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En dialogues, et symbiose

Deux pianistes de jazz étaient en bonne compagnie le 12 juillet à la Vieille Charité : Koki Nakano avec le danseur Mourad Bouayad, et Yaron Herman avec le rappeur Oxmo Puccino

Koki Nakano accompagné par un danseur, ce n’est pas une surprise. Le pianiste considère que « il n’y a pas de son sans mouvement ; il n’y a pas de mouvement sans son. Les deux sont indissociables ». Sur scène, avant la danse, il s’agit de piano, mais pas seulement : ordinateur, enregistreur et effets accompagnent son jeu délicat, fluide, dédié aux titres de son dernier album Oceanic Feeling. De l’ambient mélodique, des paysages sonores aux textures électroniques subtiles.

Mourad Bouayad apparaîtra sur scène une bonne quinzaine de minutes après le début du concert, épousant les mouvements de la musique de façon très étroite, faisant même penser à du mime, s’enroulant d’une façon à la fois lente et vive autour de l’axe vertical du corps, convoquant quelques échos d’une gestuelle hip-hop. Il repartira et reviendra un peu plus tard pour une seconde performance, toujours aussi intense mais moins musicalement mimétique, se déployant sur tout l’espace de la scène.

Amour consenti

Pour Oxmo Puccino, se présentant, avec humour, comme le « rappeur officiel de l’amour», jouer avec un jazzmen n’est une surprise non plus : il a fréquenté les Jazzbastards, et a partagé des aventures avec Ibrahim Maalouf, Erik Truffaz ou Vincent Segal.

Yaron Herman, pianiste adepte de l’improvisation, précise que « dans le jazz on ne triche pas avec notre incertitude » : il aime aussi les rencontres avec des interprètes qui ne sont « pas de son monde », comme M, ou le rappeur gabonais Benjamin Epps.

Avec Puccino, son piano se fait tour à tour étouffé, percussif, mélodique, swing, jazz, ludique ou mélancolique, proposant des perspectives décalées ou très raccord avec les chansons du « rappeur à la voix de miel ». Dont une bonne partie du public, les trentenaires, connait par cœur ses paroles et ses punchlines Qu’elles soient  tendres : « prenons nous dans les bras tant que le loup n’y est pas », ou oecuméniques : « soyons tous unis au lieu de crier nos différences ». Spirituelles : « la liberté passe parfois par un long chemin », ou passionnées « le son qui coule dans mes veines ».

Le public reprendra avec entrain les paroles de « Pas ce soir » adressé en guise de signal d’avertissement aux « jeunes coquins vigoureux », ces « loups qui chassent les brebis », en cette soirée très masculine. Pour enchainer en chœur avec un« Joyeux Anniversaire » adressé à Yael Herman (43 ans), info donné en live par Puccino (qui en a 48).

MARC VOIRY

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