Après plusieurs éditions dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Rencontres d’Artivismes pour décoloniser débarquent cette année à Marseille. Sept journées réparties sur trois semaines et dans différents lieux de la ville, pour découvrir des artistes et des œuvres qui repoussent les limites imposées par le patriarcat colonial. Ces Rencontres sont organisées par l’association OtraTierra, qui se présente comme une « école d’artivismes », et conduit des actions promouvant les pratiques et les pensées féministes décoloniales, en France et dans la monde.
Au programme
Les rencontres s’ouvrent le 4 avril au Théâtre de la Cité, avec une soirée consacrée aux poétiques afro-diasporiques. Nathania Périclès et Rébecca Odéna y présentent leur performance Désincarnée, dans laquelle elles s’intéressent aux différentes représentations du corps de la femme. Elle sera suivie d’une conférence performée racontant l’histoire coloniale de Marseille et son impact au présent sur les habitant·e·s de la ville (afrodites de Nguele Nga Rose), et de La souvenance, un récit en slam de Gwenaëlle Tatoué, accompagnée par la DJ Douce sœur.
Le lendemain, à Soma, le public marseillais pourra notamment assister à une lecture-performance du SCUM Manifesto de Valérie Solanas par la Cie La Fêlure. Dans ce célèbre manifeste, l’artiste et militante féministe appelle les femmes à « supprimer le sexe masculin » et à détruire les systèmes qu’ils ont mis en place. Plus tard dans la soirée, Malvina Servadei donnera Ecostrip, un spectacle entre performance et conférence qui interroge l’histoire du strip-tease d’un point de vue chorégraphique et politique.
Dans le cadre d’une soirée queer décoloniale, le 19 avril, Ayoub Jasmina Moumen retrace le récit qu’elle a rédigé pour sa demande d’asile à l’Ofpra en se mettant en scène dans une installation multimédia (Titre provisoire).
Du documentaire
Le 9 avril, sur la place Jean Jaurès, se tient la projection de « La troublante Conviction de l’ignorance », premier épisode de la mini-série Exterminez toutes ces brutes réalisée par Raoul Peck. Ce documentaire retrace l’histoire de la pensée suprémaciste blanche en Europe et aux États-Unis.
Et le 22 avril, le Vidéodrome 2 accueille une soirée intitulée « Femmes – Territoires » durant laquelle trois documentaires seront diffusés. Rouge Cratère, est un documentaire radiophonique de Soa Ratsifandrihana et Chloé Despax. Ratsifandrihana, qui fait partie de la diaspora malgache en France, y dialogue avec des habitantes de Madagascar, dans une recherche d’identité.
Dans À l’usage des vivants de Pauline Fonsny, trois femmes racontent la vie, l’enfermement et la violence dans les centres de détentions pour personnes migrantes en Belgique. La soirée se terminera avec Nous les domestiques modernes, réalisé par des Militantes de la Ligue des travailleuses domestiques de la CSC Bruxelles.
CHLOÉ MACAIRE
Rencontres d’Artivismes pour décoloniser
Du 4 au 30 avril
Divers lieux, Marseille
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