Benjamin Quartz : les fables d’un hibou

Pour son premier album, Myope, le musicien marseillais livre une musique aux accents anglo-saxons, et aux paroles astucieuses

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L’auteur-compositeur marseillais, Benjamin Quartz signe avec son premier album, Myope, un florilège de dix titres aux mélodies et orchestrations issues de la pop indé/folk/psyché/rock anglo-saxon. Le tout composé parfois à la manière des surréalistes, en écriture automatique, ou dans la tradition de la chanson, multipliant anecdotes et fables qui se refuseraient à une morale. 

Chaque morceau est tissé sur un style particulier, avec des accords, des rythmes qui nous convient à un voyage dans l’histoire de la pop, ici un accord qui pourrait rappeler Genesis, là un autre proche d’une intonation de Gainsbourg… le jeu des échos n’a pas de fin ! L’amour des mots et de leurs jeux se retrouve dès le titre de l’album, Myope, que son auteur propose aussi sous la forme « MyHope ». L’ironie se porte même sur son nom que l’on découvre en miettes dans les grains de sable d’une plage de quartz, quand il ne se voit pas « compatible » avec celle qui aurait pu être une compagne, « je suis “Mac”, tu es “PC” »… le vocabulaire informatique dévoile en même temps qu’il dissimule un sens entre gras et politique. 

Douceur potache

Le rire ne se cache plus dans Vie antérieure : « je suis sûr qu’on s’est déjà vus dans une autre vie, autrefois» est prononcé avec une voix de comédie hilarante. Les poncifs sont balayés par un jeu qui s’appuie sur les motifs musicaux parfois éculés et des expressions toutes faites cousues ensemble, comme dans Avant (« C’était mieux avant… ») sur une musique à la Joe Dassin. On collecte « les naufrages », on constate qu’ « Élisabeth n’habite plus à Sète », que « ne restent de toi que des idées », tandis que le chanteur se décrit avec une « tête de hibou », « rapace déconfiné » qui jongle avec les titres : « un hibou sur le toit »… Les sonorités jouent avec les paronymes, « je me suis mis K.O. à Goa », alors que volent les « goélands de Goa ». La légèreté prime, portée avec douceur et esprit potache, superbement servie par la batterie de Duc Louco et la basse de Sylvain Terminiello qui accompagnent Benjamin Quartz (voix, guitare, claviers, dont mellotron). 

MARYVONNE COLOMBANI

Myope, de Benjamin Quartz
Pion Noir Production
Sortie digitale de l’album le 14 avril
Release party le 27 avril au Cri du Port, Marseille