Sous la pluie marseillaise, un matin ordinaire devient une expérience sensorielle partagée. Avec Baoum, la compagnie Scom propose un spectacle de cirque et de danse pensé pour les tout-petits, où souffle, bruit et mouvement composent une matière poétique. Une pièce qui rappelle que le jeune public est un public à part entière, peut-être le plus exigeant.
Le dispositif scénique se présente comme un cocon. Rose pâle et blanc dominent, les gradins miniatures et circulaires sont installés à hauteur d’enfant. Ici, pas de frontalité : tout invite à la proximité. Le temps de l’accueil est soigné, assuré par les artistes eux-mêmes qui distribuent des ballons de baudruche. Au centre, un ballon coiffé d’un casque, relié à une console de loopers, annonce l’univers sonore à venir.
Les premiers sons naissent du souffle s’échappant d’un ballon dégonflé, mêlé à des bruitages façon beatbox, joués en direct par Augustin. Ils accompagnent la performance de Violetta, une acrobate, qui pratique l’acrodanse, une discipline qui mélange danse et cirque. Ensemble, les interprètes explorent les liens entre l’air et le corps, le geste et le son. Le ballon devient membrane sonore, le souffle moteur du mouvement.
Baoum ne raconte pas une histoire au sens classique, mais développe une dramaturgie du sensible : gonflement, tension, attente, explosion. Chaque « baoum » est aussitôt adouci par un sourire, un geste rassurant, une pluie de confettis. La peur se dissout, le rire surgit. Sans discours pédagogique, le spectacle interroge subtilement l’interdit et sa transgression, en transformant l’éclatement du ballon en jeu partagé. La fin ouvre l’espace : les enfants investissent la scène, dansent, rient, entraînant parfois les parents. Le spectacle ne se regarde plus, il se vit.
ISABELLE RAINALDI
Spectacle donné le 31 janvier à Archaos, Pôle national cirque, Marseille.
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