Jusqu’alors concentré sur la commune de Cavaillon et en cinq journées, le festival initié par Chloé Tournier lors de son arrivée à la tête de la Scène nationale, le festival confit prend en importance ce printemps. Sa 4e édition, qui commence le 4 mai, s’étendra sur près d’un mois, et débordera également sur les villes alentours. La programmation, elle, reste ce qu’elle a toujours été : riche, passionnante, et pensée comme un tout, dans laquelle spectacles, expositions, conférences et ateliers se répondent et alimentent la conversation, chacun à sa façon.
La particularité des spectacles programmés est de tresser narration et réflexions autour de l’alimentation, et les enjeux soulevés par les modes de production des ingrédients, leur préparation et leur consommation. Ces enjeux sont multiples, personnels et intimes comme dans le cas de Matcha Girl d’Elsa Thomas (22 mai), dans lequel la réalisatrice et metteuse en scène explore sa relation avec son père au cours d’une cérémonie du thé, ou plus collective avec Sur la paille, un banquet de la Compagnie Basses fréquences (23 et 24 mai, Association Le Village, Cavaillon).
Ou encore très politique avec la très attendue première de La Pastasciutta antifascista de Casa Cervi de Floriane Facchini (du 19 au 21 mai), première production de « Ça mijote » – le réseau artistico-culinaire dont La Garance est à l’initiative.
Cultiver la théorie
Le festival nourrit aussi la réflexion d’apport théorique, avec en particulier un arpentage de l’ouvrage Passer à table – ce que l’acte de manger dit de nous de la journaliste associée du réseau « Ça mijote », Émilie Laystary (20 mai).
Le 6 mai, une table ronde donnée à la médiathèque et réunissant des producteur·ices, des acteur·ices de l’industrie agroalimentaire et un chercheur pour « Inventer l’agriculture de demain ». La conférence-performance Coup de courts de la sommelière Constance Heilmann et la distributrice de films d’animation Luce Grosjean propose de se poser la question de l’alimentation de demain, cette fois autour de trois « accords vin-film », c’est-à-dire le visionnage de trois court-métrage d’animation, chacun associé à un vin nature (23 mai).
Connaître pour communier
Plusieurs des créations présentées travaillent notre rapport à notre environnement, la relation que l’on a ou pourrait avoir à la nature. C’est le cas des deux sorties de résidence qui auront lieu dans le cadre du festival : avec Brèches, l’anthropologue Nastassja Martin (7 mai, Domaine de Regain, Saignon) interroge nos liens au monde non-humain, dans un univers sonore signé et interprété en live par la compositrice et chanteuse OTTiLie ; et dansTentative de coexistence entre ruminantes, Mégane Arnaud partage la scène – enfin, le pré – avec des vaches avec lesquels elle cherche à cohabiter hors de toute domination (24 mai, Sarrians).
L’une des invités du festival, l’ethnobotaniste et herboriste Clarisse Le Bas proposera pour sa part une Balade et cueillette à la découverte de la flore sauvage du Luberon (23 mai). Son ouvrage Le temps du végétal, publié en avril, donnera également lieu à un temps de rencontre et d’échange (22 mai) et à une exposition visible à La Garance.
Surtout, valoriser
Outre la connaissance et l’appréciation des aliments, leur production et distribution sont également mises en valeur – et en scène – au cours du festival, avec notamment deux expositions. La première, intitulée Jusqu’à midi et visible à La Garance, donne à voir des photographies prises par Lola Gadéa dans les marchés d’Avignon extra-muros. La seconde, {Agri}cultures – murmure des champs, reflet de ville, réalisée par les Archives de Cavaillon propose de découvrir dans un cadre immersif l’histoire agricole de la ville.
Enfin, le spectacle Un verre à soi donné en itinérance du 4 au 7 mai, est un duo piano-comédienne dans lequel Claire Barrabès interprète une viticultrice passionnée qui démystifie la connaissance du vin et déconstruit les systèmes de domination qu’elle cache.
CHLOÉ MACAIRE
Festival confit !
Du 4 au 24 mai
Divers lieux, Cavaillon et alentours
Une proposition de La Garance, Scène nationale
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