux tableaux ont survécu, dont l&rsquo;un est aujourd&rsquo;hui conservé au Centre Pompidou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du personnage fantasque, on découvre tout ce que la médiumnité a apporté à cette héroïne. Dans une société où les femmes sont reléguées à la domesticité, le spiritisme ouvre une brèche insolite. Le mouvement spirite accordait aux femmes le pouvoir de prendre la parole en public&nbsp;; la médium ne parlant pas en son nom, on l&rsquo;écoute. Pour Élise Müller, le bénéfice est concret. La médiumnité lui offre une identité publique et une émancipation économique sans passer par le mariage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette histoire folle que <strong>Carla Demierre</strong> a choisi de raconter dans <em>La Fille de Mars</em> en suivant Sybil Brown, enquêtrice de la SARP – Société américaine pour la recherche psychique – qui embarque sur un paquebot qui la conduit vers Hélène Smith. Au contact de celle-ci, la chercheuse commence, elle aussi, à envisager sa propre vie sous l&rsquo;angle de l&rsquo;émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Carla Demierre a travaillé à partir des travaux de Flournoy, consulté les archives minces et éparpillées : une petite liasse de dessins cosmiques, les deux tableaux, des revues scientifiques et spirites. Si l’ouvrage reste largement romanesque, il parvient à restituer la troublante modernité de cette femme du XIX<sup>e</sup> siècle qui s’était inventé une vie à la mesure de son imagination.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La scandaleuse</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="643" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=643%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137931" style="aspect-ratio:0.6279324709493532;width:271px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=643%2C1024&amp;ssl=1 643w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=188%2C300&amp;ssl=1 188w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=768%2C1223&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=150%2C239&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=300%2C478&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=696%2C1108&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=264%2C420&amp;ssl=1 264w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="auto, (max-width: 643px) 100vw, 643px" /><figcaption class="wp-element-caption">Carla demierre, La fille de Mars</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">À quelques milliers de kilomètres de Genève et quelques décennies plus tôt, naît Victoria Woodhull en 1838 dans l&rsquo;Ohio, septième enfant d&rsquo;une famille qui tient de la foire itinérante : un père escroc, une mère illettrée adepte du magnétisme animal, une fratrie baladée sur les routes de l&rsquo;Amérique pionnière pour vendre des potions miraculeuses et dire la bonne aventure. À quinze ans, Victoria épouse un médecin pour échapper à sa famille et tombe de Charybde en Scylla : le mari est alcoolique et coureur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle le quitte. Avec sa sœur Tennessee, elle part à New York, se lie avec Cornelius Vanderbilt, magnat des chemins de fer, avide de communiquer avec sa mère défunte par l&rsquo;intermédiaire de médiums. Avec lui, elles ouvrent 1870 la première maison de courtage à Wall Street dirigée par des femmes et vont gagner beaucoup d&rsquo;argent. Victoria le réinvestit dans un journal, <em>le Woodhull and Claflin&rsquo;s</em> Weekly, qui tire à plus de cent mille exemplaires et publie la première traduction américaine du <em>Manifeste du Parti communiste.</em> Dans ses pages, elle défend le suffrage féminin, la journée de huit heures, le salaire égal, l&rsquo;amour libre, des jupes courtes pour ne pas traîner dans la boue. La presse la surnomme « <em>Madame Satan</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1872, elle se porte candidate à l&rsquo;élection présidentielle américaine, sous l&rsquo;étiquette du parti des droits égaux qu&rsquo;elle a elle-même fondé, avec pour colistier l&rsquo;abolitionniste Frederick Douglass. Les femmes n&rsquo;ont pas encore le droit de voter, mais rien ne leur interdit de se présenter. Le jour du scrutin, elle est en prison, arrêtée pour avoir publié dans son journal l&rsquo;histoire d&rsquo;un adultère impliquant un pasteur de Brooklyn, récit authentique, mais qui, en raison de la loi sur l&rsquo;obscénité, lui vaudra plusieurs semaines de cellule.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite est tout aussi vertigineuse. Elle s&rsquo;installe en Angleterre, épouse un riche banquier, devient châtelaine d&rsquo;un manoir, fonde une école de village.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Premier roman éblouissant</strong></mark></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="675" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682.jpeg?resize=675%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137932" style="aspect-ratio:0.6591957811470006;width:272px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=675%2C1024&amp;ssl=1 675w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=768%2C1165&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1013%2C1536&amp;ssl=1 1013w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1350%2C2048&amp;ssl=1 1350w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=150%2C227&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=300%2C455&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=696%2C1056&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1068%2C1620&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=277%2C420&amp;ssl=1 277w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?w=1688&amp;ssl=1 1688w" sizes="auto, (max-width: 675px) 100vw, 675px" /><figcaption class="wp-element-caption">Maxim Schwartz, Le dernier présage de Victoria Woodhall</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maxime Schwartz</strong> aurait pu se contenter d&rsquo;une biographie de Victoria et cela aurait déjà été sacrément passionnant. Mais avec ce premier roman, il révèle une plume brillante, acerbe, d’un humour fou. <em>Le Dernier Présage de Victoria Woodhull</em> commence le dernier jour de l’héroïne. Le 9 juin 1927, Victoria annonce à son domestique, Ménélas Daisastre, jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, exilé dans ce manoir anglais, qu&rsquo;elle va mourir. Son perroquet Paradise a disparu. C&rsquo;est un présage. À quatre-vingt-huit ans, elle est coutumière des prédictions catastrophiques, mais cette fois, elle a décidé que c&rsquo;était la bonne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière journée rocambolesque est narrée depuis le regard de l’improbable Ménélas. Tandis que la vieille dame arpente ses souvenirs, la vie extraordinaire de Victoria se déploie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Fille de Mars</em> de <strong>Carla Demierre</strong><br><a href="https://editions-corti.fr/">Éditions Corti</a> - 19 €<br><em>Le Dernier Présage de Victoria Woodhull</em> de <strong>Maxime Schwartz</strong><br><a href="http://www.philippe-rey.fr/">Éditions Philippe Rey</a> - 18 €<br>Parus le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 août </mark></pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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