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	<title>Chloé Macaire, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Chloé Macaire, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Malte Schwind monte Rabelais et ne « cède pas à la mélancolie » </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 10:33:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Vous travaillez sur Rabelais depuis quelques années. Qu&#8217;est-ce qui vous a attiré dans son œuvre ?&#160; Malte Schwind. Je cherchais des textes qui puissent faire rire, et Rabelais est un grand maître du genre. Il est porteur d’une utopie humaniste, mais témoin de son échec. Il voit la censure, l’Inquisition, le désastre des guerres [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Vous travaillez sur Rabelais depuis quelques années. Qu&rsquo;est-ce qui vous a attiré dans son œuvre ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Malte Schwind.</strong> Je cherchais des textes qui puissent faire rire, et Rabelais est un grand maître du genre. Il est porteur d’une utopie humaniste, mais témoin de son échec. Il voit la censure, l’Inquisition, le désastre des guerres de religion qui arrivent. Face à l’horreur de ce monde, il écrit pour nous armer avec le rire. Pour ne pas céder à la mélancolie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’est&nbsp;votre deuxième création autour de l’œuvre de Rabelais.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, alors qu’on travaillait sur <em>Les Métamorphoses</em> d’Ovide, on a été invité à participer à <em>Avant le Soir</em>. C&rsquo;était une très belle expérience, que j’ai voulu réitérer avec Rabelais. Il nous a immédiatement paru pertinent de trouver cet espace, de ramener la farce sur la place publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La petite forme était une fausse pièce didactique. Le titre, <em>Cinq leçons et demie de pantagruélisme</em>, est en quelque sorte une blague inspirée par le jeu entre sérieux et pas sérieux qu’il y a toujours chez Rabelais. Dans la grande forme, on traverse son œuvre avec <em>Pantagruel</em> et le <em>Quart-Livre</em>, donc son premier et son dernier livre. On en fait une grande épopée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’univers rabelaisien est vaste. Comment avez-vous conçu cette épopée ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je commence toujours par extraire des livres des scènes que j&rsquo;aime, je fais comme des <em>best-of</em> à partir desquels on essaie de construire une ligne dramaturgique. Ici, c&rsquo;est l&rsquo;amitié entre Panurge et Pantagruel. L’amitié est une question qui traverse toutes mes créations. La communauté pantagruéliste se construit grâce à la singularité de chacun, et la défend radicalement. C’est cela qu’on raconte à travers cette amitié : deux opposés qui grâce à leur rencontre et à leur traversée, s’épanouissent dans leur individualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment représentez-vous cette traversée sur scène ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle est conçu en deux parties très différentes. La première se joue plutôt en avant scène, dans une sorte de théâtre pauvre, que l’on déploie à plus grande échelle pour la seconde, qui raconte la traversée à la recherche de la Dive Bouteille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On transforme le théâtre en bateau, avec une voile, un mât chinois, un fond peint qui représente la mer… mais tous ces éléments scénographiques ne font pas illusion, on voit toujours que c’est du théâtre. C’est aussi, quelque part, un hommage aux marins, qui ont beaucoup apporté au théâtre en terme de savoir faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a, chez Rabelais, une importance centrale du corps. Comment l’intégrez vous à votre mise en scène&nbsp; ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on pense à Rabelais, généralement, on pense à la grande bouffe, à l’excès, au caca etc. Ce n’est pas l’entrée qu’on a choisie. On a davantage misé sur sa grande érudition, mais je crois que la question du corps vient avec la langue. On joue en moyen Français, donc dans la langue de Rabelais lui-même. C’est une langue étrange, étrangère même, qui permet d’investir le corps autrement, parce que ce sont d&rsquo;autres sonorités, parce que la syntaxe est différente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Rien plus qu’un peu de moelle</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 18 au 20 septembre&nbsp;</mark><br><strong>Friche La Belle de Mai</strong>, Marseille<br>Un co-production de La Criée, Centre dramatique national de Marseille&nbsp;</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>OctOpus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 13:48:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les alentours de Cavaillon, la rentrée se fait en fanfare. Du 4 au 7 septembre, les circassien·nes du collectif Cheptel Aleïkoum proposent une petite tournée vauclusienne de leur spectacle OctOpus, qui allie musique, acrobaties et vélo dans l’espace public.  Comme le titre l’indique, iels sont huit, et sont, à la manière des membres d’une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans les alentours de Cavaillon, la rentrée se fait en fanfare. <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 4 au 7 septembre</mark>, les circassien·nes du collectif Cheptel Aleïkoum proposent une petite tournée vauclusienne de leur spectacle OctOpus, qui allie musique, acrobaties et vélo dans l’espace public. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le titre l’indique, iels sont huit, et sont, à la manière des membres d’une pieuvre, aussi indépendants qu’indissociables les uns des autres. Toustes acrobates et musicien·nes, iels s’entassent sur de petits vélos, puis peu à peu s’élèvent dans des portés aériens et autres pyramides, sans jamais lâcher ni leurs tambours ni leurs trompettes. Une fanfare fantasque, familiale, programmée par La Garance. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>C.M.</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 4 au 7 septembre </mark><br><strong>Noves, Mérindol, Mollégès, L’Isles-sur-la-Sorgue </strong><br>Dans le cadre de la programmation de La Garance, scène nationale de Cavaillon  </pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/octopus/">OctOpus</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>Les dites piafs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 08:53:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lors de la dernière édition d’Avant le soir, en 2025, le collectif Le Dragglomérat avait remporté un franc succès avec leur concert Fo·lles. Et les deux drag-queens confirment cette année ce succès auprès du public marseillais avec un nouveau spectacle. Celui-ci aurait dû s’appeler Chat·tes ou Cochon·nes, expliquent-elles, et elles avaient «&#160;un super programme pour [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Lors de la dernière édition d’<em>Avant le soir</em>, en 2025, le collectif <strong>Le Dragglomérat</strong> avait remporté un franc succès avec leur concert <em>Fo·lles</em>. Et les deux drag-queens confirment cette année ce succès auprès du public marseillais avec un nouveau spectacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui-ci aurait dû s’appeler Chat·tes ou Cochon·nes, expliquent-elles, et elles avaient «&nbsp;<em>un super programme pour ça</em>&nbsp;» mais leur producteur s’y est opposé &#8211; après tout <em>Avant le soir</em> est un évènement familial. Elles ont donc choisi le titre bien moins explicite <em>Coco·tte·s</em>, terme qui désignait jadis les prostituées, ont conçu un programme musical porté sur les oiseaux, un répertoire foisonnant qu’elles font remonter jusqu’au XIVe siècle avec l’aubade <em>Rossignolet du bois</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Poule-itiquement correct </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les performeuses, accompagnées au piano par <strong>Roberto Bello</strong>, n’épargnent presque aucun style. De l’air de beuverie <em>Summer is coming in</em>, première chanson profane enregistrée en Angleterre, à une version française de <em>Papageno-Papagena</em> extrait de <em>La Flûte enchantée</em>, en passant par <em>Le Faux-cul</em> de Coccinelle et une interlude pianistique avec <em>La poule</em> de Haydn, elles retracent une étonnante histoire de la musique. Et surtout des textes : dans beaucoup de chansons, les noms d’oiseaux permettent d’évoquer des sujets tabous, comme l’homosexualité. C’est le cas dans <em>Les Pingouins</em> de Juliette Greco dont les paroles évoquent les relations homosexuelles et en particulier entre pingouines, écrit à une époque où le jeu de mot n’était pas aussi évident qu’aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces sous-entendus, qu’ils soient de nature sexuelle ou ouvertement politique comme dans <em>Poulailler’s Song</em> de Souchon, dont <strong>Oral de Luxe</strong> propose une reprise particulièrement saisissante, s’inscrivent parfaitement dans la tradition drag, dont l’art du jeu de mot a toujours fait partie. Un brillant terrain de jeu pour les deux chanteuses qui s’en donne à cœur joie, égrainant la représentation de petites leçons d’ornithologie plus ou moins scientifique &#8211; leur explication de la différence entre pingouins et manchots est correcte, le fait que «&nbsp;<em>les coucous, c’est ceux qui se mettent des plumes dans le…</em>&nbsp;» peut-être un peu moins…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès de <em>Coco·tte·s</em> rappelle que «&nbsp;familial&nbsp;» et «&nbsp;grand public&nbsp;» ne signifient pas nécessaire consensuel ou politiquement correct, mais seulement rassembleur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Coco·tte·s</em> <br>a été donné <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 26 août</mark><br>Square Albrecht (Marseille) dans le cadre d’<em>Avant le soir </em></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes">Scènes</a> ici</p>
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		<title>Friche Belle de Mai : deux expositions et un kaléidoscope de relations</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/friche-belle-de-mai-deux-expositions-et-un-kaleidoscope-de-relations/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=friche-belle-de-mai-deux-expositions-et-un-kaleidoscope-de-relations</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 10:54:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En parallèle d’art-o-rama, deux expositions ouvrent également leurs portes ce vendredi 28 août à la Friche. Portée par la plateforme de recherche pluridisciplinaire The Racial Imaginary Institute et installée dans la Salle des machines, Unworlding est une exposition collective, qui postule que la destruction du monde tel qu’on le connait nous offre la possibilité de [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/friche-belle-de-mai-deux-expositions-et-un-kaleidoscope-de-relations/">Friche Belle de Mai : deux expositions et un kaléidoscope de relations</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">En parallèle d’<em>art-o-rama</em>, deux expositions ouvrent également leurs portes ce vendredi 28 août à <a href="https://www.lafriche.org">la Friche</a>. Portée par la plateforme de recherche pluridisciplinaire The Racial Imaginary Institute et installée dans la Salle des machines, <em>Unworlding</em> est une exposition collective, qui postule que la destruction du monde tel qu’on le connait nous offre la possibilité de le réinventer. Les œuvres des treize artistes invité·es sont ainsi des travaux de déconstruction au sens littéral du mot, qui transforme objets et images pour faire émerger des structures nouvelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Art marseillais </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L<a href="https://www.beauxartsdemarseille.fr/expositions/2026-08-28-glaneuses-et-glaneurs/">’École des Beaux-Arts de Marseille</a> investit la Tour de la Friche avec une exposition consacrée à ses nouveaux·elles diplômé·es en art et design, intitulée <em>Glaneuses et Glaneurs</em>. La commissaire <strong>Chloé Bonnie More</strong> a proposé aux 37 artistes issu·es de l’école de travailler à partir d’éléments « glanés » dans leur environnement physique et intellectuel, allant d’objets à des archives ou même de simples gestes aperçus, donnant ainsi naissance à des formes multiples qui célèbrent l’attention au détail et l’importance de la mise en relation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette journée de rentrée se conclura sur le toit-terrasse de la Friche, avec un prélude à la <em>Fiesta des Suds</em>. Au programme de cette soirée donnée dans le cadre du festival <em>On Air</em>, la DJ <strong>Sharouh</strong> marie les multiples musiques du pourtour méditerranéen avec une électro puissante, et <strong>Shahzen</strong> ouvre les esthétiques clubs les plus percussives aux transes collectives.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C.M.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Unworlding </em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 29 août au 11 octobre</mark> <br><br><strong><em>Glaneuses et Glaneurs </em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 29 août au 4 octobre</mark><br>Friche la Belle de Mai, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/arts-visuels/"><em>Arts visuels</em> ici </a></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/friche-belle-de-mai-deux-expositions-et-un-kaleidoscope-de-relations/">Friche Belle de Mai : deux expositions et un kaléidoscope de relations</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>The Last Hamlet : Être ou ne pas être sur scène </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 14:50:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D’un petit poste de radio posé à même le sol, s’élève la voix de la metteuse en scène Katie Mitchells. Elle appelle à ce que Hamlet cesse d’être autant monté sur scène. «&#160;J’en ai marre de voir des pièces à propos d’hommes dépressifs, violents et misogynes&#160;», dit-elle. Ben Duke, harnaché à un mur de cartons, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">D’un petit poste de radio posé à même le sol, s’élève la voix de la metteuse en scène <strong>Katie Mitchells</strong>. Elle appelle à ce que <em>Hamlet</em> cesse d’être autant monté sur scène. «&nbsp;<em>J’en ai marre de voir des pièces à propos d’hommes dépressifs, violents et misogynes</em>&nbsp;», dit-elle. <strong>Ben Duke</strong>, harnaché à un mur de cartons, se contorsionne pour éteindre le poste. Il est Hamlet, monument de la culture britannique, ce qu’il prouve en récitant à froid le fameux «&nbsp;<em>Être ou ne pas être&nbsp;</em>»… «&nbsp;<em>comme ça c’est fait</em>&nbsp;», dit-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est, explique-t-il, dans une situation compliquée, car les institutions ont décidé de ne plus financer de mise en scène d’<em>Hamlet</em>, à l’exception de celle-ci, qui devra se monter avec un budget restreint. C’est donc sa dernière chance de prouver sa supposée «&nbsp;<em>pertinence actuelle&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Petit budget oblige, il ne partage pas la scène avec d’autres comédiens, mais avec des peluches qu’il sort une à une des cartons empilés derrière lui : une grosse oie pour Gertrude, un serpent pour Claudius, une loutre pour Ophélie. Il sera demandé à certain·es spectateurices de lire le texte à la place de ce casting peu loquace…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Il y a quelque chose</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Duke se balade de version en adaptation, vêtu d’une grenouillère du Roi Lion (sans doute une des œuvres les plus célèbres inspirées d’Hamlet) auquel il fait de nombreuses références sous le rire du public. Plusieurs cadres spatio-temporels cohabitent ; la famille du Danemark est à la fois royauté et famille moderne qui dansent sur <em>Only you</em> et font des retraites spirituelles. Tout cela sans jamais briser la mise en abime initiale. La crédibilité de l’univers ainsi créé est plus que ténue, mais tient&nbsp; grâce à une écriture à l’humour pince-sans-rire qui embrasse l’absurde, et à la possible folie d’Hamlet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Last Hamlet</em> est autant une lettre d’amour à Hamlet et à la beauté de la langue shakespearienne, qu’une concession aux critiques contemporaines faites à la pièce, un hommage à son caractère universel et une satire de celui-ci. Sans que cela ne soit réellement contradictoire… jusqu’à la fin alternative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>The Last Hamlet </em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 24 juillet</mark><br><a href="https://festival-avignon.com/fr/edition-2026/programmation/the-last-hamlet-355391"><strong>Cloître des Célestins</strong>,</a> Avignon</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici </a></p>
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		<title>Garçon : L’adolescence sans jugement </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 11:47:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un commissariat, un homme nerveux, raide comme un piquet, est auditionné par une gendarme. Quelque chose est arrivé à son fils, confié depuis quelques mois à sa sœur. « Avec mes horaires à l’hôpital, je n’avais pas le temps de m’en occuper » dit-il.  Le commissariat s’efface, un salon apparaît sous les projecteurs. Les deux acteur·ices [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans un commissariat, un homme nerveux, raide comme un piquet, est auditionné par une gendarme. Quelque chose est arrivé à son fils, confié depuis quelques mois à sa sœur. « <em>Avec mes horaires à l’hôpital, je n’avais pas le temps de m’en occuper </em>» dit-il. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le commissariat s’efface, un salon apparaît sous les projecteurs. Les deux acteur·ices (<strong>Joseph Lemarignier </strong>et <strong>Sophie Claret</strong>) se lèvent, altèrent leurs costumes, deviennent le fils et sa tante, Camille. Tête baissée et bonnet rouge enfoncé jusqu’aux yeux, l’adolescent apparaît pour la première fois comme une caricature. Sa tante lui demande s’il se fait harceler au collège quand elle voit son visage tuméfié. Il dit que non, s’énerve.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Spirale autodestructrice</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cette entrée en matière, <em>Garçon </em>gagne en subtilité une fois le décor planté, et déroule dès lors l’histoire douce-amère de ce garçon &#8211; qui ne sera jamais appelé autrement que «&nbsp;Garçon&nbsp;» &#8211; dont on comprend qu’il vient de perdre sa mère. En plein deuil, il est pris d’accès de colère, de violence à l’égard de ses camarades, et s’essaye à la drogue et l’alcool. Il repousse toute forme d’attention, en particulier féminine, de la part de sa tante ou de sa camarade de classe qui lui apporte ses devoirs : elles ne sont pas sa mère, comme il le leur répète dès qu’elles cherchent à l’aider.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce suit, en parallèle, l’audition du père et le quotidien de Camille et son neveu, qui peu à peu s’ouvre aux autres, sort un peu la tête de l’eau. Puis replonge encore plus profond. La double narration, qui donne à la pièce un rythme enlevé, remet perpétuellement en question la version donnée par le père à la gendarme, et le père lui-même, qui est absent de la vie de son fils et plein d’idées reçues sur lui. Au contraire, l’affection entre le neveu et la tante éclot, délicate, au fur et à mesure que le garçon s’ouvre à Camille et l’accepte, non pas comme une nouvelle mère, mais comme une figure de confiance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Garçon </em>a été donné du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">9 au 13 juillet</mark> au <a href="https://www.festivaloffavignon.com/lieux/102-l-entrepot">Théâtre l’Entrepôt,</a> Avignon</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici </a></p>
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		<title>Everything must go : L’IA violente Avignon</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 11:42:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur un plateau noir et blanc, semblable à un grand échiquier, des corps se meuvent sans but. S’allongent, prennent la pause, se marrent, changent de costumes et de perruques. En boucle, une bande son faite de rires faux et d’applaudissements. En arrière scène, de petits écrans diffusent en continu des extraits de télévision, dessins animés, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Sur un plateau noir et blanc, semblable à un grand échiquier, des corps se meuvent sans but. S’allongent, prennent la pause, se marrent, changent de costumes et de perruques. En boucle, une bande son faite de rires faux et d’applaudissements. En arrière scène, de petits écrans diffusent en continu des extraits de télévision, dessins animés, clips vidéo accélérés Avant même que la parole ne fasse irruption, tout annonce déjà une spirale de répétition insensée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis elle fait irruption, la parole. Générée par une intelligence artificielle, comme dans les deux pièces précédentes du <a href="https://festival-avignon.com/fr/artistes/forced-entertainment-21110">collectif <strong>Forced Entertainment</strong></a> – qui porte ici parfaitement son nom – mises en scène par <strong>Tim Etchells</strong>. Le dispositif de <em>Everything must go</em> est simple : les six acteur·ices y sont soumis·es à ces voix artificielles. Iels ne font pas simplement du playback, mais sont complètement désincarné·es par ces mots qui les traversent. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Burlesque inquiétant</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sujets varient, bien qu’ils soient souvent sombres (mort, torture, dégâts en tous genres…), mais ne mènent jamais nulle part. Des phrases sans réels débuts, commençant le plus souvent par «&nbsp;<em>et là, le gars…</em>&nbsp;» et ne se terminant presque jamais, sont répétées deux, trois, quatre fois… au point où les comédien·nes semblent parfois soulagé·es quand le débit de mot cesse. Les voix sont interchangeables, prenant aléatoirement possession d’un corps ou d’un autre. Et la parole se fait aussi performative : si le verbe «&nbsp;tomber&nbsp;» est prononcé, tous tombent, quelle que soit le sens de la phrase prononcée. L’ensemble forme une sorte de ballet burlesque des plus inquiétants.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que portée par de brillants acteurices, <em>Everything must go </em>stagne au stade d’exercice formel. En écho au contenu produit par IA qui fleurit sur les réseaux sociaux, la pièce mobilise l’attention en vain, et épuise et hébète le public… démontrant parfaitement l’argument de la pièce, mais révoltant plus d’un spectateur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Everything must</em> <em>go</em> a été donné du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">16 au 22 juillet </mark>au Lycée Saint-Joseph, Avignon</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici </a></p>
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		<title>Capra : Fuir par l’imaginaire </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 11:03:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Une chèvre passe 23 heures de sa journée à chercher comment s’enfuir de son enclos, et la dernière à le faire&#160;». Cette expression inventée est la raison pour laquelle Capra, autrice qui déteste écrire et protagoniste de la nouvelle création de Jeanne Candel, a choisi ce nom de plume. Elle trouve que cela décrit bien [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Une chèvre passe 23 heures de sa journée à chercher comment s’enfuir de son enclos, et la dernière à le faire</em>&nbsp;». Cette expression inventée est la raison pour laquelle Capra, autrice qui déteste écrire et protagoniste de la nouvelle création de <strong>Jeanne Candel</strong>, a choisi ce nom de plume. Elle trouve que cela décrit bien l’acte d’écrire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, une amie lui a offert un livre de François Le Lionnais, <em>La Peinture à Dora</em>, dans lequel l’auteur raconte comment, pour survivre à l’horreur des camps, il décrivait à un ami des tableaux de maîtres, et s’enfuyait dedans. Parfois, il faisait aussi s’entrechoquer les toiles, les fusionnait, invitait son ami à se saisir d’une pomme dans une nature morte pour aller pique-niquer dans un Vermeer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Cette toute petite chose »</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La mémoire, celle qui permet de retenir des choses et celle qui permet de donner une existence aux morts et aux choses disparues, est au cœur de la pièce, <em>CAPRA (une chèvre)</em>. Candel et ses acteurices y explorent, tout en fantaisie, le lien qui unit mémoire et cette «&nbsp;<em>toute petite chose</em>&nbsp;» qu’est l’imagination.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de ces questionnements de départ, Candel enchaîne les saynètes plus ou moins absurdes, parfois mélancoliques, toujours délicieuses. Capra travaille aussi sur un recueil de poème autour d’un mystérieux suicide collectif de nonnes grecques, au XIV<sup>e</sup> siècle. Mais se suivent aussi le récit du mythe d’Œdipe par un conteur aveugle et sa fille muette, un étonnant cours de batterie, une session de ventre-et-glisse, une histoire d’amour entre un troubadour et une nonne – une de celle qui s’est suicidée…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lien entre ces vignettes déjantées et le récit cadre n’est pas toujours évident, il faut juste se laisser porter, s’abandonner à l’univers drôle et décousu qui se révèle devant les yeux du public dans un joyeux bazar d’accessoires, de musique et de manipulation à vue. La chèvre cherche à s’enfuir par l’imaginaire, et on est heureux d’être de la partie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>CAPRA (une chèvre) </em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 25 juillet </mark><br>Lycée Mistral, Avignon</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles<a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"> <em>Scènes</em> ici </a></p>
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		<title>Bunker : Le choix du silence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 11:52:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un futur indistinct, Paul est un industriel qui a décidé de s’enfermer sous-terre, dans un bunker de luxe, avec sa fille Ami et son chirurgien personnel (qui fait aussi office de coach sportif et d’aumônier). Il apparait pour la première fois en voix off, alors que son chirurgien implante dans son cerveau des implants [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans un futur indistinct, Paul est un industriel qui a décidé de s’enfermer sous-terre, dans un bunker de luxe, avec sa fille Ami et son chirurgien personnel (qui fait aussi office de coach sportif et d’aumônier). Il apparait pour la première fois en voix off, alors que son chirurgien implante dans son cerveau des implants augmentés à l’intelligence artificielle. Sur scène, sa fille (<strong>Janice Bieleu</strong>) s’entraîne silencieusement aux arts martiaux. La vie que partage dans ce bunker ce père mégalomane et sa fille qui a décidé de ne plus parler est au centre de la création de <strong>Mathilde Siéfert</strong> et <strong>Matthieu</strong> <strong>Bareyre</strong> au <em><a href="https://festival-avignon.com/?cat=1001">Festival d’Avignon</a></em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne sait pas vraiment ce qu’il est advenu du monde, sinon son extrême pollution. Et plusieurs pistes narratives lancées puis rapidement abandonnées, comme l’infiltration dans le bunker d’une sorte de zombie ou l’écriture d’une lettre d’amour par Ami adressée à on-ne-sait-qui, renforce cette confusion. Mais la possibilité de sortir de la «&nbsp;maison&nbsp;» pour parler au voisin ou partir en vacances existe toujours : l’enfermement sous-terrain de Paul est donc complètement volontaire, motivé par sa propre paranoïa.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’immense plateau de la FabricA, complètement dépouillé à l’exception de quelques éléments de décor rouges et encadrés de portes blindées, alourdit le silence imposé par Ami, renforce l’impression d’isolement des personnages.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Fracture familiale </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Attablé devant d’immenses tentacules de poulpes, Paul cherche à rétablir un lien avec sa fille, dont il attend qu’elle signe un contrat pour son entreprise. Face au silence de sa fille, le pétrolier fait les questions et les réponses, et s’enrage tout seul. Ce très long monologue révèle tout son narcissisme et sa paranoïa, jusqu’à accuser sa fille de le vouloir mort pour son argent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand il sort de la pièce, Ami prend enfin la parole au plateau, pour expliquer son silence motivé par la mégalomanie de son père dont il vient de fournir la preuve dans sa logorrhée. Comme elle le dit, «&nbsp;<em>je ne suis pas devenue silencieuse, j’ai juste arrêté de faire semblant de parler</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Bunker </em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 25 juillet </mark><br><a href="https://festival-avignon.com/fr/lieux/la-fabrica-du-festival-d-avignon-1169">La FabricA</a>, Avignon </pre>



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		<title>The History of Korean Western Theatre : Le prix de la modernité ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 15:01:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2008, à Séoul, on célébrait les 100 ans du théâtre coréen. Jaha Koo, alors étudiant, assiste à cet étonnant anniversaire, dont l’existence que l’art peut avoir un âge. Cet étonnant implicite est au cœur de The History of Korean Western Theatre. À ses côtés, dans une scénographie dépouillée, on retrouve Cuckoo, le cuiseur de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2008, à Séoul, on célébrait les 100 ans du théâtre coréen.<strong> Jaha Koo</strong>, alors étudiant, assiste à cet étonnant anniversaire, dont l’existence que l’art peut avoir un âge. Cet étonnant implicite est au cœur de <em>The History of Korean Western Theatre</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ses côtés, dans une scénographie dépouillée, on retrouve Cuckoo, le cuiseur de riz parlant [<em><a href="https://journalzebuline.fr/festival-davignon-la-jeunesse-coreenne-dans-un-auto-cuiseur/">Lire ici</a></em>], qui informe, non sans humour, que contrairement à ce que le titre suggère, il ne s’agit pas d’une pièce documentaire. Ce qu’il ne dit pas c’est que la pièce ne porte pas non plus sur l’histoire du théâtre coréen : celle-ci est plutôt un prétexte, un point de départ pour aborder la notion de mémoire. Car comme l’explique le performeur et les images d’archives qu’il projette sur scène, le centenaire que fêtait le monde de la culture coréen était en fait celui d’une grande réforme, inspiré par la politique du Japon quand la Corée était alors sous protectorat. Le principe est simple : remplacer le théâtre traditionnel par des textes occidentaux pour « <em>civiliser</em> » et « <em>rééduquer</em> » la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Tradition intime </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En miroir de cette histoire, de cet effacement volontaire des mémoires collectives, Jaha Koo évoque sa grand-mère, aujourd’hui atteinte de la maladie d’Alzheimer. Celle-ci est restée très attachée aux traditions. Elle priait notamment Bibisae, esprit au visage de Gobelin capable de manger tout ce qu’il y a dans le monde. Celui-ci était aussi un personnage central des pièces traditionnelles, avant la réforme de modernisation. La tête du Gobelin apparaît sur l’écran. Le son sature. Inquiétant, l’esprit mangeur de souvenirs raconte sa propre disparition, et redevient ainsi personnage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jaha Koo ressuscite ainsi des morceaux de culture « <em>amputés et falsifiés</em>&nbsp;» par la colonisation japonaise et l’influence occidentale, et son geste trouve un écho intime dans les enregistrements qu’il diffuse, dans lesquels sa grand-mère lutte contre l’effacement de ses propres souvenirs. Magnifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>The History of Korean Western Theatre</em> a été donné du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">6 au 9 juillet</mark> au Lycée Mistral, Avignon</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici </a></p>
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