mercredi 28 février 2024
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De l’art, à chaque instant

Après le temps fort des Rencontres en octobre dernier, le festival Les Instants Vidéos se poursuit à la Friche avec une exposition à voir jusqu’au 14 janvier

Les Instants Vidéos est un festival foisonnant (167 œuvres réalisées par 192 artistes issu·e·s de 45 pays) qui se déploie dans de multiples temporalités et de multiples espaces : il y a les Rencontres, qui ont eu lieu à La Friche en octobre, il y a aussi les Échappées belles en Région Sud et dans le monde (Italie, Iran, Jordanie, Palestine). Et il y a l’exposition (21 installations vidéo) que l’on découvre jusqu’au 14 janvier prochain, au 3e étage de la Tour Panorama, à la Friche la Belle de Mai. 

Poésie, Nature et IA

On commence avec l’installation Tassaout de la Française Sarah Violaine : une projection au sol, sur un tapis recouvert de sable, au centre d’un espace clos par du tulle bleu. Une évocation de Mririda N’aït Attik, courtisane et poétesse marocaine rebelle dans le Haut Atlas des années 1940. La poésie part ensuite en forêt : dans Feel the heat du Finlandais Pasi Autio, où un homme danse seul la nuit au milieu des arbres, sous des lumières colorées, et des chants d’oiseaux. Dans le nocturne et labyrinthique Drawing Circles de la Suisse Rebekka Friedli, qui file au ras du sol, entre rêve et conte étrange. En plongée cosmique au cœur de la matière avec le triptyque La noirceur souterraine des racines du Canadien Charles-André Coderre. Ou encore dans Walden (verb) de l’Américaine Emma Rozanski, triptyque au format monumental, adaptation expérimentale rêveuse, dans des lumières blanches de paysages enneigés, du récit d’Henry David Thoreau. 

Mais le lien à la nature s’expérimente aussi par une limace filmée au ras du sol dans By way of explanation… de Neil Ira Needleman, proposant un éloge de la lenteur, ou avec une chouette blanche, dans le sauvage et chorégraphique My furies d’Agnès Guillaume. On constate par ailleurs, traversant de nombreuses œuvres, l’utilisation de l’IA et de ses algorithmes génératifs. Ainsi la série Endless Landscapes de Nicolas Clauss, des moments d’une à quatre secondes, filmés dans l’espace public (Le carnaval de la Plaine par ex) explorés dans une temporalité dilatée. Dans Infinity of waste de Nelson Chouissa et Eloi Jacquelin, une vidéo-projection en noir et blanc, générée en temps réel, une zone de déchets infinie est créée aléatoirement. Et dans Planets and robots des Lituaniens Julius Zubavičius et Antanas Skučas, c’est la collaboration entre IA et humains qui est évoquée, un film d’animation à l’humour ironique et décomplexé.

MARC VOIRY

Les Instants Vidéos
Jusqu’au 14 janvier
Friche la Belle de Mai, Marseille
instantsvideo.com 
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